00:00 J'ai la chance dans mon métier de rencontrer des personnalités.
00:04 Franck Dubosc, Benoit Poulvorde, Antoine Dupont, un des derniers, Thomas Pesquet.
00:09 Quand il est fini, quand il est réussi, quand la personnalité s'est mise à côté et dit
00:17 « voilà, je suis super content, c'est génial d'avoir rencontré et de réaliser ces personnages-là ».
00:22 Bonjour, je m'appelle Stéphane Barret.
00:27 Je suis sculpteur en hyperréalisme humain-animalier.
00:30 Je vais vous faire découvrir mon atelier.
00:32 Je travaille aujourd'hui sur le personnage de Théo Curin, donc pour le musée Grévin.
00:45 Là, je suis sur le modelage de son visage.
00:48 J'ai à peu près une quinzaine de jours de travail avant qu'il soit validé par lui d'ailleurs.
00:52 Pendant le rendez-vous, on a fait un scan haute définition de son corps.
00:56 On fait un maximum de photos, prise d'empreinte des dents, couleur des yeux, couleur de la peau.
01:01 Et puis, on a également scanné ses bras pour avoir un maximum d'informations sur toutes ses cicatrices
01:08 qui sont importantes, puisqu'il va vraiment falloir qu'elles soient conformes à la réalité
01:12 lors de l'inauguration, quand il va se mettre à côté de son personnage.
01:16 Et puis là, je travaille tous les détails, les expressions du sourire,
01:20 toutes les petites ridules que l'on voit en photo, que ce soit sur le front, que ce soit au niveau des yeux.
01:25 Je vais vraiment essayer de le reproduire sur le modelage.
01:27 Le travail sur le regard, sur l'expression des yeux,
01:32 c'est quand même le plus difficile à faire dans la réalisation d'un personnage hyper réaliste.
01:36 Et c'est ce que les gens regardent en premier, parce que c'est ça qui donne la vie,
01:40 c'est ça qui fait qu'en final, le personnage est conforme et ressemblant à la réalité.
01:55 Alors moi, j'utilise une plastiline, donc c'est une pâte à modeler qui ne sèche jamais.
01:59 Et l'avantage, c'est qu'elle est très, très fine.
02:01 Ça me permet vraiment d'aller loin dans les détails, dans le grain de peau.
02:06 C'est des silicones qui ont été réalisés sur des peaux de clémentines.
02:09 Et donc, ça nous permet vraiment d'avoir un grain de peau.
02:12 Malheureusement, dans le commerce, on ne trouve pas les outils que l'on veut.
02:15 Donc, c'est des outils que j'ai réalisés.
02:17 J'ai des outils en bois, j'ai des outils en métal.
02:20 Après, je travaille beaucoup avec des pinceaux pour la finition.
02:24 J'ai des personnages, malheureusement, que je ne rencontre pas.
02:27 Les personnalités étrangères, c'est souvent plus compliqué.
02:30 Et puis, les personnages qui sont décédés, c'est aussi un autre process.
02:34 Parce que là, on ne travaille qu'avec des photos de presse.
02:36 Donc, les photos de presse, on n'a souvent pas la bonne expression,
02:39 pas la vue de face ou la vue de profil.
02:41 Là, par contre, il y a une vraie interprétation du personnage.
02:45 C'est un challenge encore plus important sur des personnages que l'on ne rencontre pas.
02:50 Quand il est terminé, c'est vrai que c'est une satisfaction.
02:53 On me demande toujours quel est le personnage que tu as préféré faire.
02:57 J'ai envie de dire, c'est toujours le dernier,
02:59 parce que j'ai investi un maximum d'attention, d'efforts, de stress.
03:04 Et que quand il est fini, quand il est réussi,
03:06 quand la personnalité s'est mis à côté et dit, voilà, je suis super content,
03:11 c'est une vraie satisfaction pour moi.
03:13 D'arriver à ce moment-là, c'est vraiment un moment de satisfaction.
03:17 C'est une vraie satisfaction pour moi d'arriver à les finir
03:20 et qu'elles soient contentes du résultat.
03:23 J'ai la chance, après que la tête soit moulée, de récupérer le modelage.
03:34 Donc ici, j'ai quelques modelages, je les garde parce que c'est des références pour moi.
03:38 C'est des gens que j'ai apprécié faire.
03:40 Là, vous avez Franck Dubosc, Benoît Poulvorde,
03:44 Antoine Dupont, un des derniers, Dwayne Johnson, Thomas Pesquet.
03:49 Et puis, au mur, j'aime bien maintenant avoir des masques des personnalités que j'ai faites.
03:55 Vous avez Edith Piaf ici, Brad Pitt, Stéphane Bern, Angelina Jolie, Nelson Mandela.
04:04 J'en suis aujourd'hui à plus de 60 personnages.
04:07 Et puis, je fais aussi des personnages de BD.
04:09 Vous avez Sophie la girafe ici, le petit prince, le petit Nicolas.
04:14 Je travaille aussi dans le personnage fictif de BD.
04:18 Mon parcours est un peu atypique.
04:25 J'ai travaillé dans l'industrie pendant 5 ans.
04:27 Et mon plaisir, c'était le soir et la nuit, faire de la sculpture.
04:31 Donc, j'ai décidé de reprendre des études de design.
04:34 Et puis, une fois que je suis sorti designer,
04:36 un jour, j'ai appris que le musée Grévin faisait passer des tests.
04:39 Et puis, il y en a eu des sculpteurs qui sont partis.
04:42 Et on m'a proposé si je voulais intégrer les équipes.
04:45 C'était Bruce Willis, mon premier personnage.
04:47 Donc, ça n'a pas été facile.
04:48 C'est vrai que c'est une grosse pression parce qu'à un moment donné,
04:51 il va y avoir une confrontation entre le vrai ou faux.
04:53 Il suffit d'être juste sur la totalité des choses
04:56 puis d'avoir un petit détail sur quelque chose
04:58 où les gens vont dire "ah bah non, c'est pas lui parce qu'il y a ça,
05:00 c'est pas lui parce qu'il y a ça".
05:01 L'hyperliste, c'est un mélange de plein de choses.
05:05 Pour que ça soit réussi, il faut que toutes ces choses soient justes.
05:09 Je lisse un peu par rapport à mes retouches de tout à l'heure.
05:13 Et puis après, je vais avoir toute la finition à faire.
05:16 Il faut être précis.
05:21 Il ne faut pas trop stresser.
05:23 Parce que c'est vrai que c'est du stress permanent.
05:26 Et puis surtout, il faut avoir une bonne vision 3D.
05:31 Et puis, je pense que la qualité, c'est mes mains.
05:35 Ouais, un peu de patience.
05:36 Non, c'est vrai, patience aussi.
05:38 Non, non, mais c'est vrai.
05:39 Mais ça, ça compte pas puisque quand on est passionné,
05:42 on peut y passer des heures sans problème.
05:44 [Musique]
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