00:00 Si on doit résumer, je dirais que Gabriel Attal, il arrive à Matignon avec un capital et un crédit.
00:05 Il a un capital, c'est son image personnelle, les Français le trouvent très largement courageux, dynamique, audacieux, sympathique.
00:12 Et puis il a un crédit, quand je dis crédit, ça veut dire que ce crédit est moins partagé par l'ensemble des catégories de population.
00:17 Il a un crédit sur sa capacité à agir. Il a des scores qui sont quand même nettement meilleurs que ceux des personnalités politiques habituelles.
00:24 Alors on verra évidemment à l'épreuve des faits. Il est jugé compétent pour 6 Français sur 10. Il obtient des résultats pour plus d'un Français sur 2.
00:32 Mais pour autant, il a évidemment ce scepticisme quant à l'action et c'est là-dessus qu'il devra, comme on dit en Macronie, délivrer.
00:38 Quant à l'action et quant à son autonomie ?
00:41 Tous ceux qui s'interrogeaient sur le degré d'autonomie de Gabriel Attal, on a la réponse avec la composition de ce gouvernement.
00:46 C'est zéro. Quelle est la patte de Gabriel Attal dans ce gouvernement ?
00:49 L'arrivée de Catherine Vautrin, c'était une idée d'Emmanuel Macron. Elle date de juin 2022.
00:53 Le départ de la ministre des Affaires étrangères ou le départ de la ministre de la Culture, on sait qu'elles étaient dans le collimateur du président de la République.
01:00 L'arrivée de Rachida Dati, c'est un choix, là aussi d'Emmanuel Macron.
01:03 Quand vous gardez 10 ministres de la précédente équipe et dont la moitié conserve leur poste,
01:08 ça veut dire qu'il n'y a pas d'inflexion à attendre en matière économique, en matière écologique, en matière judiciaire, en matière sécuritaire, en matière agricole, tout ce que vous voulez.
01:15 En gros, ça sera la même politique et elle se décide à les liser.
01:18 Il y a des points forts et il y a des faiblesses dans ce que vous avez demandé aux Français dans le sondage de ce matin.
01:25 Est-ce que son âge, dont on a beaucoup parlé, 34 ans, est un atout ou un handicap ?
01:31 En tout cas, ce n'est pas un handicap pour un Français sur deux. C'est ça qui est important.
01:34 Il y a un Français sur cinq qui considère seulement que c'est un handicap.
01:39 30 % qui considèrent même que c'est un atout.
01:41 Donc, j'allais dire pour une majorité de Français, ce n'est pas un sujet.
01:44 D'ailleurs, quand on regarde l'ensemble de l'enquête, on voit très peu de différence dans le jugement sur Gabriel Attal en fonction des générations.
01:50 On se disait que les personnes les plus âgées, parce qu'il est jeune, vont porter un regard plus critique.
01:54 C'est à peine le cas et en tout cas, ce n'est pas significatif.
01:56 L'autre faiblesse, c'est la difficulté à se positionner politiquement.
02:02 Ça peut correspondre au dépassement du macronisme, mais les Français ont du mal à le situer sur l'échelle politique.
02:08 Et puis, il a des atouts.
02:09 Les atouts, évidemment, c'est qu'il capitalise sur le macronisme.
02:12 Il est populaire, très populaire, plébiscité chez les électeurs d'Emmanuel Macron.
02:16 Donc, il est légitime, j'allais dire, comme dauphin déjà.
02:19 Il est fort chez les cadres.
02:20 Il est fort dans les grandes agglomérations.
02:22 Il est moins fort chez les moins de 35 ans en zone rurale.
02:25 Et puis, il y a une opinion qui balance.
02:27 C'est les classes moyennes, dont il a beaucoup parlé encore hier soir.
02:29 Là, l'opinion n'est pas cristallisée au sujet du nouveau Premier ministre.
02:32 Mathieu, il est attendu sur quoi Gabriel Attal dans ce gouvernement qui est quand même bien à droite ?
02:37 C'est plus qu'un gouvernement bien à droite.
02:39 Bernard le disait.
02:41 Les Français ont du mal à le situer politiquement.
02:42 Ça va venir très vite.
02:43 En fait, on a assisté avec ce gouvernement à la fin de deux totems du macronisme.
02:47 D'abord, la promesse de régénération.
02:48 Elle est morte.
02:49 Qui ont fait venir deux briscardes, si j'ose dire, de la vie politique ?
02:52 Catherine Vautrin et Rachida Dati.
02:54 Et puis, la fameuse promesse de dépassement.
02:56 Je vous disais il y a quelques jours que son modèle,
02:59 ce n'était peut-être pas Emmanuel Macron, mais Nicolas Sarkozy.
03:01 Sur ce, je me suis un peu trompé parce que Nicolas Sarkozy, lui, pratiquait l'ouverture à gauche.
03:05 Là, il n'y a que des ministres de droite, quasiment.
03:08 Il n'y a plus des anciens du PS.
03:10 Parce que c'est de ce côté qu'il pouvait espérer une majorité au Parlement ?
03:12 Exactement.
03:13 Bien sûr, c'est de ce côté.
03:14 Mais ça traduit aussi, quand on voit la politique qui a été menée
03:16 à la fois dans le premier et dans le début de ce second quinquennat,
03:19 on voit bien que c'est un virage assumé à droite et non plus du tout levé en même temps.
03:24 D'ailleurs, pour l'instant, l'électorat de droite, dans cette première enquête,
03:27 fait largement confiance à Gabriel Attal et le crédite de beaucoup d'atouts.
03:30 Alors, on verra comment ça se passe, notamment sur certains thèmes clés.
03:34 Je pense notamment à l'immigration.
03:35 C'est le sujet sur lequel il obtient le moins de crédit,
03:37 mais quand même 4 Français sur 10 lui font confiance.
03:39 On verra, il y a un rendez-vous très important,
03:41 c'est la décision du Conseil constitutionnel le 25 janvier.
03:43 Comment l'exécutif chère cette décision ?
03:45 Mathieu, il y a quand même deux préoccupations des Français qui sont essentielles,
03:49 que sont le logement et la santé.
03:51 Pas de ministère de plein exercice pour l'instant.
03:53 Il y aura sans doute des secrétaires d'État ou des ministres délégués.
03:55 Je vois trois faiblesses dans l'annonce de ce gouvernement.
03:58 D'abord, des ministères énormes, colossaux.
04:00 Celui du travail, de la santé et des solidarités de Catherine Vautrin,
04:04 ou celui d'Amelie Houdet à Casterat.
04:06 On le voit bien avec les sports et l'éducation nationale.
04:08 Comment mener ?
04:09 Et les Jeux olympiques.
04:10 Les Jeux olympiques, quand on a deux priorités, c'est quand on n'en a aucune.
04:14 Ensuite, il y a des ministres qui ne sont pas des techniciens.
04:16 Prenez Rachida Dati, elle a sûrement lu des bons livres et vu des bons films,
04:19 mais ça n'en fait pas forcément une excellente ministre de la Culture.
04:21 Et puis enfin, on va avoir même des problèmes politiques.
04:23 Prenez Catherine Vautrin, qui va devoir porter le projet de loi sur la fin de vie.
04:27 Quand elle était en 2004 secrétaire aux personnes âgées,
04:29 elle était opposée à l'euthanasie.
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