00:00 Je suis suffisamment réparée pour en parler.
00:02 Je suis suffisamment réparée pour en parler parce que j'avais besoin aussi de
00:13 parler de réparation, de reconstruction possible.
00:15 Ce n'est pas tellement un discours qu'on entend.
00:18 Et aussi pour abattre cet énorme tabou, c'est-à-dire que je me suis rendu compte
00:24 que déjà quand on est victime, on n'a pas nécessairement envie d'en parler.
00:28 Ce n'est pas quelque chose qui est facile.
00:30 Ce n'est pas quelque chose qui est facile non plus à entendre.
00:32 Et ça me met dans une espèce de gêne et de malaise.
00:35 J'ai beaucoup de témoignages de gens qui me disent "je suis désolée de vous témoigner
00:39 mon histoire" et je me dis "mais non, on ne devrait pas avoir à s'excuser de ce qu'on
00:44 a subi en fait".
00:45 Donc c'est une façon pour moi de contribuer à abattre ce tabou.
00:48 J'en parle très précisément en page 20 du livre, donc je n'ai peut-être pas rentré
00:51 de nouveau dans les détails sordides, mais ça se manifeste par des caresses.
00:56 Et plus.
00:59 Et c'est des échanges sexuels.
01:03 C'est des échanges sexuels entre un père et une fille.
01:06 Oui, en fait, ce qui est délicat, c'est qu'il n'y a pas forcément toujours de la douleur
01:10 physique ou de la violence.
01:12 Et donc c'est extrêmement difficile de comprendre le mécanisme de destruction interne.
01:17 Et il y a aussi une amnésie traumatique.
01:21 C'est-à-dire que souvent il y a un état de sidération et donc une amnésie traumatique.
01:24 C'est pour ça que la prescription est complètement aberrante, qu'elle devrait totalement être
01:29 abolie parce que sur les viols contre les enfants et les violences sexuelles, on devrait
01:33 vraiment abolir la prescription.
01:35 de la France.
01:36 Merci à tous !
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