00:00 Et comme tous les matins autour de 7h10, c'est l'éco-dition.
00:03 On s'intéresse aux entreprises de notre département.
00:05 En fil à l'audev pour une entreprise qui touche autour du secteur du bâtiment.
00:09 Exactement, cette entreprise s'appelle La Grande Conserve.
00:13 Et on est ce matin avec sa directrice Sophie Costeau.
00:15 Bonjour.
00:15 Bonjour.
00:16 Alors, La Grande Conserve, ça n'a rien à voir avec les boîtes de conserve, avec la nourriture.
00:20 Vous, ce que vous nous proposez, c'est de faire du bricolage à pas cher.
00:23 Alors, on peut voir ça comme ça.
00:25 C'est pas que ça.
00:26 En fait, nous, ce qu'on propose, ce sont des matériaux, effectivement, de réemploi.
00:30 Ce sont des matériaux qui sont des matériaux d'occasion pour faire tout type de travaux,
00:37 que ce soit du gros œuvre, du second œuvre, de la décoration.
00:40 Alors, c'est-à-dire, vous vous déplacez, vous, sur des chantiers pour récupérer des
00:45 choses qui peuvent encore servir, en gros.
00:47 Oui, effectivement, toute notre activité tourne autour du fait de dire, on en a marre
00:51 de jeter des choses qui peuvent resservir.
00:53 Ça, c'est le principe du réemploi.
00:55 Et on l'a appliqué, évidemment, aux matériaux.
00:58 Et c'est effectivement par le constat de voir que 70% de nos déchets en France se
01:03 sont produits par le bâtiment, le secteur de l'activité.
01:06 70% ? C'est énorme.
01:08 Et donc, partant de là, on se dit, bon, il y a peut-être quelque chose à faire.
01:12 Alors, qu'est-ce que vous récupérez, justement ? Qu'est-ce qu'on jette, parfois, sur des
01:14 chantiers qui peuvent, en fait, être encore utiles ?
01:16 Tout simplement, ça peut être aussi bien des huisseries, des volets, des fenêtres.
01:22 Parfois, quand c'est du double vitrage, évidemment, aujourd'hui, on est souvent sur des renouvellements.
01:27 Mais ça peut être déjà une génération de fenêtres qui sont intéressantes encore
01:32 à utiliser.
01:33 Et puis, des plaques, des plaques de tout type.
01:35 Ça peut être du placo, ça peut être du contreplaqué, donc du bois.
01:39 On a, en fait, énormément de produits différents.
01:42 Ça peut être aussi des chutes.
01:44 On a besoin de 3 mètres.
01:47 On achète une couronne de 6 mètres, 30 mètres.
01:49 On peut acheter vraiment la taille dont on a besoin.
01:54 Oui, tout à fait.
01:55 Et puis, les connexions, les connecteurs.
01:56 Ça peut être du tuyau PVC, bien sûr, du carrelage.
02:00 Un certain nombre d'éléments comme ça qui sont, aujourd'hui, souvent jetés, qui partent
02:06 au mieux dans un cycle de recyclage.
02:09 Ça, c'est déjà pas mal.
02:10 Mais ça va parcourir des centaines de kilomètres.
02:13 Ça va être ensuite transformé.
02:14 Donc, ça va avoir un impact assez fort en termes d'empreintes carbone.
02:17 Alors que nous, on considère que c'est de la ressource locale.
02:21 Et donc, ensuite, vous revendez ça à des particuliers ?
02:24 À des particuliers.
02:25 Moins cher, du coup ?
02:26 Oui, oui.
02:27 Par rapport à ce qu'on achèterait dans un magasin de bricolage, par exemple.
02:34 On calcule nos prix sur à peu près moitié moins cher, voire un tiers.
02:37 Ça dépend de l'état.
02:38 Mais c'est des surplus de chantier ? C'est quoi ces matériaux que vous récupérez ?
02:44 Il peut y avoir plusieurs sources d'approvisionnement.
02:47 Une de nos prestations que nous faisons, c'est ce qu'on appelle de la déconstruction
02:51 sélective.
02:52 C'est-à-dire que dans un endroit, dans un bâtiment qui va être déconstruit à des
02:57 vues soit de rénovation, soit carrément de démolition, nous ce que l'on fait, c'est
03:01 d'intervenir en amont pour démonter proprement les matériaux que l'on considère comme réemployables.
03:07 Ça, c'est une des sources.
03:08 Après, ça peut être auprès des artisans qui, effectivement, on leur demande de nous
03:14 amener la matière ou d'aller sur les chantiers qu'ils connaissent et de récupérer en
03:19 pied de chantier.
03:20 Ce sont des moyens de collectivité.
03:24 C'est vous qui repérez les chantiers ? Vous vous baladez dans le secteur de l'ODEV,
03:27 vous vous dites "là, on va aller proposer nos services" ou est-ce que maintenant les
03:31 entreprises ont pris le pli de vous appeler avant et comment ça fonctionne ?
03:35 Il peut y avoir les deux cas.
03:36 Et puis, il y a surtout un gros travail de sensibilisation auprès des collectivités
03:40 notamment pour capter des gisements qui sont issus de travaux des municipalités par exemple,
03:48 mais aussi des grosses entreprises.
03:51 Quand on achète quelque chose chez vous, on est sûr que c'est en bon état ? Vous
03:55 vérifiez avant le matériel ?
03:57 Alors, il y a des vérifications qui peuvent être faites.
04:00 Il y a des fois, c'est vendu en l'état.
04:02 Des fois, ce n'est pas un état extraordinaire du tout.
04:06 Par contre, ça peut satisfaire un besoin.
04:09 Quelqu'un qui va avoir envie de retaper un peu derrière ?
04:12 Oui, parce que ça peut être un élément qui a du charme, qui a quelque chose d'intéressant.
04:17 De toute façon, on ne va pas le retaper forcément parce qu'on ne sait pas la destination finale
04:21 que ça va avoir.
04:22 Et puis, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est les changements de destination.
04:25 C'est-à-dire qu'en fait, ça peut être une porte d'entrée qui va servir en planche
04:31 de travail par exemple.
04:32 Oui, donc là, on n'en a un petit peu rien à faire de l'état en tant que porte.
04:37 L'usage change, donc ça n'a pas d'importance.
04:40 Et donc, c'est-à-dire que vous stockez tout ça sur l'entreprise et des particuliers
04:44 qui cherchent quelque chose passent vous voir directement.
04:47 C'est un peu une sorte de grande caverne d'Ali Baba, on ne sait pas trop sur quoi
04:50 on va tomber ?
04:51 Ou de casse presque pour des produits qui ne seraient pas à utiliser.
04:55 Disons qu'en tout cas, oui, c'est effectivement ça.
04:57 C'est une grande plateforme.
04:58 On essaye de présenter au mieux les produits.
05:03 Donc, on va se balader sur ce qu'on appelle notre plateforme de 4000 m2 sur laquelle on
05:08 a tout ce stock.
05:09 Mais quand on parle du particulier, il faut savoir aussi qu'on a des professionnels qui
05:15 viennent nous voir.
05:16 Et surtout, on ambitionne, et ça c'est un travail de plus longue haleine, c'est d'amener
05:22 de plus en plus le réemploi à être intégré dès le départ dans un projet de construction
05:29 neuf.
05:30 On construit des bureaux par exemple ?
05:31 Pour reconstruire des bureaux, par exemple, cette année, en 2023, on avait démonté
05:37 des cloisons de bureaux d'un site et on les a remontés sur un autre site tout neuf.
05:43 Donc c'était de l'ancien sur du neuf ?
05:44 C'est de l'ancien qui est revenu sur du neuf, en effet.
05:49 Et là, c'est par l'entremise de l'architecte.
05:52 Donc on a quelques architectes, et on espère qu'on va en avoir de plus en plus, qui sont
05:58 sensibles à cela.
05:59 Et puis aussi parce que la réglementation environnementale 2020 considère que les matériaux
06:06 de réemploi valent zéro en termes de bilan carbone.
06:09 Et avec cette nouvelle réglementation, ça pousse, puisqu'on va calculer l'ensemble
06:17 de l'impact de tous les matériaux utilisés, et les matériaux de réemploi comptant zéro,
06:22 ça peut avoir une valeur intéressante.
06:23 C'est quand même pas mal.
06:24 Pour des gens qui n'habitent pas dans le secteur de l'Eau d'Ève, mais qui sont quand même
06:27 intéressés en vous écoutant, vous avez aussi en ligne, on peut voir les produits
06:32 que vous avez, ou on vous passe un coup de fil si on cherche quelque chose de particulier ?
06:35 Alors, effectivement, on n'a pas en ligne en ce moment de catalogue encore, on n'est
06:42 pas opérationnel là-dessus.
06:43 La solution, c'est de nous téléphoner.
06:45 La deuxième et simple solution, c'est que nous avons nos collègues qui sont à Montpellier,
06:50 qui s'appellent MassRéemploi, et qui font la même chose que nous.
06:53 Exactement pareil.
06:54 Donc s'ils ne trouvent pas à Montpellier, un coup de téléphone, et on vérifie si
06:58 vous avez les stocks chez vous.
06:59 Combien de personnes vous employez à la Grande Conserve à l'Eau d'Ève ?
07:02 6 personnes.
07:03 Et nous sommes entreprise d'insertion, ça veut dire qu'en fait nous avons 2 salariés
07:06 en insertion.
07:07 Et vous avez des projets de vous développer encore un peu ?
07:09 Oui, carrément oui.
07:11 Là aujourd'hui, on est sur 4000 m², sur un terrain qui nous est proposé par l'intercommunalité
07:18 notamment.
07:19 Vous êtes où à l'Eau d'Ève d'ailleurs ?
07:20 On est en dessous de la déchetterie de l'Eau d'Ève.
07:22 Donc c'est le syndicat Centréro qui gère toutes les déchetteries, qui nous fait une
07:26 convention pour pouvoir être là où nous sommes.
07:29 Mais on ambitionne d'avoir une plateforme beaucoup plus importante, et en lien avec
07:35 MassRéemploi.
07:36 Parce qu'il y a de plus en plus de demandes ?
07:38 Parce qu'il y a de la demande, et pour pouvoir en fait avoir le réemploi qui se déploie
07:42 sur des projets d'envergure, il nous faut massifier.
07:45 Donc ça veut dire pouvoir capter des gisements, c'est ce qu'on commence à faire.
07:49 Et plus on trouvera de choses, plus ça donnera envie de se lancer là-dedans.
07:54 Oui, et des séries, c'est le principe de la série, parce que c'est comme ça que ça
07:57 peut être mis en œuvre plus facilement par les professionnels.
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