00:00 Oui bien sûr parce qu'il faut tout recommencer, repartir de zéro.
00:03 Ces parties civiles, vous le disiez, elles vont avoir devant elles deux hommes dans le box des accusés,
00:08 deux hommes d'une quarantaine d'années.
00:10 Ce sont des proches de Mohamed Laouech Boulel, ce terroriste qui a tué 86 personnes
00:15 et fait près de 450 blessés ce 14 juillet 2016 avec son camion bélier à Nice.
00:21 Alors en première instance, ils ont été condamnés à 18 ans de prison.
00:24 La justice avait estimé qu'ils étaient au courant du projet terroriste de leur ami,
00:28 qu'il avait aidé à trouver une arme de poing et qu'ils avaient même effectué
00:33 des repérages à bord du camion sur la promenade des Anglais les quelques jours précédant l'attaque.
00:38 Sauf que eux, ils clament leur innocence depuis le début.
00:41 Ils ignoraient tout, selon eux, du projet terroriste qui allait arriver.
00:44 C'est la raison pour laquelle ils ont fait appel et c'est ce nouveau procès marathon
00:48 qui commence aujourd'hui avec deux mois d'audience et plus de 200 victimes
00:52 qui ont fait le choix de venir témoigner dans quelques jours, dans quelques semaines
00:56 pour raconter leur traumatisme, leur séquelle.
00:58 C'est le cas de Célia Vial, elle a perdu sa mère écrasée par le camion ce soir du 14 juillet 2016.
01:04 Elle est venue ce matin ici à Paris pour prendre la parole
01:08 et pour dire dans quelques jours dans l'état d'esprit dans lequel elle se trouve. On l'écoute.
01:12 J'appréhende et en même temps c'est le moyen de porter notre voix aussi,
01:17 de profiter de cette tribune pour dépeindre un paysage global aussi
01:23 de tout ce qu'est le parcours d'une victime de terrorisme,
01:27 donc aussi de l'après, de la prise en charge au niveau de l'état aussi
01:33 parce que ça fait partie pour beaucoup de victimes, c'est aussi une souffrance à part entière
01:37 que de parfois se faire refuser l'accès au fonds de garantie par exemple.
01:41 Ce n'était pas le cas en première instance, des enfants, des enfants rescapés de cette attaque
01:47 vont venir témoigner au procès ?
01:51 Oui, ils témoigneront par visioconférence depuis Nice où le procès est retransmis également.
01:55 Ce n'était pas le cas en première instance parce que là on parle de très jeunes enfants,
01:59 pas de jeunes adultes, d'enfants qui avaient 4, 5, 6 ans au moment de l'attentat.
02:03 Ils sont une petite dizaine, entre 5 et 9 à vouloir témoigner,
02:08 en tout cas avoir la volonté de venir raconter quels sont leurs séquelles aujourd'hui,
02:12 comment ils se sont reconstruits après cet attentat.
02:15 C'est le cas d'une jeune fille de 13 ans qui était donc très jeune en 2016.
02:19 Nos équipes l'ont rencontrée hier, elle s'appelle Landy.
02:21 Elle raconte qu'elle a été grièvement blessée le soir de l'attentat
02:26 mais qu'elle tient aujourd'hui à venir raconter son histoire.
02:29 C'est aussi le cas d'une autre petite fille qui avait 4 ans au moment de l'attaque.
02:33 Sa mère raconte qu'elle s'est jetée sur sa fille pour la protéger
02:36 et qu'elles sont passées sous les roues du camion.
02:38 La petite fille a encore des séquelles aujourd'hui et elle aussi qui est âgée aujourd'hui de 12 ans
02:42 tient à venir raconter son traumatisme face à la cour d'assises.
02:46 Mais les avocats qu'on a pu rencontrer depuis ce matin sont eux plutôt très réticents
02:50 à l'idée de venir faire témoigner des enfants la crainte que ça fasse resurgir des souvenirs
02:56 très douloureux, de les replonger dans l'enfer de l'attaque.
02:59 On verra ce qu'il en est, ce sera sans doute à la mi-mai que ces témoignages sont prévus.
03:03 Le procès lui va se tenir ici jusqu'au 14 juin prochain.
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