00:00 Ce sont les rares moments où Annabella reste debout, lors des visites de sa kinésithérapeute.
00:05 Car sinon, depuis trois ans, elle passe la plupart de son temps dans son lit médicalisé.
00:09 "Vous voyez, là il faut que j'arrête parce que je commence à avoir la tête qui tourne."
00:12 C'est en 2021 que sa vie bascule.
00:14 Après avoir fait une descente d'organes, Annabella se fait opérer dans une clinique de peau.
00:18 Pour éviter des fuites urinaires, le chirurgien propose de lui poser cet implant vaginal.
00:23 Annabella accepte.
00:24 "Mon réveil a été terrible, puisqu'en fait j'avais mal entre les jambes,
00:27 comme si j'avais un étau, avec des douleurs terribles, des douleurs d'accouchement,
00:30 de lame de rasoir entre les jambes."
00:32 Interdite en Nouvelle-Zélande et en Écosse,
00:34 cette intervention requiert depuis 2020 l'accord d'une équipe médicale.
00:38 Cela n'a pas été le cas pour Annabella.
00:39 "J'ai pas eu de consentement éclairé en fait, parce que je ne savais pas que c'était ça.
00:47 Je ne savais pas non plus comment elle allait être mise dans mon corps."
00:50 Et surtout, les risques de complications.
00:52 Pendant un an, Annabella va enchaîner les IRM et les antibiotiques,
00:56 sans qu'aucun médecin ne trouve la cause de sa douleur.
00:59 "Le 20 septembre 2022, c'est là où ma vie a basculé.
01:03 J'ai fait un appel sur Facebook, là je suis tombée des nuits,
01:06 parce qu'en fait je n'étais pas toute seule."
01:07 Elles sont 80, apportées plaintes collectivement contre X,
01:10 pour défaut d'information et blessures volontaires.
01:12 Une plainte déposée il y a plus de 3 ans.
01:15 "Une justice qui est moins bien rendue pour les femmes,
01:17 et aujourd'hui on est optimiste,
01:19 parce qu'il y a un service spécialisé qui a été saisi,
01:23 et les choses avancent bien plus.
01:25 Mais malheureusement, on pense que la cause,
01:28 et la véritable raison pour laquelle aujourd'hui les choses avancent,
01:32 c'est parce que l'une d'elles souffrait tellement,
01:34 et elle a mis fin à ses jours."
01:36 La Haute Autorité de Santé estime à 2,8%
01:39 la part des patientes sujettes à des complications.
01:42 Le collectif de victimes l'évalue plutôt à 10%.
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