00:00 Au cœur de Toumendié Village, autrefois animé par le Douva et vient de nos vies,
00:04 une transformation irréversible s'est opérée.
00:07 Il y a quelques années, cette route que nous empruntions tous les jours était le lien vital
00:12 qui unissait Toumendié Village à Aboisso.
00:14 Elle était le chemin de nos rires, de nos espoirs et de nos rêves.
00:18 Mais aujourd'hui, tragiquement, elle n'est plus.
00:22 Cette voile que vous voyez, avant les voitures passaient ici, dans les années 60,
00:27 61, 62, les voitures passaient.
00:31 Et un moment après, on a vu que l'eau a commencé à prendre la route.
00:35 Donc en ce moment, les gens traversaient à pied.
00:38 Ils marchaient dans l'eau pour traverser.
00:40 Si tu as un vélo, tu le mets à l'épaule et tu traverses.
00:44 Arrivés derrière, tu prends ton vélo et tu t'en vas.
00:47 Et chaque fois, les TP réparaient à l'époque.
00:51 Mais il arrivait un moment, les TP ne pouvaient plus, donc l'eau a pris toute la voie.
00:55 Il fut un temps où cette route constituait le fil conducteur de nos jours,
00:59 le chemin où nos pas résonnaient harmonieusement.
01:02 Les échos joyeux de la vie quotidienne accompagnaient chaque foulée,
01:06 tandis que les rires des enfants et les conversations des aînés emplissaient l'air.
01:10 Hélas, le visage familier de notre route a été altéré,
01:14 déformé par les conséquences dévastatrices du changement climatique.
01:18 Les pluies, autrefois prévisibles, ont cédé la place à des déluges imprévisibles.
01:24 Les tempêtes, jadis rares, sont devenues nos compagnes régulières.
01:28 L'eau de Tumangé a été enclavée depuis 1966.
01:35 À ce temps-là, je fréquentais encore.
01:38 J'étais petite, je fréquentais.
01:41 Depuis ce jour, jusqu'à aujourd'hui, rien n'est fait chez nous.
01:46 Ce n'est plus simplement une route inondée,
01:48 c'est le reflet de la crise climatique qui menace notre mode de vie.
01:52 Les conséquences de nos actions se manifestent maintenant devant nos yeux,
01:56 exigeant que nous prenions des mesures audacieuses et immédiates.
02:00 Nous avons des plantations, nous faisons des vivriers,
02:04 mais on n'arrive pas à faire sortir nos cultures.
02:08 Parce que c'est difficile.
02:10 La route, l'état, voici, la rivière même là,
02:14 nous sommes plus près d'Adiaké.
02:15 Nous ne sommes même pas loin d'Adiaké, mais à cause de la rivière là,
02:18 on ne sait même pas comment faire.
02:20 Donc, c'est ce qui fait qu'on ne peut même pas faire de commerce.
02:23 Vous voyez, c'est difficile.
02:25 Même pour la traversée là,
02:26 chaque matin même, on ne peut pas prendre beaucoup de choses pour aller au marché.
02:30 Tu es obligé de prendre une petite cuvette,
02:31 ce que tu peux charger pour que tu puisses mettre ça dans la pirogue là.
02:36 Pour que ça... quelques fois même là,
02:38 quand la pirogue chavit, même grain d'eau, ça va sous l'eau.
02:41 C'est un rappel poignant que notre planète souffre,
02:43 que notre village est le microcosme des conséquences néfastes de nos actions.
02:48 Cependant, au-delà de la tristesse et de la désolation,
02:52 réside une lueur d'espoir.
02:54 Un espoir qui prend racine dans notre capacité collective
02:57 à changer notre trajectoire.
02:59 Cette voie était pratiquable jusqu'aux années 60.
03:04 Lorsque mon papa me disait en 60,
03:07 Fouboyé était passé là avec sa voiture
03:11 pour aller battre sa campagne à Aboiso.
03:15 Et depuis là, dans les années 60, environ autour des années 60,
03:20 il y a eu une pluie de 5 jours qui a englouti les ponts.
03:25 Il y avait des différents ponts jusqu'à la traversée
03:29 qui a englouti les ponts.
03:30 Et nos parents ont œuvré jusqu'à aujourd'hui
03:35 dans l'obtention d'un nouveau pont.
03:37 Et ce qui n'a pas été encore fait.
03:40 L'eau qui recouvre maintenant notre route
03:42 peut devenir le miroir de notre détermination à changer.
03:45 Alors, levons-nous comme une communauté unie,
03:48 prête à restaurer non seulement notre route,
03:50 mais aussi l'équilibre de notre environnement.
03:53 Car c'est ensemble que nous pouvons créer un avenir
03:55 où nos enfants pourront marcher fièrement sur des chemins solides,
03:59 libres des ravages du changement climatique.