00:00 Il manque des logements sociaux dans plusieurs communes du Vaucluse.
00:04 13 d'entre elles payent des amendes. C'est le cas de Robion et c'est ce qu'on va voir ce matin
00:08 Romain Berger avec son mère qui est l'invité du 69 France Bleu Vaucluse.
00:11 Il est installé. Bonjour Patrick Saint-Est.
00:13 Bonjour.
00:14 Merci beaucoup d'être là. Oui, une amende qui avoisine les 144 000 euros pour votre commune.
00:19 Vous n'en avez pas marre de payer ?
00:21 Depuis quelques années, oui bien sûr qu'on en a marre.
00:25 On en a marre d'avoir une loi qui ne produit pas ses effets escomptés.
00:29 Donc la loi SRU date de 2000, ça fait presque un quart de siècle.
00:33 À ce moment-là, la situation des logements sociaux n'était pas en très bonne forme.
00:36 Elle est dans une situation catastrophique aujourd'hui.
00:38 Alors la question à se poser, est-ce que tous les maires ont été mauvais depuis 2000 ?
00:43 Ou alors c'est peut-être la loi qu'il faut peut-être repenser tout simplement.
00:46 Donc pour vous c'est clairement la loi ?
00:47 C'est la loi qu'il faut repenser. Il ne faut pas la supprimer, absolument pas.
00:49 Parce qu'il n'y a rien de plus gratifiant pour un maire ou pour son adjoint au social
00:53 de remettre les clés d'un logement social.
00:55 C'est vraiment une vie qui change réellement.
00:57 Il y a d'autres points de blocage, bien entendu.
00:59 Et ceux-là ne sont jamais évoqués, jamais évoqués sérieusement en tout cas avec le service de l'État.
01:04 On va revenir sur le contenu exact de la loi.
01:06 Robion, vous en êtes à 12% de logements sociaux.
01:08 Qu'est-ce qui coince ? Pourquoi vous n'arrivez pas à aller plus loin ?
01:11 Alors tout simplement le foncier, les réglementations territoriales.
01:16 Donc on a des zones inondables, on a des zones qui sont soumises au feu de forêt.
01:20 Et puis va venir se rajouter la loisanne, bien entendu.
01:23 Puisqu'il n'y avait pas assez de difficultés, on va nous demander de réduire nos zones constructives.
01:27 Alors pourquoi pas ? Et là on n'est pas loin de nous dire, en quelque sorte,
01:31 puisque vous n'arrivez plus à vous étaler, il va falloir monter, faire de la hauteur.
01:34 C'est-à-dire d'un côté on va déconstruire des tours dans des villes-centres pour aller les reconstruire à côté.
01:39 Ça n'est pas loin de nous dire ça.
01:41 Ça pour Robion c'est non ?
01:43 C'est non, parce qu'effectivement, je vous jure, aujourd'hui la qualité de nos villages au pied du Viveron,
01:46 et puis un petit peu de toute la France, les petites communes, c'est le R1, le R2, pourquoi pas ?
01:51 Monter des tours de partout, ça n'a jamais rien solutionné.
01:54 On l'a vu déjà il y a une quarantaine d'années, le résultat on le paye aujourd'hui.
01:56 - France Bleu Vaucluse, 7h48, faut-il forcer les communes de Vaucluse à construire des logements sociaux ?
02:01 Question qu'on vous pose, et on l'évoque avec Patrick Saintes, le maire de Robion.
02:05 Des réactions très courtes sur Facebook, on a FDM qui écrit non,
02:08 Laurence qui écrit non, Marie-Gabrielle qui écrit non, Gilles qui écrit non.
02:12 Ça manque un petit peu d'argumentation, alors on va peut-être pouvoir argumenter un peu
02:16 avec Léonard qui nous rejoint, justement pour évoquer le sujet, depuis Saint-Restitut.
02:20 Bonjour Léonard.
02:21 - Oui bonjour.
02:22 - Bonjour.
02:23 - Alors moi je dis cette loi, c'est une loi débile.
02:26 Parce que je veux dire, il faut laisser faire les maires qui sont hâtes à gérer leur commune,
02:31 et puis on ne peut pas tout bétonner non plus.
02:34 - Le mot débile est peut-être un peu fort, Léonard, cette loi a tout de même un intérêt,
02:38 construire des logements, il y a une forte demande, donc le mot débile est peut-être exagéré.
02:43 Vous ne voyez pas l'intérêt de cette loi au départ ?
02:46 - Non, non, je veux dire, les députés, il serait bien de regarder ce qu'ils veulent prendre comme loi.
02:52 Il y a déjà des lois là-dessus sur les loyers modérés,
02:57 il y a pas mal de lois pour ne pas que les loyers explosent,
03:02 et la loi de bâtir en plus, je veux dire, de s'étendre, c'est une loi que ce n'est pas possible.
03:10 Moi j'habite la commune de Saint-Restitut, qui est une petite commune,
03:13 je n'ai pas envie que cette commune soit toute déforestée pour construire des logements sociaux.
03:18 - Qu'est-ce qui vous pose problème, ce sont les logements sociaux ou les constructions en tant que telles ?
03:22 - Les deux, les constructions, on ne peut pas toujours, comment dire,
03:27 bétonner, bétonner, bétonner, et puis les logements sociaux,
03:31 peut-être qu'il y a beaucoup d'habitants qui n'ont pas envie d'avoir un certain type de clientèle,
03:39 je veux dire, ça entraîne du bon et pas mal de mauvais,
03:43 on va avoir une ville urbaine, une cité, ceci, cela, bon, voilà,
03:47 si on veut faire pareil que les années 60...
03:49 - Le but du jeu, c'est peut-être pas de construire des HLM effectivement dans des communes comme la vôtre,
03:53 dans des villages comme le vôtre, Saint-Restitut, Léonard ?
03:56 Ça ne ressemble pas à ça aujourd'hui, les logements sociaux ?
03:57 - Oui mais c'est un exemple, nous c'est un exemple, il y a 1200 habitants, grosso modo,
04:03 mais je veux dire, laissons les maires travailler, laissons faire la construction, voilà.
04:08 - On vous entend, nous, à Saint-Restitut, on va vous laisser parce qu'on aura Roger avec nous dans un instant de bocaire,
04:13 et puis peut-être que notre invité a envie de réagir et je vois que oui.
04:15 - Alors, la vérité c'est que tous les maires, toutes les communes ont besoin de logements sociaux, toutes.
04:21 - C'est bien de le rappeler aussi.
04:23 - Toutes ces 35 000 communes en France.
04:25 Aujourd'hui la loi s'applique sur moins de 2000 communes.
04:28 Si on a un problème national du logement, on prend l'assiette globale, c'est les 35 000 communes.
04:33 - Cette loi est sérieuse.
04:34 - Je suis entouré de 8 petites communes, moyenne de 3500 habitants.
04:38 - C'est le seuil imposé par la loi.
04:39 - Elles ne font pas de logements sociaux, c'est leur problème, c'est leur choix.
04:42 Leurs résidents qui ont besoin de logements sociaux viennent chez moi.
04:46 - Il faut le dire aussi que...
04:48 - Spatialement, il faut travailler sur la totalité du territoire.
04:51 On peut résoudre le problème de logements sociaux en prenant ce périmètre-là.
04:57 Si on prend que les villes de plus de 3500 habitants, on n'y arrivera pas, jamais.
05:00 - Vous en appelez d'ailleurs à davantage de décentralisation,
05:03 donner un peu plus de pouvoir aux maires, voire aux intercommunalités.
05:07 - On en appelle un dialogue avec l'État, mais un vrai dialogue, au cas par cas.
05:11 Aujourd'hui, il y a une commission nationale dirigée par Thierry Urbanté,
05:15 qui vient frapper les communes,
05:18 parce que ce n'est pas une commission nationale qui juge les communes,
05:20 c'est un templo Excel.
05:21 Vous avez le compte, ça va, vous ne l'avez pas, vous êtes pénalisé.
05:24 Il n'y a aucune discussion avec l'État aujourd'hui, aucune, zéro.
05:26 Il y a une loi qui a été faite en 2000, qui a été alourdie en 2006,
05:29 par cessez-le-dûs du flot, et aujourd'hui, il n'y a zéro discussion avec l'État. Zéro.
05:34 - Il rejoint la conversation, je le disais, Roger,
05:36 depuis Bocquers, dans cette question qu'on vous pose ce matin,
05:38 "Faut-il forcer les communes de Vaucluse à construire des logements sociaux ?"
05:42 Pour vous, c'est non, il va falloir vous expliquer, Roger.
05:44 Bonjour, bienvenue.
05:45 - Oui, bonjour, bonjour à l'équipe.
05:47 Alors moi, j'estime que, quand même,
05:50 le citoyen va voter à un maire et son conseil,
05:53 ça serait déjà le maire qui devrait prendre la décision,
05:56 et même faire voter les gens du village ou de la ville,
05:58 on doit imposer des logements sociaux.
06:01 On impose, bien sûr, des amendes qui tombent de tous les côtés,
06:05 mais ces amendes, c'est vite fait,
06:07 ils n'ont que restaurer les biens du patrimoine
06:12 et prendre les gens dans les biens qu'ils ont l'État déjà.
06:15 Parce que l'État est propriétaire de beaucoup de biens,
06:17 notamment dans les grandes villes,
06:19 qui sont à l'abandon, qui vendent aux enchères pour 3 francs et 6 sous,
06:23 comme les anciens bâtiments, par contre, de l'URSSAF,
06:26 des impôts du Trésor public.
06:27 Ils n'ont que faire des logements sociaux
06:29 dans ces bâtiments où l'État est déjà propriétaire.
06:32 Nous votons des maires, nous votons un conseil,
06:35 et bien sûr, on passe au-dessus du conseil de M. le maire,
06:38 de là où on doit impliger des logements sociaux.
06:41 Deuxièmement, troisièmement, pardon,
06:43 je voudrais savoir qui on va mettre dans ces logements sociaux.
06:47 Parce qu'honnêtement, j'ai une question à poser,
06:51 quelles personnes nous allons mettre dans nos villages
06:53 qui ne font pas partie de nos traditions, de nos cultures ?
06:58 Je voudrais savoir comment répondre,
07:00 qui on va mettre dans ces logements sociaux
07:02 qu'on impose à des gens qui gèrent une ville ou un village ?
07:07 Alors, il faudrait me répondre à cette question.
07:09 – On va vous répondre, Roger, merci beaucoup
07:11 de nous avoir appelé depuis Bocoeur.
07:12 Les logements sociaux, il y a des critères,
07:14 de toute façon, d'attribution,
07:15 et donc ce n'est pas aux maires de choisir
07:18 qui va dans ces logements.
07:20 Mais en tout cas, vous avez l'air d'accord, Patrick Stathès,
07:22 sur la décision de construire ou non ?
07:24 – Oui, mais les maires font partie des commissions d'attribution
07:27 des logements sociaux.
07:28 On est plusieurs autour de la table,
07:29 le département, le préfet, le bailleur social,
07:32 Action Logement, voilà, c'est une discussion.
07:35 Et chacun a ses critères pour placer ses futurs résidents.
07:40 Ce n'est pas le sujet.
07:42 Ça, c'est quelque chose qui est fait en toute transparence.
07:45 Après, la difficulté des maires aujourd'hui
07:47 et de l'ensemble des collectivités,
07:48 c'est que le plus gros propriétaire immobilier
07:51 sur nos collectivités, sur la mienne,
07:53 c'est le bailleur social.
07:54 C'est le plus gros propriétaire, foncier, et immobilier.
07:57 Et il ne paie pas d'impôts, foncier.
07:59 – Vous demandez une participation, une sorte de cotisation ?
08:01 – C'est assez logique qu'il ne paie pas d'impôts, foncier.
08:03 Si on veut des logements à loyer modéré,
08:05 il faut bien qu'il ait des sources d'économie.
08:07 Dans ce cas-là, un minimum que l'État ne prenne pas d'argent.
08:10 – Vous demandez d'ailleurs une aide de l'État sur ces constructions ?
08:12 – Bien entendu, puisqu'on fait l'effort d'accueillir,
08:13 on fait l'effort de loger, derrière cela,
08:17 il y a du service public, bien entendu.
08:19 Il y a des écoles, il y a des parcs à jeux.
08:21 Aujourd'hui, il y a la transition écologique qu'il faut mettre en route
08:23 et on nous enlève de l'argent
08:25 alors qu'on n'accueille que plus de personnes.
08:27 Un minimum, déjà en discussion avec l'État,
08:30 c'est de nous restituer cet argent-là, tous ces blancs.
08:32 Après on saura faire, les maires sont des faiseurs,
08:34 ce n'est pas le souci, nous on sait faire.
08:36 L'État peut prendre à la main autant de fois qu'il veut,
08:38 il nous enlève le droit de prévention,
08:39 mais il ne sait pas mieux faire que nous.
08:41 Nous on sait faire, mais qu'on nous laisse à l'argent.
08:43 – On est à Sceau également pour évoquer ce sujet des logements sociaux,
08:46 ce matin avec Philippe qui nous rejoint sur France Bleu,
08:48 au Clus dans le 6/9. Bonjour Philippe.
08:50 – Oui, bonjour à toute votre équipe, bonjour vos auditeurs.
08:53 Faut-il forcer les communes de vos Clus à construire des logements sociaux ?
08:56 On voudrait vous entendre à ce sujet Philippe justement.
08:59 – Non, moi je ne pense pas qu'il faut les forcer.
09:01 Le hic dans cette loi, c'est qu'on veut forcer des maires
09:07 à construire des logements sociaux,
09:10 sachant que les gens qu'on va y loger, et ce n'est pas péjoratif du tout,
09:13 ce sont des gens qui ont des faibles revenus,
09:16 souvent et parfois, des gens qui n'ont pas trop de moyens de locomotion.
09:22 Et si ces gens-là n'ont pas d'emploi dans la zone où on leur construit des logements,
09:27 comment voulez-vous qu'ils puissent s'en sortir ?
09:29 Moi je pense que l'obligation, si il y a obligation,
09:32 elle devrait être plutôt dans les zones où il y a des bassins d'emploi.
09:36 – Oui, c'est logique, ça paraît logique de ce point de vue-là.
09:40 Patrick Saint-Est ?
09:42 – Alors, un territoire bien sûr, il n'est pas unifié,
09:46 on voit mal au fin fond du Vauclus,
09:48 dans des coins qui sont très peu habités,
09:50 imposés aux maires de faire du logement social.
09:53 Encore que, il a aussi des personnes âgées,
09:54 il a aussi des jeunes couples qu'il voudrait garder chez lui.
09:57 La question se pose aussi, c'est la question du pourcentage,
10:00 25% pour nos communes c'est inatteignable, c'est incohérent.
10:03 3-4% pour nos communes de 1 000 habitants,
10:05 ce n'est pas incohérent en réalité.
10:06 Et progressivement, monter dans ce pourcentage-là,
10:10 en rapport effectivement avec l'activité économique,
10:13 oui ça c'est cohérent.
10:14 Mais à quel moment avons-nous eu cette discussion avec l'État ? Jamais.
10:17 – Merci Philippe qui nous a appelé de saut pour participer à la discussion,
10:21 on va remercier aussi Patrick Saint-Est,
10:22 merci beaucoup d'avoir été avec nous, maire de Robion.
10:25 L'amende d'un mot de 144 000 euros, vous la contestez ou pas alors ?
10:29 – Elle sera contestée en justice, elle l'est contestée en justice déjà,
10:32 bien sûr, tout à fait.
10:34 – Vous demandez réparation en quelque sorte ?
10:36 – On demande un réexamen de notre dossier, d'aller discuter.
10:39 C'est quand même incroyable aujourd'hui
10:41 de ne pas pouvoir discuter avec les services de l'État.
10:43 – Merci beaucoup M. le maire.
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