00:00 Bonjour Stéphane Akoka.
00:01 Bonjour.
00:02 Bonjour et merci d'être avec nous pour évoquer le projet d'halte-soins-addiction.
00:06 On en est où aujourd'hui par rapport d'abord à la date et puis ensuite au lieu, 110 boulevard de la Libération.
00:13 La date, on nous dit que c'est dans les tuyaux qu'on est en train d'examiner les choses au niveau de l'État.
00:18 Oui tout à fait. Le dossier est au ministère, il est examiné par le ministère.
00:25 Pour l'instant on a des bons retours et on attend la signature de la ministre, nouvellement nommée, qui devrait antérimer la création de l'établissement.
00:36 Quelles sont les étapes ensuite ? Alors on sait qu'en ce moment il y a des bouleversements ministériels.
00:39 Quelles seraient les étapes ensuite derrière ?
00:42 Nous, il nous manque clairement cette signature pour que l'établissement soit créé, en tout cas de façon expérimentale.
00:51 Et dès qu'on aura cette signature, on pourra à ce moment-là procéder au recrutement du personnel,
00:59 les quelques travaux qu'il y a à faire pour remettre en place les locaux et on espère une ouverture au plus vite.
01:05 On espère pour le printemps, on continue d'espérer là.
01:09 Bien entendu si la signature devait décaler, ça décalera d'autant.
01:14 Mais on espère pouvoir ouvrir au plus vite pour à la fois faire fonctionner ce centre dont Marseille a bien besoin
01:21 et aussi pour que les personnes qui s'opposent, qui ont un peu des doutes actuellement,
01:28 puissent se rendre compte que dans la réalité, le public qui durent autant qu'ils n'ont très peur,
01:36 quand ils vont s'apercevoir que c'est des gens comme tout le monde qui vont venir dans ce lieu-là.
01:44 Nous, on a déjà des centres sur Marseille où on accueille du public.
01:47 Je ne dis pas qu'il n'y a jamais de problème, mais quand il y en a, on les règle et très majoritairement, ça se passe très bien.
01:52 Alors on va rester sur ça si vous voulez bien Stéphane.
01:55 Malgré toutes les explications que vous donnez, malgré les réunions publiques, la population n'a pas confiance.
02:00 Alors d'abord par le lieu parce qu'il est proche des écoles.
02:04 Oui, en tout cas le lieu proche des écoles, pour nous, ça n'a pas forcément beaucoup de sens
02:09 dans le sens où tous les lieux sur Marseille sont potentiellement encore le centre-ville de Marseille.
02:14 Il y a énormément d'écoles dans le centre-ville de Marseille.
02:17 Et ce qui nous paraissait important, ce n'est pas être à proximité immédiate et là, ce n'est pas le cas.
02:23 C'est-à-dire que si on considère les locaux à partir du 110 boulevard de la Libération,
02:27 il y a des écoles qui ne sont pas très loin mais qui ne sont pas juste à côté.
02:31 Après, je pense qu'il faut qu'on relativise aussi par rapport à cette histoire d'école.
02:35 Quand on reprend un petit peu l'historique, que ce soit sur Marseille ou dans toutes les villes
02:41 dans lesquelles il existe ce type de problématiques,
02:44 il n'y a jamais eu d'enfants qui ont été attaqués ou ce type de problème-là.
02:47 On comprend que ça puisse inquiéter les parents,
02:53 mais dans les faits, il n'y a absolument aucune histoire à ce niveau-là.
02:57 Donc voilà, par rapport aux écoles, il y a des écoles effectivement sur le quartier,
03:04 comme dans tout le centre-ville de Marseille.
03:05 Si on doit être à une distance très importante des écoles,
03:08 ça veut dire qu'on n'installe pas le dispositif sur Marseille.
03:11 Alors ce qui inquiète également Stéphane Hakoka, c'est le fait que vous fassiez des maraudes
03:15 et que vous rameniez des toxicomanes dans un lieu où il n'y en a absolument pas aujourd'hui.
03:20 Ça fait partie des arguments des opposants.
03:22 Oui, alors d'abord de dire qu'il n'y en a pas aujourd'hui, c'est faux.
03:24 Il y a des gens qui habitent sur le quartier.
03:26 Après, ce qu'il faut bien voir, c'est qu'il y a des gens qui, actuellement,
03:30 sont sur le quartier et sont consommateurs.
03:32 Nous, dans nos maraudes, on trouve...
03:33 Alors c'est vrai que c'est un lieu qui est beaucoup moins exposé que d'autres,
03:37 mais néanmoins, on trouve des traces de consommation.
03:39 Il y a des voisins qui nous disent qu'effectivement, il y a des gens qui fuient dans leur cage d'escalier.
03:43 Alors c'est sûr que les autres voisins ne sont pas enthousiastes quand ils nous expliquent ça,
03:51 mais de fait, il y a des consommations sur le quartier.
03:54 Après, bien entendu, beaucoup moins que sur d'autres endroits.
03:57 Après, quand on regarde, on se rend compte qu'on est à proximité de différents lieux de consommation,
04:04 que ce soit par rapport au boulevard national, que ce soit par rapport à la faible...
04:08 Ou Denaïd, également, sur la place, peut-être, la gare Saint-Charles.
04:12 C'est ça, les Denaïds.
04:14 Le...
04:16 Comment dire...
04:18 Au niveau des réformés, on est à 300 mètres des réformés,
04:21 donc on ne peut pas nous dire qu'on n'est pas positionné à un endroit...
04:24 Effectivement, c'est un quartier où il y a moins de consommation,
04:26 et on va mettre en place des moyens pour qu'il n'y ait pas de consommation dans la rue, dans ces endroits-là,
04:31 et que le quartier ne soit pas impacté.
04:34 Les gens vont pouvoir venir à pied, ils vont consommer, ils vont repartir.
04:38 Il n'y aura pas de difficultés par rapport à ça.
04:41 Ce n'est pas comme si on ne l'avait jamais fait,
04:42 c'est-à-dire qu'actuellement, on n'a pas de salle de consommation à propos de parler,
04:47 on a des lieux où on accueille du public, à qui on donne plusieurs...
04:52 Je pense que pour Marseille, il y a plusieurs centaines de milliers de sereins qui sont donnés tous les ans,
04:57 et on n'a pas de difficultés particulières en proximité de nos locaux.
05:00 Alors c'est devenu également une affaire politique.
05:03 Est-ce que vous n'avez pas peur que, justement, ça fasse capoter le projet ?
05:08 Nous, on est des opérateurs de santé publique, on ne se positionne pas au niveau politique.
05:13 On regrette simplement l'instrumentalisation des enfants,
05:20 et de l'image que peut avoir ce public-là, pour essayer de le faire capoter.
05:29 Et pourtant, parmi les opposants, Stéphane Akoca, je me permets de vous couper,
05:32 moi j'ai rencontré des gens qui ont voté pour un temps à Marseille,
05:35 des gens qui sont plutôt favorables à la gauche,
05:38 et qui ne sont pas du tout d'accord sur le lieu pour lequel ça coince encore.
05:43 Oui, je comprends bien que quand on vous annonce qu'il y a des choses comme ça
05:47 qui ont lieu en bas de chez vous,
05:51 je comprends tout à fait que les gens préfèrent que ça puisse être positionné ailleurs.
05:55 Tout sauf dans mon jardin, c'est ce qu'on dit en général.
05:58 C'est exactement ça.
06:00 En fait, on a beaucoup discuté avec les voisins,
06:03 on n'a trouvé personne qui nous a dit qu'il ne faut pas qu'il y ait cette solution-là,
06:10 ça ne fonctionne pas, ou des choses comme ça.
06:12 Ce qu'on nous dit, c'est qu'elle a absolument besoin pour Marseille,
06:15 mais tout le monde nous dit qu'on préférait que ce soit ailleurs que chez nous.
06:17 Il est politique aussi, c'est un peu la patate chaude, évidemment.
06:22 Oui, c'est-à-dire que là on ne va pas pouvoir faire ce qu'avait fait le professeur Matéi à l'époque,
06:26 en 1995, quand il avait fallu implanter les automates, les changeurs et récupérateurs de seringues,
06:32 où chaque arrondissement disait que c'est très bien canné,
06:35 il faut lutter contre le sida, il faut absolument, mais pas chez nous, plutôt l'arrondissement d'à côté.
06:39 Et finalement, le professeur Matéi avait décidé d'implanter un automate par secteur.
06:47 Bon voilà, là, la salle de consommation, la problématique, c'est que c'est quand même un gros établissement,
06:53 et dans l'immédiat, on ne pourra pas l'installer un par secteur.
06:56 Il y aura ce lieu-là qui sera la salle de consommation,
07:00 et après, derrière, on commence déjà à travailler dans une logique
07:04 d'avoir des espaces de consommation qui soient mobiles pour pouvoir aller sur les différents quartiers,
07:10 puisque Marseille, c'est une ville avec beaucoup de territoires,
07:13 et l'idée, c'est qu'on puisse arriver à couvrir les différents territoires.
07:17 Mais en l'occurrence, il faut au moins qu'on ait un lieu qui soit positionné,
07:21 et actuellement, celui sur lequel on est, celui sur lequel on travaille,
07:28 c'est vraiment le 110, parce qu'il correspond au niveau du lieu, de la surface, de l'extérieur.
07:35 Je crois qu'on a bien compris en tout cas vos arguments, Stéphane Hakouka.
07:38 Je ne suis pas sûr que vous ayez convaincu les opposants,
07:39 mais en tout cas, ils vous ont entendu, tout comme on les entend sur Maritima.
07:44 Merci beaucoup d'avoir été de notre compagnie, et je vous souhaite une belle journée.
07:47 Je vous remercie. Au revoir.