00:00 Guillaume, un début de réponse au problème de pénurie de médicaments.
00:03 Il va y avoir une usine de paracétamol à côté de Toulouse.
00:06 C'est une bonne nouvelle, non ?
00:06 Ça va être une usine de paracétamol 100% française.
00:12 Le paracétamol, c'est la molécule la plus utilisée au monde.
00:15 Il y en a dans le Doliprane.
00:17 Il y en a aussi dans l'amoxycyline.
00:18 Vous savez, cette antibiotique a tant manqué depuis des années,
00:21 notamment depuis le Covid.
00:22 Les parents vous entendent.
00:24 Les parents, ils savent de quoi on parle.
00:25 La version enfant, effectivement, a été très recherchée.
00:27 Alors, c'est symbolique tout ça parce que vous savez que,
00:29 mine de rien, ça faisait 15 ans depuis 2009
00:32 qu'on ne produisait plus du tout de paracétamol en Europe.
00:35 Parce que, vous savez, petit à petit,
00:36 toute la production était partie à l'étranger,
00:39 principalement en Inde et en Chine,
00:40 parce que les coûts sont moins élevés.
00:43 Bon, alors, ça a tenu comme ça un certain nombre d'années.
00:45 Puis rappelez-vous, déjà bien avant le Covid,
00:47 on entendait parler déjà de problèmes de pénurie de paracétamol
00:51 ou d'autres molécules.
00:52 Ça, c'était bien avant le Covid.
00:54 On s'était tous retrouvés à se casser le nez dans une pharmacie.
00:56 Et puis avec le Covid, évidemment, ça s'est élargi
00:58 à l'ensemble des médicaments.
00:59 On a cherché un petit peu toutes sortes de médicaments.
01:01 - C'est là qu'on a parlé de la nécessité de retrouver
01:04 une certaine souveraineté.
01:05 - Bah voilà, bah voilà.
01:06 Donc là, il y a des projets qui ont été lancés.
01:08 D'où cette usine qui va commencer à tourner l'an prochain,
01:11 alors qui permettra d'assurer 40 % de la consommation française
01:15 en paracétamol.
01:16 On consomme 8 000 tonnes de paracétamol en France tous les ans,
01:19 pour la p'tite histoire.
01:20 Donc, c'est très bien.
01:21 Le problème, c'est qu'il y a encore beaucoup de travail
01:23 parce qu'aujourd'hui, vous avez encore beaucoup de molécules
01:26 sur lesquelles on est très dépendant de l'étranger.
01:28 Si on pouvait tout soigner avec du paracétamol,
01:30 ça serait merveilleux.
01:30 Le problème, c'est qu'il manque encore des molécules très précieuses.
01:34 Je pense à la morphine, je pense à l'insuline,
01:36 notamment pour le diabète.
01:38 Là, l'essentiel de la production est encore du côté de l'Asie,
01:41 finalement.
01:41 - Mais Emmanuel Macron avait annoncé, au mois de juin dernier,
01:44 vouloir rapatrier la production en France
01:46 d'une cinquantaine de médicaments.
01:47 - Ouais, alors une cinquantaine de médicaments,
01:49 dont la moxiciline, est cis-anticancéreux.
01:52 Donc, deux choses par rapport à ça.
01:54 Un, le dire, le demander, c'est très bien.
01:58 La question, c'est est-ce qu'on va trouver des industriels
02:00 qui accepteront de produire ces molécules sur place ?
02:03 Parce qu'on va sans doute beaucoup moins marger
02:05 que quand on produit en Asie et en Chine.
02:07 Là, l'usine de paracétamol à Toulouse,
02:09 on va être sur un prix de la molécule
02:10 qui va être 30 à 40 % plus cher
02:12 que ce qu'on fait venir d'Inde et de Chine.
02:14 Donc, ça veut dire déjà que les labos vont forcément répercuter ça
02:17 et que la boîte de Deliprane,
02:18 elle coûterait un petit peu plus cher à la pharmacie.
02:19 Et puis, deuxièmement,
02:21 ça va être le temps qu'on lance les projets,
02:22 qu'on lance les usines, qu'on les construise,
02:24 qu'on obtienne les autorisations
02:26 et qu'on commence vraiment à faire monter la production.
02:28 Il faut se dire qu'être indépendant
02:31 du point de vue de ces médicaments,
02:32 ça prendra au bas mot 5 ou 10 ans.
02:34 Ça veut dire qu'il faut vraiment accélérer.
02:36 Donc, bien pour l'usine de Toulouse,
02:37 mais effort à accélérer vraiment dans les prochaines années
02:40 si on veut être dépendant sur les médicaments.
02:41 Merci Guillaume.
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