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Laurence Ferrari - Hausse de la dette publique : peut-on éviter la sortie de route ?
Europe 1
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il y a 2 ans
Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent de la forte hausse de la dette publique française.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline
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00:00
Et nous sommes en plateau avec Louis de Ragnel, journaliste politique à Europe 1.
00:03
Bonsoir Louis, chef du service politique.
00:04
Rachel Khan, essayiste et juriste.
00:06
Bonsoir, Rachel.
00:07
On a le plaisir d'accueillir Nicolas Baverez.
00:09
Bonsoir.
00:10
Bonsoir.
00:10
Historien et essayiste.
00:12
Sabrina Medjeber, essayiste également sociologue.
00:14
Et Alexandre Devecchio, qui est journaliste.
00:16
Bonsoir, Laurence.
00:17
Joli plateau pour évoquer ces sujets brûlants de l'actualité.
00:21
Et d'abord la dette.
00:21
Ça ne vous paraît peut-être pas très sexy, mais c'est important
00:24
parce qu'évidemment, nous sommes en train de prendre le mur de pleine face,
00:27
Nicolas Baverez, avec nos déficits qui explosent.
00:30
Et je le disais, voilà, l'homme qui valait 1 000 milliards
00:33
en la personne d'Emmanuel Macron entre 2017 et 2024,
00:36
c'est le montant de la dette qui a augmenté.
00:39
J'aimerais juste qu'on écoute pour commencer un échange musclé
00:41
qui a eu lieu cet après-midi à l'Assemblée nationale entre Bruno Le Maire,
00:44
ministre de l'Économie depuis 2017, et le Rassemblement national,
00:48
qui l'accusait encore une fois de ne pas savoir tenir les comptes publics.
00:51
Écoutez cet échange entre le Rassemblement national et Bruno Le Maire.
00:55
Ce n'est plus une dérive, c'est une sortie de route.
00:57
Nos comptes publics ne sont plus tenus, ce sont des faits.
01:00
Le Rassemblement national serait plus crédible
01:02
s'il arrêtait d'expliquer que pour rétablir les finances publiques françaises,
01:06
il faut sans cesse matraquer les immigrés.
01:09
Ce n'est pas comme ça que nous rattraperons nos déficits
01:12
et que nous rétablirons les finances publiques françaises.
01:15
Vous n'avez proposé, monsieur le député,
01:18
depuis quelques mois que des dépenses publiques supplémentaires.
01:22
Et je vous confirme que nos perspectives de croissance,
01:24
nos perspectives économiques pour 2024, pour 2025, pour 2026,
01:29
elles sont positives.
01:30
Parce que contrairement à vous, nous croyons dans les Français,
01:33
nous croyons dans nos entreprises françaises,
01:35
nous croyons dans notre capacité à nous redresser économiquement
01:38
dans les années qui viennent.
01:39
D'habitude, nous sommes dans les erreurs, les approximations
01:43
et l'autosatisfaction, tout simplement pour une bonne et seule raison.
01:46
Vous n'avez pas de stratégie pour les finances publiques.
01:48
Votre stratégie pour les finances publiques,
01:50
c'est un couteau sans lame auquel il manque le manche.
01:52
Voilà pour ce député Rassemblement national.
01:54
On parlera du programme du Rassemblement national
01:56
en matière de dépenses publiques dans un instant,
01:57
mais Nicolas Bavard, est-ce que c'est comme ça
01:58
qu'on va régler le problème de la dette
02:00
en envoyant des noms d'oiseaux à la figure à l'Assemblée ?
02:02
Non.
02:03
Vous voyez, il y a 50 ans, le 2 avril 74,
02:11
mourait Georges Pompidou.
02:13
Et c'est important parce que le dernier budget en excédent,
02:16
c'est celui de l'année 73, c'était 0,2 %,
02:20
qui a été le dernier budget à avoir été réalisé en excédent.
02:24
Et donc, d'abord, ça montre l'ampleur du problème.
02:27
La France est le seul grand pays développé
02:30
qui vient d'accumuler, dans une période quand même
02:33
qui a connu beaucoup de chocs,
02:34
mais aussi de périodes de croissance,
02:36
50 années de déficit à la suite.
02:38
Et il est vrai qu'aujourd'hui,
02:42
il y a un effet de perte de contrôle,
02:43
parce que, comme vous l'avez rappelé,
02:45
la dette française, c'est à peu près 3 100 milliards,
02:48
et depuis 2017, c'est 1 000 milliards.
02:50
Donc, il y a un effet d'accélération qui est stupéfiant.
02:55
Alors, ensuite, au-delà des montants,
02:57
la vraie question, c'est est-ce que cette dette est soutenable ?
03:00
Et le moment où une dette devient insoutenable,
03:03
c'est le moment où, en fait, les taux d'intérêt
03:06
deviennent supérieurs à ce qu'on appelle la croissance nominale,
03:10
c'est-à-dire la croissance en volume plus l'inflation.
03:12
Et il se trouve qu'en 2024, on y est.
03:15
On a des taux qui sont à 4 %,
03:17
on a une croissance qui va être à 0,7,
03:20
et à peu près 2 % ou plus d'inflation.
03:23
Donc, on a maintenant cette mécanique infernale
03:27
qui se met en...
03:29
- En place. - Qui se met en oeuvre.
03:30
Et c'est vrai qu'en face de cette dette gigantesque,
03:33
il n'y a plus de croissance,
03:35
il y a des gains de productivité qui baissent,
03:37
il y a un chômage qui monte.
03:39
Et donc, on a maintenant une situation
03:41
qui est une situation critique.
03:43
Et là où je crois qu'au-delà des échanges qu'on a vus,
03:45
ce qui est le plus inquiétant,
03:47
c'est que finalement,
03:49
on est un certain nombre à avoir prêché dans le désert
03:51
depuis des décennies, mais ça, c'est pas grave.
03:53
Mais surtout, il n'y a pas de prise de conscience.
03:55
Aujourd'hui, il y a des mots,
03:58
mais il n'y a aucune action.
04:00
On a un président de la République qui a organisé un dîner,
04:03
mais visiblement, c'est pas quelque chose
04:05
dont il considère que ça fait partie des priorités.
04:08
Il y aura un débat parlementaire.
04:09
S'il n'y a pas de prise de conscience,
04:11
c'est quand même déjà la base pour pouvoir discuter des solutions.
04:14
C'est la question du gouvernement, mais aussi, Alexandre Novecchio,
04:16
la question des oppositions, qui hurlent dans l'hémicycle,
04:18
mais à chaque fois qu'on dit "on va couper la dépense publique",
04:21
qui se mettent à hurler aussi,
04:22
parce qu'évidemment, il n'est pas question
04:24
pour aucun parti présent dans l'hémicycle
04:27
de faire des économies et de dire aux Français "ça va faire mal".
04:31
"Ça va être du sang et des larmes".
04:33
Moi, je pense que c'est un choix politique, la question de la dette,
04:36
et ça relève d'une stratégie.
04:38
Tout le monde, je pense, est d'accord, à part LFI,
04:40
est d'accord pour faire des économies.
04:42
Maintenant, la question, c'est où est-ce qu'on va les faire ?
04:45
Ce que je note tout de même, c'est que...
04:47
Tout le monde est d'accord pour faire des économies ?
04:49
Je pense que tout le monde, aujourd'hui, est d'accord
04:50
pour dire que la dette est importante.
04:52
Maintenant, c'est où va l'argent ?
04:55
Où va l'argent des impôts des Français ?
04:57
Manifestement, il ne va pas dans l'hôpital, il ne va pas dans l'armée,
04:59
il ne va pas dans la justice, même dans l'école.
05:03
En tout cas, il y a beaucoup d'argent qui est mis, mais ça ne fonctionne pas.
05:06
Donc, c'est plutôt ça, la question.
05:10
Et je trouve, moi...
05:10
C'est la dette.
05:11
Je trouve, moi, je comprends ce que vous voulez dire,
05:13
mais je trouve que moi, la réponse de Bruno Le Maire,
05:16
comme souvent, est assez suffisante.
05:18
On a fait confiance à des énarques depuis des années.
05:21
Ils ont une présomption de compétence,
05:23
mais c'est quand même eux qui étaient au pouvoir et qui ont...
05:26
C'est pas l'ENA, le sujet.
05:27
C'est pas l'ENA, mais la réponse, c'est toujours...
05:29
On peut être honnête ou malhonnête dans la vie,
05:31
on dit la vérité ou on dit pas la vérité.
05:33
Le sujet, c'est que les gens qui sont au pouvoir,
05:35
qui sont succédés, sont plutôt des énarques reconnus
05:39
pour être soi-disant des bons gestionnaires.
05:40
Le fait est qu'ils ont fait...
05:42
C'est eux qui ont croisé la dette,
05:44
c'est pas le Rassemblement national.
05:46
Je pense encore une fois que pour réduire la dette,
05:49
c'est une stratégie politique et on peut pas, à mon avis,
05:52
continuer de la réduire en paupérisant les services publics.
05:57
Ce qui a été la stratégie politique de la droite et de la gauche,
06:00
ça a été, et même de la gauche, de saper dans les services publics.
06:03
On a vu le résultat à l'hôpital, dans la police, la justice.
06:06
Donc, c'est pas là qu'il faut aller.
06:07
C'est sur les dépenses sociales.
06:09
Et là, on n'entend pas beaucoup le gouvernement.
06:12
Le gouvernement dit qu'il faut pas s'attaquer à l'immigration,
06:15
mais l'immigration fait partie.
06:16
C'est pas que ça.
06:17
Ce serait démagogique de dire qu'il n'y a que l'immigration,
06:19
mais l'immigration fait partie des dépenses sociales.
06:22
Il faut peut-être aller là.
06:23
Et ensuite, en parallèle, il faut mettre en place un choc de production,
06:27
arrêter la désindustrialisation,
06:29
parce que le meilleur moyen de réduire la dette,
06:31
c'est quand même de faire de la croissance.
06:33
Donc, voilà, il y a eu une erreur stratégique
06:36
de ne pas aller là-dessus depuis des années.
06:38
Maintenant, est-ce que le Rassemblement national est capable d'aller là-dessus ?
06:41
C'est plutôt sa ligne.
06:43
Le programme du Front national, du Rassemblement national,
06:46
pardon Nicolas Baverez, vous l'avez détaillé,
06:48
c'est plutôt des dépenses,
06:49
parce qu'évidemment, il y a beaucoup de choses...
06:51
Pour l'instant, il n'est pas très...
06:53
- Clair ? - Il n'est pas très clair,
06:54
mais c'est vrai qu'en tout cas,
06:57
sauf à ce qui change beaucoup,
06:58
c'était un programme qui, pour le coup,
07:00
avait pas mal de points communs avec LFI,
07:03
puisque c'est un programme qui est étatiste,
07:06
qui est dépensier, qui est protectionniste.
07:08
- Baisse de la TVA, fixation de l'âge de la retraite à 62.
07:10
- Et donc, a priori, c'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire
07:12
pour essayer de sortir le pays des difficultés dans lesquelles il est.
07:17
Et comme on l'a dit,
07:19
si vous voulez, le paradoxe,
07:21
c'est comment est-ce qu'on peut dépenser 58 % du PIB
07:25
d'un pays qui est quand même encore...
07:28
Enfin, qui a la septième puissance mondiale,
07:30
et avec ça, avoir un effondrement de l'éducation,
07:34
de la santé, des transports, de la justice et de la police.
07:38
Là, il y a quand même un problème.
07:40
Et donc, c'est ce problème que, de manière constante,
07:44
on a refusé de traiter.
07:46
Et vous voyez que le débat est paradoxal,
07:49
parce que la classe politique française
07:52
ne cesse d'avoir beaucoup de leçons et de conseils à donner au secteur privé
07:57
et d'inventer... Alors aujourd'hui, on retrouve
08:00
la recette miracle, c'est qu'on va augmenter les impôts.
08:02
On est à 52 % du PIB sur les recettes publiques.
08:07
Les recettes, ça veut dire que c'est 10 % plus que tous les autres pays européens.
08:11
Et donc, plus on augmente les impôts, plus évidemment, on va diminuer la croissance.
08:16
Mais ils nous ont juré qu'ils augmenteraient pas les impôts, Nicolas.
08:18
Comment ça en parle ? Ils ont déjà augmenté les impôts.
08:21
Cette course folle des dépenses et des impôts,
08:24
c'est ce qui nous a mis dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
08:27
Il faut accepter d'arrêter de vouloir sans cesse surimposer
08:33
et se mettre à traiter les problèmes du secteur public.
08:37
Et donc, il y a un problème de niveau et, comme on le dit,
08:40
il y a un problème de contenu de la dette.
08:41
Regardez, par exemple, ce qui s'est passé dans les fameux 10 milliards de RABO
08:44
qui ont été proposés. C'est spectaculaire.
08:47
Vous en avez plus de la moitié du fameuse économie
08:50
qui porte sur l'investissement.
08:52
Et on manque d'investissement public.
08:54
- C'est pas faux. - C'est pas là qu'il faut aller taper.
08:56
Et donc, on a deux problèmes, le niveau et, un vrai problème,
09:00
sur l'orientation désastreuse, la mauvaise utilisation de ces dépenses.
09:06
Donc, on fait ce que ça s'appelle la décroissance par la dette,
09:09
c'est-à-dire que nous investissons pour détruire des activités,
09:13
des emplois et de l'innovation.
09:16
On va continuer à en parler.
09:17
Les Français vont en entendre parler encore de cette affaire de dette
09:19
pendant plusieurs semaines parce que c'est un sujet
09:20
qui sera au cœur de l'actualité.
09:21
C'est important de commencer par ça.
09:22
On fait une petite pause.
09:23
On se retrouve dans un instant.
09:25
On verra ce qui se passe en Russie avec Vladimir Poutine
09:28
qui menace non seulement les Ukrainiens,
09:30
mais aussi les services secrets occidentaux.
09:32
Il dit que c'est eux qui sont directement appliqués
09:34
dans l'attentat de Moscou.
09:35
A tout de suite dans Punchline.
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