00:00 Une fois je t'avais appelée en pleurs et toi tu m'avais dit "mais tu sais on a survécu"
00:04 Au départ j'avais le sentiment d'un vide dans la transmission,
00:18 de ne pas connaître ni la langue arabe ni la langue kabyle,
00:21 de ne pas connaître l'histoire de ma famille en Algérie.
00:25 Quand j'ai interrogé mon père qui m'a invité à lire ce projet de film qu'il avait écrit
00:30 et que j'ai découvert l'histoire des camps de regroupement,
00:33 des déplacements forcés de populations et l'histoire de ce déracinement en masse
00:37 qui est peu connu, ça m'a vraiment ébranlé.
00:40 Ouais, tu vois c'est les mêmes histoires, c'est les quêtes en fait.
00:44 Quête et enquête.
00:46 Toute une génération qui enquête, qui veut savoir.
00:49 Toute l'histoire est partie d'un scénario que j'ai écrit,
00:51 appelé "L'être améphite". Ce scénario parle de mon retour de mon village
00:56 et je décris mon village améphite et j'essaie d'instaurer un dialogue.
01:01 Moi j'ai eu beaucoup de mal, ma femme est française,
01:03 je ne vais pas raconter les déchirements qu'il y a eu entre la France et l'Algérie.
01:07 J'ai essayé de coconiser un petit peu ma femme et il la protégeait quelque part.
01:11 En France, j'avais une espèce de déséquilibre
01:14 et finalement ces récits m'ont permis de mieux m'ancrer,
01:18 de connaître cette part algérienne.
01:20 Une fois je t'avais appelée en pleurs et toi tu m'avais dit
01:23 "mais tu sais on a survécu, on a survécu".
01:25 Là j'ai l'impression que le récit est ancré en moi,
01:27 que maintenant je peux le transmettre et que la ligne n'est pas cassée en fait.
01:31 Ce n'est pas seulement une quête, mais c'est un souffle de libération.
01:34 Je suis très fier d'elle, c'est ça le plus important.
01:37 Je lui dis bravo.
01:38 ♪ ♪ ♪
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