00:00 - Ce matin vous recevez notre collègue et ami Stéphane Bern.
00:03 - Bonjour Stéphane Bern.
00:05 - Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:06 - Monsieur histoire, monsieur tête couronnée, monsieur patrimoine d'Europe,
00:09 et aussi Stéphane, Charles III est donc atteint d'un cancer,
00:12 communiqué hier de Buckingham Palace.
00:15 C'est évidemment à la une de tous les quotidiens britanniques ce matin,
00:18 qui nous livre tous les détails, tout ce que l'on sait de cette maladie.
00:22 Qu'est-ce qu'on sait d'ailleurs de l'état précis de King Charles ce matin Stéphane ?
00:26 - Alors on sait qu'il est plutôt en bonne forme, qu'il a un esprit plutôt positif,
00:32 et qu'il a commencé hier à suivre son traitement.
00:35 Il a quitté Sandringham où il était pour le week-end,
00:37 et où il a été aperçu pour rentrer à Londres, à Clarence House.
00:41 Donc il est inutile de se précipiter devant Buckingham Palace, puisqu'il n'y vit pas.
00:46 Mais en revanche c'est Buckingham qui publie les communiqués.
00:48 Ce qui est tout à fait inhabituel, c'est qu'il y a un communiqué sur la santé du roi,
00:54 qui est à la fois transparent, puisqu'on annonce que le roi a un cancer,
00:57 mais qui est toujours opaque, puisqu'on ne dit pas de quelle forme de cancer il a été atteint,
01:03 si ce n'est que ça n'a rien à voir avec l'opération qu'il a subie à la prostate pour une hypertrophie.
01:09 Donc voilà, il est plutôt… il a bon esprit, il continue d'exercer ses prérogatives royales,
01:16 c'est-à-dire il peut recevoir le Premier ministre, il signe les lois et les documents officiels,
01:21 et il peut même rencontrer les membres du "Private Council", le conseil privé.
01:25 En revanche, sur le conseil de ses médecins, il ralentit ses activités de représentation officielle.
01:33 Donc il ne va plus sortir.
01:34 - Ça survient pratiquement neuf mois jour pour jour après son couronnement,
01:39 cette mauvaise nouvelle en matière de santé.
01:42 On disait Charles III très attaché à donner une image plus moderne de la monarchie britannique,
01:46 c'est le message qu'il avait à vraiment envoyer lors de son couronnement.
01:49 Est-ce que révéler son cancer, sans dire lequel,
01:53 ça fait partie de cette stratégie de modernisation, pensez-vous Stéphane ?
01:57 - Ah oui, absolument.
01:58 Il avait déjà commencé avec la prostate en disant qu'il souffrait d'une hypertrophie
02:02 parce que beaucoup d'hommes en souffrent,
02:04 et il disait que ça pouvait avoir une influence pour que les gens se fassent dépister.
02:08 Et ce qui a été le cas, le NHS, qui est le service de santé publique britannique,
02:14 a été submergé d'appels à la suite de l'annonce des problèmes de prostate du roi.
02:20 Et là, le roi a d'ailleurs précisé dans un communiqué face à Buckingham Palace
02:24 qu'il souhaitait que ça change aussi le regard du public par rapport au cancer,
02:31 et qu'il fallait peut-être qu'on ait une vision plus positive,
02:36 plus amicale avec toutes les personnes qui souffrent du cancer dans le monde.
02:40 Et c'est vrai qu'une personne sur deux au Royaume-Uni sera un jour confrontée au cancer.
02:46 - Ah c'est intéressant, mais tout ça survient aussi au moment où, on le sait,
02:50 Kate Middleton, la princesse de Galles, a elle aussi été hospitalisée
02:53 pratiquement au même moment que Charles III, dans la même clinique, la London Clinic,
02:57 sauf que pour elle, on est frappé par le silence absolu sur l'état de santé de Kate Middleton.
03:03 D'ailleurs, il n'y a pas de communication unifiée, si je puis dire, dans la famille royale ?
03:07 - Non, jamais entre les deux bureaux, si je puis dire,
03:10 entre d'un côté Buckingham Palace qui gère la communication du couple royal,
03:16 et Kensington Palace qui gère la communication du prince et de la princesse de Galles.
03:20 Vous avez tout à fait raison, il y a vraiment une différence entre la transparence sur la santé du roi
03:27 et une sorte de silence un peu pesant autour de la santé de la princesse de Galles.
03:33 Je veux croire que c'est pour préserver aussi les enfants qui continuent d'aller à l'école,
03:37 et qui sont donc confrontés aux réactions des autres petits britanniques
03:41 qui les entourent dans l'école où ils sont inscrits.
03:44 Mais c'est vrai, vous savez, il y a vraiment un problème de pénurie de main-d'œuvre dans la famille royale,
03:50 pour dire les choses très clairement, c'est que le prince de Galles, William,
03:54 avait dit qu'il resterait auprès de son épouse, mais il est obligé maintenant,
03:58 par manque de main, de reprendre des activités officielles à cause de la maladie du roi.
04:05 Vous savez qui travaille aujourd'hui ? Il y a la reine Camilla, 77 ans,
04:10 la princesse Anne, la sœur de Charles, 73 ans, et le prince Édouard, 60 ans, le duc d'Edimbourg.
04:18 Donc c'est vrai qu'on manque cruellement de personnes pour assumer toutes les représentations.
04:25 Ce qui est assez rassurant dans le communiqué, c'est qu'on dit que le roi subit son traitement,
04:29 et que tout se passe bien, qu'il a bon esprit.
04:31 Ce qui m'inquiète davantage, c'est de penser qu'il a parlé à son fils Cadet Harry,
04:35 et lequel a décidé de prendre un avion pour rentrer à Londres.
04:38 – Mais pourquoi ça vous inquiète au contraire ?
04:40 On se dit peut-être que la famille va se ressouder autour de la maladie du roi.
04:43 – Vous avez raison, la famille va se réconcilier, mais si vous voulez,
04:46 quand votre fils rentre, il n'a pas dit qu'il rentrait dans la nuit,
04:50 il a dit qu'il rentrait dans les prochains jours.
04:52 Je trouve ça plutôt positif, tout le monde peut se réconcilier autour de la maladie du roi,
04:57 mais si vous voulez, c'est un choc pour les Britanniques, vous avez vu,
05:00 vous avez cité tout à l'heure, Dimitri, la presse britannique,
05:03 vous pensez que la Chambre des communes a interrompu ces débats
05:07 pour une communication officielle et souhaiter un prompt rétablissement au roi ?
05:11 C'est-à-dire que quand le roi souffre, c'est tout le pays qui retient son attention
05:18 et qui est en haleine en fait, c'est assez étonnant ce qui se passe.
05:22 – Mais vous avez raison, on sait bien, ça permet d'évaluer la mesure de l'événement,
05:26 parce que certains auditeurs d'Europe 1 doivent se dire,
05:28 pourquoi ils prennent 6 minutes pour parler du roi Charles III,
05:30 après tout ça n'a pas l'air si grave que ça, non, non,
05:32 c'est vraiment un choc national outre-manche,
05:35 et c'est vrai que pour des Français c'est toujours fascinant.
05:37 – C'est international Dimitri, international aussi,
05:40 parce que Joe Biden qui s'inquiète, le président de la République qui envoie un message,
05:46 le monde entier est au chevet du roi là.
05:49 – On a tous les détails dans les journaux ce matin
05:51 sur les petits pépins de santé du roi au cours de sa vie,
05:54 ce pouce qui s'est écrasé avec un marteau en faisant du jardin, etc.
05:57 Stéphane, je profite de vous avoir ce matin aussi en ligne,
05:59 parce que tout à l'heure, vous le savez, sur Europe 1,
06:01 Rachida Dati, la nouvelle ministre de la Culture sera face à Sonia Mabrouk,
06:04 et alors il y a un sujet qui vous mobilise,
06:07 et dont elle a parlé Rachida Dati,
06:09 elle veut démonter ce qu'on appelle le pavillon des sources du laboratoire Curie,
06:14 c'est l'un des trois bâtiments qui constituent l'institut du radium,
06:17 c'est sur la montagne Sainte Geneviève dans Paris,
06:20 c'est là-bas notamment que Marie Curie a mené toutes ses recherches,
06:24 alors Rachida Dati voudrait, l'histoire est un peu complexe,
06:28 mais en substance, démonter ce bâtiment pierre par pierre,
06:31 pour le reconstruire à quelques dizaines de mètres,
06:33 afin de libérer l'emprise actuelle, afin de construire un nouveau bâtiment.
06:37 Est-ce que cette solution de déconstruction-reconstruction vous conviendrait ?
06:42 Vous qui vous êtes mobilisé pour ce pavillon des sources.
06:44 - Je me suis mobilisé pour ce pavillon avec d'autres évidemment,
06:49 et dont la famille Hélène Langevin, etc.
06:52 et je suis allé sur place hier avec Sylvie Retailleau,
06:56 qui est ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur,
07:00 et avec toute la direction de l'institut Curie pour me rendre compte sur place.
07:04 Je pense que Rachida Dati a proposé une solution qui est tout à fait acceptable,
07:08 c'est-à-dire que si on déplace, alors mon inquiétude c'est que depuis 30 ans,
07:12 tout ce qu'on a démonté, on ne l'a jamais remonté.
07:15 Donc c'était mon inquiétude de façon patrimoniale,
07:17 mais j'ai parlé avec les architectes,
07:19 et celui qui est responsable de la construction du bâtiment,
07:22 qui va permettre de créer des laboratoires,
07:25 et bien je crois qu'on peut à la fois défendre le patrimoine
07:28 et défendre la santé publique,
07:30 parce que ce qui est important c'est de construire aussi un laboratoire.
07:33 J'ai été visiter hier les laboratoires de l'institut Curie,
07:35 avec des chercheurs qui font un travail incroyable à côté de l'hôpital.
07:39 Donc il y a vraiment besoin de ce lien entre la recherche et les malades.
07:45 Et donc je pense que c'est possible de déplacer le pavillon de 10 mètres,
07:49 et en même temps on le reconstruit,
07:53 et en même temps on construit l'autre bâtiment
07:55 qui va permettre d'avoir des laboratoires,
07:57 et on préserve le jardin.
07:59 Donc je crois que les défenseurs du patrimoine dont je suis sont contents,
08:02 et on n'oppose pas avec la recherche qui est nécessaire
08:06 pour soigner de plus en plus de gens malades.
08:09 Donc je souscris à la proposition de Rachida Dati.
08:13 Merci beaucoup Stéphane Bernon,
08:15 on lui fera part de votre satisfaction, c'est important.
08:17 Merci à vous Stéphane, bonne journée.
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