- il y a 2 ans
Les invités de Laurence Ferrari débattent de l'actualité dans #Punchline du lundi au jeudi.
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00:00:00 Bonsoir à tous et bonsoir à toutes, bienvenue dans Punchline, ce soir sur CNews.
00:00:04 La France n'est décidément pas un pays comme les autres.
00:00:06 Elle dit aimer ses agriculteurs mais a accepté depuis 30 ans qu'ils se retrouvent presque sur la paille,
00:00:11 en tout cas pour les plus petits d'entre eux, en jurant aujourd'hui soutenir leur colère
00:00:14 mais en refusant de payer plus cher une alimentation écrasée par le poids de l'appellation.
00:00:18 Une France est prise de justice mais qui ne sait plus comment punir ses délinquants.
00:00:22 On verra un exemple à Nice avec ce médecin sauvagement attaqué et dont l'agresseur a été condamné à du sursis.
00:00:29 Une France qui déteste ses élites, ne se rend plus aux urnes pour voter mais qui réclame toujours plus de ses politiques.
00:00:34 Une France contradictoire qui clame son amour pour la liberté d'expression
00:00:38 mais qui tente par tous les moyens de la restreindre, voire de la faire taire,
00:00:41 car il ne faut pas déranger le politiquement correct.
00:00:44 Le Conseil d'État vient en effet de demander à l'ARCOM, l'autorité de régulation des médias,
00:00:49 de se pencher sur le cas de CNews en lui demandant de renforcer son contrôle sur notre chaîne.
00:00:55 Un régime dérogatoire, un régime d'exception pour nous tant nous incarnons une liberté de ton
00:01:01 qui dérange dans le paysage audiovisuel français.
00:01:04 Vivement qu'une telle attention soit portée sur tous les autres médias,
00:01:08 y compris les chaînes publiques qui vivent grâce à votre argent, l'argent du contribuable.
00:01:13 N'ayez crainte, la liberté d'expression est notre marque de fabrique et elle est indestructible.
00:01:18 On va en débattre ce soir dans Punchline.
00:01:23 Et tout de suite, il est l'heure du rappel des titres de l'actualité,
00:01:25 puisque nous sommes avec Mikaël Dos Santos.
00:01:27 Mikaël.
00:01:28 Un policier attaqué au couteau dans un commissariat de la Rochelle.
00:01:34 Le fonctionnaire se trouvait à l'accueil lorsqu'il a été agressé.
00:01:38 Les blessures sont superficielles.
00:01:40 L'auteur des faits a été interpellé et placé en garde à vue.
00:01:43 La piste d'un acte terroriste a été écartée.
00:01:46 Le bonus écologique pour les véhicules électriques revu à la baisse pour les ménages les plus aisés.
00:01:51 Désormais, l'aide fournie par l'État passe de 5000 à 4000 euros.
00:01:55 Les personnes aux revenus modestes pourront-elles toujours bénéficier d'un bonus de 7000 euros ?
00:01:59 Mauvaise nouvelle en revanche pour les entreprises qui n'y ont plus accès, sauf pour les camionnettes.
00:02:04 Et puis enfin, l'aiguille de la flèche de Notre-Dame s'affiche dans le ciel de Paris.
00:02:08 Après le terrible incendie de 2019, le démontage de l'échafaudage
00:02:12 qui a permis sa restauration a débuté il y a quelques jours.
00:02:15 La flèche sera entièrement visible avant le début des Jeux olympiques.
00:02:18 La réouverture de la cathédrale est prévue pour le 8 décembre prochain.
00:02:22 Merci beaucoup, Michael de Santos.
00:02:24 Nous sommes aujourd'hui en plateau avec Louis de Reynalds, chef du service politique d'Europe 1.
00:02:27 - Bonsoir, Laurence. - Belle radio, Europe 1.
00:02:29 - Merci. - Faut voir comment on la classe.
00:02:31 - Nous sommes très heureux d'être ensemble.
00:02:33 - Rachel Cade, bonsoir. Vous êtes essayiste.
00:02:35 Comment je vous classe ? Je vous classe où, ma chère Rachel ?
00:02:37 Dans la grande étagère ?
00:02:39 - Vous êtes républicaine ou vous êtes RN ?
00:02:41 - Non mais, à partir du moment où on est humaniste, universaliste et républicain,
00:02:45 où on se réfère à la Constitution, les réseaux sociaux vous classent à l'extrême droite.
00:02:49 Je ne sais pas si l'Arc-com me tient compte des réseaux sociaux pour vous classer.
00:02:52 Mais c'est quand même dommageable qu'on ne puisse pas se classer soi-même.
00:02:55 - Aussi, c'est vrai.
00:02:57 - Il y a un news-aï. Bonsoir.
00:02:59 Vous êtes de CNews, votre compte est réglé.
00:03:01 - On vous a vu depuis très longtemps sur CNews.
00:03:03 - Depuis très longtemps sur CNews.
00:03:05 Sabrina Medjeber, bonsoir. Essayiste, sociologue.
00:03:07 - Bonsoir. - Pareil.
00:03:09 Comment est-ce que je vous classe, ma chère Rachel ?
00:03:11 - Alors, moi, vous me classez... - Rachel, pardon. Sabrina.
00:03:13 - Française, d'origine algérienne, extrêmement fière d'être de droite
00:03:18 et de défendre mon pays, la France. Je m'en déplaise à certains.
00:03:23 - Et Alexandre Debecquiot, rédacteur en chef au Figaro.
00:03:25 - Oh là là !
00:03:27 - Je suis un homme libre, alors.
00:03:29 - Je sais que vous êtes un homme libre.
00:03:31 - Mais c'est interdit aujourd'hui, apparemment.
00:03:33 - Ça va bientôt être interdit, en tout cas.
00:03:35 La liberté d'expression va bientôt être, en tout cas, sous contrôle.
00:03:38 Mais avec une exception pour notre chaîne, c'est ça qui est merveilleux.
00:03:41 C'est que le Conseil d'État a donc demandé à l'Arkcom...
00:03:44 Alors, on parle assez rarement de nous, mais il y a des fois, quand même,
00:03:47 il faut dire les choses comme elles le sont, chers amis téléspectateurs.
00:03:50 D'abord, vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre, et je vous en remercie.
00:03:53 Ça veut dire que vous nous faites confiance.
00:03:54 Pas seulement à nous, mais à toute la rédaction de CNews,
00:03:56 et je pense particulièrement à tous les reporters qui sont sur le terrain,
00:03:59 qui couvrent les conflits, qui couvrent les manifestations.
00:04:02 Yanouza Echek, vous avez été beaucoup sur le terrain.
00:04:04 Donc, il y a toute une rédaction qui est derrière le succès de CNews,
00:04:07 et c'est à eux et elles que je voudrais rendre hommage ce soir.
00:04:09 Donc, le Conseil d'État a demandé à l'Arkcom, qui est le régulateur des médias,
00:04:13 de renforcer son contrôle sur notre chaîne,
00:04:15 tout cela à la suite d'un recours de Reporters sans frontières.
00:04:18 On va voir dans un instant Robert Ménard.
00:04:20 Je ne sais pas s'il est en ligne. Il est avec nous, le maire de Béziers.
00:04:23 Mais qui, surtout, Robert Ménard, vous êtes l'ancien patron de Reporters sans frontières.
00:04:27 Comment est-ce que vous interprétez cette demande de Reporters sans frontières
00:04:30 auprès du Conseil d'État, ce recours auprès du Conseil d'État,
00:04:34 pour demander à l'Arkcom d'être plus sévère,
00:04:36 en tout cas plus attentif à ce qui se passe sur notre chaîne ?
00:04:39 Pour tout vous dire, j'ai été abasourdi.
00:04:43 On a créé, il y a 40 ans, avec trois copains journalistes,
00:04:46 Reporters sans frontières, pour défendre la liberté d'expression.
00:04:49 C'est-à-dire quoi, concrètement ?
00:04:51 La possibilité pour des gens qui pensent complètement différemment de vous,
00:04:55 de s'exprimer.
00:04:57 J'ai été dans le monde entier pendant 25 ans pour sortir de prison
00:05:00 des gens qui pensaient exactement le contraire de ce que je pensais.
00:05:04 Exactement.
00:05:06 Donc je ne partageais pas le début d'une opinion.
00:05:08 C'est ça, la liberté d'expression.
00:05:10 Et là, on a Reporters sans frontières qui se transforment en espèce de flic
00:05:14 de l'audiovisuel.
00:05:15 C'est une trahison. Je pèse mes mots, c'est une trahison.
00:05:18 C'est indigne, c'est indigne.
00:05:21 Mais c'est beaucoup d'organisations de défense des droits de l'homme.
00:05:24 Vous savez, les organisations de défense des droits de l'homme,
00:05:26 elles ont des rapports, je dirais, comment,
00:05:29 ils sont quasiment d'une telle proximité, quasi incestueux avec la gauche.
00:05:38 Ils pensent qu'au fond, 3% d'audience pour vous, pour CNews,
00:05:44 prenons les derniers sondages, c'est insupportable.
00:05:47 C'est déjà insupportable.
00:05:49 Mais est-ce que je les ai entendus une fois protester
00:05:52 contre un certain nombre d'émissions, un certain nombre de participations,
00:05:55 un certain nombre de questions posées par des journalistes du service public ?
00:05:58 Jamais. Écoutez, je n'en reviens pas.
00:06:01 Je n'en reviens pas. C'est une espèce de petit apparatchik,
00:06:04 des apparatchiks des organisations de défense des droits de l'homme,
00:06:07 qui oublie pourquoi ils ont été là.
00:06:09 La liberté de la presse, c'est quelque chose qui est dérangeant.
00:06:12 CNews, de temps en temps, vous m'exaspérez.
00:06:14 Mais attendez, mais c'est ça, la liberté d'expression.
00:06:16 Moi, j'ai envie d'être exaspéré.
00:06:18 Ah, c'est sûr que je n'ai pas beaucoup d'étonnement
00:06:20 quand j'écoute un certain nombre d'autres chaînes.
00:06:22 Je sais d'avance ce qui va se dire.
00:06:24 Moi, ce que j'ai envie, c'est qu'on me dérange.
00:06:26 J'ai envie d'entendre des choses qui sont à l'opposé de ce que je pense.
00:06:29 Et j'imaginais, il y a 40 ans, avec mes copains,
00:06:32 quand on allait dans le monde entier pour défendre la liberté de la presse,
00:06:34 je l'ai fait pendant 25 ans.
00:06:36 C'était juste ça. Juste ça.
00:06:38 Ces gens-là, on ne pense pas comme eux,
00:06:40 mais on veut qu'ils puissent s'exprimer.
00:06:42 Et là, vous avez RSF qui saisit le Conseil d'État
00:06:46 pour leur dire, mais attendez, on va un peu fliquer tout ça.
00:06:49 Alors, vous le disiez en plaisantant, mais ça ne me fait même plus rire.
00:06:53 Vous allez chaque fois devoir dire, les invités que vous avez,
00:06:57 les gens que vous avez face à vous,
00:06:59 il faut peut-être que je vous donne ma carte d'identité idéologique.
00:07:03 Que je vous dis, vous allez avoir du mal,
00:07:05 parce que je ne suis plus trop de droite de la droite,
00:07:07 je ne sais plus où je suis moi-même.
00:07:09 Je ne sais pas, vous allez remplir pour chacun une espèce de fiche
00:07:11 que vous enverrez à qui ?
00:07:13 À Repentin Sfontière, qui fera les totaux
00:07:15 et qui dira, ça c'est acceptable, ça, ça ne l'est pas.
00:07:17 Honnêtement, quelle honte !
00:07:19 Quelle honte !
00:07:21 - Un dernier mot à Robert Ménard, et encore une fois,
00:07:23 c'est à l'ancien patron de RSF que je m'adresse.
00:07:25 Est-ce que dans ces cas-là, il faut que toutes les chaînes
00:07:27 soient soumises au même régime ?
00:07:29 Il n'y a pas de raison qu'il y ait un régime d'exception
00:07:31 pour CNews et pas pour les autres, on est d'accord ?
00:07:33 - Et puis, il faut surtout, surtout, Laurence,
00:07:36 que toutes les chaînes et que tous les journalistes
00:07:38 qu'ils pensent à droite ou à gauche,
00:07:41 s'élèvent contre cette mesure, disent que c'est un scandale.
00:07:44 J'espère, j'espère que vous allez recevoir
00:07:47 dans les heures qui viennent, des milliers de messages
00:07:50 de ces journalistes, de nos confrères, moi,
00:07:53 enfin, je suis plus journaliste, mais je l'ai été tellement longtemps,
00:07:55 qui vont s'élever en disant "attendez, je suis pas d'accord
00:07:58 avec ce que peut dire CNews, mais je suis d'accord
00:08:01 pour que vous puissiez me dire". J'espère que c'est ça.
00:08:04 Et bien sûr, pour répondre à votre question,
00:08:06 bien sûr qu'il y a un deux poids, deux mesures.
00:08:08 Enfin, vous n'avez pas remarqué que le monde,
00:08:10 le landerneau médiatique, le landerneau politique,
00:08:14 le landerneau culturel, il baigne dans une culture
00:08:18 de la bien-pensance et de la gauche.
00:08:20 Enfin, ça saute tellement aux yeux.
00:08:22 Moi, ce qui me plaît dans CNews, encore une fois,
00:08:25 et même si je ne suis pas d'accord,
00:08:27 c'est qu'on y entend d'autres choses.
00:08:29 Attendez, mais rappelez-vous, toute ma vie,
00:08:31 je l'ai fait dans les médias, mais ce qu'on entend chez vous,
00:08:34 il y a encore 5 ans, tu ne l'entendais nulle part.
00:08:38 Or, je rappelle que votre succès, c'est aussi la preuve
00:08:41 que ça renvoie à une partie de l'opinion publique.
00:08:45 Il y a une partie des gens qui pensent comme vous,
00:08:47 ma chère Laurence, qui ont envie d'entendre comme vous
00:08:50 d'autres points de vue, même pas comme vous.
00:08:52 - Même pas comme vous, voilà, qui pensent autrement
00:08:54 que l'espèce de grande autoroute de la pensée unique
00:08:57 qui se déroule d'ici des années dans les mégas.
00:08:59 - Voilà, j'ai envie que vous donniez la parole
00:09:01 à des gens différents.
00:09:03 On entend chez vous des gens qu'on entend nulle part ailleurs.
00:09:06 C'est juste ça, mais ça leur est insupportable.
00:09:09 Mais que ça l'est, que ce soit insupportable
00:09:11 pour toute une partie de la gauche bien-pensance médiatique,
00:09:14 très bien, mais pas reporter à ce front de tir.
00:09:17 C'est honnêtement une trahison.
00:09:20 Une trahison de ce qu'on en avait fait
00:09:22 et de ce pourquoi cette tellement belle organisation a été créée.
00:09:27 - Merci Robert Ménard de ce coup de gueule
00:09:29 en tant qu'ancien patron de RSF sur notre antenne.
00:09:32 Merci beaucoup d'avoir pris un petit peu de temps
00:09:33 pour évoquer ce sujet.
00:09:35 Un petit mot là-dessus, Alexandre de Vecchio,
00:09:37 Le Figaro, donc évidemment vous faites partie
00:09:39 des médias de droite.
00:09:41 Est-ce qu'on va décompter vos phrases
00:09:43 et dans vos phrases, parfois, allez-vous prendre
00:09:45 une position qui sera peut-être de gauche ?
00:09:47 Dans ces cas-là, il faudra chronométrer.
00:09:49 - Oui, ça m'arrive. Des fois, je crois que je suis plus à gauche que la gauche.
00:09:51 Mais bon, c'est un autre sujet.
00:09:54 Mais en réalité, il faut dire les bons.
00:09:57 On est en pleine dérive autoritaire.
00:10:00 Ces gens-là qui donnent des leçons de démocratie
00:10:03 ne sont pas démocrates.
00:10:05 Alors, il se trouve que je connais Christophe Deloire.
00:10:07 J'ai fait le CFJ dont il a été directeur.
00:10:09 - C'est le patron de Reporters sans frontières.
00:10:11 - Il m'explique que je n'ai pas compris.
00:10:13 Dans ce cas-là, il faut qu'il s'explique.
00:10:15 Moi, je suis un homme de dialogue.
00:10:17 Donc, je vais essayer de comprendre ce qu'il veut.
00:10:20 Alors, il me dit que ça va s'appliquer à toutes les chaînes.
00:10:22 Donc, chiche, est-ce qu'on va aller voir France Télévisions
00:10:25 et leur choisir leur chroniqueur ?
00:10:27 Et ça ne s'applique pas seulement aux chroniqueurs.
00:10:29 - Non, c'est les animateurs.
00:10:31 - C'est les animateurs et c'est le choix des sujets.
00:10:33 Enfin, c'est le ministère de la Vérité.
00:10:35 Et puis, concrètement, admettons qu'on puisse
00:10:38 - La police de la vérité.
00:10:40 - On puisse mettre en place un système de régulation comme on fait.
00:10:43 On va avoir un nouveau conseil des sages.
00:10:45 Ils vont être choisis sur quels critères.
00:10:48 Et ce qui est bizarre, c'est quand même la requête vice-sénueuse.
00:10:52 Donc, il nous dit que ça vise tout le monde, mais ça vise sénueuse.
00:10:54 Donc, moi, je crois que c'est quand même le symptôme
00:10:56 d'un système politico-médiatique qui est en panique,
00:10:59 qui a eu l'habitude de... qui est plutôt de gauche,
00:11:02 il faut bien le dire, ou en tout cas d'une certaine gauche morale,
00:11:04 politiquement correcte, qui n'a pas eu l'habitude de la contradiction
00:11:08 et qui ne supporte pas, effectivement, 3% d'audience,
00:11:11 parce qu'on n'est pas... J'aimerais bien que ces news...
00:11:13 - On est première chaîne d'info certains jours.
00:11:15 - C'est très bien, on est première chaîne d'info,
00:11:17 mais il faut remettre en perspective par rapport à tout le paysage médiatique.
00:11:21 Donc, ils ne supportent pas la moindre contradiction.
00:11:24 Et maintenant, ils font appel au juge, encore une fois,
00:11:26 c'est souvent le cas, qui ne sont pas élus,
00:11:28 qui ne représentent personne, pour empêcher tout simplement
00:11:31 la démocratie et le pluralisme.
00:11:34 Donc, on n'envoie personne au goulag dans les démocraties occidentales,
00:11:37 mais il y a un problème quand même de liberté d'expression,
00:11:39 et je crois que les gens le sentent énormément,
00:11:42 et sont rebelles aussi contre ça.
00:11:44 - Je vais vous passer la parole d'abord à vous, Yohann,
00:11:46 puis après, j'aimerais entendre Sabrina et Rachel à nouveau.
00:11:48 Mais vous, vous faites partie de cette rédaction de ces news,
00:11:50 qui évidemment est visée dans cette demande auprès de l'ArkHom.
00:11:54 Comment est-ce que vous vivez les choses ?
00:11:55 - Oui, naturellement, je me sens attaqué,
00:11:57 mais ça fait longtemps qu'on se sent attaqué,
00:11:58 et on commence à en avoir marre d'ailleurs,
00:12:00 parce que d'être classé à l'extrême droite,
00:12:02 parce qu'on se situe à la droite de la France insoumise,
00:12:04 mais au bout d'un moment, ça commence à bien faire.
00:12:06 Donc, disons les choses clairement,
00:12:08 sur cette chaîne, on peut dire ce qu'on veut,
00:12:10 on parle de tout, et nous sommes libres.
00:12:12 Je le répète depuis très longtemps,
00:12:14 je suis ici depuis des années, et des années,
00:12:16 plus de dix ans, je n'ai jamais été censuré,
00:12:18 on ne m'a jamais dit ce que je devais dire,
00:12:20 on est complètement libre, et on parle de ce qu'on veut.
00:12:23 Voilà, il faut que les choses soient dites,
00:12:25 parce que c'est vrai que d'être attaqué en permanence,
00:12:27 d'être classé comme ça à l'extrême droite,
00:12:29 on n'est pas loin de me traiter de nazi bientôt aussi,
00:12:31 on continue sur ce chemin-là quand même.
00:12:33 - Attention aux mots qui sont utilisés.
00:12:35 Utilisés par qui, en plus, ces mots-là ?
00:12:37 Toujours par les mêmes, si vous voulez.
00:12:39 Là, je suis complètement d'accord avec Alexandre,
00:12:41 ce n'est pas toujours le cas, mais là, vous avez des juges
00:12:43 qui ne sont pas élus, qui sont à l'évidence de gauche,
00:12:45 je vous rappelle que le vice-président du Conseil d'État,
00:12:47 c'est un ancien conseiller de Martine Aubry,
00:12:49 et qui donc ne représente pas la majorité de la population.
00:12:52 Des personnes non élues qui ne représentent pas
00:12:54 la majorité de la population sont en train,
00:12:56 pour que les téléspectateurs comprennent bien,
00:12:58 d'instaurer quasiment ce qui représenterait
00:13:00 un ministère de la censure.
00:13:02 On en est là, on n'est pas loin d'avoir
00:13:04 un ministre de la censure.
00:13:06 Donc il faut que tout le monde se rende bien compte
00:13:08 de la gravité de ce qui est en train de se passer.
00:13:10 Sincèrement, dans un pays démocratique comme la France,
00:13:12 je ne pensais pas qu'on en serait à débattre
00:13:14 de cela un jour.
00:13:16 Une telle menace qui pèse sur un pays comme la France,
00:13:18 ça paraît absolument insensé.
00:13:20 - Et j'entends aussi votre émotion,
00:13:22 et je la partage, Rachel Kahn,
00:13:24 vous qui venez en tant que, voilà, esprit libre,
00:13:26 sur nos plateaux,
00:13:28 puis en cabinet, un cabinet de gauche,
00:13:30 présidé par Jean-Paul Huchon,
00:13:32 un rocardien.
00:13:34 Mais je partage votre émotion.
00:13:36 En fait, ça fait quelques années,
00:13:38 et à la sortie de mon livre "Racé",
00:13:40 qui est un livre profondément
00:13:42 sur la réparation,
00:13:44 sur l'humanisme,
00:13:46 il y a une personne qui m'a donné ma chance,
00:13:48 c'est Alexandre Devecchio.
00:13:50 - Ah, c'est gentil.
00:13:52 - Non, ce n'est pas gentil.
00:13:54 - Mais merci de le rappeler, c'était élégant, disons.
00:13:56 - C'est-à-dire qu'en fait,
00:13:58 j'avais cette parole décalée
00:14:00 par rapport au wokisme,
00:14:02 par rapport à la cancel culture,
00:14:04 par rapport à ces mots qui nous tuent,
00:14:06 ces mots, justement, qui nous empêchent de parler,
00:14:08 qui nous empêchent d'être libres,
00:14:10 ces mots qui nous font, finalement,
00:14:12 qui nous déshumanisent,
00:14:14 et qui nous mettent dans une case de noir,
00:14:16 de musulmane,
00:14:18 je ne peux pas être juive, je dois être noir,
00:14:20 musulmane, et je dois me taire.
00:14:22 Et je ne peux surtout pas écrire un livre.
00:14:24 Et en fait, ici, c'est la même chose,
00:14:26 c'est-à-dire que cette chance-là de pouvoir s'exprimer
00:14:28 sur tous les sujets,
00:14:30 d'avoir aussi la possibilité que vous nous offrez
00:14:32 de nous permettre
00:14:34 de faire des pas de côté,
00:14:36 de rire,
00:14:38 parce qu'aussi l'humour est en danger,
00:14:40 c'est dans la même veine.
00:14:42 Mais ces gens-là qui nous essentialisent
00:14:44 et surtout qui veulent nous faire taire,
00:14:46 ça n'est pas possible dans cette démocratie.
00:14:48 - Espérons-le. Sabrina Medjéber.
00:14:50 - Alors, moi, je trouve que c'est très illustratif
00:14:52 de la décadence des valeurs françaises,
00:14:54 la liberté d'expression,
00:14:56 enfin, la liberté de la presse, en tout cas.
00:14:58 Ça remonte à une loi du 18 juillet 1881
00:15:00 et on voit qu'aujourd'hui, effectivement,
00:15:02 mais ça fait déjà quelques années qu'on assiste
00:15:04 à ce verrou de la pensée
00:15:06 qui est hors contexte
00:15:08 de la bien-pensance idéologique,
00:15:10 celui de l'extrême droite. Voyez-vous,
00:15:12 à partir du moment où, effectivement,
00:15:14 vous vous extrayez de l'assignation
00:15:16 identitaire à communautés religieuses,
00:15:18 à communautés ethniques, ou même simplement
00:15:20 par le fait d'avoir une libre pensée,
00:15:22 eh bien, on a cette fâcheuse tendance,
00:15:24 parce que la gauche, elle est
00:15:26 évidemment en perdition et elle a perdu
00:15:28 la bataille des idées, surtout,
00:15:30 elle a cette fâcheuse tendance à extrême-droitiser.
00:15:32 Après, ce que je trouve
00:15:34 assez paradoxal, c'est que
00:15:36 la liberté d'expression, aujourd'hui,
00:15:38 elle est érigée contre une chaîne comme
00:15:40 la nôtre ou la vôtre,
00:15:42 parce que précisément, elle met en lumière...
00:15:44 - Mais c'est la vôtre aussi et c'est celle des gens qui la regardent.
00:15:46 - Elle met en lumière des phénomènes de société
00:15:48 qui sont extrêmement inquiétants,
00:15:50 depuis 40 ans, elle lève des tabous,
00:15:52 elle décadenasse, justement,
00:15:54 des verrous de la pensée
00:15:56 et, à côté de ça,
00:15:58 on voit qu'elle est tout à fait admise
00:16:00 et permissive pour l'antisémitisme,
00:16:02 par exemple, ces gens-là qui se réclament
00:16:04 de la bien-pensance, qui se réclament
00:16:06 comme étant les "tu-référeurs"
00:16:08 de ce qui doit être dit et de ce qui doit être
00:16:10 bon, eh bien, cette liberté d'expression,
00:16:12 elle est permissive pour l'antisémitisme,
00:16:14 elle est permissive pour l'islamisme
00:16:16 et pour ces news, voyez-vous,
00:16:18 il faut fâchiser cette chaîne
00:16:20 parce que cette chaîne, elle a le grand bonheur
00:16:22 de mettre en lumière les problèmes
00:16:24 que vivent les Français, il suffit de regarder
00:16:26 les sondages d'opinion et de constater
00:16:28 l'adhésion populaire qui est grandissante
00:16:30 des personnes qui regardent votre chaîne
00:16:32 et qui s'expriment sur des sujets de société.
00:16:34 - Fabrina Medjéber, Louis de Raguenel.
00:16:36 - Ce qui est frappant, c'est que
00:16:38 RSF demande au Conseil d'État,
00:16:40 fait pression sur le Conseil d'État pour que l'Arkom
00:16:42 fasse ce que l'Arkom ne veut même pas faire,
00:16:44 c'est-à-dire que l'Arkom valide,
00:16:46 l'Arkom est quand même une autorité de régulation,
00:16:48 on sait que les critères sont très exigeants
00:16:50 de la part de l'Arkom et que parfois
00:16:52 ce n'est pas simple de répondre à toutes les demandes de l'Arkom.
00:16:54 - Et je pense que sous les temps de parole,
00:16:56 tout est extrêmement, scrupuleusement respecté
00:16:58 à la seconde fin.
00:17:00 - Les spectateurs, les auditeurs le sachent,
00:17:02 il y a des salariés d'Europe 1 et de CNews
00:17:04 dont la mission exclusive est de compter les temps de parole,
00:17:06 tout ça est vérifié par... - Des politiques.
00:17:08 - Des politiques, tout ça est vérifié par l'Arkom
00:17:10 et on sait très bien, aujourd'hui, tout va bien
00:17:12 et tout est validé par l'Arkom,
00:17:14 c'est le premier élément. Le deuxième, extrêmement concret,
00:17:16 moi je suis chef d'un service politique,
00:17:18 c'est-à-dire qu'il va falloir que je fasse
00:17:20 un fichage politique même de mes propres journalistes.
00:17:22 Aujourd'hui, je vais vous dire quelque chose,
00:17:24 je ne sais absolument pas et je ne veux pas savoir
00:17:26 pour qui votent mes journalistes
00:17:28 et jamais je ne leur demanderai
00:17:30 de me dire pour qui ils votent.
00:17:32 Je devine qu'il y a des sensibilités diverses
00:17:34 mais jamais je ne leur demanderai puisque ce serait d'ailleurs
00:17:36 une énorme faute professionnelle de ma part.
00:17:38 Quant au fichage des invités, bon courage.
00:17:40 Comment classer, Rachel Kahn, vous l'avez dit,
00:17:42 comment classer Serge Klarsfeld,
00:17:44 comment classer Emmanuel Valls, comment classer
00:17:46 hier soir Chloé Morin, qui était
00:17:48 votre invitée, qui remettait en cause
00:17:50 la dérive du Parti Socialiste et qui pourtant
00:17:52 est issue du Parti Socialiste
00:17:54 et on le voit, elle le disait,
00:17:56 elle espère un retour aux fondamentaux
00:17:58 du socialisme. Comment est-ce qu'on
00:18:00 la classe ? Dernière chose,
00:18:02 moi ce qui m'inquiète profondément
00:18:04 c'est que Monsieur Deloire, qui vient de faire
00:18:06 pression, qui fait un intense lobbying
00:18:08 pour demander ce fichage politique,
00:18:10 il a été nommé il y a quelques mois délégué
00:18:12 général des États généraux de l'information,
00:18:14 la commission qui est censée
00:18:16 travailler sur l'indépendance
00:18:18 des médias, l'indépendance de la presse
00:18:20 et donc essayer d'apporter
00:18:22 un certain nombre de réponses
00:18:24 à des problématiques d'ingérence, à des problématiques
00:18:26 d'absence de liberté de l'information.
00:18:28 Je trouve ça extrêmement grave.
00:18:30 On est quand même dans un monde où
00:18:32 l'AFP, parce qu'on va se dire quelque chose...
00:18:34 L'Agence France Presse. L'Agence France Presse,
00:18:36 c'est très important parce que l'Agence France Presse,
00:18:38 comme tous les autres médias,
00:18:40 ne qualifie pas le Hamas d'organisation
00:18:42 terroriste. J'ai pas entendu, il me semble,
00:18:44 Christophe Deloire là-dessus. On pourrait
00:18:46 multiplier les exemples. Et puis RSF est une
00:18:48 organisation internationale. Je crois que dans
00:18:50 le monde, il y a beaucoup de dictateurs,
00:18:52 des dictatures où les journalistes
00:18:54 ont des problèmes. C'est peut-être pas la peine...
00:18:56 Ils sont en prison.
00:18:58 Normalement, ils doivent lutter contre la censure,
00:19:00 pas instaurer une nouvelle censure.
00:19:02 Et enfin, on dit beaucoup, on s'excuse
00:19:04 parfois quasiment d'être une chaîne de droite.
00:19:06 Je suis pas sûr que c'est ce qu'on a. Je pense que
00:19:08 la sensibilité de la chaîne est plutôt de droite
00:19:10 et que chacun se qualifie
00:19:12 comme il le souhaite. Moi, tout à l'heure, je disais
00:19:14 que je suis même pas sûr de me définir comme un homme de droite.
00:19:16 Peu importe. Mais admettons qu'on le soit.
00:19:18 Je vois pas bien où est le problème. Les médias
00:19:20 ont le droit d'avoir... Les médias privés,
00:19:22 notamment, ont le droit d'avoir une
00:19:24 ligne éditoriale, il me semble.
00:19:26 Le seul... Le seul
00:19:28 chaîne que pourrait réguler
00:19:30 l'Arkom et que pourrait réguler
00:19:32 Christophe Deloire, si ça l'intéresse,
00:19:34 c'est la France Télévisions. Désolé
00:19:36 d'attaquer des confrères, mais c'est...
00:19:38 - Tu refuses d'inviter le RN à quelque chose d'autre ? - C'est une chaîne publique
00:19:40 qui, là, pour le coup, doit tenir compte
00:19:42 de toutes les sensibilités parce qu'elle est payée
00:19:44 avec nos impôts pour ce qui est des chaînes privées.
00:19:46 On serait réellement d'extrême droite
00:19:48 du moment qu'on est dans le cadre légal.
00:19:50 Ça dépend ce qu'on appelle l'extrême droite, mais disons
00:19:52 Rassemblement National, par exemple.
00:19:54 Il me semble que c'est un parti autorisé.
00:19:56 On aurait parfaitement le droit de l'être.
00:19:58 Moi, si demain, il y a une chaîne d'extrême gauche
00:20:00 qui se défend, je ne dis pas que je vais bondir de joie,
00:20:02 ce sera sans doute mes adversaires politiques,
00:20:04 mais je serai ravi de débattre avec eux,
00:20:06 de les entendre et de les combattre
00:20:08 sur le plan démocratique.
00:20:10 Je ne vais pas demander à ce qu'ils ferment cette chaîne.
00:20:12 - Non, mais c'est vrai que tout ça...
00:20:14 - Mais vous soulevez un vrai sujet.
00:20:16 C'est-à-dire que quand on aime la liberté...
00:20:18 Je vous donne un exemple.
00:20:20 Moi, je n'aime pas... Ce n'est pas du tout maligne
00:20:22 Charlie Hebdo, par exemple, mais je me battrais
00:20:24 de toutes mes forces pour que ce journal puisse continuer
00:20:26 d'exister parce que c'est ça, en fait,
00:20:28 la défense réellement du pluralisme
00:20:30 et de la liberté d'opinion et d'expression.
00:20:32 - Juste là, il y a cette question
00:20:34 de la méthode,
00:20:36 cette volonté de disqualifier,
00:20:38 en fait, d'humilier.
00:20:40 Moi, c'est sûr. En plus, ce sont des personnes
00:20:42 qui se disent humaines,
00:20:44 éperdument humaines, humanistes
00:20:46 et qui vous donnent des leçons d'humanité, etc.
00:20:48 Mais là, en estampillant
00:20:50 cette chaîne et ce média,
00:20:52 il y a cette volonté de vous rayer,
00:20:54 finalement, de la carte médiatique.
00:20:56 Et c'est là, en fait, où c'est profondément intolérable.
00:21:00 - Sabrina et Yoann.
00:21:02 - Je veux dire que tous les totalitarismes ont commencé
00:21:04 par l'assassinat de journalistes. Il suffit de regarder
00:21:06 l'historicité de tous les régimes totalitaires.
00:21:08 Ça a été malheureusement le premier,
00:21:10 le malheureux fait d'armes.
00:21:12 Mais ce qui est absolument même dangereux
00:21:14 dans cette affaire-là, c'est que
00:21:16 au-delà même de la disqualification
00:21:18 idéologique ou de l'extrême-droitisation
00:21:20 ou des accusations de droite
00:21:22 ou d'extrême-droite
00:21:24 concernant CNews, il y a aussi la mise en danger
00:21:26 des journalistes qui travaillent,
00:21:28 évidemment,
00:21:30 chez CNews et à la fois
00:21:32 chez Europe 1, au sein du JDD,
00:21:34 au sein de Paris-Maths. C'est-à-dire qu'effectivement,
00:21:36 comme Rachel le soulignait, il y a
00:21:38 un tel mécanisme
00:21:40 réputationnel à travers les réseaux sociaux
00:21:42 que CNews étant citée,
00:21:44 eh bien, elle permet précisément
00:21:46 l'effusion de toutes les pensées
00:21:48 et de toutes les manœuvres
00:21:50 manichéennes qui ont cette fâcheuse
00:21:52 tendance à mettre des cibles
00:21:54 dans le dos à travers des comptes antisémites,
00:21:56 islamistes, qui prétendent
00:21:58 précisément que CNews étant une chaîne
00:22:00 d'extrême-droite et qu'elle pourrait un jour
00:22:02 mériter son sort.
00:22:04 - Après, ne soyons pas dupes, tout cela
00:22:06 intervient quand même au moment où nous sommes
00:22:08 en train de devenir la première chaîne d'information
00:22:10 de France. Si nous faisions
00:22:12 le quart de l'audience que nous faisons actuellement,
00:22:14 nous n'intéresserions personne.
00:22:16 Donc c'est aussi cela qui est visé. C'est bien parce que
00:22:18 cette pression, je la sens. Je la sens
00:22:20 monter depuis plusieurs mois et depuis plusieurs années
00:22:22 maintenant. Au fur et à mesure que nos audiences
00:22:24 progressent, on sent bien qu'une partie
00:22:26 de la gauche, de la France Insoumise notamment,
00:22:28 et on l'a vu cette dernière semaine à l'Assemblée nationale,
00:22:30 on a vu des députés s'exprimer,
00:22:32 demander publiquement la fermeture
00:22:34 de CNews, mais qu'ils viennent débattre.
00:22:36 - Mais Emmanuel Mompard était là cette semaine.
00:22:38 - Absolument. - Émerick Caron,
00:22:40 élu de la Nation,
00:22:42 va à l'Assemblée nationale
00:22:44 et dit "Oui, il faut fermer CNews".
00:22:46 Est-ce que vous vous rendez compte quand même ?
00:22:48 Un parlementaire demande la fermeture
00:22:50 d'une chaîne d'information parce qu'il n'est pas d'accord
00:22:52 avec éventuellement les invités, les thèmes.
00:22:54 Mais sincèrement, c'est gravissime
00:22:56 ce qui est en train de se passer.
00:22:58 C'est gravissime. - Peut-être que monsieur
00:23:00 Moustique souhaiterait la pravda
00:23:02 dans ce pays puisque, visiblement,
00:23:04 il est assez aficionado des totalitarismes.
00:23:06 - Allez, un dernier mot. - Non, une chose
00:23:08 aussi, c'est que je vois ça et je le mets en parallèle
00:23:10 avec le fait que, moi, c'est quelque chose
00:23:12 que je n'ai jamais vu. J'ai jamais vu autant
00:23:14 d'invités qui viennent, qui sont sous protection policière.
00:23:16 - Je suis d'accord. - Sur CNews, sur Europe 1.
00:23:18 - C'est le grand délire. - Et c'est un signe
00:23:20 extrêmement inquiétant et ça montre aussi
00:23:22 que si ces personnes viennent
00:23:24 ici, sur CNews, sur Europe 1, dans tous les supports
00:23:26 du groupe, c'est aussi parce qu'il y a une forme
00:23:28 de liberté et que nous,
00:23:30 on s'attache, on essaie de défendre
00:23:32 cette liberté, la liberté que des gens
00:23:34 veulent faire taire et qui fait
00:23:36 qu'aujourd'hui, ces gens-là sont
00:23:38 gardés et protégés par des policiers. - Soyons très clairs.
00:23:40 Je pense qu'on est la chaîne d'info où il y a le plus
00:23:42 d'invités, et on parle d'invités ou de chroniqueurs
00:23:44 qui viennent sous protection policière.
00:23:46 Quelle raison à votre avis, Sabrina ?
00:23:48 - Parce qu'ils disent des vérités qui dérangent ?
00:23:50 Parce qu'ils dénoncent un certain nombre de
00:23:52 totalitarisme, de communautarisme ?
00:23:54 - Absolument. Moi, je vois
00:23:56 par exemple Mme Florence Bergeau-Blacler
00:23:58 qui a écrit "Le frérisme et ses réseaux"
00:24:00 qui a été placée d'ailleurs sous protection
00:24:02 policière quelques jours après la publication de son livre.
00:24:04 Elle vient ici avec des gardes du corps.
00:24:06 Je pense également à son avocat
00:24:08 lui-même, monsieur Maître Thibault
00:24:10 de Montbréal, qui est son avocat, qui lui-même
00:24:12 est sous protection policière. Donc ça donne un peu
00:24:14 une idée malheureuse et très inquiétante
00:24:16 de ce qu'est la liberté d'expression en France.
00:24:18 Mais pour quelle raison ? Parce qu'il s'attaque
00:24:20 précisément au sujet de l'islamisme
00:24:22 et du communautarisme. Voyez-vous,
00:24:24 dès lors que l'on s'exprime sur ce sujet,
00:24:26 sur effectivement, comme disait Rachel,
00:24:28 le fait
00:24:30 de pouvoir
00:24:32 s'extraire de cette assignation
00:24:34 identitaire à communautés religieuses et de
00:24:36 combattre ce fléau idéologique,
00:24:38 eh bien, on vous place sous protection policière
00:24:40 parce qu'on vous menace de mort. On vous menace de mort
00:24:42 physiquement et on vous menace de mort également
00:24:44 sur les réseaux sociaux. C'est très important parce que
00:24:46 ce sont des relais qui sont extrêmement
00:24:48 dangereux. Et moi,
00:24:50 je l'ai subi personnellement, Rachel a subi.
00:24:52 Vous voyez, c'est une
00:24:54 guerre qui est une guerre totale.
00:24:56 Elle vous touche personnellement, elle touche vos
00:24:58 proches, elle touche votre famille,
00:25:00 elle touche la filiation que vous avez
00:25:02 avec Roche et c'est très, très douloureux.
00:25:04 Vraiment, c'est très douloureux. Parce que vous avez
00:25:06 simplement l'honnêteté et le courage de
00:25:08 lancer l'islamisme et de combattre
00:25:10 l'antisémitisme. Et de croire
00:25:12 en votre pays. Et exactement.
00:25:14 De croire en votre pays. Ce qui est fou,
00:25:16 c'est de tenter de mettre
00:25:18 en oeuvre la lettre et l'esprit
00:25:20 de notre République, la lettre et l'esprit
00:25:22 de notre Constitution.
00:25:24 Laïcité, liberté d'expression,
00:25:26 égalité, fraternité.
00:25:28 Eh bien, pour cela,
00:25:30 vous êtes mise en danger.
00:25:32 Voilà ce que l'on pouvait dire, en tout cas, de cette
00:25:34 décision du Conseil d'État, qui sommes le régulateur
00:25:36 des médias, de me contrôler.
00:25:38 C'est news. Nous travaillons depuis des années
00:25:40 avec l'ARCOM et nous sommes évidemment
00:25:42 à leur disposition pour tout ce qui concerne
00:25:44 les temps de parole, que nous respectons
00:25:46 scrupuleusement. Évidemment,
00:25:48 comme tous les médias responsables de ce pays.
00:25:50 On fait une petite pause. On parlera
00:25:52 dans un instant de la crise des agriculteurs, elle est loin d'être finie.
00:25:54 Et puis de l'hommage à Robert Badinter,
00:25:56 qui aura lieu demain, avec
00:25:58 des dissensions politiques, d'ores et déjà.
00:26:00 La famille de Robert Badinter ne souhaitait pas que
00:26:02 la France Insoumise et le Rassemblement National
00:26:04 y participent. Marine Le Pen a décidé
00:26:06 de ne pas y participer, mais la France Insoumise
00:26:08 maintient sa présence. A tout de suite sur CNews.
00:26:10 Il est 17h30, on se retrouve
00:26:16 en direct dans Punchline sur CNews. D'abord, le rappel
00:26:18 des titres de l'actualité avec Michael Dos Santos.
00:26:20 Michael.
00:26:22 Après le drame
00:26:24 survenu dans la commune de Steinbeck,
00:26:26 dans le Nord, la gendarmerie lance un appel à témoins.
00:26:28 Hier, quatre randonneurs ont perdu
00:26:30 la vie, fauchés par une voiture.
00:26:32 Placés en garde à vue, le conducteur affirme s'être
00:26:34 assoupi au volant. Une version des faits,
00:26:36 contestée par certains habitants.
00:26:38 Le trafic SNCF risque d'être
00:26:40 fortement perturbé ce week-end.
00:26:42 Les syndicats CGT et Sudrail ont
00:26:44 refusé de lever leur prix à vide-grève.
00:26:46 70 à 90% des contrôleurs
00:26:48 vont cesser leur activité pour réclamer, entre autres,
00:26:50 des revalorisations salariales.
00:26:52 Plus d'un million de personnes sont attendues
00:26:54 dans les gares pour les premiers départs en vacances.
00:26:56 Et puis enfin, pénurie de carburant
00:26:58 en Bretagne. Certaines stations essence
00:27:00 sont à sec suite au blocage des dépôts
00:27:02 pétroliers de Brest et de Lorient.
00:27:04 Depuis plusieurs jours, des artisans du BTP
00:27:06 s'opposent à l'allègement de la taxe sur le
00:27:08 gasoil non routier pour les agriculteurs.
00:27:10 Ils dénoncent une concurrence déloyale
00:27:12 et exigent des réponses du gouvernement.
00:27:14 - Merci beaucoup, Mickaël Dos Santos.
00:27:16 Ah, les agriculteurs ! Il y en a un là,
00:27:18 sur le plateau. Christian Convert nous a rejoint.
00:27:20 Bonsoir. Secrétaire général
00:27:22 de la coordination orale au Savoyard.
00:27:24 Et toujours le bienvenu sur ce plateau.
00:27:26 - Merci. - Alors c'est de votre faute s'il n'y a plus d'essence
00:27:28 là-bas, dans les stations essence ?
00:27:30 - Non, ça ne peut pas être nous.
00:27:32 La semaine dernière, on était là. Je ne pense pas que c'est le contre-coup.
00:27:34 Non, c'est autre chose. - C'est autre chose.
00:27:36 On va voir que la colère des agriculteurs est loin d'être tombée.
00:27:38 - Et puis, oui. - Tout n'est pas réglé.
00:27:40 On est bien d'accord. - Moins de là.
00:27:42 - Je vous passe la parole dans un instant, M. Convert.
00:27:44 Mais j'aimerais qu'on parte voir
00:27:46 Thomas Bonnet et Florian Paume qui se trouvent
00:27:48 devant l'hôtel de Matignon. Bonsoir à tous les deux.
00:27:50 Gabriel Attal reçoit en ce moment
00:27:52 des syndicats, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs.
00:27:54 C'est bien cela. Pour leur dire quoi, en fait, Thomas ?
00:27:56 - Alors, ils sont arrivés il y a une heure, Arnaud Rousseau et Arnaud Gaillot.
00:28:02 Et l'idée, c'est de les rassurer.
00:28:04 Parce que vous avez entendu un certain nombre
00:28:06 de critiques ces dernières heures.
00:28:08 Notamment de la part d'Arnaud Rousseau de la FNSEA
00:28:10 qui dit que le tempo n'est pas bon,
00:28:12 que le compte n'y est pas et que la contestation
00:28:14 couvre toujours, il veut,
00:28:16 les assurances de la part du gouvernement.
00:28:18 Parce qu'il estime, par exemple, qu'il n'y a pas eu de réunion
00:28:20 pour mettre en place un certain nombre
00:28:22 des mesures qui ont été annoncées par le gouvernement
00:28:24 il y a maintenant 10 jours.
00:28:26 Il veut donc des garanties
00:28:28 de la part de Gabriel Attal. Et c'est tout l'objet
00:28:30 de la réunion qui se déroule actuellement
00:28:32 à Matignon. Notez aussi que c'est la
00:28:34 première réunion sous ce format
00:28:36 depuis la levée des blocages,
00:28:38 depuis l'annonce des mesures. Là encore,
00:28:40 du côté des syndicats des agriculteurs,
00:28:42 on aimerait qu'il y ait plus de contacts, plus
00:28:44 de réunions. Du côté du gouvernement,
00:28:46 on défend le calendrier, le tempo.
00:28:48 Marc Fesneau, encore hier, à notre micro,
00:28:50 disait qu'ils feront plus en un mois
00:28:52 que ce qui a été fait en 30 ans.
00:28:54 Il demande donc de la patience
00:28:56 aux agriculteurs. On verra si le message
00:28:58 aura été reçu. Parce qu'il y a une conférence
00:29:00 de presse ce soir, organisée à la fois
00:29:02 par la FNSEA et les jeunes agriculteurs.
00:29:04 L'occasion de prendre le pouls sur cette contestation
00:29:06 qui pourrait reprendre, nous dit
00:29:08 Arnaud Rousseau. Et puis, notez que
00:29:10 la crise des agriculteurs va dépasser
00:29:12 le périmètre de Gabriel Attal. Parce que dès demain,
00:29:14 c'est Emmanuel Macron qui recevra
00:29:16 à l'Elysée des représentants des syndicats
00:29:18 des agriculteurs. Il s'agira de la Confédération
00:29:20 Paysanne et de la Coordination Rurale.
00:29:22 La semaine prochaine, il recevra les autres syndicats.
00:29:24 Du côté de l'Elysée, on nous dit que c'est un classique.
00:29:26 Avant le Salon de l'Agriculture,
00:29:28 notons que cette fois-ci, le contexte est un peu particulier.
00:29:30 - Effectivement. Merci Thomas Bonnet et Florian Pau.
00:29:32 Monsieur Convert, - Oui.
00:29:34 - Qu'est-ce que vous pensez de ces réunions à Touva ?
00:29:36 C'est histoire de faire baisser
00:29:38 un peu la température côté agriculteur ?
00:29:40 - Non mais je pense que c'est normal, après un épisode
00:29:42 comme celui qui s'est passé.
00:29:44 Bon, il y a eu les annonces. C'est vrai que
00:29:46 malgré l'âge, on a un peu de naïveté
00:29:48 puisque les annonces, sur le coup,
00:29:50 on a dit, elles allaient quand même dans le bon sens
00:29:52 et quand on analyse un peu, c'est vrai qu'il n'y a pas grand chose dedans.
00:29:54 Bon, après, il y a un travail
00:29:56 qui s'est quand même enclenché réellement
00:29:58 au niveau de chaque préfecture.
00:30:00 Mais croire, effectivement, qu'on va arriver
00:30:02 en 15 jours avant le Salon à simplifier,
00:30:04 ce n'est pas facile.
00:30:06 Donc, on parlera de ça demain
00:30:08 au Président. - Mais vous avez l'impression
00:30:10 de vous être fait berner ou pas ?
00:30:12 - Oui, quand même en partie.
00:30:14 De toute façon, on avait dit que l'effort
00:30:16 de communication, on ne pouvait que le saluer.
00:30:18 C'est vrai que l'effort de communication, il était là.
00:30:20 Les mesures sont loin d'être suffisantes
00:30:22 en matière de trésorerie.
00:30:24 Bon, il y a le niveau français, il y a le niveau européen.
00:30:26 Quand on nous dit,
00:30:28 enfin, c'est ce qu'on a entendu dans la conférence de presse,
00:30:30 je pense que vous avez entendu la même chose.
00:30:32 Par exemple, la mesure sur les jachères a été levée.
00:30:34 Le lendemain, on est au Parlement du Luxembourg.
00:30:36 Ce n'est pas ça du tout.
00:30:38 Les 4 % de jachères qui étaient supprimés
00:30:40 ont passé à 7 % de surface en intérêt écologique.
00:30:42 Enfin, quand on nous annonce 4 %,
00:30:44 nous, on croit que c'est 4 % qui sont supprimés.
00:30:46 Quand on nous le dit, le ministre,
00:30:48 on ne va pas la remettre en cause.
00:30:50 Le lendemain, on voit que ce n'est pas ça.
00:30:52 De suite, la profession réagit.
00:30:54 Du coup, on revient sur 4 %, on rediminue un peu la barre.
00:30:56 Bon, ça ne va pas.
00:30:58 Donc, de toute façon, il y a Matignon,
00:31:00 mais il y a le président. On sait que c'est le président
00:31:02 qui aura la main à la fin.
00:31:04 - Et il reçoit la coordination orale.
00:31:06 - Et il nous reçoit demain. Donc, on ne peut que saluer.
00:31:08 On avait demandé cette rencontre, on l'obtient.
00:31:10 On a discuté avec lui de choses concrètes,
00:31:12 de ce qui manque au niveau français, et surtout des orientations
00:31:14 au niveau de l'Europe, parce que c'est là-bas que ça se joue.
00:31:16 - Tout ce qui se joue là-bas. - Il ne faut pas se tromper.
00:31:18 - Yoann Zahy, qu'est-ce qui se joue, là ?
00:31:20 C'est une partie extrêmement politique.
00:31:22 L'exécutif veut désamorcer la colère des agriculteurs
00:31:24 pour avoir un salon d'agriculture qui ne soit pas trop catastrophique.
00:31:26 On est d'accord ? - J'allais dire, la chance que vous avez,
00:31:28 c'est que le salon va arriver vite.
00:31:30 Donc, Emmanuel Macron vous reçoit.
00:31:32 J'imagine qu'il va vous faire d'autres propositions
00:31:34 parce qu'il a envie que le salon se passe bien.
00:31:36 Il n'a pas envie d'être accueilli avec des sifflets,
00:31:38 des cris, éventuellement des jets d'œufs,
00:31:40 ou je ne sais trop quoi.
00:31:42 Parce que, évidemment, d'un point de vue de la communication,
00:31:44 ce serait absolument dramatique pour lui.
00:31:46 Donc, là, l'Élysée a vraiment envie
00:31:48 que ce salon d'agriculture qui débute
00:31:50 dans un peu moins de deux semaines,
00:31:52 se passe bien. Donc, l'Élysée, on voit bien,
00:31:54 est en train de reprendre la main, de gérer
00:31:56 maintenant cette crise au plus haut lieu
00:31:58 pour tenter d'en sortir d'ici une dizaine de jours.
00:32:00 - Mais ça va être difficile quand même.
00:32:02 - Ça va être difficile, parce qu'effectivement, d'abord,
00:32:04 on est seul, vous l'avez dit, il se passe beaucoup de choses.
00:32:06 À Bruxelles, l'agriculture, on a la PAC, etc.
00:32:08 Donc, la France peut décider d'un certain nombre de choses.
00:32:10 On sait que la France est très forte, par exemple,
00:32:12 quand il s'agit de surtransposer
00:32:14 tout un tas de normes,
00:32:16 de règles administratives, etc.
00:32:18 De devancer les demandes de Bruxelles, etc.
00:32:20 Donc, là, effectivement, le gouvernement
00:32:22 peut faire des propositions,
00:32:24 mais financièrement, la France a la main
00:32:26 sur quelques solutions,
00:32:28 mais pas sur tout, évidemment, vous avez raison.
00:32:30 - On a des images, là, de producteurs laitiers
00:32:32 qui sont venus à Paris manifester,
00:32:34 avec des fausses vaches, parce que, visiblement,
00:32:36 ils n'ont pas le droit d'amener des vrais.
00:32:38 - Mais si, on va les amener pour le salon.
00:32:40 - Oui, pour le salon, elles resteront dans leur petit box,
00:32:42 elles sont sages. On va juste écouter
00:32:44 Adrien Lefebvre, qui est président de l'association
00:32:46 des producteurs de lait indépendants.
00:32:48 - Aujourd'hui, le vrai problème
00:32:53 de pourquoi il y a 14 pays européens
00:32:55 qui voient des agriculteurs se mobiliser,
00:32:57 ce n'est pas la surréglementation
00:32:59 franco-française, non.
00:33:01 Le vrai problème, c'est un problème de prix.
00:33:03 Et le problème de prix, il doit être résolu
00:33:05 avec les producteurs,
00:33:07 et il doit être résolu au niveau européen.
00:33:09 C'est pour ça qu'on est là aujourd'hui,
00:33:11 on veut passer ces messages-là au gouvernement,
00:33:13 à ceux qui nous dirigent, mais aussi
00:33:15 aux syndicats, parce qu'à un moment donné,
00:33:17 c'est eux qui ont co-géré aussi
00:33:19 toutes ces problématiques-là,
00:33:21 donc on n'a rien contre eux.
00:33:23 Le but, c'est qu'ils fassent bien le job.
00:33:25 - Faire le job, Alexandre de Vecchio ?
00:33:27 - Non, mais je crois que c'est clair,
00:33:29 c'est le problème des prix, ce qui renvoie
00:33:31 à la grande distribution.
00:33:33 On a dit qu'on allait multiplier
00:33:35 les contrôles, donc on va encore
00:33:37 créer de nouveaux fonctionnaires
00:33:39 pour aller contrôler la grande distribution.
00:33:41 Pourquoi pas, il vaut mieux contrôler la grande distribution
00:33:43 que les agriculteurs, mais je ne suis pas sûr
00:33:45 que ce soit le plus efficace. On est aussi dans un système
00:33:47 où il y a seulement 5 centrales d'achat,
00:33:49 je pense, donc ils sont dans une situation
00:33:51 de monopole, donc c'est très compliqué
00:33:53 d'instaurer un rapport de force
00:33:55 face à ça. Donc on voit bien que c'est très compliqué
00:33:57 parce qu'il faut des mesures d'urgence,
00:33:59 je pense que le Comte n'y est pas,
00:34:01 notamment pour
00:34:03 les exploitations qui sont
00:34:05 au bord de la faillite et dont il faut
00:34:07 annuler, je pense, une partie
00:34:09 des dettes. Donc ça, c'est les mesures d'urgence,
00:34:11 les mesures sur le plan national, et ensuite, il y a un travail
00:34:13 de refondation de ce que doit être
00:34:15 l'agriculture nationale, et là, ça se joue
00:34:17 sur le long terme, et ça se joue
00:34:19 aussi avec un bras de fer européen,
00:34:21 donc on n'a pas pris du tout la mesure
00:34:23 de tout cela. - Oui, Louis Drignel,
00:34:25 c'est pas terminé ? - Non, c'est pas terminé, et puis moi,
00:34:27 je pense qu'il y a encore une attente aussi
00:34:29 de définir ce qu'est l'exception
00:34:31 agricole française. C'est-à-dire qu'à partir
00:34:33 du moment où on définit ça, ça sous-entend
00:34:35 qu'on sort de l'idée de la souveraineté
00:34:37 européenne, et qu'on défend un modèle
00:34:39 de souveraineté française. Et je pense
00:34:41 que les agriculteurs, comme beaucoup de Français,
00:34:43 attendent une clarification de la position
00:34:45 du parti d'Emmanuel Macron à Bruxelles,
00:34:47 qui défend, quand il est à Bruxelles,
00:34:49 la souveraineté européenne, et quand il est
00:34:51 à Paris, la souveraineté française.
00:34:53 Là, pour le coup, je pense qu'il y a une forme
00:34:55 d'heure de vérité qui doit sonner,
00:34:57 qui doit arriver très vite. - Vous y croyez,
00:34:59 cette heure de vérité, M. Convert ? - Alors,
00:35:01 pour le coup, notre syndicat n'a jamais
00:35:03 congéré, on va dire. L'heure de
00:35:05 vérité, enfin, je pense que les Français ont quand même
00:35:07 pris la mesure. Moi, quand je vois
00:35:09 la désespérance, quand même, qu'on a
00:35:11 vu, il y a un problème
00:35:13 quand même dans cette société, puisque chaque fois que le
00:35:15 ministre sort, il rencontre des gens qui pleurent.
00:35:17 Donc, ça veut quand même dire qu'il y a beaucoup de secteurs
00:35:19 qui ne doivent pas aller. De toute façon, oui,
00:35:21 ça va passer par l'Europe, il faudra des
00:35:23 engagements forts pour ramener du revenu aux agriculteurs,
00:35:25 il faudra que les règles changent au niveau européen.
00:35:27 Il n'y a pas d'autre solution.
00:35:29 Donc, de ne pas
00:35:31 importer les produits qu'on ne laisse pas produire chez
00:35:33 nous, ça commence par là. De toute façon,
00:35:35 sortir l'agriculture des
00:35:37 traités de libre-échange, ça nous semble impératif.
00:35:39 Sinon, parole, parole.
00:35:41 Mais maintenant, c'est courage, courage.
00:35:43 Je crois que le président, c'est courage, courage.
00:35:45 Il faut qu'il s'engage là-dessus.
00:35:47 Sans s'engager, ça sera...
00:35:49 Non, c'est un report.
00:35:51 Un report des problèmes
00:35:53 qu'on a, qui ne font que s'aggraver.
00:35:55 Je crois que c'est bien compris.
00:35:57 Alors, le salon, oui,
00:35:59 nous, on est responsable. On n'est pas là pour aller
00:36:01 attaquer le président au salon.
00:36:03 Par contre, les agriculteurs, bon, ils sont
00:36:05 tous rentrés chez eux. Effectivement, ce qu'on entend,
00:36:07 c'est de dire, oui, les syndicats, vous vous couchez.
00:36:09 Non, je ne pense pas qu'on se couche.
00:36:11 La suite du mouvement, c'est quoi ?
00:36:13 Si dans ce pays,
00:36:15 on ne peut y arriver que par de la violence et des blocages,
00:36:17 je ne pense pas non plus que ce soit les solutions.
00:36:19 Je ne suis pas un adepte de ça. Ça serait très grave.
00:36:21 Donc, la suite du mouvement,
00:36:23 moi, je préférerais qu'elle soit plutôt de manière pacifique,
00:36:25 que le président entende et
00:36:27 réponde quand même à ses interrogations.
00:36:29 - Rachel Gann, une question peut-être ?
00:36:31 - Oui, une question. Est-ce que vous êtes en lien
00:36:33 avec d'autres producteurs
00:36:35 des différents pays européens ?
00:36:37 - Oui, oui. Ça, vous l'avez vu.
00:36:39 On l'avait dit dès la première fois qu'on était allés à Bruxelles.
00:36:41 Alors, je ne vais pas dire que c'est une chance,
00:36:43 mais disons que c'est un constat. C'est que tous les pays...
00:36:45 Les agriculteurs européens, on est bien tous dans la même situation.
00:36:47 De ce fait,
00:36:49 on peut penser quand même que les responsables politiques
00:36:51 devraient commencer à prendre la mesure.
00:36:53 C'est un problème de PAC.
00:36:55 C'est la PAC qu'il faut réécrire et redéfinir.
00:36:57 Comme elle est là,
00:36:59 il n'y a plus de suite
00:37:01 pour l'agriculture.
00:37:03 On ne peut pas y arriver. Les meilleurs d'entre nous n'y arrivent pas.
00:37:05 Donc, il y a un moment...
00:37:07 Bon, soit les responsables politiques comprennent,
00:37:09 soit on va à quoi ?
00:37:11 À la violence et au chaos, quoi. C'est tout.
00:37:13 - Vous remobilisez comme vous l'avez fait ces derniers jours ?
00:37:15 - Franchement,
00:37:17 je pense que s'il y a remobilisation,
00:37:19 ce sera beaucoup plus grave.
00:37:21 Parce qu'effectivement, on voit d'autres acteurs du monde rural
00:37:23 qui peuvent nous rejoindre.
00:37:25 Après,
00:37:27 un mouvement, il faut le contrôler.
00:37:29 Je pense que si on repart,
00:37:31 je ne suis pas sûr du tout qu'on puisse contrôler.
00:37:33 Là, on a vraiment réussi quelque chose de bien
00:37:35 puisque les informations ont passé.
00:37:37 La population a compris. On a l'adhésion de la population.
00:37:39 Recommencer un mouvement, ça veut dire quoi ?
00:37:41 Ça veut dire rebloquer,
00:37:43 revenir faire des barrages,
00:37:45 embêter forcément la population, quelque chose qui va durer.
00:37:47 Ça peut se terminer qu'en violence, un truc comme ça.
00:37:49 - Donc, ce n'est pas ce que vous souhaitez ?
00:37:51 - Certainement pas. C'est ce qu'on va dire demain au président.
00:37:53 - Bon.
00:37:55 - Non, on ne veut pas s'affronter avec la population
00:37:57 ni avec les gendarmes.
00:37:59 Mais enfin, je ne comprends pas.
00:38:01 S'il faut en arriver à des extrémités pareilles
00:38:03 pour obtenir quelque chose,
00:38:05 on peut se faire des soucis pour notre société, quand même.
00:38:07 - Oui, mais malheureusement,
00:38:09 on est en crise, crise du gilet jaune,
00:38:11 crise absolument sur tous les fronts.
00:38:13 - Bon, il va nous écouter.
00:38:15 - J'espère qu'il va vous entendre.
00:38:17 Je ne sais pas si vous m'avez écouté.
00:38:19 Merci en tout cas d'être venu, Christian Convert,
00:38:21 pour parler des problèmes de l'agriculture.
00:38:23 J'aimerais qu'on évoque juste ce que je disais tout à l'heure
00:38:25 au tout début de l'émission, à propos de ce médecin à Nice
00:38:27 qui avait été violemment agressé
00:38:29 et dont celui qui l'a frappé
00:38:31 a été vraiment condamné
00:38:33 de la prison avec sursis.
00:38:35 Regardez ce reportage impressionnant
00:38:37 d'Augustin Donatio.
00:38:39 Son visage, tu méfiais par la violence des coups,
00:38:41 avait marqué
00:38:43 au-delà même de la Côte d'Azur.
00:38:45 En août dernier,
00:38:47 le docteur Jean-Yves Olivier, 80 ans,
00:38:49 est roué de coups par un patient dont il estime
00:38:51 que l'arrêt maladie est injustifié.
00:38:53 Six mois plus tard,
00:38:55 la justice s'est prononcée.
00:38:57 Le prévenu ne mettra pas les pieds en prison.
00:38:59 Il a été condamné pour violence aggravée
00:39:01 à six mois d'emprisonnement avec sursis probatoire
00:39:03 de trois ans et 4 500 euros
00:39:05 d'amende de préjudice.
00:39:07 Une décision qui n'est pas à la hauteur
00:39:09 pour le médecin.
00:39:11 - Six mois, je trouve que c'est un petit peu léger
00:39:13 parce que je pense que l'effet était quand même assez grave.
00:39:15 J'ai quand même risqué ma vie.
00:39:17 L'acharnement de l'individu était tel
00:39:19 que je croyais qu'il voulait me tuer, carrément.
00:39:21 Et si j'étais tombé par exemple dans l'escalier,
00:39:23 compte tenu de mon état physique,
00:39:25 je pouvais rester
00:39:27 sur le carreau, c'est évident.
00:39:29 - Jean-Yves Olivier aura dû attendre
00:39:31 six mois pour connaître la décision
00:39:33 du tribunal de Nice.
00:39:35 Mais le délai est bien trop long
00:39:37 pour ce médecin rescapé.
00:39:39 - Je trouve qu'avoir attendu six mois
00:39:41 pour ce jugement, je ne vois pas pourquoi
00:39:43 il fallait attendre six mois.
00:39:45 Vu que c'était une affaire très simple
00:39:47 avec témoin, la justice est assez lente,
00:39:49 nous le voyons.
00:39:51 - Une expertise psychologique de l'agresseur
00:39:53 a conclu à une altération du discernement
00:39:55 et des troubles dépressifs.
00:39:57 Il a l'obligation de poursuivre des soins psychiatriques.
00:39:59 Le médecin octogénaire, lui,
00:40:01 a repris le travail dans son cabinet,
00:40:03 avec une caméra de surveillance.
00:40:05 - On lui tourne le chapeau,
00:40:07 parce qu'à 80 ans, il continue à travailler.
00:40:09 C'est déjà admirable.
00:40:11 Mais ça illustre vraiment
00:40:13 cet exemple, cet espèce de dysfonctionnement,
00:40:15 cet écart qui se creuse au fossé
00:40:17 entre les Français,
00:40:19 Samoyna, Medjaber,
00:40:21 et tout ce qui les gouverne en réalité,
00:40:23 que ce soit le pouvoir judiciaire,
00:40:25 le pouvoir politique, le pouvoir médiatique.
00:40:27 - Oui, il y a évidemment une déconnexion,
00:40:29 c'est une évidence.
00:40:31 On voit en l'espèce la légèreté de la peine.
00:40:33 Elle nous interpelle, évidemment,
00:40:35 étant donné les dommages
00:40:37 qu'a subi ce médecin.
00:40:39 Mais en réalité,
00:40:41 le problème de l'embolie de la justice,
00:40:43 il est systémique.
00:40:45 C'est-à-dire que vous avez à la fois
00:40:47 des démissions par milliers
00:40:49 d'effectifs de police.
00:40:51 On a des chiffres de la Cour des comptes.
00:40:53 C'était, je crois,
00:40:55 10 840 de la police nationale,
00:40:57 15 078
00:40:59 de gendarmes.
00:41:01 Vous avez à côté de ça une surpopulation carcérale
00:41:03 qui empêche l'applicabilité
00:41:05 des peines, si vous voulez.
00:41:07 Vous avez une violence qui se radicalise
00:41:09 et qui se rajeunit par la radicalisation.
00:41:11 Moi, je dis toujours
00:41:13 qu'aujourd'hui, si vous voulez,
00:41:15 il y a une malheureuse
00:41:17 articulation entre
00:41:19 la civilisation de la culpabilité,
00:41:21 la France du travail, la France de l'investissement,
00:41:23 la France des enracinés, la France des retraités
00:41:25 qui continuent à travailler malgré les sévices.
00:41:27 Et il y a la France, pardonnez-moi,
00:41:29 de la radicalité de la loi du talion,
00:41:31 c'est-à-dire un oeil pour deux yeux,
00:41:33 une dent pour toute une mâchoire.
00:41:35 Donc tant que les pouvoirs politiques ne se saisiront pas
00:41:37 de cette anthropologie mortifère et appliqueront
00:41:39 les peines à juste titre
00:41:41 en revoyant, et ça j'insiste vraiment
00:41:43 là-dessus, sur la justice des mineurs,
00:41:45 sachant qu'elle était déjà apparue
00:41:47 dans les projets de loi
00:41:49 Vie et Habitat de 78.
00:41:51 Donc on n'y arrivera jamais
00:41:53 en réalité. Donc c'est un problème qui est systémique
00:41:55 et qui doit se résoudre étape par étape.
00:41:57 J'entends, je trouve même
00:41:59 ce monsieur très fligmatique
00:42:01 finalement Alexandre de Vecchio.
00:42:03 Il est assez résigné. Et en réalité
00:42:05 les Français sont assez résignés. Oui, c'est ce que j'allais vous dire.
00:42:07 Je pense qu'il est à l'image de la société française
00:42:09 qui sait très bien, on sait tous
00:42:11 très bien qu'on peut être
00:42:13 agressé de main, on en a tous dans notre famille
00:42:15 et dans notre entourage, et que
00:42:17 des fois ça ne donne même pas lieu à un procès
00:42:19 parce qu'il faut encore retrouver les agresseurs.
00:42:21 Même que parfois les policiers
00:42:23 ont du mal à prendre les plaintes.
00:42:25 Ce n'est pas la faute des policiers
00:42:27 mais ils ont des consignes.
00:42:29 Les commissariats, c'est ce que j'ai remarqué,
00:42:31 sont aussi embouteillés.
00:42:33 Donc si vous n'avez pas
00:42:35 physiquement des séquelles
00:42:37 c'est compliqué de porter plainte.
00:42:39 Donc oui, il y a fort...
00:42:41 On intègre ça de la même manière.
00:42:43 C'est un autre sujet, mais que les
00:42:45 attentats terroristes au couteau
00:42:47 au départ
00:42:49 on avait une semaine de débats,
00:42:51 une semaine d'émotions médiatiques,
00:42:53 politiques. Aujourd'hui,
00:42:55 ça ne dure même pas 24 heures parce qu'on
00:42:57 s'y est habitué, comme si
00:42:59 c'était quasiment un phénomène météorologique.
00:43:01 Une tempête
00:43:03 de temps en temps. Donc malheureusement
00:43:05 la violence est
00:43:07 tellement systémique
00:43:09 qu'elle commence à être intégrée
00:43:11 par la population
00:43:13 qui parfois même
00:43:15 n'a plus confiance en l'État et se dit
00:43:17 comment je vais pouvoir me défendre ?
00:43:19 Soit ceux qui ont les moyens de vivre
00:43:21 dans des endroits plus protégés, soit carrément
00:43:23 ceux qui maintenant prennent des cours
00:43:25 de salle défense ou
00:43:27 s'arment, parce qu'on voit bien que le
00:43:29 nombre de gens qui vont dans des stands de tir
00:43:31 explose. Donc c'est très inquiétant
00:43:33 et ça montre une faillite totale
00:43:35 de l'État. On parlait de l'agriculture
00:43:37 tout à l'heure. En fait, le problème de l'agriculture, c'est qu'il
00:43:39 est systémique. Il faut repenser tout le système.
00:43:41 C'est pareil pour la justice
00:43:43 et la police, mais personne,
00:43:45 il n'y a pas de d'hommes politiques qui veulent faire ça.
00:43:47 Aujourd'hui, on met
00:43:49 des pansements sur
00:43:51 des plaies qui sont béantes et qui ne soignent
00:43:53 pas, si vous voulez, la maladie.
00:43:55 - Rachel Gann, rapidement. - Rapidement,
00:43:57 c'est simplement aussi le symbole
00:43:59 de qui est cette personne. C'est pas rien,
00:44:01 c'est un médecin. Non seulement, en plus,
00:44:03 c'est l'un de nos aînés,
00:44:05 c'est un médecin, donc aujourd'hui, on s'en prend
00:44:07 aux médecins, aux proches. - Pour un arrêt maladie.
00:44:09 - Pour un arrêt maladie. - Une prolongation d'arrêt maladie.
00:44:11 Mais les choses sont importantes.
00:44:13 - Les policiers, on s'en prend
00:44:15 aux pompiers, donc en fait, tout ce qu'il y a
00:44:17 quand même qui est
00:44:19 précieux pour la
00:44:21 société, pour nous tous,
00:44:23 la cohésion, etc. Donc c'est-à-dire qu'en fait,
00:44:25 on s'attaque quand même à des symboles, maintenant
00:44:27 humains, et ça signifie
00:44:29 quelque chose de cette société qui est profondément
00:44:31 malade. - Et Gérald Darmanin, à l'instant,
00:44:33 annonce qu'il soutient totalement le policier
00:44:35 qui a été agressé au couteau ce midi
00:44:37 par un homme dans le hall du commissariat de la Rochelle.
00:44:39 L'auteur des faits a été interpellé, passé en garde. Donc dans le hall
00:44:41 du commissariat de la Rochelle,
00:44:43 on s'en prend au couteau à des policiers.
00:44:45 C'est de la violence en circuit court.
00:44:47 - Tout a changé.
00:44:49 De toute façon, non mais maintenant, on tend des pièges
00:44:51 aux policiers. Normalement, c'est plutôt
00:44:53 aux policiers d'essayer d'attraper
00:44:55 les voyous, les délinquants.
00:44:57 Donc tout est complètement inversé. Simplement,
00:44:59 une petite remarque par rapport à ce médecin,
00:45:01 le délai, il insiste,
00:45:03 il le dit, six mois pour obtenir
00:45:05 une décision de justice, effectivement, pour une affaire
00:45:07 aussi simple. - Avec témoin.
00:45:09 - Je minimise pas la gravité de l'affaire, mais simple
00:45:11 à traiter. C'est-à-dire qu'il y a un témoin,
00:45:13 l'agression, c'est pas une enquête
00:45:15 qui demande des filatures de six mois.
00:45:17 Et je pense que la peine n'est efficace
00:45:19 que quand elle est prononcée rapidement
00:45:21 contre le responsable.
00:45:23 - Mais là, il n'y a pas de peine, soyons clairs.
00:45:25 C'est comme s'il n'y avait pas de peine,
00:45:27 puisqu'il n'y a pas de
00:45:29 contrainte pour l'agresseur.
00:45:31 Donc ce n'est pas une incitation
00:45:33 à recommencer, mais en tout cas,
00:45:35 je ne pense pas que c'est ce qui puisse
00:45:37 les prévenir. - C'est un signal qu'on envoie.
00:45:39 - Exactement.
00:45:41 Et les magistrats rendent la justice
00:45:43 au nom du peuple français. Le problème,
00:45:45 c'est qu'ils ne suivent pas la volonté du peuple français.
00:45:47 Parce que tous les sondages montrent très clairement
00:45:49 qu'une très grande majorité de Français
00:45:51 souhaitent une justice plus sévère, avec des peines
00:45:53 exemplaires, qui soient véritablement
00:45:55 dissuasives et qui
00:45:57 essaient de mettre fin le plus possible
00:45:59 à la récidive. Ça n'est pas le cas aujourd'hui.
00:46:01 Alors, ça n'est pas le cas parce que la justice manque
00:46:03 en partie de moyens, mais il y a aussi une question
00:46:05 idéologique de la justice. Il y a des magistrats
00:46:07 aujourd'hui qui ont une idéologie
00:46:09 qui va à l'encontre de peines
00:46:11 plus lourdes, de peines sévères, de peines de prison,
00:46:13 etc. Donc, si les Français
00:46:15 veulent que ça change, eh bien, il faut
00:46:17 effectivement que ce soit aux politiques de s'emparer
00:46:19 de cette question et de contraindre les magistrats
00:46:21 à prononcer des peines plus sévères.
00:46:23 Ça, ça passe par la loi. - Mais non,
00:46:25 la loi existe, Anne. La loi existe.
00:46:27 - Oui, la loi existe. - Toutes les peines les plus difficiles
00:46:29 sont dans la loi. - Les magistrats l'interprètent à leur façon
00:46:31 avec leur idéologie. Si le politique
00:46:33 veut contraindre le magistrat à appliquer
00:46:35 des peines plus sévères, ça passe par un changement
00:46:37 de la Constitution, avec notamment des peines planchées
00:46:39 pour ceux qui s'en prennent aux représentants de l'État,
00:46:41 etc. - Loi n'a
00:46:43 parfaitement raison. Il y a quand même
00:46:45 une responsabilité politique là-dedans.
00:46:47 C'est que je crois que les juges adaptent aussi
00:46:49 - il y a beaucoup d'idéologies chez une partie des juges,
00:46:51 mais pas tous - et ils adaptent
00:46:53 aussi leurs sanctions aux moyens.
00:46:55 En réalité, la politique
00:46:57 pénale se calque aujourd'hui
00:46:59 sur le nombre de places de prison.
00:47:01 Or, il faudrait construire
00:47:03 un nombre de places de prison
00:47:05 par rapport à la politique pénale qu'on veut mener.
00:47:07 Tant qu'on ne fera pas ça,
00:47:09 une partie des juges seront obligés de se dire
00:47:11 "Bon, là, il vaut mieux lui mettre six mois
00:47:13 que de le mettre en prison parce que de toute manière
00:47:15 il y a des gens encore plus violents, encore plus dangereux
00:47:17 dans la nature."
00:47:19 Il y a beaucoup d'idéologies des juges
00:47:21 et Yoann le sait, je suis le premier à la dénoncer.
00:47:23 - Il y a de l'idéologie partout.
00:47:25 - Mais il y a aussi des politiques
00:47:27 qui ne prennent pas leurs responsabilités
00:47:29 et qui manquent de volontarisme sur cette question.
00:47:31 - Louis, un dernier mot là-dessus ?
00:47:33 - Je suis bien d'accord. Et souvent, avant de prononcer une peine,
00:47:35 les juges appellent
00:47:37 pour savoir s'il y a des places en prison
00:47:39 parce qu'il y a aussi la question du sens
00:47:41 de la peine.
00:47:43 Aujourd'hui, on évite de condamner des gens
00:47:45 à des peines de prison fermes sans
00:47:47 les placer en détention.
00:47:49 - Si on les condamne
00:47:51 à en dessous d'un an, ce sont ceux qui ne la feront pas.
00:47:53 - Absolument.
00:47:55 Emmanuel Macron avait promis 15 000 places
00:47:57 de prison avant la fin de son premier quinquennat.
00:47:59 On est à peu près
00:48:01 autour de 7 000.
00:48:03 - Mais ce n'est pas
00:48:05 le manque de volonté politique ?
00:48:07 C'est les oppositions locales aussi ?
00:48:09 - C'est un concours de la Chine.
00:48:11 - Les habitants qui ne veulent pas dans les communes ?
00:48:13 - A partir du moment où vous dites qu'un sujet est prioritaire,
00:48:15 quelle est la responsabilité politique
00:48:17 si ce n'est pas celle de définir des priorités ?
00:48:19 D'ailleurs, tout est prioritaire aujourd'hui en France.
00:48:21 Mais si on considère que la question de la sécurité
00:48:23 est prioritaire, si on considère que la question
00:48:25 agricole est prioritaire, à ce moment-là,
00:48:27 on met le paquet sur ces questions-là.
00:48:29 Il y a des mesures incitatives
00:48:31 pour essayer de pousser des maires
00:48:33 à accepter de construire
00:48:35 des prisons chez eux. Ça existe,
00:48:37 il y en a qui ont accepté par le passé et qui aujourd'hui
00:48:39 ne s'en plaignent pas.
00:48:41 - On va faire une petite pause. On remercie Christian Convert
00:48:43 de la coordination orale. On vous souhaite un bon rendez-vous demain
00:48:45 et M. Macron, vous nous direz ce qu'il vous a dit.
00:48:47 - Tout va bien se passer.
00:48:49 - Tout va bien se passer. Ayez confiance, surtout.
00:48:51 On se retrouve dans un instant dans "Punchline",
00:48:53 sur CNews et sur Or.
00:48:55 ...
00:49:01 - Bonsoir à tous et bonsoir à toutes.
00:49:03 Bienvenue dans "Punchline", ce soir sur CNews
00:49:05 et sur Or. Qui veut
00:49:07 gagner des millions ?
00:49:09 Eh oui, la chasse aux millionnaires
00:49:11 est ouverte et c'est le gouvernement
00:49:13 qui est sur le banc des accusés. Les procureurs,
00:49:15 vous vous en doutez, sont à gauche
00:49:17 et ils sonnent la charge contre les bourgeois
00:49:19 de la politique qui ont l'immense tort de posséder
00:49:21 du bien, comme on dit. La moitié des
00:49:23 ministres seraient millionnaires, selon
00:49:25 ces nouveaux inquisiteurs, avec en tête bien sûr
00:49:27 la France Insoumise et son égérie
00:49:29 Mathilde Panot, qui semble oublier que son leader
00:49:31 Massimo, Jean-Luc Mélenchon, a lui-même
00:49:33 déclaré un patrimoine d'un million
00:49:35 465 000 euros, lors de la
00:49:37 présidentielle de 2022, selon sa propre
00:49:39 déclaration à la Haute Autorité pour la
00:49:41 Transparence de la Vie Publique. Vous remarquerez
00:49:43 qu'ils ne sont pas à une contradiction
00:49:45 prêts. Alors bien sûr, on a
00:49:47 les élites qu'on mérite et surtout les députés
00:49:49 qu'on élit. Mais tout de même, s'il y a bien une chose
00:49:51 qu'on gagne en faisant de la politique, ce sont
00:49:53 des emmerdes, des procès, des injures
00:49:55 et dans le pire des cas, des coups. Demandez
00:49:57 aux maires, ils en savent quelque chose.
00:49:59 Alors si vous voulez gagner, jouez plutôt ce soir
00:50:01 à l'euro million, vous aurez plus de chances de remporter
00:50:03 le jackpot qu'en devenant ministre.
00:50:05 On en débat ce soir dans Conchal.
00:50:19 Et il est pile 18h, d'abord le rappel
00:50:21 des titres de l'actualité. Gabriel Attal
00:50:23 échange en ce moment même avec les représentants
00:50:25 de la FNSEA et des jeunes agriculteurs
00:50:27 à Matignon. Mais comptant du rythme
00:50:29 de travail de l'exécutif depuis la levée
00:50:31 des blocages, ils exigent des mesures
00:50:33 concrètes avant le Salon de l'Agriculture
00:50:35 dans moins de deux semaines. Demain,
00:50:37 Emmanuel Macron recevra deux autres syndicats,
00:50:39 la Coordination Rurale et la Confédération
00:50:41 Paysanne. À quelques jours
00:50:43 des départs en vacances, même si elles ont
00:50:45 déjà commencé pour certaines régions, des perturbations
00:50:47 sont attendues ce week-end
00:50:49 sur le réseau SNCF. 70 à 90%
00:50:51 des contrôleurs sont en grève.
00:50:53 Ils réclament des revalorisations
00:50:55 salariales. Plus d'un million de personnes
00:50:57 sont attendues dans les gares.
00:50:59 À Notre-Dame, l'aiguille de la flèche
00:51:01 renaît après le terrible incendie de 2019.
00:51:03 Le démontage de l'échafaudage
00:51:05 qui a permis la restauration à débuter
00:51:07 il y a quelques jours. La flèche sera
00:51:09 entièrement dévoilée avant le début des Jeux
00:51:11 Olympiques. Une bonne nouvelle,
00:51:13 la réouverture de la cathédrale de Paris
00:51:15 est maintenue au 8 décembre prochain.
00:51:17 Enfin, un 130e
00:51:19 jour de détention pour les otages détenus
00:51:21 par l'organisation terroriste du Hamas
00:51:23 dans la bande de Gaza. Trois
00:51:25 de ces otages sont français. Ils se nomment
00:51:27 Ofer, Orion et Oad. Nous pensons
00:51:29 à tous ces otages ce soir et à leur famille.
00:51:31 Nous demandons une fois de plus leur libération
00:51:33 immédiate et sans condition.
00:51:35 Il est 18h02, vous êtes bien sûr CNews et sur
00:51:37 Europe 1 avec Louis de Ragnel, chef du service politique
00:51:39 d'Europe 1. Bonsoir Louis. - Bonsoir Laurence. - Rachel
00:51:41 Cahn, essayiste et juriste. Bonsoir. - Bonsoir Laurence.
00:51:43 - Sabrina Medjeber, essayiste et sociologue.
00:51:45 Bonsoir. Yoann Usaï, du service politique de CNews.
00:51:47 - Bonjour Laurence. - Je vous salue. Et Alexandre Delecchio,
00:51:49 rédacteur en chef au Figaro. - Bonsoir. - On va
00:51:51 commencer par parler de ces fameux millionnaires.
00:51:53 On a entendu la petite musique du générique
00:51:55 de l'émission Culte, évidemment, qui veut
00:51:57 gagner des millions. Arrots sur les riches,
00:51:59 c'est en tout cas ce qu'a décrété un certain
00:52:01 nombre de partis politiques,
00:52:03 notamment la France Insoumise. On fait le point avec
00:52:05 Adrien Spiteri, puis on va voir ce que vous en pensez.
00:52:07 Jamais un gouvernement n'aurait compté autant de millionnaires.
00:52:13 17 sur 34 selon les calculs du journal L'Humanité,
00:52:17 soit près d'un ministre sur deux.
00:52:19 Dans le détail, neuf se trouverait même dans la tranche des 1%
00:52:23 les plus riches, avec un patrimoine supérieur à 2,2 millions d'euros.
00:52:28 En haut de la liste, Franck Riester, ministre au commerce extérieur.
00:52:32 Fortune estimée, 10 millions d'euros,
00:52:35 bâti en partie grâce à l'héritage de plusieurs garages
00:52:38 et concessions automobiles.
00:52:40 En seconde position, la ministre des Sports, Amélie Oudea-Casterat,
00:52:44 7 millions d'euros acquis notamment grâce à des actions
00:52:48 chez AXA ou Carrefour.
00:52:50 Ces révélations ont fait réagir Mathilde Panot,
00:52:53 présidente du groupe LFI à l'Assemblée.
00:52:55 Ça vous donne une bonne idée d'à quel point
00:52:57 ceux qui, on n'est jamais mieux servis de par soi-même,
00:53:00 on dit régulièrement ça, ceux qui sont aujourd'hui au gouvernement,
00:53:03 continuent de vouloir faire une politique de guerre contre le peuple
00:53:08 qui leur sert à eux-mêmes.
00:53:10 Le Premier ministre disposerait quant à lui
00:53:12 d'une assurance-vie d'1,5 million d'euros.
00:53:15 La publication officielle de ces déclarations de patrimoine
00:53:19 aura lieu dans deux mois.
00:53:21 C'est marrant comme le sujet de l'argent,
00:53:23 qui est un sujet assez tabou,
00:53:25 fait bondir tous ceux qui en parlent.
00:53:28 Yann Huzay vous disiez, Mathilde Panot,
00:53:30 qui a oublié que Jean-Luc Mélenchon avait 1,465 millions d'euros de patrimoine,
00:53:35 se situait peut-être au-dessus de la fourchette de ses ministres.
00:53:39 Le problème, c'est que les responsables politiques
00:53:42 ne font plus de politique.
00:53:44 Mathilde Panot, je le dis de cette manière-là,
00:53:46 c'est le degré zéro de la pensée politique.
00:53:48 Il n'y a rien.
00:53:50 C'est une vacuité totale.
00:53:52 En tout cas sur ce débat des millionnaires.
00:53:54 Sur ce débat, sa prise de position,
00:53:56 il n'y a aucun argument, si ce n'est qu'il faut une politique.
00:53:59 - Il ne s'est jamais mieux servi que par soi-même.
00:54:01 - Encore une fois, la France insoumise
00:54:04 est toujours dans cette volonté d'opposer les uns aux autres.
00:54:07 Alors là, ils opposent les plus riches aux plus pauvres,
00:54:10 ils vont opposer les partisans d'Israël
00:54:13 à ceux qui soutiennent les Palestiniens,
00:54:16 ils vont opposer les forces de l'ordre
00:54:18 aux délinquants et au reste de la population,
00:54:21 en disant que la police tue, qu'il y a un racisme systémique.
00:54:24 Ils sont toujours dans cette volonté de diviser.
00:54:26 On en a là une nouvelle illustration.
00:54:28 Et après, ils vont se faire les chantres
00:54:30 de la réconciliation républicaine, de l'unité républicaine.
00:54:33 Donc c'est quand même aberrant de tenir ce discours-là,
00:54:36 alors qu'on sait qu'eux-mêmes sont des vecteurs
00:54:38 de division extrêmement profonds pour le pays.
00:54:40 - Angele Kan ?
00:54:41 - Oui, de toute façon, ils sont dans une dynamique
00:54:43 de semer le chaos.
00:54:44 Donc tout est bon pour diviser, fracturer.
00:54:47 Après, ils ont des leviers.
00:54:49 Alors d'un côté, il y a ce droit à la paresse,
00:54:52 ne surtout plus du tout valoriser l'effort.
00:54:54 Ils crachent sur ce qui est de l'ordre de la méritocratie.
00:54:57 Et surtout, on a vu cette nouvelle affiche
00:54:59 pour les Européennes, où ils pointent du doigt
00:55:01 maintenant les golfers.
00:55:02 - Les gens qui jouent au golf, parce qu'ils sont des riches.
00:55:05 - Des racistes.
00:55:06 - C'est ce qu'ils ont d'entendu.
00:55:07 - Des racistes.
00:55:08 Et puis d'ailleurs, dans la logique antisémite,
00:55:11 les Juifs, le riche, etc.
00:55:14 Après, alors franchement, moi je suis entièrement d'accord
00:55:17 avec ce qui vient d'être dit.
00:55:18 Mais après, on peut se poser la question,
00:55:20 c'est est-ce qu'il faut être riche pour rentrer en politique
00:55:23 ou pour rentrer dans ce gouvernement ?
00:55:25 Moi je suis absolument férue de la méritocratie
00:55:29 et surtout les personnes qui se sont donné les moyens,
00:55:32 tant mieux s'ils sont riches.
00:55:33 Enfin moi, ce n'est pas un sujet qui m'intéresse vraiment.
00:55:35 Mais bon, c'est pas...
00:55:36 Mais après, ça interroge sur,
00:55:39 est-ce qu'il n'y aurait pas quelque chose
00:55:41 de l'ordre du mépris de classe, finalement ?
00:55:44 - Inversé.
00:55:45 - Inversé.
00:55:46 - Louis Dragnel, un petit mot sur cette polémique
00:55:48 sur les millionnaires au gouvernement.
00:55:50 - Premièrement, quels scoops ?
00:55:51 Les déclarations sont en ligne depuis 4 ans
00:55:53 sur le site de la Haute Autorité.
00:55:54 - Et alors ?
00:55:55 Il y en a qui sont loin à la détente.
00:55:56 - Non mais...
00:55:57 - Non mais...
00:55:58 - Attention, tous les Français peuvent aller regarder.
00:56:00 Le site est en train d'être actualisé
00:56:02 parce que figurez-vous qu'il y a la Haute Autorité
00:56:04 en train de vérifier la conformité des déclarations
00:56:06 des nouveaux ministres.
00:56:07 - Des nouveaux ministres.
00:56:08 - Donc surtout, il vaut mieux faire le coup après
00:56:10 pour voir si éventuellement,
00:56:11 combien les ministres ont gagné depuis ce nouveau gouvernement.
00:56:14 La deuxième chose, je rejoins tout à fait
00:56:16 ce que dit Yohann Ouzaï.
00:56:17 Et en plus, ça sous-entend que
00:56:19 s'il n'y avait que des riches au gouvernement,
00:56:21 eh bien, il serait forcément contre les pauvres.
00:56:23 Et s'il n'y avait que des pauvres,
00:56:25 il serait forcément contre les riches.
00:56:26 Ce qui montre là, c'est une espèce de simplification intellectuelle.
00:56:29 C'est vraiment pour les gens, honnêtement, pour des imbéciles.
00:56:31 Et puis la dernière chose,
00:56:33 je ne vois pas ce qui est choquant en soi.
00:56:36 C'est-à-dire que...
00:56:37 - Mais ils ont toujours un truc au lieu.
00:56:38 - Si on était dans l'oligarchie...
00:56:39 - Les Français sont très sensibles à ça, et vous le savez.
00:56:40 - Bien sûr.
00:56:41 Non mais s'il n'y avait que des millionnaires au gouvernement,
00:56:43 évidemment, ce serait choquant dans un pays qui souffre.
00:56:46 Mais, alors moi, j'attends de voir les prochaines déclarations de patrimoine.
00:56:49 Mais il me semble qu'il y a aussi des gens qui ne sont pas riches.
00:56:52 Je ne suis pas là pour défendre le gouvernement de Gabriel Attal.
00:56:54 Mais il y a aussi des gens qui sont issus de milieux modestes,
00:56:56 qui n'ont pas hérité.
00:56:57 Ceux qui ont hérité, ils ont eu l'entre guillemets le malheur
00:57:00 ou le bonheur d'être nés dans leur famille.
00:57:02 Non mais, il y a aussi ce sujet-là.
00:57:05 Et je trouve honnêtement affligeant, pathétique,
00:57:08 de pointer d'une voix ce sujet.
00:57:10 - Pour faire un argument politique.
00:57:11 - Le seul sujet qui compte, c'est la politique qui est conduite par le gouvernement.
00:57:14 Est-ce qu'elle satisfait les Français ou pas ?
00:57:16 C'est déjà pas mal.
00:57:17 - Alexandre de Vécuo ?
00:57:18 - Et après, Sabrina Médiéval ?
00:57:19 - Je pense qu'effectivement, pour le coup,
00:57:21 c'est un discours populiste dans le mauvais sens du terme.
00:57:25 Mais je pense qu'il peut trouver de l'écho au-delà même
00:57:28 des électeurs de la France insoumise pour deux choses.
00:57:31 La première, c'est que malgré tout,
00:57:33 le macronisme est extrêmement homogène sociologiquement.
00:57:36 C'est quand même une particularité.
00:57:38 C'est-à-dire que c'est des gens qui viennent d'un même milieu de cadre,
00:57:43 d'urbain, même sur le plan territorial, j'allais dire.
00:57:47 Il y a très peu de provinciaux dans ce gouvernement.
00:57:52 Ils viennent un peu du même endroit,
00:57:54 ils partagent la même vision du monde
00:57:56 et ils apparaissent parfois très déconnectés de la réalité des classes populaires.
00:58:00 C'est pour ça que je pense qu'on peut,
00:58:02 que certaines personnes, à tort, je pense,
00:58:04 risquent de leur en vouloir de leur patrimoine
00:58:07 et de voir dans leur patrimoine l'une des clés pour expliquer leur déconnexion.
00:58:11 La deuxième, et ça c'est pas propre à cette majorité-là,
00:58:14 c'est l'échec de nos hommes politiques depuis une quarantaine d'années.
00:58:18 C'était des questions qu'on ne se posait pas.
00:58:20 On a souvent tendance à dire que les Français sont en vieux et n'aiment pas les riches.
00:58:23 C'est pas vrai, Georges Pompidou venait en Porsche à l'Élysée.
00:58:26 Vous imaginez ça ?
00:58:28 Il était banquier par ailleurs aussi,
00:58:30 il a été prof de l'EF,
00:58:32 mais il a été chez Rothschild aussi.
00:58:34 Et ça ne gênait absolument personne
00:58:36 parce que la majorité des Français
00:58:38 avait le sentiment qu'il servait l'intérêt général,
00:58:42 que les classes populaires prospéraient,
00:58:44 elles avaient un horizon où elles pouvaient progresser,
00:58:47 où leurs enfants allaient gagner davantage qu'elles.
00:58:50 Et donc je crois que ce genre de polémique
00:58:52 montre aussi notre déclin
00:58:54 et surtout l'impuissance des politiques
00:58:56 à régler les problèmes des Français.
00:58:58 Les problèmes des Français, ça m'a donné un Medjaber.
00:59:00 Je rappelle d'ailleurs au passage qu'Emmanuel Macron a le 8e patrimoine
00:59:02 dans l'ordre de ceux qui sont présentés en 2022.
00:59:04 D'abord c'est Valérie Pécret, Cédric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan,
00:59:07 Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, donc 1 465 000,
00:59:10 Marine Le Pen, Jean Lassalle et Emmanuel Macron.
00:59:12 Sabouéna, sur cette polémique sur l'argent.
00:59:14 Oui, les manifestants de l'argent banau,
00:59:16 voyez-vous, ils mènent une guerre contre le peuple.
00:59:18 Alors déjà, il faudrait remettre "l'église au milieu du village"
00:59:22 et vraiment Johan a été parfait dans sa démonstration
00:59:24 parce qu'il a tout résumé, c'est-à-dire que la guerre contre le peuple,
00:59:27 c'est précisément la France insoumise qui la mène,
00:59:29 c'est-à-dire que la radicalité politique,
00:59:31 elle est bien plus proche du camp de l'extrême gauche
00:59:34 que par exemple du camp de l'extrême droite.
00:59:36 Ça, ça se vérifie par les chiffres.
00:59:38 C'est quand même la France insoumise
00:59:40 qui n'appelle pas au calme lorsqu'il y a des émeutes.
00:59:42 C'est quand même la France insoumise
00:59:44 qui dresse la République des Arabes contre la République des Juifs.
00:59:47 C'est la France insoumise qui soutient le Hamas
00:59:50 en mettant de le qualifier comme étant ce qu'il est,
00:59:52 c'est-à-dire une organisation terroriste.
00:59:54 C'est la France insoumise qui vous explique
00:59:56 que le voilement, c'est un embellissement.
00:59:58 C'est la France insoumise qui protège Tahab Ouafs.
01:00:00 C'est la France insoumise qui se range du côté des dealers
01:00:03 en érigeant un député comme Louis Boyard
01:00:05 qui se permet, en plus, tous les invectifs qu'il se permet.
01:00:07 - Il a été élu ?
01:00:09 - Oui, il a été élu, très bien, mais je peux me permettre,
01:00:11 comme il se permet d'ailleurs de critiquer CNews
01:00:13 et particulièrement Cyril Hanounave
01:00:15 avec qui il a eu des différends,
01:00:17 je me permets de critiquer les membres de la France insoumise
01:00:20 parce que j'estime qu'ils le méritent largement.
01:00:22 - Très bien. J'aimerais d'ailleurs évoquer
01:00:24 le Conseil d'État qui a demandé aujourd'hui à l'ARCOM,
01:00:26 le régulateur des médias, de renforcer son contrôle
01:00:28 sur la chaîne d'information CNews.
01:00:30 Alors, ce soir, on est à la fois sur CNews et sur Europe 1.
01:00:32 À la suite du recours de l'organisation non-gouvernementale
01:00:35 Reporters sans frontières
01:00:37 qui considère qu'il faut renforcer le contrôle sur notre antenne.
01:00:41 Yoann Uzay, vous êtes journaliste politique à CNews.
01:00:45 Encore une fois, il faut faire attention
01:00:49 à la liberté d'expression qui est notre ligne directrice aujourd'hui à CNews.
01:00:53 - Mais la liberté d'expression dans un pays démocratique, c'est la base.
01:00:57 À quel moment, dans un grand pays démocratique comme la France,
01:01:00 est-on obligé d'avoir un débat sur la liberté d'expression
01:01:03 qui est un pilier fondamental de la République ?
01:01:06 Ça n'est pas possible.
01:01:07 Le simple fait d'avoir ce débat-là
01:01:09 montre que nous sommes en train de vivre une anomalie démocratique
01:01:12 que tout le monde, et je dis bien tout le monde, devrait condamner
01:01:15 parce que ce qui se passe là est inacceptable.
01:01:17 Il faut que les gens qui nous regardent et qui nous écoutent
01:01:19 comprennent bien qu'on est à deux doigts d'avoir un ministre de la censure
01:01:22 lors du prochain remaniement. On en est quasiment là.
01:01:24 Donc, c'est absolument inacceptable et nous n'accepterons pas cela.
01:01:28 Celui qui compte me faire taire ou arrêter
01:01:32 la lutte contre l'antisémitisme, la lutte contre le racisme,
01:01:37 parce qu'effectivement, ce qui fait l'ADN de cette chaîne,
01:01:39 c'est que nous donnons la parole à tout le monde,
01:01:41 nous traitons de sujets dont les autres ne traitent pas toujours,
01:01:44 et donc ça dérange, naturellement.
01:01:46 Mais il faut dire à ces personnes-là que celui qui me fera...
01:01:50 Je parle en mon nom.
01:01:51 Celui qui me fera taire et qui me fera arrêter mon métier,
01:01:54 il n'est pas né.
01:01:55 Donc, c'est un combat qui est...
01:01:57 Je signe votre déclaration, mon cher Johan.
01:02:00 Louis Rognel, rapidement, vous êtes d'Europe 1.
01:02:03 Pareil, de la même façon, vous êtes concerné
01:02:06 par ce qui se fait à l'Arkom et au Conseil d'État.
01:02:09 Bien sûr. Non, mais en fait, si on décrypte un tout petit peu cette décision,
01:02:13 globalement, les relations entre l'Arkom et nos maisons sont bonnes.
01:02:17 Et puis, on est chargé de comptabiliser les temps de parole des politiques
01:02:20 et ça se passe bien.
01:02:22 On a des personnes qui sont recrutées, dédiées à temps plein,
01:02:25 qui font ça et honnêtement, ça demande un travail de précision
01:02:27 parce que ce n'est pas facile.
01:02:29 Parfois, il y a des gens qui sont difficiles à classer politiquement.
01:02:32 On demande à l'Arkom, il y a beaucoup d'aller-retour.
01:02:34 Il y a aussi des personnalités politiques qui refusent d'intervenir sur nos antennes.
01:02:38 Ça, c'est quelque chose qui existe et qui peut poser des questions.
01:02:41 Mais là, ce qui est choquant, c'est que tout va bien avec l'Arkom
01:02:44 et c'est sans doute ce qui pose problème à RSF,
01:02:47 qui donc fait pression sur le Conseil d'État pour enjoindre l'Arkom
01:02:50 à faire quelque chose qui ne lui paraît pas du tout utile de faire.
01:02:55 Et c'est ça qui est complètement absurde.
01:02:57 On rappelle aussi que M. Deloire est délégué général en charge des États généraux sur l'information.
01:03:04 Pour essayer de revitaliser, d'essayer de trouver des solutions
01:03:08 pour aider les médias à avoir encore plus d'indépendance.
01:03:11 Donc, objectivement, ça fait poser quelques questions.
01:03:13 Et puis, dernière chose, comment est-ce qu'on va faire pour ficher ?
01:03:17 Parce qu'en fait, ce qu'on nous demande de faire, c'est du fichage politique.
01:03:19 Donc, comment est-ce qu'on va faire pour ficher Rachel Khan ?
01:03:22 Comment est-ce que… Non, mais on va devoir faire ça.
01:03:24 Là, on en rigole, mais en fait, c'est très grave.
01:03:26 Je vais devoir demander à chacun des journalistes politiques de mon service à Europe 1 pour qu'ils votent.
01:03:30 Rien que ce terme "ficher", vous vous rendez compte ?
01:03:32 Mais bien sûr.
01:03:33 Mais de la fichonisation de ce terme-là, "ficher" ?
01:03:34 Bien sûr.
01:03:35 Mais on doit savoir en voir.
01:03:36 Et je vais vous dire, je suis très heureux.
01:03:38 Je ne sais pas pour qui votent les journalistes du service politique d'Europe 1.
01:03:41 Et je ne veux jamais le savoir.
01:03:42 Je ne veux pas le savoir.
01:03:43 Et je ne veux surtout pas qu'on me contraigne à le savoir.
01:03:46 Parce que la diversité, la force d'une rédaction, sa vitalité,
01:03:49 ça repose aussi sur la diversité des profils qu'on recrute.
01:03:52 Rapidement, Alexandre de Vecchio, vous êtes du Figaro.
01:03:54 On pourrait parler de fichage, on pourrait parler de "macartisme".
01:03:56 En fait, c'est ce qu'on nous propose.
01:03:59 En réalité, faire taire des gens qui seraient soupçonnés d'avoir une opinion de droite ou d'extrême droite.
01:04:05 C'est dommage pour une association comme "Reportage sans frontières"
01:04:08 qui est censée défendre la liberté de la presse et la liberté d'expression.
01:04:11 Je pense que franchement, il y a d'autres combats à mener.
01:04:13 Il y a des journalistes dans le monde qui sont en prison.
01:04:16 Christophe Deloire, que je respecte, devra, je pense, plus s'en occuper.
01:04:20 Par ailleurs, j'ai eu l'occasion, on peut rappeler que l'AFP,
01:04:24 si vraiment il veut faire s'occuper de ce qui se passe en France,
01:04:27 ne classe pas le Hamas comme une organisation terroriste.
01:04:30 Je ne l'ai pas entendu réagir à ce moment-là.
01:04:32 Donc, on a l'impression que c'est spécifiquement CNews qui est visé.
01:04:35 Et si ce n'est pas spécifiquement CNews, qui va encadrer cette usine à gaz ?
01:04:39 Est-ce que sérieusement, on va aller expliquer à France Télévisions
01:04:42 qu'ils doivent inviter telle ou telle personne, choisir tel ou tel chroniqueur,
01:04:46 choisir tel ou tel animateur, choisir tel ou tel sujet ?
01:04:49 Et puis pourquoi il y aura des sujets dont on ne devrait pas parler ?
01:04:52 Donc, effectivement, il faut dire ce qu'il y a.
01:04:54 Et sous prétexte de liberté de la presse, sous prétexte de pluralisme,
01:04:58 on est en train d'organiser la censure en pleine dérive autoritaire.
01:05:02 C'est la liberté d'expression, Rachel Khan, qui est en jeu, là, dans ce cas précis.
01:05:06 Oui, c'est la liberté d'expression qui est en jeu.
01:05:08 Et malheureusement, ça fait quelques années qu'on se bat
01:05:12 pour cette liberté d'expression.
01:05:14 Charlie Hebdo, mais on se bat pour écrire des livres,
01:05:17 pour justement être pleinement humains,
01:05:20 faire avancer notre pensée.
01:05:22 Donc, en fait, mettre en œuvre cette liberté d'expression aujourd'hui,
01:05:26 qui est un droit fondamental, c'est remise en cause.
01:05:29 On est quand même sur une chaîne dont le slogan
01:05:31 est "la liberté d'expression n'a pas de prix".
01:05:33 Effectivement. Et on est aussi sur Europe 1.
01:05:35 Et on est heureux d'avoir nos amis auditeurs d'Europe 1.
01:05:37 Petite pause. On se retrouve dans un instant dans Punchline,
01:05:39 sur CNews et donc sur l'antenne d'Europe 1.
01:05:41 On évoquera l'hommage à Robert Barnater,
01:05:43 qui aura lieu demain au ministère de la Justice.
01:05:45 Un hommage national.
01:05:47 Mais la famille de Robert Barnater
01:05:49 demande à ce que le Rassemblement National
01:05:51 et la France Insoumise n'y participent pas.
01:05:53 On verra que la France Insoumise a décidé
01:05:55 de maintenir sa présence.
01:05:57 A tout de suite. Dans le prochain.
01:05:59 Comme d'habitude.
01:06:01 18h20, on se retrouve en direct dans Punchline,
01:06:03 sur CNews et sur Europe 1.
01:06:05 Hommage à Robert Barnater.
01:06:07 Hommage qui sera rendu demain au ministère de la Justice.
01:06:09 Les avocats ont aussi été réunis ce matin
01:06:11 devant le tribunal de Paris,
01:06:13 pour une minute de silence.
01:06:15 La présidente de l'Assemblée nationale,
01:06:17 Yael Broun-Pivet, a rendu hommage
01:06:19 à l'immense défenseur des droits
01:06:21 qui l'était écouté là.
01:06:23 Dans tous ces combats, le souci d'une pleine justice
01:06:25 orientait
01:06:27 et déterminait l'action publique.
01:06:29 Humaniste avec Hugo,
01:06:31 il était
01:06:33 socialiste à la façon de Jaurès
01:06:35 qui disait
01:06:37 "La République a vaincu parce qu'elle est
01:06:39 dans la direction des auteurs
01:06:41 et que l'homme
01:06:43 ne peut s'élever sans monter vers elle.
01:06:45 Ceux qui depuis un siècle
01:06:47 ont mis très haut leur idéal
01:06:49 ont été justifiés
01:06:51 par l'histoire.
01:06:53 Oui, Robert Barnater
01:06:55 allait à l'idéal par les chemins de crête.
01:06:57 Voilà pour cet hommage de Yael Broun-Pivet
01:06:59 à Robert Barnater.
01:07:01 La famille de Robert Barnater a annoncé
01:07:03 ne pas souhaiter la présence du Rassemblement national
01:07:05 et de la France insoumise lors de la cérémonie
01:07:07 demain qui aura lieu dans les locaux
01:07:09 du ministère de la justice.
01:07:11 Une exigence qui est portée par sa veuve
01:07:13 Elisabeth Barnater.
01:07:15 Donc ça veut dire que
01:07:17 ni Marine Le Pen ni Mathilde Panot
01:07:19 ne sont désirés par la famille et pourtant
01:07:21 Louis de Raguenel, la France insoumise
01:07:23 a annoncé qu'elle s'y rendrait.
01:07:25 Absolument, à la différence de Marine Le Pen
01:07:27 qui a dit qu'elle ne s'y rendrait pas
01:07:29 pour se conformer aux volontés
01:07:31 de la famille Barnater.
01:07:33 En fait, cette question je pense que tous les Français
01:07:35 peuvent se l'approprier
01:07:37 parce qu'un jour on sera peut-être confrontés à ça.
01:07:39 Normalement, quand on perd
01:07:41 un être cher, on a quasiment tous les droits
01:07:43 notamment sur une cérémonie.
01:07:45 Et donc des gens qui ne sont pas invités, qui s'invitent quand même
01:07:47 je trouve que c'est abject.
01:07:49 C'est comme si vous vous rendiez à un enterrement
01:07:51 et il y a marqué "sans fleurs ni couronnes"
01:07:53 vous venez avec des énormes bouquets de fleurs et des couronnes
01:07:55 alors que les gens ont demandé surtout pas ça.
01:07:57 Je trouve que c'est ce qu'il y a
01:07:59 le plus dégradant même humainement
01:08:01 vous souiller la mort de quelqu'un.
01:08:03 Normalement, voilà, une messe d'enterrement
01:08:05 c'est pas une messe mais c'est une cérémonie de recueillement
01:08:07 en hommage.
01:08:09 Les gens qui ne sont pas invités
01:08:11 vous respectez la volonté de la famille.
01:08:13 C'est quand même le B.A.B. de la décence humaine.
01:08:15 En fait, on ne sait pas si
01:08:17 évidemment que c'est triste
01:08:19 mais ça devient pathétique parce que tout ça est là
01:08:21 pour nourrir un projet politique
01:08:23 et en fait c'est pour rester
01:08:25 cohérent par rapport à la décision
01:08:27 d'aller à la cérémonie du 7 octobre
01:08:29 alors que certaines familles
01:08:31 d'otages, certaines familles de victimes
01:08:33 ne souhaitaient pas la présence de la France insoumise.
01:08:35 Alessandre de Vecchio ?
01:08:37 On peut dire que c'est des charognards en quelque sorte
01:08:39 c'est ce que vous expliquez
01:08:41 plus poliment
01:08:43 que moi je dirais
01:08:45 et ça me fait penser à ce que vous dites
01:08:47 à Robert Badinter
01:08:49 justement qui pendant la cérémonie
01:08:51 sur la rafle
01:08:53 du Veldiv, il y avait des manifestations
01:08:55 des manifestants qui avaient essayé
01:08:57 d'anti-raciste notamment
01:08:59 mais qui en avaient profité
01:09:01 pour manifester etc.
01:09:03 Il avait piqué une colère justement
01:09:05 et ces mots que j'ai retrouvés c'était
01:09:07 "les morts vous écoutent, croyez-vous
01:09:09 qu'ils écoutent ça
01:09:11 je ne me demande rien, aucun applaudissement
01:09:13 je ne demande que le silence
01:09:15 que les morts appellent, taisez-vous
01:09:17 quittez à l'instant ce lieu de recueillement
01:09:19 vous déshonorez la cause que vous croyez
01:09:21 servira" donc je crois qu'on est
01:09:23 exactement là-dedans.
01:09:25 Dans le même cas de figure du RNZI ?
01:09:27 Oui, le fait que la France insoumise se rende à cet hommage
01:09:29 national montre bien qu'en réalité
01:09:31 ils n'ont aucun respect, ni pour rien
01:09:33 ni pour personne. Ils l'ont montré pour
01:09:35 les victimes du Hamas
01:09:37 ils n'ont jamais eu de respect pour eux
01:09:39 ils le montrent là avec
01:09:41 Robert Badinter et avec sa famille
01:09:43 qui est dans une grande souffrance on l'imagine
01:09:45 qui est très peinée et qui va devoir en plus
01:09:47 supporter la présence de la France insoumise
01:09:49 alors même que la souhaitait pas.
01:09:51 Ça montre ce manque de respect
01:09:53 évidemment, mais ça pose une question
01:09:55 aussi, comment est-on passé de la gauche
01:09:57 de Robert Badinter à la gauche de Jean-Luc Mélenchon ?
01:09:59 Ça pose beaucoup de questions
01:10:01 ça veut dire également
01:10:03 que pour cette gauche de gouvernement
01:10:05 cette gauche historique qui reste au pouvoir
01:10:07 très longtemps, la France insoumise aujourd'hui
01:10:09 n'est plus de gauche, elle est d'extrême gauche
01:10:11 elle est hors du champ républicain
01:10:13 c'est pour cela qu'ils ne sont pas invités
01:10:15 à cette cérémonie, parce que la France insoumise
01:10:17 ne respecte plus
01:10:19 les codes de la démocratie et de la République
01:10:21 donc tout cela veut dire beaucoup.
01:10:23 Et puis organiser le squatting quand même
01:10:25 d'un enterrement ou d'une commémoration de quelqu'un
01:10:27 que vous détestez, c'est juste
01:10:29 une réflexion humaine basique
01:10:31 Ils ne détestent pas Robert Badinter
01:10:33 Ah ben, il était très attaqué
01:10:35 par la France insoumise et Robert Badinter
01:10:37 très attaqué par les wokistes, par les indigénistes
01:10:39 bien sûr, Sabrina Medjibov
01:10:41 et ensuite Rachel Cahen
01:10:43 notamment sa femme, évidemment
01:10:45 Isabelle Badinter, je rappelle que c'est quand même
01:10:47 pour nous les femmes, et y compris
01:10:49 toutes les femmes, Isabelle Badinter
01:10:51 c'est une boussole, c'est une femme qui a eu
01:10:53 énormément de courage pour défendre
01:10:55 toutes les femmes, et en particulier
01:10:57 les gamines de cités à qui on ne donne pas la parole
01:10:59 sur la virginité et l'islamisme
01:11:01 et notamment sa fameuse phrase
01:11:03 concernant le voile, où elle précisait
01:11:05 à l'Assemblée nationale, en commission parlementaire
01:11:07 qu'au nom de la tolérance, on a toléré
01:11:09 l'intolérable. Cette phrase, elle est vraiment
01:11:11 restée gravée dans les mémoires de
01:11:13 toutes les féministes universalistes
01:11:15 donc je comprends le souhait
01:11:17 qui soit émis de ne pas
01:11:19 recevoir le Rassemblement national
01:11:21 et la France insoumise, le Rassemblement national
01:11:23 a respecté la volonté
01:11:25 de la famille, mais encore une fois
01:11:27 Monsieur le néo-bolchevique
01:11:29 Jean-Luc Mélenchon ne tolère pas
01:11:31 encore une fois l'injonction à la
01:11:33 frustration, ne tolère pas qu'on puisse le refuser
01:11:35 de façon égotique
01:11:37 sa présence et la présence de son
01:11:39 groupe politique à cet hommage
01:11:41 il est tout à fait encore une fois légitime
01:11:43 que Madame Badinter, au regard des agissements
01:11:45 de la France insoumise
01:11:47 sur l'islamisme, sur
01:11:49 l'antisémitisme,
01:11:51 sur les velléités
01:11:53 de délinquance
01:11:55 dans notre pays, cette déconstruction de la République
01:11:57 qui est opérée par la
01:11:59 France insoumise, c'est tout à fait
01:12:01 logique et légitime que Madame Badinter n'en veuille pas
01:12:03 Rachel Cahnaud, vous comprenez la décision
01:12:05 d'Elisabeth Badinter ?
01:12:07 Oui, éperdument, c'est une femme
01:12:09 qui nous porte toutes
01:12:11 mais qui nous porte toutes
01:12:13 notamment quand on prend des positions
01:12:15 sur la liberté d'expression
01:12:17 sur nos droits
01:12:19 des femmes et notamment
01:12:21 du véritable féminisme
01:12:23 après
01:12:25 cette méthode
01:12:27 sans foi
01:12:29 ni loi, sans aucune valeur
01:12:31 effectivement l'extrême gauche
01:12:33 ne respecte rien
01:12:35 ni personne, ne respecte pas
01:12:37 les combats de Robert Badinter
01:12:39 ni Elisabeth
01:12:41 mais je pense que le pire de tout c'est qu'ils ne
01:12:43 ne se respectent pas eux-mêmes
01:12:45 bien sûr
01:12:47 il n'y a pas que la France insoumise, il y a aussi le Rassemblement national
01:12:49 Elisabeth Badinter a souhaité
01:12:51 que les deux parties ne soient pas présentes
01:12:53 Marine Le Pen a dit qu'elle n'irait pas
01:12:55 en raison de la polémique, elle dit "je ne veux pas polémiquer"
01:12:57 et on va écouter
01:12:59 maintenant Gabriel Attal qui a répondu cet après-midi
01:13:01 à l'Assemblée nationale
01:13:03 à une opposition de Gaulle qui lui reproche
01:13:05 justement de discuter avec le Rassemblement national
01:13:07 écoutez la réponse du Premier ministre
01:13:09 "Allez-vous faire un pacte politique
01:13:13 avec ce groupe
01:13:15 qui siège au Parlement européen avec l'AFD
01:13:17 qui a élaboré un plan de remigration
01:13:19 des personnes étrangères
01:13:21 ou allemandes d'origine étrangère
01:13:23 la question est simple, vous avez un choix
01:13:25 ici vous avez 151 députés
01:13:27 républicains, vous pouvez travailler
01:13:29 avec nous, mais la vérité
01:13:31 c'est que les écologistes
01:13:33 et la gauche, nous sommes aujourd'hui
01:13:35 seuls à faire barrage au Rassemblement national
01:13:37 J'avoue madame la Présidente
01:13:39 avoir du mal à comprendre ce que vous me demandez
01:13:41 est-ce que vous me demandez
01:13:43 lorsqu'une question au gouvernement est posée
01:13:45 par un groupe politique
01:13:47 avec lequel je suis en radical désaccord
01:13:49 de ne pas leur répondre ?
01:13:51 Est-ce que vous demandez à mes ministres
01:13:53 lorsqu'un amendement est proposé par un groupe parlementaire
01:13:55 avec lequel je suis en radical désaccord
01:13:57 de ne pas leur répondre ?
01:13:59 Madame la Présidente Chatelain, ça n'est pas ma conception
01:14:01 de la démocratie parlementaire, ni du respect
01:14:03 qui est dû aux parlementaires
01:14:05 Madame la Présidente Chatelain, j'ai d'autant plus de mal
01:14:09 à comprendre vos critiques
01:14:11 et ce sur quoi vous m'interpellez aujourd'hui
01:14:13 que j'ai observé, comme chacun ici
01:14:17 et comme beaucoup en dehors de cet hémicycle
01:14:19 un certain nombre de faits
01:14:21 depuis maintenant plusieurs mois ou plusieurs années
01:14:23 Sur quelle voie comptez-vous lorsque vous présentez
01:14:25 des motions de censure pour faire tomber le gouvernement
01:14:27 Madame la Présidente Chatelain ?
01:14:29 Voilà Gabriel Attal, et vous avez entendu
01:14:31 au début de l'intervention Cyrielle Chatelain
01:14:33 députée écologiste
01:14:35 de l'ISER
01:14:37 sur une espèce de dichotomie
01:14:39 Louis de Ragnel
01:14:41 Il y a une injonction à ne pas discuter
01:14:43 avec le RN de la part de la gauche ?
01:14:45 Oui, alors venant de la part de cette gauche-là
01:14:47 c'est quand même assez étonnant
01:14:49 Je trouve que Gabriel Attal a une réponse
01:14:51 assez brillante
01:14:53 parce qu'elle est imparable
01:14:55 et puis reprocher à quelqu'un de discuter
01:14:57 avec des gens qui sont élus par les Français
01:14:59 je ne vois pas trop ce qu'on peut dire
01:15:01 tellement la demande de Madame Chatelain est absurde
01:15:03 Ok, qu'est-ce qui peut réagir là-dessus ?
01:15:05 Ça rejoint le préambule de l'émission
01:15:07 vous savez, lorsqu'on a discuté
01:15:09 sur la démocratie et la liberté d'expression
01:15:11 ces gens-là qui prétendent se faire
01:15:13 l'échantre de la démocratie
01:15:15 refusent précisément tout débat avec des élus élus démocratiquement
01:15:17 donc c'est le mot de la fin
01:15:19 Abilité politique, habileté politique
01:15:21 Yoann Ouzanne de Gabriel Attal ?
01:15:23 Oui, je crois qu'il a trouvé des arguments
01:15:25 qui sont tout à fait valables
01:15:27 et il a répondu de manière efficace face à une gauche
01:15:29 surtout cette gauche-là, qui est quand même
01:15:31 la gauche la plus radicale, la gauche la plus sectaire
01:15:33 qui est toujours
01:15:35 dans une forme de soutien
01:15:37 à Jean-Luc Mélenchon, à Daniel Obono
01:15:39 à Madame Ercilia Soudé
01:15:41 qui ont été la honte
01:15:43 de la représentation nationale
01:15:45 depuis le 7 octobre dernier
01:15:47 ils ne s'en sont pas dissociés
01:15:49 politiquement, enfin ils ont pris
01:15:51 une forme de distance, mais très légèrement
01:15:53 si vous voulez, il n'y a pas eu de rupture
01:15:55 donc pour cette simple raison-là
01:15:57 cette critique de la part de cette
01:15:59 gauche ultra-radicale n'est à mon sens pas recevable
01:16:01 Rachel Kahn, personne n'oublie
01:16:03 les incointances avec l'antisémitisme
01:16:05 Oui, et bien avant
01:16:07 le 7 octobre, ça a commencé
01:16:09 pour, voilà exactement
01:16:11 notamment les Verts, aux journées d'été, ils avaient donné
01:16:13 le la de cet
01:16:15 antisémitisme compatible avec
01:16:17 leur... En invitant un rappeur
01:16:19 qui s'appelle Médine, qui vous avait
01:16:21 insultée. Absolument, donc déjà
01:16:23 lorsqu'on se dit en plus
01:16:25 écologiste, donc
01:16:27 l'écologie normalement c'est quand même sur
01:16:29 basé sur
01:16:31 la diversité, la biodiversité
01:16:33 mais pas celle des opinions. Non, surtout pas
01:16:35 celle des opinions. Nous on est pour la liberté des opinions
01:16:37 Allez, 18h31, lors du
01:16:39 rappel des titres de l'actualité sur CNews et sur
01:16:41 Europe, avec Mickaël Dos Santos
01:16:43 Un policier attaqué au couteau
01:16:47 dans un commissariat de la Rochelle
01:16:49 le fonctionnaire se trouvait à l'accueil
01:16:51 lorsqu'il a été agressé, les blessures sont
01:16:53 superficielles. Sur le réseau social
01:16:55 X, Gérald Darmanin a exprimé son total
01:16:57 soutien aux policiers avant d'indiquer
01:16:59 que l'auteur des faits avait été interpellé
01:17:01 La piste terroriste est d'ores et déjà
01:17:03 écartée. Un trentenaire
01:17:05 accusé de viol aux urgences du CHU
01:17:07 de Toulouse, samedi dernier, l'individu
01:17:09 aurait agressé sexuellement une patiente
01:17:11 de 18 ans dans les toilettes de l'hôpital
01:17:13 La victime avait rencontré son agresseur
01:17:15 quelques minutes auparavant lors d'une pause cigarette
01:17:17 L'homme a finalement été interpellé par
01:17:19 les services de sécurité et remis
01:17:21 aux forces de l'ordre. Enfin, la
01:17:23 voix française de Sylvester Stallone
01:17:25 est éteinte. Alain Dorval est décédé
01:17:27 à l'âge de 77 ans des suites
01:17:29 d'un cancer. Il était également
01:17:31 connu pour être le père d'Aurore Berger
01:17:33 la ministre déléguée à l'égalité
01:17:35 femme-homme
01:17:37 Merci beaucoup, Michael Dos Santos
01:17:39 pour ces rappels d'études de l'actuel et une petite pause
01:17:41 On se retrouve dans un instant dans Punchline sur CdNews
01:17:43 et sur Europe 1. On va continuer à parler de ces clivages
01:17:45 politiques, notamment à l'aune de
01:17:47 l'hommage qui sera rendu demain
01:17:49 à Monsieur Badinter, Robert Badinter
01:17:51 et on recevra aussi Raphaël Enthoven
01:17:53 philosophe pour évoquer tous ces sujets d'actualité
01:17:55 à tout de suite
01:17:57 18h37 de retour
01:18:01 dans Punchline sur CdNews et sur Europe 1
01:18:03 Louis de Ragnalella, Rachel Kahn, Alexandre Becquiaud
01:18:05 on a le plaisir d'accueillir Raphaël Enthoven
01:18:07 bonsoir à vous. - Bonsoir
01:18:09 - philosophe et auteur de ce livre "L'esprit artificiel
01:18:11 une machine ne sera jamais
01:18:13 philosophe" aux éditions de l'Observatoire, on est bien d'accord
01:18:15 avec vous. On va en faire la démonstration
01:18:17 dans un instant, évidemment à la lecture
01:18:19 de votre livre. Peut-être un mot de l'actualité
01:18:21 de cet hommage qui sera rendu demain à Robert Badinter
01:18:23 au ministère de la justice
01:18:25 hommage évidemment, éminemment
01:18:27 justifié, mais qui provoque une polémique
01:18:29 politicienne avec Elisabeth
01:18:31 Badinter qui demande à certains partis politiques
01:18:33 comme le Rassemblement National et la France Insoumise
01:18:35 de ne pas y participer, demande
01:18:37 qui n'est pas entendue du côté de la France Insoumise
01:18:39 est-ce que vous le regrettez ?
01:18:41 - Tous les combats
01:18:43 de Robert Badinter ont été
01:18:45 à peu près dirigés contre l'extrême droite
01:18:47 mais aussi également contre une certaine
01:18:49 forme de compromission, de renoncement, voire
01:18:51 d'antisémitisme avec lequel l'extrême
01:18:53 gauche en ce moment voisine en tout cas la France Insoumise
01:18:55 donc c'était tout naturel
01:18:57 qu'Elisabeth Badinter, à l'hommage
01:18:59 qui est rendu à son mari
01:19:01 et qui par ailleurs est un grand homme de la nation
01:19:03 ne souhaite pas
01:19:05 voir l'extrême droite
01:19:07 ni l'extrême gauche, en tout cas cette extrême gauche-là
01:19:09 c'est-à-dire la France Insoumise
01:19:11 ça me paraissait normal
01:19:13 que les gens
01:19:15 y aillent quand même
01:19:17 je trouve ça très gênant
01:19:19 pour eux, je suis très
01:19:21 embarrassé pour eux, que les gens
01:19:23 excipent de leur titre
01:19:25 de député pour se pointer
01:19:27 là, vraiment dans l'endroit
01:19:29 du monde où ils ne sont pas les bienvenus
01:19:31 et qu'ils s'y risquent à deux reprises
01:19:33 la même semaine
01:19:35 je suis gêné pour eux, il n'y a pas
01:19:37 de commentaire à faire, il y a juste à leur tourner le dos
01:19:39 - Vous parlez de la cérémonie de commémoration
01:19:41 des victimes du Hamas
01:19:43 - Oui, des victimes du Hamas, où ils n'étaient pas invités non plus
01:19:45 d'une certaine manière, ils pouvaient y aller au titre
01:19:47 de député, mais ils n'étaient pas invités
01:19:49 c'est quand même ahurissant de s'asseoir
01:19:51 à ce point sur la volonté des familles, dans un cas
01:19:53 les familles de victimes, et ici la famille
01:19:55 de la veuve, c'est inouï
01:19:57 - Robert Banninter recouvrait un seul
01:19:59 combat pour vous, l'abolition de la peine de mort
01:20:01 ou bien d'autres combats ? - Non, Robert Banninter c'est
01:20:03 beaucoup de choses, Robert Banninter c'est la gloire
01:20:05 du métier d'avocat, c'est la gloire du métier
01:20:07 d'avocat, c'est la gloire de la plaidoirie, c'est aussi la défense
01:20:09 des droits pour tous
01:20:11 des LGBT également, et
01:20:13 c'est la question de la peine de mort, mais c'est
01:20:15 une histoire française Robert Banninter
01:20:17 c'est un homme dont une partie de la famille a été
01:20:19 massacrée pendant la guerre, c'est quelqu'un qui
01:20:21 par exemple, pour vous donner un exemple, quand il
01:20:23 était garde des Sceaux, Robert Banninter
01:20:25 au moment de l'instruction du procès Barbie
01:20:27 reçoit de la part du président du tribunal
01:20:29 de Lyon, copie
01:20:31 de l'acte de déportation de son propre père
01:20:33 signé par Klaus Barbie
01:20:35 et Banninter à ce moment là se dit "la peine de mort a été
01:20:37 abolie, mon père aurait été fier de moi"
01:20:39 c'est cet homme là dont nous parlons
01:20:41 c'est de ça que nous parlons, c'est de ces éminentes
01:20:43 qualités humaines qu'il incarnait mieux
01:20:45 qu'un autre, c'est à ça que nous rendons
01:20:47 hommage, bon écoutez la présence
01:20:49 inopportune de quelques
01:20:51 grattes voix
01:20:53 - Mais il y a d'autres combats qu'il menait
01:20:55 et qu'on a un peu plus passé sous silence
01:20:57 le combat contre l'euthanasie, il était
01:20:59 pour évidemment la vie
01:21:01 il l'a illustré tout au long de sa carrière
01:21:03 - Oui, il a dit "je ne veux pas
01:21:05 lutter contre la peine de mort"
01:21:07 il voyait une incohérence dans le fait de lutter contre la peine
01:21:09 de mort tout en luttant contre l'euthanasie
01:21:11 c'est un argument auquel je souscris pas
01:21:13 dans la mesure où ce sont deux combats de nature extrêmement
01:21:15 différentes, quand vous combattez la peine de mort
01:21:17 et d'ailleurs Robert Banninter lui-même
01:21:19 dans les plédoiries, les différentes plédoiries, que ce soit Patrick Henry
01:21:21 ou que ce soit le discours au Parlement
01:21:23 en septembre 81, les
01:21:25 grands discours de Robert Banninter n'invoquent
01:21:27 jamais le caractère sacré de la vie
01:21:29 qui est systématiquement invoqué à l'appui
01:21:31 du combat contre l'euthanasie, j'ai pas fini
01:21:33 - Alexandre Devecu vous voulez vous couper la parole ?
01:21:35 - Je sais, je sais
01:21:37 - Vous êtes scientifique
01:21:39 - Non mais ce que je veux dire c'est que il y a
01:21:41 on peut tout à fait
01:21:43 en cohérence
01:21:45 lutter contre
01:21:47 la peine de mort et défendre le droit
01:21:49 de mourir dans la dignité, ce n'est pas
01:21:51 la contradictoire
01:21:53 - Alexandre Devecu qui veut réagir
01:21:55 - J'ai lu ce qu'a écrit Robert Banninter sur le sujet
01:21:57 il le fait effectivement pas au nom du
01:21:59 droit à la vie mais il le fait pour d'autres
01:22:01 raisons, il explique que ce n'est pas
01:22:03 l'état de donner la mort, que c'est toujours
01:22:05 compliqué quand l'état donne la mort
01:22:07 parce que c'est
01:22:09 quelque chose qui peut donner lieu à des dérives
01:22:11 c'était l'un de ses arguments
01:22:13 il y avait un autre argument assez intéressant
01:22:15 où il expliquait que la loi n'était pas seulement
01:22:17 punitive
01:22:19 elle devait être expressive
01:22:21 justement exprimer nos valeurs fondamentales
01:22:23 et il trouvait que c'était
01:22:25 compliqué de mettre dans une même
01:22:27 constitution effectivement qu'on s'opposait
01:22:29 à la peine de mort et qu'on était
01:22:31 pour le geste de
01:22:33 l'euthanasie, il trouvait que ça ne rentrait pas
01:22:35 dans le cadre de nos valeurs fondamentales
01:22:37 maintenant on peut effectivement défendre
01:22:39 les deux positions
01:22:41 - Oui, j'insiste sur le fait
01:22:43 qu'on peut en cohérence défendre ces deux positions
01:22:45 ce n'est pas contradictoire
01:22:47 parce qu'il ne s'agit pas de sacraliser
01:22:49 la vie dans le cas de la
01:22:51 lutte contre la peine de mort
01:22:53 c'est pas ça qui est en jeu, c'est l'enjeu de lutter
01:22:55 contre la peine de mort, comme le disait si bien Robert Banninter
01:22:57 c'est de ne pas confondre la justice avec
01:22:59 la vengeance, la justice ne peut pas
01:23:01 être une affaire de vengeance, on ne peut pas légiférer
01:23:03 sur de la vengeance, c'est pas sérieux, c'est dangereux
01:23:05 c'est la fin du contrat social d'une certaine manière
01:23:07 il y a quelque chose d'anti-démocratique là-dedans
01:23:09 donc c'était au nom d'arguments
01:23:11 démocratiques, des arguments savamment
01:23:13 exposés par Camus et par Victor Hugo
01:23:15 avant lui, que Banninter
01:23:17 luttait contre la peine de mort, c'était pas au nom des
01:23:19 arguments qui sont en général brandis
01:23:21 par les adversaires de l'euthanasie
01:23:23 - On va en venir à votre...
01:23:25 à moins que Rachel Gann ait une question à vous poser
01:23:27 sur l'actualité ou on embraye sur l'intervention
01:23:29 artificielle, le livre est absolument passionnant
01:23:31 - C'est gentil ça
01:23:33 - Il raconte pourquoi l'intelligence artificielle
01:23:35 est nulle en philosophie, c'est une très très bonne nouvelle
01:23:37 pourquoi elle est au fond
01:23:39 incapable de réfléchir, vous l'avez testée
01:23:41 à plusieurs reprises cette intelligence artificielle
01:23:43 - Je l'ai même affrontée
01:23:45 on a passé le bac ensemble
01:23:47 et on a pu vérifier à cette occasion
01:23:49 qu'il n'y avait pas de match, si vous voulez
01:23:51 - Vous avez eu 20 sur 20, elle a eu 11 sur 20
01:23:53 - Oui mais elle a été surnotée, moi aussi d'ailleurs
01:23:55 il n'y avait pas de match parce que
01:23:57 quand vous demandez à l'intelligence artificielle
01:23:59 de faire de la philosophie, le sujet c'était
01:24:01 le bonheur est-il affaire de raison ?
01:24:03 C'est une bonne question, c'est une géniale question
01:24:05 comme toutes les questions qu'on pose en terminale
01:24:07 en philo, eh bien qu'a fait la machine ?
01:24:09 Elle a pris toutes les théories du bonheur
01:24:11 elle les a rangées dans des tiroirs adéquats
01:24:13 elle a classé ça indifféremment en trois parties
01:24:15 elle aurait pu mettre la troisième partie avant la première
01:24:17 ça n'avait aucune importance
01:24:19 le tout n'était ni fait ni à faire
01:24:21 il manquait, à sa copie, ce petit pas de côté
01:24:23 qu'on doit faire, qu'on apprend à faire
01:24:25 en terminale
01:24:27 qui consiste à trouver une problématique
01:24:29 c'est-à-dire, le bonheur est-il affaire de raison ?
01:24:31 vous avez ce sujet sous les yeux, vous réfléchissez un peu
01:24:33 vous regardez le sujet, vous vous dites le bonheur c'est un sentiment
01:24:35 comment un sentiment peut-il être affaire de raison ?
01:24:37 et là vous avez le problème
01:24:39 ce petit mouvement qui consiste à réfléchir
01:24:41 cet atome de pensée qu'on appelle une problématique
01:24:43 la machine est à des années-lumière
01:24:45 - Elle passe à quoi ? - Elle passe à le trouver, complètement
01:24:47 - Pardon - Complètement
01:24:49 il n'y a pas, si vous voulez, il n'y a pas l'essentiel
01:24:51 c'est-à-dire il n'y a pas de réflexion
01:24:53 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:24:55 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:24:57 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:24:59 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:25:01 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:25:03 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:25:05 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:25:07 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:25:09 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:25:11 il n'y a pas de réflexion, il n'y a pas de réflexion
01:25:23 J'ai lu attentivement votre ouvrage et je me disais en creux
01:25:30 l'intelligence artificielle ça mobilise beaucoup de scientifiques actuellement
01:25:37 et beaucoup de personnes ont peur d'être dépassées par cette intelligence artificielle
01:25:42 je me disais que c'était en creux une ode à la vie cet ouvrage
01:25:47 et notamment une ode à nos absents
01:25:51 parce que finalement l'intelligence artificielle c'est cette immatérialité
01:25:55 et j'ai ressenti cela à la lecture de votre livre
01:25:58 Il n'y a que vous pour poser une question aussi juste
01:26:02 C'est un livre sur le deuil ?
01:26:05 C'est un livre sur le deuil ? Je n'ai jamais fait cette réponse
01:26:08 puisqu'on ne m'a jamais posé cette question depuis que je parle de ce livre
01:26:10 mais vous avez raison, c'est un livre sur le deuil
01:26:12 c'est un livre dont le chapitre central qui a l'air à annexe
01:26:15 est un chapitre sur la culture des mausolées
01:26:18 ce que j'appelle les mausolées c'est-à-dire la compilation des datas que le mort a laissées
01:26:22 la compilation des données, des traces que le mort a laissées
01:26:25 nous fabriquons des mausolées à la gloire des morts
01:26:27 des mausolées qui sont irriguées par la mémoire aimante des gens qui les ont connues
01:26:31 mais qui s'assècheront le jour où cette mémoire elle-même disparaîtra
01:26:35 et je compare ça avec la chance qu'il y a d'avoir des morts qui ont écrit des livres
01:26:40 où ils ont mis un peu d'eux-mêmes et où par conséquent on a l'impression
01:26:43 quand on les relit d'être en véritable discussion avec leur esprit précisément
01:26:47 ça permet de qualifier ce que c'est qu'un esprit en réalité
01:26:50 c'est-à-dire c'est plus qu'un souvenir et c'est moins qu'un fantôme
01:26:54 vous voyez ? mais ça reste une instance de discussion
01:26:57 donc plus qu'un mausolée, plus qu'une trace, un livre
01:27:01 quand on laisse un livre de soi-même on ne laisse pas qu'une trace
01:27:03 on laisse une trace féconde, on laisse une trace avec laquelle on peut discuter
01:27:06 mais vous avez tout à fait raison, c'est un livre sur les disparus
01:27:09 et l'IA, l'intelligence artificielle, se nourrit de ça, de ces ouvrages, de ces auteurs
01:27:15 l'IA, si vous voulez, nous avons tous peur de mourir bien sûr
01:27:19 et nous avons parfois la tentation de régler le problème
01:27:22 en transférant la totalité de ce que nous sommes dans des entités prévues à cet effet
01:27:26 c'est le syndrome de Toshiro, l'ami d'Albator, ceux qui ont mon âge s'en souviendront
01:27:30 hélas, nous nous en souvenons, capitaine au cœur d'or
01:27:34 l'ami d'Albator qui se téléporte tout entier, qui téléporte son esprit dans le vaisseau d'Albator
01:27:39 et qui reste lui-même malgré cela
01:27:42 bon, alors c'est pas possible, parce que nous ne pouvons pas muter en silicium
01:27:46 la totalité des traces que vous avez laissées de vous-même
01:27:50 la totalité de vos datas, la totalité des réponses que vous pourriez faire
01:27:54 n'épuisent pas ce que vous êtes
01:27:56 dans le livre, je prends l'exemple d'un épisode de cette série remarquable Black Mirror
01:28:00 c'est un épisode où une dame perd son fiancé d'un accident de voiture
01:28:04 et alors qu'est-ce qu'elle envoie ?
01:28:06 elle envoie toutes les données du fiancé, plus un peu de codes génétiques, un cheveu, etc
01:28:10 à une entreprise et trois jours plus tard, elle récupère un fiancé tout neuf
01:28:14 plus beau d'ailleurs, parce que les photos qu'on met en ligne sont plutôt avantageuses
01:28:18 donc tout neuf, sexuellement infatigable, doté du même humour, de la même mémoire
01:28:22 sauf que, au moment où elle lui dit quelque chose qui aurait dû énerver son fiancé
01:28:26 il répond gentiment
01:28:28 et à cet instant, elle comprend que la présence de cet ersatz parfait
01:28:32 ne fait qu'augmenter le sentiment de l'absence au lieu de le combler
01:28:36 nous ne pouvons pas fabriquer de la vie en accumulant de la donnée
01:28:40 c'est une illusion de le penser et on en est aussi loin qu'à l'époque de Pygmalion
01:28:44 on a toujours rêvé qu'on allait créer des créatures, qu'on allait fabriquer des créatures
01:28:49 on n'a jamais réussi
01:28:51 et en réalité, Raphaël Antoine, nous ne laisserons aucune trace
01:28:54 si ce ne sont nées des traces écrites, ou des artistes
01:28:57 nous laissons des traces, mais la compilation des traces que vous laissez
01:29:00 est à vous-même ce qu'un amas de cendres est au feu qu'il a causé
01:29:05 - Louis de Rignalet a une question
01:29:07 - Je voulais rebondir par rapport à ce que vous disiez tout à l'heure
01:29:09 quand vous avez fait cette espèce de compétition face à la machine
01:29:12 vous sous-entendez, et je voulais simplement avoir votre avis
01:29:15 que l'homme ne sera jamais dépassé par la machine
01:29:17 est-ce que c'est vraiment ça que vous pensiez ou pas ?
01:29:19 - Non, pas ça, je pense qu'il y a de l'irréductiblement humain
01:29:22 et que la machine ne peut pas synthétiser
01:29:24 je pense que la vie humaine est d'une étoffe que la machine ne peut pas synthétiser
01:29:27 pour le dire simplement
01:29:29 donc il y a de l'irréductiblement humain
01:29:31 autrement dit qu'une machine ne peut pas devenir vivante
01:29:33 mais ça ne veut pas dire qu'un humain ne peut pas devenir machine
01:29:36 - Bien sûr, mais est-ce que ça veut dire aussi...
01:29:38 - C'est le transhumanisme ça !
01:29:40 - Est-ce que ça veut dire que l'intelligence artificielle pourrait dépasser l'homme sur un certain nombre de choses ?
01:29:44 - L'intelligence artificielle dépasse l'homme déjà
01:29:46 nos machines sont plus fortes que nous depuis toujours, c'est leur raison d'être
01:29:51 - C'est un danger ou pas pour vous ?
01:29:52 - Un marteau est plus solide que le... non c'est pas un danger
01:29:54 le marteau est plus solide que le point
01:29:56 quand Kasparov perd aux échecs contre Diblou
01:29:58 il perd contre une usine, une usine est plus forte qu'un joueur d'échecs
01:30:01 un robot est plus fort qu'un catcheur
01:30:03 ça ne met pas le muscle en crise
01:30:05 c'est pas une crise du muscle que le métal soit plus solide que le muscle
01:30:09 - Je vous pose cette question parce qu'il y a des débats en ce moment autour de la régulation de l'intelligence artificielle
01:30:13 est-ce que vous pensez que c'est le rôle des états de réguler l'intelligence artificielle
01:30:18 pour ne pas que la bête, la machine dépasse l'homme en fait ?
01:30:22 - Il y a plusieurs questions, je pense que la machine dépasse l'homme est un faux problème
01:30:25 parce que la machine est conçue pour dépasser l'homme
01:30:28 et que par ailleurs la machine n'est pas humaine
01:30:30 donc c'est une fausse compétition si vous voulez
01:30:32 la machine est plus forte que nous, un chariot porte plus de choses que notre dos
01:30:35 c'est la même chose, donc la machine dépasse l'homme
01:30:38 non, la question c'est de savoir dans quelle mesure ces outils
01:30:42 phagocytent nos esprits
01:30:44 nuisent à notre façon de penser
01:30:46 et ça c'est un enjeu de santé publique
01:30:48 l'apocalypse cognitive
01:30:50 la livraison de nos cerveaux, comme dit Gérald Bronner
01:30:53 à une information dérégulée
01:30:55 est en soi un problème de santé publique
01:30:57 et c'est là qu'il faut intervenir
01:30:59 comment ça, je ne sais pas
01:31:01 je ne suis pas aux affaires, ce n'est pas à moi de le faire
01:31:05 mais effectivement c'est un problème de santé publique
01:31:07 la question n'est pas de savoir si une machine va devenir humaine
01:31:10 on en est aussi loin qu'il y a 3000 ans
01:31:12 mais de savoir comment éviter que les humains se machinisent
01:31:15 et ça c'est une autre affaire
01:31:17 ça on le met en scène, ce n'est pas simplement le transhumanisme
01:31:19 c'est les temps modernes
01:31:21 l'ouvrier qui continue de visser des boulons imaginaires
01:31:24 alors qu'il est sorti de la chaîne
01:31:26 c'est l'ouvrier qui porte en lui les traces de la machine
01:31:29 qui se robotise un peu
01:31:31 et c'est effectivement ça, c'est un danger
01:31:33 mais c'est un danger dont notre responsabilité est seule
01:31:35 - Alors Alexandre de Hécopier après j'en poserai une aussi
01:31:37 - J'ai une remarque, c'est peut-être pire que les temps modernes
01:31:39 puisque l'homme pourrait être totalement évacué du processus de production
01:31:43 c'est un des risques, c'est la question du travail
01:31:46 on nous dit qu'avec Schumpeter il y a toujours de la destruction créatrice
01:31:49 c'est-à-dire qu'on créera une nouvelle technologie
01:31:51 ça va détruire certains métiers mais en créer d'autres
01:31:53 mais là on voit beaucoup de destruction en prévision
01:31:56 et peu de création
01:31:58 donc c'est comment faire marcher une société
01:32:00 dans laquelle le travail aura en grande partie disparu
01:32:04 - Vous évoquez aussi la victoire de l'inanimé
01:32:07 vous dites qu'il est de notre responsabilité à chacun d'entre nous
01:32:10 de ne pas devenir des esclaves
01:32:12 de nos téléphones portables
01:32:14 et alors là c'était un vaste programme
01:32:16 ou de nos ordinateurs
01:32:18 aujourd'hui nous sommes devenus des esclaves
01:32:20 - Vous savez c'est un copain américain un peu mélancolique
01:32:22 qui est beaucoup, qui se reconnaîtra
01:32:24 qui un jour je le vois regarder son téléphone, son iPhone
01:32:26 et je lui dis "mais pourquoi tu as l'air triste en regardant ton téléphone ?"
01:32:28 et il me répond en anglais "the problem is it doesn't love you back"
01:32:31 il ne t'aime pas en retour
01:32:33 je ne reçois pas d'amour de mon effet
01:32:35 et c'était pour lui une vraie révélation
01:32:37 c'est-à-dire de comprendre que sa machine ne l'aimait pas
01:32:39 de comprendre qu'il pouvait aimer sa machine
01:32:41 mais que cette affection-là n'était pas réciproque
01:32:43 - Mais les réseaux sociaux vous aiment justement
01:32:45 c'est bien pour ça que les adolescents sont vissés à leurs téléphones portables ?
01:32:47 - Non, les réseaux sociaux vous enferment dans vos désirs
01:32:49 donc donnent l'impression de célébrer le débat
01:32:51 et fabriquent en réalité des communautés homogènes
01:32:53 donc compromettent le débat
01:32:55 tout en donnant l'air de le célébrer
01:32:57 les réseaux sociaux vous enferment dans vos propres désirs
01:32:59 ou vous rapprochent des gens qui pensent comme vous
01:33:01 mais le choix de vous approcher des gens qui pensent comme vous
01:33:05 ou le choix de ne chercher que la compagnie de vos semblables
01:33:08 relève encore de la responsabilité individuelle
01:33:11 l'asservissement auquel nous nous livrons devant nos écrans
01:33:14 comme sur les réseaux sociaux
01:33:16 est un asservissement dont nous sommes les artisans
01:33:18 dont nous sommes responsables
01:33:20 quand bien même les outils seraient conçus pour nous hypnotiser
01:33:23 - Ce ne sont pas les algorithmes qui sont responsables de ça
01:33:26 - C'est très paradoxal
01:33:28 je pense que nous tous ici
01:33:30 nous nous définirions comme plus...
01:33:32 comment dire...
01:33:33 nous sommes plus vastes que ce que nous consommons
01:33:35 et vous et moi etc...
01:33:37 encore heureux
01:33:39 nous ne sommes pas réductibles à ce que nous consommons
01:33:41 nous avons tous le souci de penser
01:33:43 que nous sommes plus intéressants que ça
01:33:45 comment peut-on à la fois dire qu'on est plus vastes que ce qu'on consomme
01:33:47 et considérer qu'un algorithme
01:33:49 qui nous enferme dans nos consommations
01:33:51 nous dépouille de notre identité profonde
01:33:53 on ne peut pas dire une chose et son contraire
01:33:55 on ne peut pas être plus vastes que nos traces
01:33:57 nos datas, nos consommations ou nos achats
01:33:59 tout en considérant qu'un algorithme nous vole notre identité
01:34:02 - La drogue vole votre identité
01:34:04 elle est interdite
01:34:06 par exemple vous faites le choix librement
01:34:08 de consommer de la drogue
01:34:10 je ne parle pas de vous pardon
01:34:12 - Je sens camarade que vous ne vous êtes jamais drogué
01:34:14 - A certaines personnes, elles le font librement
01:34:16 mais ensuite elles sont quand même esclaves de la drogue
01:34:18 et la drogue est interdite
01:34:20 - Les remarques de mon ami sobre sont sans pertinence
01:34:23 - Comment on traduit ça pour nos adolescents
01:34:26 chère Raphaël Lenthoven, vous êtes père de famille
01:34:28 comment on leur explique qu'il ne faut pas être esclave de nos machines
01:34:31 - Moi je ne sais pas, je suis père de famille
01:34:33 vous savez j'ai tellement d'enfants
01:34:35 que je ne peux pas être autoritaire, je n'ai pas le temps
01:34:37 je suis contraint au libéralisme par le nombre
01:34:39 donc je suis obligé de parier sur les vertus de la liberté
01:34:43 jusqu'ici je dois dire que j'ai eu de la chance
01:34:46 voilà, je touche du bois
01:34:48 j'ai eu de la chance, voilà
01:34:50 mais je n'ai pas de conseil à donner
01:34:52 aucun parent n'a aucun conseil à donner à mon avis
01:34:54 quand on est parent on fait ce qu'on peut
01:34:56 - La victoire de l'inanimé
01:34:58 - Mais oui, la victoire de l'inanimé, qu'est-ce que vous voulez
01:35:00 c'est pas parce que l'inanimé l'emporte que l'inanimé est vivant
01:35:02 c'est ça que je dis, je ne dis que ça
01:35:04 la victoire de l'inanimé ne signifie pas que l'inanimé est vivant
01:35:06 ça signifie juste qu'on s'y est livré corps et âme
01:35:08 - Rachel Kahn, vaste programme
01:35:10 et en même temps j'aime beaucoup
01:35:12 en fait on est entre deux pôles
01:35:14 c'est-à-dire d'un côté la liberté
01:35:16 et de l'autre l'esclavage
01:35:18 et c'est vrai que ce que vous disiez est intéressant
01:35:20 par rapport aux réseaux sociaux
01:35:22 ça me faisait penser à certaines ou certains
01:35:24 qui luttent contre l'esclavagisme
01:35:26 et la décolonisation
01:35:28 en étant toute la journée sur les réseaux sociaux
01:35:30 donc en prise avec l'esclavage
01:35:32 - Les nouveaux esclavages, c'est ça
01:35:34 - Oui, mais c'est un esclavage
01:35:36 c'est de la servitude volontaire
01:35:38 c'est un esclavage auquel
01:35:40 nous nous livrons gaiement, auquel nous nous livrons délibérément
01:35:42 avant de dire
01:35:44 c'est la faute des machines
01:35:46 ce qui est un système absurde
01:35:48 interrogeons-nous sur les raisons pour lesquelles nous nous livrons
01:35:50 pieds et points aux réseaux sociaux
01:35:52 et aux outils de leur diffusion
01:35:54 - La prochaine étape c'est
01:35:56 vous le dites, donner une conscience
01:35:58 aux machines, elle arrivera cette étape ?
01:36:00 - Non pas du tout
01:36:02 on en est aussi loin que de faire du feu
01:36:04 avec de l'eau ou de faire de la vie
01:36:06 avec du scotch
01:36:08 on ne fabrique pas de la conscience en amalgamant
01:36:10 des parties ou en juxtaposant
01:36:12 des informations, on ne fait pas
01:36:14 de l'esprit avec des atomes
01:36:16 et on ne fait pas de la conscience avec du
01:36:18 silicium, encore une fois ce qui est
01:36:20 intéressant c'est d'avoir envie de le penser
01:36:22 c'est d'avoir envie de le penser
01:36:24 et de le redouter en plus, on redoute
01:36:26 quelque chose dont on est parfaitement incapable
01:36:28 pour moi la question n'est pas
01:36:30 de savoir quand nous fabriquerons des objets conscients
01:36:32 mais encore une fois, d'où nous vient
01:36:34 la crainte que ça va arriver
01:36:36 et cette crainte là
01:36:38 qui est vieille comme l'humanité
01:36:40 mais c'est une crainte ancestrale
01:36:42 on l'a toujours mise en scène, de Pygmalion
01:36:44 jusqu'à Lya en passant par Terminator, Pinocchio
01:36:46 le Golem, ce que vous voulez, on n'a pas
01:36:48 arrêté de le mettre en scène, c'est une crainte
01:36:50 qui renseigne sur le désir qu'on a de se prendre pour
01:36:52 Dieu, c'est une crainte dans laquelle
01:36:54 beaucoup plus d'orgueil que d'humilité entre
01:36:56 à mon sens en tout cas
01:36:58 - Merci beaucoup Raphaël Hentorvène
01:37:00 L'esprit artificiel, une machine
01:37:02 ne sera jamais philosophe aux éditions de l'Observatoire
01:37:04 Merci Alexandre Devecchio, Rangel Gan, Louis de Reynel
01:37:06 Merci à vous chers amis auditeurs
01:37:08 sur Europe 1, vous retrouvez dans un instant
01:37:10 Hélène Zellany pour Europe 1 soir
01:37:12 et sur CNews, Christine Kelly pour Facein l'Info
01:37:14 Bonne soirée à vous, sur nos deux antennes et à demain
01:37:16 (je n'ai pas de réglage de la batterie, c'est une batterie de 4 ah)
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