00:00 Alors mon guéret, c'est comme ça qu'on dit, mon guéret, c'est l'épopée de Zamba Kro.
00:13 C'est que tous les Ivoiriens connaissent l'histoire, mais ils ne connaissent pas le
00:19 dessous de l'histoire.
00:20 Alors on a éliminé, on joue notre dernier match contre le Ghana, en Coupe d'Afrique,
00:26 on a éliminé, et il y a le président Ndiaye qui envoie un avion pour nous chercher.
00:32 Moi je devais retourner jouer un match de Champions League, donc on nous dit que le
00:38 président veut nous voir à Abidjan.
00:40 Donc on prend l'avion et puis on arrive.
00:44 Et quand l'avion commence à descendre, on voit que ce n'est pas Abidjan.
00:49 Parce qu'Abidjan c'est plus éclairé, bonjour.
00:51 Donc on atterrit et puis quand on atterrit on voit une dizaine, une vingtaine de camions
01:00 de militaires qui viennent nous chercher.
01:03 Soit disant, il faut qu'on aille dans un camp militaire.
01:07 Alain Guaméné en bon bété, pendant une heure, il n'a pas accepté de monter dans
01:16 le cargo et c'était des discussions et finalement les autorités nous ont convaincus d'y aller.
01:23 Puis on arrive à Zimbabwe.
01:26 On est parti du Ghana à 18h et à 22h on arrive, on avait faim.
01:33 Et il y avait du pain, du pain et des sardines.
01:38 Et les joueurs ont refusé de manger.
01:43 Bon avec Diez Sej qui était mon voisin, on a pris deux pains avec des sardines et on
01:48 a mangé.
01:49 Et on est allé ensemble, on revient, il n'y a plus de pain, il n'y a plus de sardines.
01:53 Donc on a compris que finalement les autres avaient mangé aussi.
01:56 Et puis on a fait un jour.
01:59 Le deuxième jour, il y a battu la Sina.
02:03 Je sais que vous le connaissez.
02:04 On l'appelait Monsieur Propre, voilà.
02:07 Français, il a son passeport français, il veut voir sa famille donc il prend ses affaires.
02:12 Et puis il va à la guérite, il veut sortir.
02:15 Donc les deux petits caporaux, ils sont là et puis ils disent « est-ce que depuis que
02:23 vous êtes là on a touché quelqu'un ? ». Parce que nous on a suivi un peu pour voir comment
02:28 il allait faire.
02:29 Donc on lui demandait « est-ce que depuis que vous êtes là on a touché quelqu'un
02:34 ? ». Il tourne, il se plaint « ouais moi je m'en vais, il faut que je rentre ». Et
02:38 les militaires lui ont dit « si tu es un homme, sors ». Et puis ils ont soulevé la
02:43 barrière.
02:44 Donc Diabaté il a parlé pendant cinq minutes et puis il est retourné poser ses affaires
02:50 dans la chambre.
02:51 Mais ça, ça nous a tellement fait rire parce qu'on s'est dit, à un moment ils pensaient
02:58 que le passeport français ça allait l'exonérer et tout ça.
03:03 Les gens ils s'en foutaient un peu.
03:06 « Tu as un passeport zambien, tu as un passeport américain, tu joues pour la Côte d'Ivoire,
03:12 tu es Ivoirien ». Et c'est ce qu'on lui a dit.
03:14 Mais c'est l'épisode qui nous a, et chaque fois qu'on le voit on en parle encore,
03:18 on se dit « Lassina, mais pourquoi t'es pas sorti ? ». Mais on a ri et puis bon voilà,
03:25 c'était vraiment marrant.
03:26 Donc il a tourné pendant quoi, cinq minutes hein, la barrière était levée, mais il
03:33 a tourné pendant cinq minutes, ouais mais c'est pas normal ce que vous faites.
03:37 Oui bon moi il faut que je rentre voir mes enfants.
03:39 Et les gars lui ont dit « Bon sors, si tu es garçon sors ». Et il est pas sorti.
03:44 C'était mon petit beret pour les Ivoiriens.
03:46 Ils connaissent Zambacro mais ils connaissent pas les deux sons de Zambac.
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