00:00 -Vous voyez, des blindés se sont installés, Julie,
00:02 se sont postés plutôt aux alentours de 19h30
00:05 sur cette A6,
00:06 à environ 5 minutes de Rangis, 5 minutes en voiture.
00:09 C'est précisément ici qu'une cinquantaine de tracteurs
00:12 a été stoppées nettes dans leur avancée.
00:16 Ils voulaient aller davantage plus proche de Paris,
00:20 mais ces forces de l'ordre, mobilisées en masse assez rapidement,
00:23 les ont stoppées nets ici, donc c'est ici qu'ils ont passé la nuit,
00:27 avec l'idée de se rapprocher le plus possible de la capitale,
00:30 parce qu'ils n'ont pas été convaincus, vous le disiez,
00:33 par les intentions de Gabriel Attal.
00:35 C'est peut-être cela qui pose problème
00:37 à ces agriculteurs toujours mobilisés.
00:40 On va poser la question à Thierry Deforge,
00:42 vice-président de la FDSEA de Seine-et-Marne,
00:45 et c'est vous qui avez un peu le... De l'Essone, pardon.
00:48 Qui avez un peu le lead sur ce convoi de 50 tracteurs.
00:52 Vous comptiez aller jusqu'où, tout à l'heure ?
00:54 On avait négocié avec le préfet de venir ici, de s'arrêter ici,
00:58 parce qu'on est en limite du secteur de l'Essone,
01:00 on a des relations avec la préfecture de l'Essone,
01:03 pas du tout avec le 94, donc en venant ici,
01:06 on restait dans le périmètre qu'on maîtrise encore,
01:09 et dans lequel on a des interlocuteurs qu'on connaît bien.
01:13 Vous voulez aller à Paris ?
01:14 Non, on a dit que Paris, c'était l'ultime destination,
01:19 donc pour l'instant, on est encore en phase de négociations,
01:22 si les négociations n'aboutissent pas, on finira à Paris.
01:25 Qu'est-ce que c'est, les négociations ?
01:27 Les négociations sur les points qui ont été déposés
01:30 par la FNSEA et les jeunes agriculteurs,
01:33 sur tout un tas de mesures qu'on demande pour l'agriculture,
01:37 sur lesquelles on a eu des réponses qui ne sont que très floues,
01:41 que partielles.
01:42 Euh...
01:44 Votre objectif, qu'est-ce que c'est, finalement,
01:46 si on devait en retenir un seul ?
01:48 Qu'on soit bien clair. On a l'impression que tout ce que dit Gabriel Attal
01:52 vous passe un peu au-dessus de la tête.
01:54 Il n'y a pas qu'un objectif.
01:55 On ne peut pas résumer nos revendications à un seul point.
01:58 Dans l'agriculture, il y a beaucoup de filières,
02:01 il y a beaucoup de cas d'usage,
02:04 et il faut traiter tous ces cas d'usage.
02:06 Dès l'instant où on ne traite qu'un seul cas d'usage,
02:09 un par un et seulement partiellement,
02:12 on ne répond pas à la problématique de l'agriculture française,
02:16 qui doit être une exception.
02:18 On n'arrivera pas à régler le problème en quelques jours.
02:21 Vous allez forcément aller un peu plus loin.
02:24 On va pouvoir régler le problème de l'agriculture française.
02:27 Il y a quelques signaux qui doivent être envoyés par le gouvernement,
02:31 des projets de loi qui doivent tomber sur la table,
02:34 sur des signaux forts, comme par exemple les 4 % de jachères.
02:38 On n'attend pas qu'il y ait une dérogation sur les 4 %,
02:41 on demande la suppression des 4 % de jachères.
02:44 C'est une mesure forte qui va être négociée par Emmanuel Macron
02:47 auprès d'Ursula von der Leyen.
02:50 Il y a des choses assez symboliques,
02:53 mais on ne pourrait pas résumer au 4 % de jachères
02:56 le problème agricole.
02:57 Ça concerne énormément de choses.
02:59 Une réaction face aux deux blindés de la gendarmerie ?
03:03 C'est un signal de la gendarmerie pour dire "restez là".
03:07 C'est aussi une image que va envoyer le gouvernement,
03:09 de dire "on est là, on est présents".
03:12 Vous imaginez bien que si un convoi de 150 tracteurs
03:15 a envie de pousser deux blindés, ce n'est pas ça qui va arrêter.
03:19 Par contre, on est dans le respect des biens des personnes,
03:22 on n'a pas envie d'aller au conflit avec les forces de l'ordre.
03:25 Il y a une question, une guerre d'image,
03:27 mais on n'est pas dans cette démarche.
03:30 Vous l'avez compris, aucune tension avec les forces de l'ordre.
03:33 En revanche, une question d'image et de rapport de force.
03:37 Voilà où on en est sur la 6.
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