00:00 Digger, ça commence à devenir un sport de riche.
00:02 T'as des cassettes qui coûtent 200-300 euros.
00:04 Bienvenue, marhaba.
00:07 Je m'appelle Badar Dinaoutar.
00:08 Tout le monde m'appelle Retro Cassetta.
00:10 Je suis digger et un lover de musique, mais en cassette.
00:14 À la base, je suis artiste de cirque.
00:15 Mais du coup, j'avais un peu le privilège de voyager partout dans le monde.
00:18 Du coup, c'est comme ça que j'ai commencé à collectionner les cassettes
00:22 quand j'étais en Indonésie, en Malaisie, même en Éthiopie et tout.
00:24 Les week-ends, je les passe à tourner dans les frips et dans les souks.
00:27 Le truc, c'est quand tu aimes quelque chose, tu peux donner ton foi.
00:30 Et on est là.
00:31 La cassette la plus spéciale pour moi, je le dis toujours,
00:34 c'est la première cassette du rap marocain.
00:36 C'est la cassette de Double A.
00:37 Ça, c'est la première fois qu'un groupe de rap marocain fait un album.
00:41 C'était en 96 et je suis fier de ça parce que ils viennent de ma ville.
00:46 Tu vois, quand tu trouves un morceau comme ça et tu commences à l'écouter,
00:52 je dis "Waouh".
00:53 C'est une sensation très, très magique.
00:55 Digger, ça commence à devenir un sport de riche.
00:57 T'as des cassettes qui coûtent 200, 300 euros.
00:59 Et moi, je suis pas dans ce marathon à chercher le truc le plus rare
01:03 et le partager et le faire écouter pour que les gens disent
01:06 "Waouh, il a le truc le plus rare".
01:08 Pour moi, c'est pour dire à la nouvelle génération que nous, en Nord-Afrique,
01:11 on avait une industrie musicale et tout,
01:13 mais le seul souci, c'est qu'on n'archivait pas.
01:16 Pour moi, c'est un acte vraiment politique pour dire que nous aussi,
01:19 dans les années 80, 90, on est là, on faisait de la musique
01:22 avec notre héritage aussi.
01:23 [Musique]
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