00:00 C'était le 13 octobre dernier, l'attentat d'Aras qui a coûté la vie à Dominique Bernard,
00:04 professeur tué devant son lycée.
00:06 Le choc partagé par tous les Français et la reconnaissance envers ceux qui ont pris le risque
00:11 de s'interposer face aux terroristes et ainsi limiter un bilan qui aurait pu être plus lourd encore.
00:15 Reconnaissance aujourd'hui concrétisée par la Légion d'honneur, remise à 11 personnes,
00:21 les policiers et le personnel de l'établissement qui a joué un rôle lors de l'attaque.
00:26 C'est votre cas, Christian Béroyer.
00:28 Bonjour, vous êtes agent d'entretien au lycée Gambetta.
00:32 On se souvient de cette scène où vous tentez de stopper le terroriste à l'aide d'une chaise
00:36 dans la cour de l'établissement.
00:38 D'abord, quelle a été votre réaction quand vous avez appris cette promotion ?
00:43 Déjà, bonjour à vous.
00:45 Ma réaction a été avec un peu d'étonnement parce que je ne le savais pas
00:52 et je l'ai appris par rapport au métier.
00:55 C'est une reconnaissance toute particulière que cette distinction chevalier de la Légion d'honneur.
01:03 Oui, et puis ce n'est pas la seule médaille que je vais recevoir, que j'ai reçue
01:10 parce que j'ai déjà été médaillé par rapport à l'éducation nationale.
01:16 J'ai été officialisé officier dans l'ordre de la palme académique.
01:21 Et le 11 janvier, je vais recevoir la médaille d'or du mérite de la ville d'Arras.
01:27 C'est important pour vous, ces distinctions.
01:30 Comment vous l'avez appris pour la Légion d'honneur ?
01:33 Par les médias.
01:37 Vous n'avez pas reçu d'appel particulier ?
01:40 Du tout, du tout, du tout.
01:43 Bon, on est ravi de vous l'apprendre.
01:46 Oui, j'étais même surpris.
01:49 J'étais même agréablement bien surpris.
01:53 Ça vous fait quoi ?
01:56 Ça m'a donné du bon bon cœur.
01:58 Et puis, bien sûr, je suis retombé dans l'émotion parce que vous savez,
02:03 de tout ce qu'on a vécu, mes collègues et moi, on a des hauts et des bas au niveau du moral.
02:09 Physiquement, ça va, mais c'est au niveau du moral qui est le plus compliqué.
02:13 Parce que ça vous replonge dans ses souvenirs ?
02:16 Tout à fait, oui, ça nous donne des images en tête.
02:23 Mais franchement, agréablement bien surpris.
02:27 Comment allez-vous aujourd'hui ?
02:30 Aujourd'hui, je suis entre l'émotion et la surprise.
02:45 Parce que je n'aurais jamais cru que les personnes lambda françaises
02:49 auraient pu avoir la Légion d'honneur.
02:51 Parce que pour moi, la Légion d'honneur, c'était tout ce qui est artistes, musiciens,
02:57 des patrons, des gens comme ça, vous savez.
03:00 Mais vous avez quand même conscience, depuis cet événement et depuis ce que vous avez fait,
03:05 vous êtes considéré, comme d'autres de vos collègues, comme un héros.
03:12 C'est ça le truc, moi je suis encore dans le déni,
03:15 donc en fait, je n'ai pas encore conscience que mon acte a pu sauver des vies.
03:23 Vous avez repris le travail, toujours dans ce lycée Gambetta d'Arras, depuis ?
03:29 Depuis l'attentat, j'ai repris tout de suite.
03:33 Et puis, j'ai été embauché par rapport à la région et j'ai gardé le lycée Gambetta.
03:39 J'aurais pu être mis ailleurs, mais j'ai voulu rester pour mes collègues et pour moi-même.
03:48 Vos collègues aussi, je le disais, ont été décorés.
03:52 Vous êtes 11 en tout, 6 policiers, 5 personnes de l'établissement dont vous êtes.
03:58 C'est quelque chose dont vous parlez encore avec ceux qui, comme vous,
04:03 ont été confrontés directement à ce terroriste ?
04:08 On a eu une conversation il y a 15 jours de ça,
04:11 et là on essaye de le mettre un peu derrière nous,
04:14 parce que le plus difficile va arriver,
04:15 ça va être le procès qui va être le plus difficile à vivre.
04:21 On l'entend, il y a toujours ce traumatisme bien sûr chez vous.
04:28 Oui, oui, oui, je suis toujours, vous savez,
04:30 j'ai des hauts et des bas au niveau du moral, physiquement ça va.
04:34 J'ai un coup de cassé, mais physiquement ça va,
04:38 mais c'est le moral qui est le plus difficile.
04:41 Vous êtes encadré, accompagné, suivi psychologiquement ?
04:46 Oui, on est bien suivi, tout à fait.
04:50 Psychologue, oui, tout à fait.
04:54 Est-ce que c'est quelque chose dont on vous parle encore,
04:57 je pense, à des élèves ou à d'autres personnes,
05:00 peut-être à un raste que vous rencontrez ?
05:03 Ce que vous avez fait ce jour-là, ce 13 octobre ?
05:08 Beaucoup d'élèves, beaucoup de remerciements,
05:11 même les parents, même les profs, beaucoup de remerciements.
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