Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans
Bob Curley meurt d'étranges symptômes aux urgences. Son exposition à un poison mortel est-elle accidentelle ou criminelle ? Le médecin légiste Hetrick enquête.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00 [Générique]
00:04 [Musique]
00:06 On dit souvent que le diable est dans les détails.
00:09 Il perdait ses cheveux par poignée.
00:11 C'est d'autant plus vrai quand on essaie de résoudre un mystère.
00:15 [Musique]
00:18 Le taux était 900 fois plus élevé que la normale.
00:21 [Couinement]
00:22 Dans le cas d'une mort suspecte, on ne sait jamais d'où viendra l'information cruciale qui fera avancer l'enquête.
00:28 C'était écrit "danger de mort".
00:31 Parfois même le plus petit indice...
00:35 Nous voulions savoir ce qui était arrivé à Bobby.
00:40 ...peut suffire à percer l'énigme.
00:42 [Musique]
00:47 J'ai grandi dans une entreprise de pompes funèbres.
00:52 Côtoyer les morts fait partie de ma vie.
00:55 [Musique]
00:57 En 26 ans de carrière comme coroner en Pennsylvanie,
01:01 j'ai pratiqué près de 3000 autopsies.
01:04 On dit souvent "si les mûrs pouvaient parler".
01:07 Moi je dis "si les morts pouvaient parler".
01:10 Eh bien ils le peuvent.
01:12 Et mon rôle, c'est de les écouter.
01:14 [Musique]
01:19 [Musique]
01:29 En temps normal, Hershey est une petite ville tranquille.
01:35 Mais pas aujourd'hui.
01:37 "Incoming"
01:39 Bob Curley, 32 ans, arrive aux urgences du centre hospitalier.
01:44 Il est entre la vie et la mort.
01:47 [Musique]
01:51 On ne comprenait pas ce qui se passait.
01:53 Les médecins étaient perplexes.
01:55 Ils ne voyaient pas ce qui le rendait malade.
01:57 [Musique]
02:24 Il criait mon nom.
02:26 Il criait "Sue, aide-moi Sue".
02:30 Et moi je ne pouvais rien faire pour l'aider.
02:33 [Musique]
02:39 Quelques jours plus tard, Bob fait un arrêt cardiaque et tombe dans le coma.
02:43 [Musique]
02:56 On ne savait pas ce qui lui était arrivé.
03:00 Évidemment, ça nous a frappés de plein fouet.
03:04 Ma famille voulait des réponses.
03:07 [Musique]
03:09 Le docteur Ward-Donovan fait un examen neurologique, ainsi qu'une série d'analyses.
03:14 [Musique]
03:16 Malheureusement, il est trop tard.
03:20 Il souffrait de lésions cérébrales irréversibles.
03:23 Il était dans un état végétatif.
03:26 [Musique]
03:35 C'est toujours délicat d'annoncer ce genre de nouvelles à la famille.
03:41 Dans le cas de Bob, c'était d'autant plus difficile que nous ne savions pas ce qui avait provoqué ça.
03:46 C'était frustrant, sans parler du fait qu'il était relativement jeune et en bonne santé.
03:50 [Musique]
03:55 Ça a été un vrai cauchemar.
03:58 Ma pauvre mère, voir son fils mourir comme ça, c'était affreux.
04:03 [Musique]
04:06 Le 27 septembre 1991, l'épouse de Bob, Joanne, autorise les médecins à arrêter l'assistance respiratoire.
04:15 Ma mère et moi avons passé toute la journée à ses côtés, du matin au soir.
04:20 [Musique]
04:23 Alors que nous pleurions dans les bras l'une de l'autre, Joanne est restée près de lui jusqu'à la fin.
04:29 [Musique]
04:49 Plusieurs questions restaient en suspens.
04:52 Dès lors qu'un patient n'est pas mort de mort naturelle, on fait appel au coroner.
04:59 [Musique]
05:05 Quand le docteur Donovan m'a appelé, je m'apprêtais à rejoindre ma femme pour le dîner.
05:10 [Musique]
05:18 D'après ce qu'il m'a dit, la mort de Bob Curley était un vrai mystère.
05:23 Alors j'ai fait demi-tour et je suis allé à Hershey pour essayer de faire la lumière sur cette affaire.
05:30 [Musique]
05:40 Je me souviens, l'automne était en train de s'installer.
05:43 Quand je vois les arbres changer de couleur à cette période de l'année, je me dis toujours que c'est le début d'un nouveau cycle.
05:49 Un cycle placé sous le signe de la disparition.
05:52 Les arbres perdent leurs feuilles, les fleurs se fanent, les plantes meurent.
05:57 [Musique]
05:59 D'après le ton du docteur Donovan et la teneur de ses propos, j'ai tout de suite compris que ce cas serait intéressant.
06:06 [Musique]
06:14 La première fois que j'ai vu Bob, c'était à la morgue.
06:17 [Musique]
06:22 Son apparence m'a beaucoup surpris.
06:25 [Musique]
06:32 Ce n'était pas beau à voir. En examinant son corps, j'ai tout de suite compris les terribles souffrances qu'il avait endurées.
06:40 Ce que je voyais à l'extérieur s'était également produit à l'intérieur, sur chaque organe.
06:45 [Musique]
07:00 Le syndrome de Guillain-Barré est une maladie auto-immune du système nerveux périphérique.
07:05 L'organisme produit des anticorps qui attaquent les nerfs. C'est très douloureux.
07:09 Ça peut entraîner ce qu'on appelle une neuropathie distale, c'est-à-dire un engourdissement ou une sensation de brûlure dans les extrémités.
07:16 [Cris]
07:20 Les symptômes apparaissent brutalement et s'étendent peu à peu.
07:24 Ça ressemble à une infection virale. On a mal partout, mais ça peut empirer.
07:32 Les symptômes de Bob ne correspondaient pas tout à fait à ceux d'un patient atteint du syndrome de Guillain-Barré.
07:38 Sa douleur était beaucoup plus intense.
07:41 [Rires]
07:43 [Musique]
07:55 Graham pense avoir trouvé la solution.
07:59 Ça me semble être un poison possible.
08:02 C'est ce que j'ai pensé. J'ai fait un panneau de tests pour les poisons.
08:07 Mais à la fin des résultats, c'était trop tard.
08:10 [Musique]
08:12 Les cas d'empoisonnement sont très rares en médecine.
08:16 À l'hôpital, on a un dicton.
08:18 Si vous entendez un bruit de sabot, pensez d'abord à un cheval, pas à un zèbre.
08:24 Là, c'était encore plus rare qu'un zèbre. C'était une licorne.
08:30 [Musique]
08:38 Les examens ont révélé un taux de thallium extrêmement élevé.
08:43 Ce n'est pas une substance que Graham voit tous les jours.
08:47 Le thallium est un métal lourd. C'est un poison.
08:54 Avant, il entrait dans la composition de la moraura.
08:57 Mais son usage commercial a été interdit dans les années 1960, car c'était beaucoup trop dangereux.
09:04 C'est aussi le poison préféré des empoisonneurs, car il est incolore, inodore et sans saveur.
09:14 Le thallium est présent dans la nature et le corps humain, mais en très petite quantité.
09:20 [Musique]
09:31 Son taux de thallium dans le sang était 900 fois supérieur à la normale.
09:36 C'était une dose hautement toxique. Le mystère ne faisait que s'épaissir.
09:41 [Musique]
09:47 J'ignorais comment Bob avait pu se retrouver avec autant de poison dans l'organisme.
09:52 Mais surtout, je me demandais s'il ne s'agissait pas d'un meurtre.
09:56 [Musique]
10:15 Le coroner grammétrique enquête sur la mort par intoxication de Bob Curley, 32 ans.
10:21 [Musique]
10:24 Les examens ont révélé un taux de thallium dans le sang 900 fois plus élevé que la normale.
10:30 Restait à savoir si Bob avait été empoisonné.
10:35 [Musique]
10:44 Pour découvrir ce qui lui était arrivé, je devais le connaître un peu mieux.
10:49 Savoir qui faisait partie de son entourage. Qui étaient ses collègues.
10:53 Son épouse.
10:55 [Musique]
10:58 Tous ces renseignements m'aideraient à reconstituer le puzzle de sa mort.
11:02 [Musique]
11:05 Bobby était mon petit frère. Je l'aimais de tout mon cœur.
11:10 [Musique]
11:22 Il était très proche de notre mère. C'était le petit dernier alors forcément, elle avait tendance à le gâter.
11:29 [Musique]
11:33 Bobby raffolait du pain de viande.
11:36 Tout le monde savait que ma mère en ferait un pour son anniversaire.
11:40 [Musique]
11:42 Il était tout pour eux. C'était un fils et un frère aimant.
11:47 Il était toujours prêt à aider sa famille.
11:49 [Musique]
11:56 Bobby respirait le bonheur.
11:58 Il avait beaucoup d'amis, mais ce qu'il voulait plus que tout, c'était rencontrer quelqu'un et fonder une famille.
12:04 Lorsqu'il fait la connaissance de Joanne Chopak, en décembre 1988, c'est le coup de foudre.
12:10 [Musique]
12:16 Joanne avait eu un enfant d'un précédent mariage.
12:19 [Musique]
12:23 Malheureusement, elle avait perdu son mari dans un accident de voiture.
12:28 Bobby les avait aidés à se reconstruire.
12:31 [Rires]
12:34 Bobby adorait la fille de Joanne. Il avait hâte d'avoir des enfants.
12:39 [Musique]
12:41 Un an et demi plus tard, Bob et Joanne se marient.
12:44 [Musique]
12:47 Le couple est sur un petit nuage.
12:49 Lorsqu'on a appris que c'était un poison qui avait entraîné la mort de Bobby, on a tous été stupéfaits.
12:55 [Musique]
13:02 Les défunts ont leurs secrets. Lorsqu'ils arrivent sur ma table d'examen, mon rôle est de les écouter.
13:09 [Musique]
13:13 La mort par intoxication ne peut survenir que de trois manières.
13:18 S'agissait-il d'un suicide, d'un accident, ou bien s'agissait-il d'un meurtre ?
13:25 [Musique]
13:29 Nous avons écarté la thèse du suicide car Bob était un homme heureux et épanoui. Il croquait la vie à pleines dents.
13:35 [Rires]
13:37 Il nous restait deux possibilités, l'accident ou le meurtre.
13:41 [Musique]
13:43 Bob présentait tous les symptômes de l'intoxication au thallium.
13:48 [Cris]
13:50 Cela commence par des troubles gastro-intestinaux, puis apparaissent les douleurs aux extrémités et enfin la perte de cheveux.
13:59 [Musique]
14:07 [Musique]
14:14 La couleur de sa peau n'était pas normale. Je savais qu'on trouverait quelque chose en pratiquant l'autopsie.
14:21 [Musique]
14:34 Les organes internes étaient à leur place.
14:38 Mais ils étaient tous défaillants.
14:42 [Musique]
14:51 Aucun organe vital ne peut supporter la quantité de thallium qu'il avait dans l'organisme au moment de sa mort.
14:58 [Musique]
15:06 Le thallium peut être absorbé de trois façons.
15:10 Premièrement par inhalation, deuxièmement par contact cutané et troisièmement par ingestion.
15:18 [Musique]
15:27 [Musique]
15:42 Lorsqu'on examine un cerveau, on cherche le moindre signe d'hémorragie, d'édème ou de lésion des nerfs.
15:48 Quand le cerveau gonfle, il n'est plus en mesure de communiquer avec les organes ou de commander le mouvement. Plus rien ne fonctionne.
15:56 [Musique]
16:12 Bob m'avait déjà appris trois choses. Il avait une quantité de thallium phénoménale dans le sang.
16:18 Le poison avait sans doute été ingéré et l'intoxication avait entraîné de fortes douleurs ainsi qu'un affaiblissement général.
16:25 [Musique]
16:31 Graham est contraint de faire quelque chose d'inhabituel.
16:34 [Musique]
16:38 J'ai noté circonstances du décès inconnu.
16:41 À ce stade, je n'avais tout simplement pas assez d'informations pour savoir s'il s'agissait d'un meurtre ou d'un accident.
16:50 [Musique]
16:54 Il y avait plusieurs détails étranges dans cette affaire.
16:57 Tout d'abord, ce n'est pas tous les jours qu'on est exposé au thallium.
17:02 On ne peut pas en obtenir comme ça à la pharmacie du coin. Ce n'est pas possible.
17:07 Ce produit n'est plus commercialisé depuis des années, car il est hautement toxique.
17:13 Aujourd'hui, on le trouve surtout sous forme de sel dans les laboratoires de recherche.
17:18 Il venait bien de quelque part. Nous devions trouver la source.
17:21 [Musique]
17:33 Ça peut être délicat de s'entretenir avec une personne en deuil.
17:36 Les émotions se bousculent, la douleur est vive.
17:39 Pourtant, Joanne était très coopérative.
17:41 [Musique]
17:54 Quand les policiers ont fouillé la maison, ils n'y ont pas trouvé la moindre trace de mort au rat ou de thallium.
18:00 [Musique]
18:13 Robert avait travaillé dans un laboratoire de chimie.
18:16 On s'est tout de suite dit, dans un laboratoire, il y a des produits chimiques.
18:21 Allons voir s'il y a du thallium.
18:23 [Musique]
18:27 Accompagnée d'une toxicologue, l'inspecteur Daniel Gentile se rend à l'université locale.
18:32 [Musique]
18:38 La responsable a été formelle. Le laboratoire de chimie n'avait pas ça en stock.
18:43 [Musique]
18:48 [Musique]
18:55 [Musique]
19:09 On cherchait tout ce qui pouvait contenir du thallium.
19:13 On a examiné le moindre contenant, le moindre produit chimique.
19:17 [Musique]
19:23 Soudain, ils font une étrange découverte.
19:27 Nous avons trouvé cinq flacons de sulfate de thallium.
19:31 Mais ce n'était pas tout.
19:34 [Musique]
19:40 Soit la responsable ignorait que ces flacons étaient là, soit elle a soutenu qu'il n'y avait pas de thallium au laboratoire, car elle n'a pas compris ce que nous recherchions.
19:51 [Musique]
19:55 Ça a soulevé deux questions.
19:58 Le laboratoire de chimie exposait-il des centaines d'étudiants à un poison mortel ?
20:04 Ou bien quelqu'un avait-il trouvé le thallium et décidé d'empoisonner Bob ?
20:10 [Musique]
20:26 Dans les jours suivant la mort de Bob Curley, le coroner grammétrique et les enquêteurs craignent qu'il n'ait été exposé à une dose mortelle de poison dans le laboratoire d'une université.
20:37 [Musique]
20:47 Si Bob avait bel et bien été intoxiqué, alors toute personne ayant fréquenté le laboratoire de manière prolongée était en danger.
20:55 [Musique]
21:01 Il fallait s'assurer qu'il n'y avait pas eu de déversement accidentel de thallium au laboratoire ou dans d'autres salles de l'établissement.
21:09 [Musique]
21:11 Si Bob a été au contact de cette substance, peut-être que ses collègues aussi.
21:17 [Musique]
21:25 Tous les employés ont été examinés pour vérifier qu'il n'était pas contaminé.
21:31 Lorsque Joanne Curley apprend la nouvelle, elle s'inquiète pour sa santé et celle de sa fille.
21:37 [Musique]
21:45 Si mon épouse était morte intoxiquée, moi aussi je voudrais qu'on m'examine.
21:51 Joanne et sa fille ont donc toutes les deux fait des analyses.
21:55 [Musique]
22:01 Pendant ce temps, la police reçoit les résultats du laboratoire.
22:05 [Musique]
22:09 Contre toute attente, les résultats sont revenus négatifs.
22:13 Rien d'autre n'avait été au contact de cette substance.
22:16 Seuls les cinq flacons trouvés au laboratoire contenaient des sels de thallium.
22:20 Tout cela suggérait que Bob avait directement ingéré le poison.
22:24 Je commençais donc à pencher pour la thèse du meurtre.
22:27 [Musique]
22:39 Les tests révèlent une information surprenante.
22:42 [Musique]
22:53 Deux personnes avaient du thallium dans l'organisme, Joanne et sa fille.
22:58 [Musique]
23:09 Joanne, vous et votre fille avez testé le thallium.
23:13 Quoi ? Comment ?
23:15 C'est une très petite quantité.
23:18 Ça ne vous fera pas mal.
23:20 Mais vous avez peut-être du thallium dans votre maison.
23:23 Est-ce qu'il y a quelque chose d'autre que vous pouvez penser que Bob a peut-être pris dans son travail ?
23:28 [Musique]
23:32 Ici.
23:33 [Musique]
23:36 Joanne nous a donné les deux thermos que Bob a porté tous les jours au travail.
23:40 Il adorait le thé glacé.
23:42 Nous avions enfin identifié les objets ayant transité entre le laboratoire et la maison.
23:49 Nous les avons tout de suite fait analyser.
23:53 [Musique]
24:05 Quelques jours plus tard, les résultats sont prêts.
24:08 [Musique]
24:18 Il y avait du thallium à un seul endroit.
24:21 Le bouchon fileté du thermos.
24:23 [Musique]
24:29 Nous venions de trouver le lien entre Bob, sa maison et l'université.
24:34 Ça a confirmé ma théorie selon laquelle le thallium avait été ingéré.
24:39 Joanne a beau s'être toujours montrée coopérative, les enquêteurs se doivent de l'interroger.
24:45 Nous lui avons demandé si elle accepterait de passer au détecteur de mensonges.
24:49 Elle a tout de suite accepté et a réussi le test au la main.
24:53 Qui aurait eu un problème avec Robert ?
24:56 Peut-être quelqu'un au travail ?
24:58 Non, tout le monde aimait Robert.
25:01 Il s'est bien amusé avec son équipe.
25:04 Ils se moquaient de l'autre et jouaient des petits pranks au travail.
25:07 Pranks ? Quel genre de pranks ?
25:11 Rien de sérieux.
25:13 Juste des trucs stupides, comme coller des outils dans son boîtier.
25:18 Ou mettre de la sauce chaude dans son nourriture.
25:21 [Musique]
25:24 A-t-il mentionné des noms ?
25:27 On a commencé à faire le rapprochement.
25:29 Un collègue avait-il voulu lui faire une blague ?
25:33 Les policiers tournent leur attention vers un certain Jet Paxton.
25:38 [Musique]
25:43 C'était le petit farceur de la bande.
25:46 Il n'arrêtait pas de faire des canulars.
25:49 [Rire]
25:55 Vous aimez bien jouer des blagues sur vous-même.
26:00 Oui, je me souviens de l'une fois, on a mis de la sauce chaude dans son thermos.
26:05 [Musique]
26:09 Vous avez vu son visage. Cette réaction était priceless.
26:14 A l'écouter, c'était des plaisanteries inoffensives.
26:17 Rien qui puisse entraîner la mort d'autrui.
26:20 Vous avez jamais mis de l'autre dans son thermos ?
26:25 Non, je ne peux pas dire que nous l'avons fait.
26:27 Vous êtes prêt à prendre un polygraphie ?
26:31 Pas de problème.
26:33 D'accord.
26:35 [Musique]
26:43 Vous avez travaillé avec Robert Curley ?
26:46 Oui.
26:48 Vous avez secrètement écriré le nourriture ou la boisson de Mr. Curley au travail ?
26:54 Oui.
26:56 Vous avez mis de l'ethylène dans le thermos de Mr. Curley, avec l'intention de l'endommager ?
27:02 Non.
27:04 [Musique]
27:12 Il a complètement échoué au test du détecteur de mensonges.
27:16 L'examinatrice n'avait jamais vu ça.
27:20 Alors forcément, on en a conclu qu'il nous mentait.
27:25 Vous devez commencer à parler.
27:28 Je veux dire, vous devez commencer à me dire la vérité.
27:34 Vous avez accès à son thermos. Vous avez accès à l'ethylène.
27:41 On s'est dit qu'une vieille rancune et l'accès facile à un poison mortel pouvaient l'avoir conduit au meurtre.
27:50 Parlez-moi maintenant. Peut-être, peut-être, je peux vous aider.
27:55 Vous avez tout mal. Je vous ai dit depuis que vous êtes entré dans la porte que je ne fais pas partie de tout ça.
28:00 Jed s'en tient à sa version des faits.
28:04 Et Graham a des raisons de croire qu'il dit la vérité.
28:07 Le détecteur de mensonges n'est pas une science exacte.
28:11 Le comportement et le corps humain sont très complexes.
28:14 Le simple fait de passer un test peut entraîner une accélération du rythme cardiaque et une augmentation de la température.
28:21 Le suspect a beau avoir eu accès au poison et échoué au polygraphe, les enquêteurs ont besoin de preuves tangibles.
28:29 À ce stade de l'enquête, il n'avait pas assez d'éléments pour inculper qui que ce soit de la mort de Bob.
28:39 De mon côté, je ne voulais qu'une chose, faire éclater la vérité sur la mort de Bob.
28:50 Je déteste noter circonstances du décès inconnu dans mon rapport.
28:56 Nous avions peur que l'affaire ne soit jamais élucidée.
29:02 Nous voulions savoir ce qui était arrivé à Bobby.
29:08 Quatre mois plus tard, un nouveau procureur, Peter Olszewski, prend ses fonctions.
29:17 J'étais sous pression de toute part pour faire avancer l'enquête.
29:23 Je vous promets ça.
29:27 Au cours d'une affaire d'homicide volontaire, j'avais appris l'existence d'une nouvelle méthode d'analyse toxicologique
29:38 permettant de détecter la présence de certains métaux lourds dans les cheveux.
29:45 Graham Etrick connaît bien cette technique, pourtant peu utilisée lors des enquêtes criminelles.
29:52 L'analyse segmentaire est apparue en criminalistique au milieu du 19e siècle, mais je n'y avais encore jamais eu recours.
30:00 C'était l'occasion rêvée. J'étais impatient de m'y mettre.
30:08 [Musique]
30:14 - Tu es familier avec l'analyse segmentaire ? - Un peu.
30:18 - Beaucoup de drogues laissent des marquages dans les cheveux. Certainement le métal.
30:23 - Dans le cas de Robert, le valium aurait été imprimé dans ses cheveux. - Exactement.
30:28 - Et une fois dans les cheveux, ça ne se retourne jamais.
30:32 - Une simple mèche de cheveux constitue une sorte de calendrier,
30:38 permettant de connaître la nature des produits chimiques, le degré d'exposition et les différents dosages.
30:45 - Toute prometteuse que soit l'analyse segmentaire, le coroner a deux obstacles de taille à surmonter.
30:52 Non seulement la victime avait perdu presque tous ses cheveux avant de mourir, mais elle est enterrée depuis bientôt trois ans.
30:59 - En ce cas, nous allons avoir besoin d'un meilleur sample de cheveux.
31:04 - Nous avions récupéré une mèche à son décès, mais pour être en mesure de faire une analyse segmentaire, il m'en fallait un peu plus.
31:12 Nous avons donc été obligés d'exhumer la victime.
31:16 [Musique]
31:21 - Nous avons autorisé l'exhumation de Bobby pour en savoir plus sur les circonstances de sa mort.
31:26 - Nous avions tellement de questions. Ça nous a redonné espoir.
31:31 [Musique]
31:33 - La démarche ne m'était pas inconnue loin de là. J'avais grandi au-dessus d'une entreprise de pompes funèbres.
31:39 J'avais vu mon père à l'œuvre. Il lui arrivait régulièrement d'exhumer des corps.
31:44 [Musique]
31:47 - Le temps était humide, il pleuvait à verse, le sol était détrempé.
31:52 [Musique]
31:59 - Certains caveaux sont étanches, de même pour les cercueils, mais pas tous.
32:04 [Musique]
32:11 [Bruit de moteur]
32:30 - Quand ils ont soulevé le cercueil et que j'ai vu l'eau s'écouler,
32:35 ça m'a fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre.
32:41 [Bruit de moteur]
32:49 - On s'est tout de suite demandé si ça aurait des conséquences sur l'échantillon de cheveux.
32:54 Mais encore fallait-il qu'il reste quelque chose à prélever.
32:59 L'équipe transporte le cercueil encore scellé jusqu'à la morgue pour une deuxième autopsie,
33:05 en espérant qu'il ne soit pas trop tard.
33:09 [Musique]
33:17 - Le premier objectif était évidemment le cheveu. Il n'y avait pas beaucoup de reste.
33:23 - L'eau a fait beaucoup de dégâts.
33:26 Nous devions recueillir plusieurs mèches.
33:30 Les cheveux ont beau résister au temps qui passe, c'est fin, minuscule et difficile à trouver.
33:40 [Bruit de moteur]
33:53 - Après un examen approfondi, les médecins légistes trouvent suffisamment de cheveux pour les faire analyser en laboratoire.
34:02 [Bruit de moteur]
34:06 - J'étais nerveux. Personne ne savait si l'échantillon serait exploitable.
34:12 Il s'était peut-être détérioré avec le temps ou au contact de l'eau.
34:17 [Musique]
34:21 - Lorsque Graham reçoit les résultats...
34:24 - Ok, Robert, parle-nous.
34:26 - Il est surpris de découvrir plusieurs traces noires sur chaque mèche de cheveux.
34:31 - C'est de l'échantillon.
34:32 - Cela ne peut vouloir dire qu'une chose.
34:35 [Bruit de moteur]
34:38 - Selon ceci, il a eu plusieurs exposures.
34:41 [Musique]
34:45 - L'analyse toxicologique a révélé que Bob avait été empoisonné sept fois en onze mois.
34:51 [Bruits de douleur]
34:53 - Il avait donc été victime d'un meurtre.
34:56 - Les enquêteurs peuvent enfin écarter plusieurs thèses.
35:01 - Premièrement, il ne s'agissait pas d'un accident du travail.
35:06 - Et deuxièmement, ce n'était pas une plaisanterie qui avait mal tourné.
35:12 [Musique]
35:18 - En examinant la chronologie, Graham et Trick identifient la dernière dose de thallium
35:24 et fait une découverte stupéfiante.
35:27 [Musique]
35:33 [Bruit de moteur]
35:37 [Bruit de moteur]
35:42 - Cela signifie que cette dose a été distribuée juste au bout d'un jour ou deux après la mort de Robert.
35:49 [Musique]
35:51 - Le plus choquant dans tout cela, c'est qu'il était sur son lit d'hôpital dans un état critique
35:56 quand il a reçu la dose la plus forte.
35:59 On l'avait empoisonné sous les yeux de tous.
36:03 Le coupable faisait donc partie de son entourage.
36:09 C'était quelqu'un qui cachait bien son jeu.
36:13 [Musique]
36:21 [Bruit de clavier]
36:23 [Musique]
36:31 - La mort de Bob Curley restait un mystère.
36:34 Jusqu'à ce qu'une mèche de cheveux vienne étayer la thèse du meurtre.
36:39 - L'analyse toxicologique a révélé que Bob avait été empoisonné sept fois en onze mois.
36:46 Le plus choquant dans tout cela, c'est qu'il était sur son lit d'hôpital dans un état critique
36:52 quand il a reçu la dose la plus forte.
36:55 [Bruits de pleurs]
36:58 [Musique]
37:01 - Trois personnes étaient à son chevet.
37:03 Sa mère, son épouse Joanne et sa sœur Suzanne.
37:07 - Les policiers nous ont donné plusieurs créneaux horaires
37:11 pour lesquels nous avons dû dire où nous étions, preuve à l'appui.
37:15 Soudain, nous étions sur la liste des suspects.
37:19 [Musique]
37:24 - Les enquêteurs ont vite découvert qu'une seule personne se trouvait avec Bob Curley à chaque ingestion.
37:32 Cette personne, c'était son épouse Joanne.
37:36 [Musique]
37:41 - D'après l'analyse toxicologique, Joanne s'est mise à empoisonner Bob deux mois après leur mariage.
37:48 Elle a commencé par de petites quantités et a progressivement augmenté la dose.
37:53 Elle a provoqué sa mort de manière très méthodique.
37:57 [Musique]
38:06 - Les enquêteurs ne sont pas au bout de leur surprise.
38:09 [Musique]
38:11 - Joanne avait reçu plus d'un million de dollars au terme d'un procès
38:15 pour négligence ayant entraîné la mort de son premier mari.
38:18 Elle a reçu l'argent le jour de la mort de Bob.
38:21 - Bob avait hâte de toucher cette somme.
38:25 Il comptait même en utiliser une partie pour s'installer à son compte.
38:29 [Musique]
38:31 - Joanne n'avait sûrement pas très envie de partager cet argent avec son mari.
38:36 Elle ne voulait pas qu'il mette la main dessus et préférait tout garder pour elle.
38:41 [Musique]
38:43 - Maintenant que Bob était mort, elle n'avait plus besoin de partager les dommages et intérêts avec lui.
38:49 Et si en plus nous avions conclu à une mort accidentelle,
38:52 ça lui aurait permis de poursuivre l'université en justice
38:56 et sans doute de gagner son deuxième procès pour négligence ayant entraîné la mort.
39:02 [Musique]
39:04 - Nous venions d'identifier un schéma récurrent.
39:07 Le mode opératoire d'une veuve noire en herbe.
39:11 [Musique]
39:16 Les preuves accablantes continuent de s'accumuler.
39:19 [Cris]
39:22 - Une infirmière du centre hospitalier s'est manifestée.
39:26 [Cris]
39:28 - Juste avant d'être mis sous assistance respiratoire,
39:31 Bob lui aurait saisi le bras et lui aurait dit de maintenir sa femme à distance.
39:36 [Cris]
39:39 - Car elle essayait de le tuer.
39:41 [Cris]
39:45 - Ils ont mis ça sur le compte de la maladie et des hallucinations.
39:50 Je peux à peine imaginer ce qu'il a dû ressentir attaché à son lit d'hôpital,
39:55 convaincu que son épouse voulait sa mort.
39:59 [Musique]
40:06 Les preuves sont suffisantes pour arrêter Joanne Curley, 33 ans,
40:10 et l'inculper du meurtre de son époux.
40:13 Au début, la suspecte n'est pas très loquace.
40:17 - Le jour de son arrestation, elle qui avait été si coopérative avec la police,
40:22 n'avait soudain plus rien à dire.
40:24 [Musique]
40:35 - Quand elle a compris qu'elle risquait la peine de mort, elle est passée à table.
40:40 Elle nous a dit comment et pourquoi elle l'avait tuée.
40:44 [Musique]
40:49 - Le couple vivait chez la grand-mère de Joanne, qui avait justement du raticide à la cave.
40:55 - Joanne en remontait un peu dans un sachet pour en mettre dans le thé et l'assiette de son mari.
41:03 Elle a même avoué avoir continué de l'empoisonner à l'hôpital, quand il était à l'article de la mort.
41:10 [Musique]
41:14 La famille de Bob est anéantie par la nouvelle.
41:18 - Elle est vindicative, fourbe et prête à tout.
41:24 Ils étaient mariés depuis six semaines, quand elle a commencé à l'empoisonner.
41:28 Six semaines !
41:30 - Joanne a eu une chance insolente.
41:35 Elle avait administré du thallium à son mari, et par le plus grand des hasards,
41:41 il avait justement travaillé dans un laboratoire qui en possédait.
41:45 Dans sa tête, elle lui donnait de la moraura, un point c'est tout.
41:51 A l'époque, elle ne savait pas ce qu'il y avait dedans.
41:55 [Musique]
41:59 - Elle a exposé sa fille de quatre ans à du raticide.
42:04 Dans quel but ? Pour induire la police en erreur ?
42:08 Si c'est le cas, ça a marché.
42:11 Quel genre de mère empoisonnerait volontairement sa propre fille pour brouiller les pistes ?
42:18 Elle était diabolique.
42:20 [Musique]
42:24 Pour les enquêteurs, une question persiste.
42:28 [Musique]
42:30 - Pourquoi tu t'es tué de ton mari ?
42:34 - Je n'étais pas heureuse dans mon mariage.
42:37 Il n'était pas le type que j'ai cru.
42:40 - Elle a admis l'avoir tué pour toucher l'argent de l'assurance.
42:45 - Combien c'était cher ?
42:48 - Environ 150 000.
42:51 - L'avidité est un mobile suffisant.
42:54 - C'est plus courant qu'on ne le croit.
42:58 [Musique]
43:01 - Joanne plaidera coupable d'assassinat.
43:05 Elle sera condamnée à une peine de 10 à 20 ans de prison.
43:10 - Ça a été un véritable ascenseur émotionnel.
43:13 On avait appris à connaître la famille.
43:15 On a partagé leurs douleurs.
43:20 Et on a fait de notre mieux pour les aider.
43:24 [Musique]
43:27 - Cela fait plus de 25 ans que nous honorons sa mémoire.
43:32 Je sais qu'il est entre de bonnes mains.
43:36 Il est avec notre mère.
43:38 Maman prend soin de lui pour nous tous.
43:42 Il est mort beaucoup trop jeune.
43:46 Il nous manque terriblement.
43:50 [Musique]
43:54 - Les morts parlent toujours, même si parfois il faut tendre l'oreille.
44:01 Dans le cas de Bob Curley, une simple mèche de cheveux a fait triompher la justice.
44:08 [Musique]
44:16 [Musique]
44:20 Merci à tous !
44:22 Merci à tous !
Commentaires

Recommandations