- il y a 2 ans
Pendant six mois, des gardiens et des détenus de la prison de haute sécurité d'Albany, dans l'Etat de New York, ont été suivis. L'équipe du magazine s'intéresse à Tammy Lord, mère de quatre enfants qui a été condamnée pour vol, à Michael Chmielewski, un meurtrier, et Mike Turner, considéré comme un homme très dangereux. Membre d'un gang, ce dernier a tenté à plusieurs reprises de fomenter des mutineries contre les surveillants. Les caméras se sont aussi immiscées dans les couloirs de la mort aux côtés de personnes qui attendent leur exécution comme Rodney Reed, un Afro-Américain de 48 ans. Quant à Anthony Graves, accusé à tort de meurtre, il a finalement été libéré.
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00:00 Au Maryland, on ne plaisante pas avec la sécurité.
00:07 L'officier Miller vient d'être appelé en renfort.
00:11 - Oui, j'arrive.
00:13 Il dirige la brigade des stups de la ville.
00:16 Sur la Highway 70, l'autoroute qui relie Washington à Baltimore,
00:21 ces hommes viennent d'arrêter un suspect.
00:24 - Bon, là, tu restes en retrait, OK?
00:30 Ils sont persuadés que l'homme est un dealer,
00:33 mais il n'a encore rien trouvé.
00:35 - Elle est sur toi?
00:38 L'officier Miller inspecte le véhicule.
00:45 - Ce plastique vide, c'est un indice.
00:55 Il a contenu de la drogue, mais elle n'y est plus.
00:58 Les recherches vont prendre du temps et être difficiles.
01:00 Des sacs comme ça, on peut les cacher n'importe où dans une voiture.
01:05 Et quelques secondes plus tard, un sachet de drogue dure.
01:10 De quoi l'envoyer en prison pour 10 ans.
01:14 - C'est un mélange d'héroïne et de fentanyl,
01:18 parce que le fentanyl, c'est plus puissant.
01:20 Si vous allez à Baltimore aujourd'hui pour en acheter une telle quantité,
01:25 vous allez la payer peut-être 3000 dollars au moins.
01:28 On l'emmène en prison.
01:34 Il va être inculpé pour possession et trafic de drogue.
01:37 En France, le jeune homme serait emmené au poste de police
01:43 pour y être interrogé avec un avocat.
01:45 Pas au Maryland.
01:48 Ici, il va directement en prison.
01:50 La ville de Frédéric a investi plus de 6 millions de dollars dans la sienne.
02:01 C'est l'une des plus sophistiquées du pays.
02:03 Tout y est informatisé.
02:07 - C'est par ici.
02:11 Le prévenu rejoint les rangs des nombreux prisonniers.
02:15 Ils sont 36 000 dans tout l'État.
02:19 Ramener au nombre d'habitants, c'est cinq fois plus qu'en France.
02:22 Au Maryland, l'heure de la tolérance zéro a sonné.
02:31 Il faut dire que Baltimore, la plus grande ville de l'État,
02:35 est l'une des plus dangereuses du pays.
02:37 Un mort par jour en moyenne.
02:48 Depuis l'élection de Donald Trump, le Maryland a basculé dans le camp républicain.
02:53 Et la politique à l'égard des délinquants s'est durcie.
02:57 Ici, les policiers ont la main lourde.
03:01 La justice aussi.
03:03 - 20 ans de prison, rien que pour une bagarre, j'étais effondrée.
03:08 Je n'arrive pas à y croire.
03:11 Un homme incarne ce durcissement.
03:17 C'est le shérif Chuck Jenkins.
03:20 Ultra conservateur, il traque les criminels, comme d'autres font la guerre.
03:26 - Je me sens un peu comme un gladiateur.
03:31 J'affronte mon adversaire dans l'arène et je le tue.
03:34 Dans sa prison, c'est tolérance zéro.
03:38 - Eh les gars, vous vous calmez maintenant.
03:42 Même les plus grands malfrats comme Blake, pourtant chef de gang,
03:47 sont mis au pas.
03:48 - Et s'ils vous cassent, ils vous brisent psychologiquement.
03:51 Une sévérité qui provoque parfois des révoltes.
03:55 - Parfois, ils cachent des couteaux dans la tranche des livres.
04:00 Et les gardiens, comme Cornish, doivent surveiller leurs arrières.
04:05 - Eh toi, tu prends ce livre et tu le remets où il était.
04:08 - Deux détenus sont accusés d'avoir assassiné un surveillant à la prison de Jessa.
04:15 Plongés dans l'univers carcéral le plus dur des Etats-Unis.
04:19 - Promenade annulée.
04:22 Les prisonniers doivent rentrer.
04:25 Ils ont choisi d'utiliser le plexiglas et le plexiglas ne déclenche pas le détecteur de métaux.
04:32 Découvrez les prisons du Maryland et leurs limites.
04:37 - Le shérif pense que tout est sous contrôle, mais ce qu'il ne sait pas,
04:41 c'est qu'il ne contrôle rien du tout.
04:43 - Qu'est-ce qui se passe là ?
04:44 Si on voulait résumer la politique sécuritaire du Maryland,
04:55 on s'arrêterait sans doute sur ce bâtiment.
04:58 La prison municipale de la ville de Frédéric.
05:03 Un établissement de haute sécurité.
05:06 Double rang de barbelés.
05:12 Fenêtres minimalistes.
05:13 Caméras omniprésentes pour surveiller le moindre mouvement de détenus.
05:19 Et une ligne jaune que les prisonniers ne doivent franchir sous aucun prétexte.
05:26 L'administration a poussé la sévérité jusque dans le détail vestimentaire.
05:31 Les détenus portent des uniformes rayés comme les baniards d'autrefois.
05:35 Un régime strict, tout droit sorti de la tête d'un homme.
05:39 Chuck Jenkins, shérif et chef de la prison, est surtout fier de l'être.
05:51 - Même moi, je dois me faire fouiller.
05:55 Ici, pas de contrebande ni d'armes.
05:58 Tous les lundis matins, il parcourt les couloirs de sa prison
06:04 pour s'assurer que son organisation est bien en place.
06:08 - Salut les gars.
06:10 Pas d'arrestation.
06:12 Ici, il y a 325 détenus.
06:17 - Et ça fait combien d'arrivées par jour ?
06:19 - Ça dépend.
06:21 Aujourd'hui, il y a eu trois arrivées,
06:24 mais ça peut monter jusqu'à 10 ou 12 les jours de rush.
06:27 Pour gérer cet afflux de prisonniers,
06:31 le shérif a investi un demi million de dollars dans ce tableau dernier écrit
06:36 qui permet aux gardiens de suivre en temps réel
06:38 les moindres mouvements des détenus.
06:40 - Vous pouvez comparer ce tableau avec celui des aéroports
06:45 où il y a des départs et les arrivées des vols.
06:47 Ici, c'est pareil pour les détenus.
06:50 On voit où ils sont, où ils vont, s'ils sont dans leurs cellules.
06:54 On voit tout leur mouvement dans la prison.
06:57 Vous voyez, ça vient juste de se mettre à jour il y a quelques secondes.
07:00 C'est quoi déjà le jaune ?
07:02 - Jaune, c'est pour la laverie.
07:06 - Jaune pour la laverie, rouge pour la cuisine,
07:10 vert pour les visites et blanc quand ils sont dans leurs cellules.
07:14 D'un simple coup d'oeil, les gardiens savent qui est où,
07:19 car les prisonniers portent toujours sur eux un badge
07:22 qui détecte leurs entrées et sorties au niveau des portes.
07:25 - Personne ne s'est jamais échappé depuis que je suis shérif.
07:29 - La dernière évasion, c'était en 92, 94 ?
07:32 - Je crois que c'était en 1992.
07:35 Aucune évasion depuis 28 ans.
07:37 Le shérif en fait une affaire personnelle.
07:40 Contrairement à une prison classique,
07:43 les détenus ne sont pas dans un grand bâtiment
07:45 où les prisonniers peuvent tous se croiser.
07:47 Ils sont cantonnés dans de petites unités, d'une dizaine de cellules chacune.
07:52 Cela limite les trafics.
07:54 Une prison dans la prison, en quelque sorte.
08:04 - Eh les gars, vous vous calmez maintenant.
08:06 Ici, pas non plus de grand réfectoire comme dans les autres pénitentiaires.
08:12 Les repas sont servis directement dans les blocs.
08:15 Cela limite les occasions de bagarre.
08:17 Et comme il est arrivé que certains prisonniers
08:21 essaient de se faire passer pour d'autres,
08:22 les surveillants contrôlent leurs identités au moins trois fois par jour.
08:27 - Fais voir ta carte.
08:32 Je vérifie pour chacun d'eux leur carte d'identité
08:34 et je vérifie qu'ils correspondent bien au nom sur le registre.
08:37 Et seulement après, on leur donne leur repas.
08:40 Avec leur carte et le registre,
08:42 on est sûr que chaque prisonnier est bien dans son bloc.
08:45 Trois fois par jour, tous les jours, il n'y a pas d'exception.
08:52 Les détenus doivent être mis au pas.
08:54 Dans le quartier de haute sécurité de la prison,
09:02 les cellules sont fouillées plusieurs fois par semaine.
09:04 Chaque effet personnel est examiné.
09:08 Même les vêtements sont comptés.
09:11 - Parfois, ils ont quatre ou cinq pantalons,
09:19 alors qu'ils ne devraient en avoir que trois.
09:21 Je regarde aussi le nombre de chaussettes.
09:26 Ils ont droit à sept paires.
09:29 Cette cellule est occupée par Blake.
09:32 A 33 ans, le détenu a déjà fait dix ans de prison.
09:36 Après la fouille, il vérifie qu'on lui a laissé toutes ses photos,
09:40 y compris celles discrètement collées au-dessus de son lit.
09:45 - J'essaie de garder ces photos un peu discrètement,
09:52 car si elles sont trop visibles,
09:54 ils vont me les prendre et ils ne me les rendront pas.
09:58 Blake n'est pas un ange.
10:00 Il a été condamné pour vol à main armée en 2009.
10:04 Et s'il est placé dans le quartier de haute sécurité,
10:07 c'est parce qu'il est membre de la Black Guerilla Family.
10:11 Un gang afro-américain parmi les plus puissants du pays
10:17 qui multiplie les activités criminelles.
10:19 Proxénétisme, trafic de drogue ou encore kidnapping.
10:27 Un gang redouté autant en ville qu'en prison.
10:31 Sur ces images de vidéosurveillance enregistrées il y a quelques années,
10:37 des membres du gang affrontent des gangs rivaux.
10:40 Des bagarres qui font parfois des morts.
10:46 Blake est un des leaders de ce mouvement.
10:55 Alors rien dans sa cellule ne doit pouvoir être utilisé comme arme.
10:58 - Je n'ai pas de vrai stylo.
11:01 Vous voyez, c'est un stylo mou.
11:02 Je ne peux pas creuser, je ne peux pas blesser quelqu'un non plus.
11:06 On n'a pas de vraie brosse à dents aussi.
11:10 On m'a donné que ça, vous voyez.
11:12 Elle est toute petite.
11:13 Donc on ne peut pas fabriquer d'armes avec.
11:17 Ici, je ne peux pas aller dans les autres blocs.
11:20 Si j'y vais, c'est considéré comme une évasion.
11:22 Tout ça, c'est pour essayer de me briser psychologiquement.
11:30 Pour m'avoir, c'est pour ça qu'ils me gardent ici.
11:35 Par exemple, je n'ai pas le droit d'écouter de musique.
11:38 Et pour beaucoup d'entre nous, la musique, c'est un moyen de supporter la prison.
11:46 Et ici, ils ne veulent pas, c'est interdit.
11:49 On a demandé plein de fois, mais ils ont toujours dit non.
11:52 Même pas le droit d'écouter de la musique.
11:57 Pour Blake, c'est de la discrimination raciale.
12:01 Il profite de notre caméra pour dénoncer la politique du shérif Jenkins.
12:06 Qu'il aille se faire foutre.
12:09 Je le déteste.
12:10 Je déteste cette prison.
12:12 Je déteste le shérif.
12:13 Lui aussi, il nous déteste.
12:17 Je pense qu'il est raciste.
12:19 Il fait des différences.
12:20 Par exemple, quand quelqu'un est arrêté avec une arme ou de la drogue.
12:23 Si tu es noir, tu vas en prison.
12:25 Si tu es blanc, il t'envoie en cure de désintoxication.
12:28 Pas de quoi faire douter le shérif Jenkins.
12:33 Une célébrité au Maryland.
12:35 Avec sa politique de la tolérance zéro, il est réélu à son poste à chaque élection depuis 12 ans.
12:43 Il faut dire que l'homme a ses mentors.
12:48 C'est une photo de Russell Crowe, l'acteur du film Gladiator.
12:51 J'adore ce film.
12:53 Je me sens moi-même un peu comme un gladiateur.
12:57 J'affronte mon adversaire dans l'arène et je le tue.
13:00 C'est comme ça que je gagne les élections.
13:02 Je rentre dans l'arène et j'obtiens la victoire.
13:05 J'aime les combats difficiles.
13:07 Je me retrouve dans ce film.
13:09 Cet acteur me ressemble vraiment inébranlable et dur à la fois.
13:13 Cette photo, c'est vraiment une partie de mon histoire.
13:17 C'est une photo de moi.
13:18 J'avais deux ans.
13:20 Voici notre shérif quand il était petit.
13:23 Il sait depuis 50 ans qu'il veut devenir shérif.
13:25 Pour moi, devenir shérif, c'est la meilleure chose qu'il me soit arrivé.
13:29 Le shérif n'en fait pas mystère.
13:34 Il est républicain.
13:36 C'est un fervent partisan de Donald Trump et de sa politique répressive.
13:42 En février 2018, il a même été invité à la Maison-Blanche avec d'autres shérifs républicains.
13:48 Nos ennemis ne croient pas en ce en quoi nous croyons, mais nous avons fait tous ensemble de très belles choses.
14:00 Si le Maryland a été sensible au discours de Donald Trump, si pour la première fois depuis 15 ans,
14:09 ce petit état du nord-est des Etats-Unis a voté républicain,
14:13 c'est que les conditions de vie se sont dégradées comme jamais en l'espace de 10 ans.
14:19 Pas tant à Frédéric, qui est une ville plutôt cossue, qu'à Baltimore.
14:24 Pendant des décennies, la ville a prospéré grâce à son port.
14:29 Mais aujourd'hui, elle s'appauvrit.
14:33 Le centre-ville se vide de ses habitants.
14:39 Frappé par une criminalité galopante.
14:42 Le nombre de condamnés à perpétuité explose au Maryland.
14:48 Toutes proportions gardées, ils sont 40 fois plus nombreux qu'en France.
14:54 Mais alors, que faire de tous ces criminels ?
15:05 À quelques kilomètres seulement de Baltimore, voici la prison d'état de Jessup.
15:12 Elle ne dépend pas du shérif Jenkins, mais du gouverneur du Maryland.
15:18 Ici, on compte 3600 détenus.
15:22 Meurtriers, braqueurs, violeurs, tous condamnés à de longues peines.
15:29 Et surveillés de près.
15:32 Ici Cornish, Steve et moi, nous commençons l'inspection de la cour.
15:36 Cornish est surveillante à Jessup depuis 5 ans.
15:41 Le matin, elle inspecte la cour de promenade avant son ouverture aux détenus.
15:48 Dans la cour, on trouve parfois des gants oubliés par des travailleurs.
15:55 Les détenus y cachent des gants.
15:59 Ils utilisent aussi les fenêtres.
16:02 Vous voyez ces fenêtres là-bas ? Elles donnent sur les cellules.
16:06 Il se passe des objets à travers et ça va directement dans la cour.
16:10 Même derrière les barreaux, les détenus continuent leurs activités criminelles.
16:16 Mais la récolte de Cornish va être interrompue par un appel radio.
16:26 Apparemment, il y a un problème à l'intérieur de la prison.
16:30 Il y a un incident en cour dans un des bâtiments.
16:38 Donc les gardiens doivent se regrouper pour pouvoir intervenir.
16:41 Mes collègues ont suspendu l'accès à la cour et aux gymnases pour faciliter notre travail.
16:46 Une bagarre a éclaté dans un couloir.
16:53 Le plan d'urgence est déclenché.
16:56 Tous les prisonniers doivent maintenant réintégrer leurs cellules.
17:01 Et certains rechignent.
17:05 Tu retournes dans ta cellule maintenant.
17:10 Ouais, c'est bon, c'est ce que je suis en train de faire.
17:13 Promenade annulée.
17:18 Ce que craignent les autorités, ce sont les émeutes.
17:21 Dans les pénitenciers américains, elles sont courantes et souvent spectaculaires.
17:27 Cela commence en général par une simple bagarre entre bandes rivales.
17:33 Qui dégénèrent avec parfois des conséquences dramatiques.
17:47 Un prisonnier de 43 ans est mort ce matin à Jézup.
17:50 La police enquête à la prison de haute sécurité de Jézup.
17:54 En quatre ans, trois détenus ont été tués dans la prison de Jézup.
17:59 Alors ce jour-là, le chef de la prison prend très au sérieux la dispute qui vient d'avoir lieu.
18:07 Il décide d'une fouille de cellules supplémentaires.
18:12 Soyez sur vos gardes et surveillez vos arrières.
18:15 Si quelque chose d'inhabituel se produit, prévenez tout de suite et demandez du renfort.
18:20 On viendra vous aider.
18:23 Assurez-vous de bien vous répartir dans les zones à contrôler et de ne pas oublier les recoins.
18:29 Ok, on y va.
18:32 Les femmes sont en danger.
18:37 Ok, on y va.
18:39 Deux femmes gardiennes dans le bloc, on rentre.
18:44 Corniche et sa collègue s'annoncent à leur arrivée dans le quartier des hommes.
18:50 Ouvre la porte.
18:53 Le bloc qu'elles vont fouiller compte 20 cellules, 40 détenus.
18:58 C'est bon, tu restes là.
19:01 Des détenus pas vraiment enchantés de cette fouille imprévue.
19:07 Parfois, ils cachent des couteaux dans les tranches des livres.
19:11 Hé, toi, tu prends ce livre et tu le remets où il était.
19:16 Dans cette prison, la violence est partout.
19:20 Mais je pense que nous, les gardiens, nous faisons le maximum pour garder le contrôle.
19:25 On veut se sentir en sécurité dans la prison et être sûr que personne ne se balade avec un couteau.
19:32 Et des armes, les gardiens en trouvent presque tous les jours.
19:36 Elles sont conservées ici, loin des détenus, dans un local de l'administration.
19:42 C'est un morceau de métal qui a été transformé en arme.
19:49 Il y a une pointe au bout.
19:52 Tout ça, ce sont des armes qui ont été fabriquées par les détenus.
19:56 Celles-ci ont été faites avec les morceaux du système d'aération des bâtiments.
20:01 En revendant ça aux membres d'un gang ou juste à un détenu qui a besoin d'une arme,
20:05 un prisonnier peut se faire au moins 50 dollars ou même 100 dollars pour celle-ci,
20:10 car cette arme peut vraiment tuer un homme.
20:14 Pour tenter de mettre un terme à ce trafic d'armes,
20:19 les surveillants ont installé ce détecteur de métaux.
20:23 Mais certains prisonniers ont déjà trouvé la parade.
20:30 Ils fabriquent des couteaux avec du verre ou même du plastique.
20:34 Ils sont malins. Ils ont choisi d'utiliser du plexiglas.
20:43 Et le plexiglas ne déclenche pas le détecteur de métaux.
20:47 Certaines de ces armes ont été retrouvées sur les détenus eux-mêmes,
20:51 cachées dans leurs poches, dans leurs pantalons, dans leurs manteaux,
20:55 et même dans leur rythme.
20:59 Ici, tous les surveillants ont en tête que c'est avec une arme comme celle-ci
21:03 que l'un des leurs a trouvé la mort.
21:06 Il s'appelait David McGinnis. Il avait 42 ans.
21:13 Et en 2006, il a été poignardé de 10 coups de couteau par 2 détenus
21:18 alors qu'il effectuait une ronde de nuit.
21:21 À Jézop, ni les gardiens ni les prisonniers ne sont vraiment en totale sécurité.
21:29 Et le quartier pour femmes n'échappe pas à cette violence.
21:33 Aujourd'hui, Natasha, 43 ans, est inquiète.
21:38 - Ah, tu veux Chamal ? Je ne la trouve nulle part.
21:43 Chamal, c'est sa fille.
21:46 - Je n'arrive pas à trouver Chamal.
21:49 Toutes deux purgent leur peine dans la même prison, depuis 12 ans.
21:55 - Excusez-moi, chef. Vous n'auriez pas vu ma fille ?
21:58 - Tu as vu Chamal ?
22:01 Jézop est la seule prison pour femmes de l'État.
22:06 Les criminels multi-récidivistes
22:09 prennent leur repas avec les détenus ordinaires.
22:13 Et parfois, ça dérape.
22:16 - Personne ne veut me voir.
22:22 Personne ne veut se retrouver coincée dans une pièce
22:25 en face de... Vous voyez ce que je veux dire, d'une tueuse en série.
22:29 On doit toujours être sur ses gardes.
22:32 On ne sait pas pour quel crime les gens sont là.
22:35 Hier encore, une dispute a mal tourné.
22:39 Et une prisonnière a fini à l'hôpital.
22:43 - Je te cherche depuis des heures !
22:46 Chamal avait juste discuté plus longtemps que les deux autres.
22:51 Et il a discuté plus longtemps qu'à son habitude avec une autre détenue.
22:55 - Tu pensais que je n'allais pas venir ?
23:00 - On se retrouve toujours ici, d'habitude. Je t'ai cherchée partout.
23:04 Natasha et Chamal, une mère et sa fille.
23:10 Un duo plutôt rare en prison.
23:13 Les deux femmes ont brisé les jambes d'un homme.
23:16 Un déchaînement de violence
23:20 et 20 ans de prison.
23:22 - En novembre 2007, une bande de jeunes attaquent un homme de 44 ans
23:28 et le frappent violemment.
23:30 Tout a commencé par une dispute entre une voisine et un de leurs cousins.
23:34 La rique se dégénère.
23:36 Plusieurs dizaines de personnes s'emmêlent, dont Chamal et sa mère.
23:41 Elle frappe violemment un des hommes du camp adverse.
23:44 Et elle s'acharne sur lui.
23:46 L'homme restera handicapé à vie.
23:50 - Seigneur, merci pour ce repas et à ceux qui l'ont préparé.
23:53 Donnez du pain à ceux qui n'en ont pas. Amen.
23:56 12 ans plus tard, Natasha et sa fille paient encore ce moment de violence.
24:02 Chamal n'avait que 16 ans quand elle est arrivée en prison.
24:05 Elle y a grandi.
24:07 - Je fais très attention à ma fille.
24:12 Vous savez, il y a beaucoup de mauvaises personnes dans cette prison.
24:16 Elles atterrissent ici, elles ne savent pas quoi faire de leur journée.
24:19 Alors elles font n'importe quoi, elles se droguent.
24:21 Mais moi, je ne veux pas que ça lui arrive.
24:23 Alors je suis sur son dos, je suis sa gardienne.
24:26 Dans cette prison, vous êtes en danger permanent.
24:30 Certaines filles n'ont plus rien à perdre, vraiment plus rien.
24:35 La dernière fois que des femmes se sont battues, elles ont terminé à l'hôpital.
24:40 Parce que l'une a poignardé l'autre.
24:44 L'autre a répliqué à coup de cadenas ou un truc dans le genre.
24:47 Ce ne sont pas de simples crêpages de chignons ou de simples disputes.
24:51 Ces filles essayent de vous blesser.
24:54 Ce qui nous arrive, c'est triste.
24:57 Mais le fait qu'on soit ensemble, ça m'a facilité les choses.
25:00 Au moins, je ne suis pas toute seule.
25:02 - Bon, je vais voler ça.
25:06 Pour elle, elle aime le yaourt.
25:08 Ils font des fouilles, mais je vais le mettre dans mon soutien-gorge.
25:12 - Mon bras !
25:13 Les détenus n'ont pas le droit d'emporter de la nourriture.
25:18 Mais le cas singulier de Natacha, au comportement exemplaire depuis 12 ans,
25:23 et maman d'une codétenue, a fini par attendrir les gardiennes.
25:27 - Allez, on y va !
25:30 Natacha a même obtenu l'autorisation de décorer sa cellule à son goût.
25:35 Et on peut le dire, c'est la plus girly de toute la prison.
25:42 8 mètres carrés, qu'elle partage avec une codétenue.
25:45 - Si tu vas voir les autres cellules, personne n'en a une comme moi.
25:53 J'ai mis ça pour que ce soit plus joli.
25:57 Une amie m'a fait ce dessin, et donc je l'ai accroché là.
26:02 En prison, vous savez, c'est dur de se sentir à l'aise.
26:09 Mais quand tu mets des décorations, de jolies choses, avec de belles couleurs dans ta cellule...
26:15 - Vous vous sentez mieux, quoi.
26:17 - Oui, tu te sens mieux.
26:18 Autre réjouissance, son petit trousseau de maquillage.
26:23 Ça n'a l'air de rien, mais ici, le phare à paupières et le rouge à lèvres ont valeur de trésor.
26:29 - On nous donne du maquillage une fois tous les 4 ans.
26:36 Et puis, c'est tout.
26:37 Alors, tout le monde se dit "je dois faire attention, quand j'aurai tout fini, je n'en aurai pas d'autre".
26:45 On veut se sentir femme, on ne veut pas être négligée.
26:49 On se coiffe, on met du rouge à lèvres, on veut être jolie.
26:54 Je fais comme dans les magazines.
26:58 Mais son plus grand trésor, Natacha le cache sous son lit.
27:05 Avec la bénédiction des surveillantes.
27:07 - Je suis là depuis tellement longtemps.
27:12 Quand j'ai quitté la maison, j'ai tout perdu.
27:15 Alors ici, j'ai fait cet album pour elle.
27:24 Et un jour, je lui donnerai.
27:26 Ça, c'est une photo d'elle et moi quand elle était petite.
27:30 Elle me ressemble, hein ?
27:31 Cet album secret, elle a prévu de l'offrir à Chamal le jour de leur sortie.
27:37 Un souvenir des moments de bonheur passés, avant la prison.
27:41 - Oh, ça me rend triste, vraiment triste.
27:51 Elle a oublié tout ça.
27:55 Je veux juste lui rappeler.
27:58 On a tant perdu.
28:01 Ça, c'est une photo qu'elle déteste.
28:05 Mais moi, je l'aime.
28:06 Oh non.
28:08 Voilà pourquoi il ne faut pas mettre de maquillage.
28:11 Si elles avaient commis ce crime en France,
28:16 Natacha et sa fille auraient sans doute déjà été libérées.
28:19 Mais voilà, ici, on est au Maryland.
28:25 - Moi, j'ai pris 25 ans pour la bagarre et 3 ans pour possession d'armes.
28:30 Ils m'ont donné 28 ans parce que j'avais des antécédents judiciaires.
28:34 Mais que ma fille prenne 20 ans pour une bagarre, j'étais effondrée.
28:39 Je me suis dit, je ne peux pas y croire.
28:42 Ils ont été durs, vraiment très durs.
28:46 Ils ont été plus spécifiques que moi.
28:49 Ils ont été plus spécifiques que moi.
28:53 Vraiment très durs.
28:55 Ils devraient juger au cas par cas.
28:57 Je sais que des gens méritent des peines sévères.
29:00 Mais on ne peut pas juger tous les gens de la même façon.
29:04 Vous savez, j'ai grandi dans un quartier où les gens se battent tout le temps.
29:10 Ils en viennent aux mains pour une raison ou pour une autre.
29:13 Si tu touches à ma soeur, moi aussi, je te tape.
29:18 Si tu touches à mon petit frère, c'est pareil.
29:22 C'est comme ça que ça se passe.
29:24 Mais Natacha et sa fille entrevoient le bout du tunnel.
29:28 Du moins, c'est ce qu'elles espèrent.
29:31 Je suis grosse.
29:33 Elles ont déposé une demande de libération anticipée.
29:37 Sera-t-elle acceptée ?
29:40 Statistiquement, elles ont une chance sur quatre.
29:45 La justice du Maryland est l'une des plus sévères du pays.
29:51 Pourtant, la délinquance ne baisse pas.
29:53 A l'exception du comté de Frédéric, celui du fameux shérif Jenkins.
29:59 Le voici qui prend volontiers la pause devant son dernier petit joujou.
30:05 Un véhicule réformé de l'armée américaine.
30:08 Mi-voiture, mi-tank.
30:10 Vitre par balle, coque en acier.
30:13 L'engin peut résister à l'explosion d'une grenade.
30:16 Il est même utilisé par l'armée dans les zones de conflit.
30:20 On y va.
30:21 Mais en quoi un véhicule militaire fait-il baisser la délinquance ?
30:25 Je pense que c'est important de faire une démonstration publique de notre force.
30:32 De montrer que nous sommes bien équipés pour protéger les gens.
30:35 Que notre administration est forte.
30:37 Nous faisons tout ce que nous pouvons pour protéger le public.
30:40 Vous ne pensez pas que c'est un petit peu trop ?
30:42 Non, pas à notre époque.
30:44 Je dis ça parce que si vous regardez les attaques terroristes d'Orlando en boîte de nuit
30:49 il y a quelques années, ou les attentats en Californie,
30:52 c'est ce type de véhicule qui est intervenu et a mis fin aux attaques.
30:58 Et le shérif est aussi convaincu que son engin peut aider à lutter contre le trafic de drogue.
31:05 Le but c'est de dire, ne venez pas à Frédéric,
31:09 enfreindre la loi et vendre de la drogue car nous n'allons pas nous laisser faire.
31:14 C'est ce message qu'on veut faire passer.
31:17 Mais ce petit bijou militaire a un coût.
31:19 250 000 euros.
31:21 Où donc le shérif a-t-il trouvé une telle somme ?
31:27 Tout le monde le sait que ce n'est pas l'argent du contribuable qu'il a financé.
31:33 Ce sont les saisies du trafic de drogue et les bénéfices du centre de rétention.
31:38 En fait, le shérif allie fermeté et rentabilité.
31:45 Il y a 11 ans, il a créé un centre de rétention au sein de la prison.
31:49 C'est là qu'il enferme les clandestins.
31:51 Or l'État lui verse 75 euros par jour et par immigré enfermé.
31:58 Plus du double de ce que ça lui coûte.
32:01 La prison du comté de Chuck Jenkins gagne ainsi près d'un million et demi d'euros par an
32:07 grâce à ces immigrés clandestins, dont il est bien convaincu qu'ils sont aussi des délinquants.
32:14 Dans tous les États-Unis, l'immigration illégale est un problème et c'est pour ça que nous devons la contrôler.
32:20 Des gens rentrent dans ce pays illégalement et commettent des crimes contre les citoyens américains.
32:25 C'est un problème local et national et j'ai choisi d'y remédier.
32:30 Étrangement, le shérif ne nous a pas autorisé à filmer les clandestins du centre de rétention dont il est si fier.
32:42 Mais nous avons compris pourquoi en volant ces quelques images depuis un couloir.
32:46 On y voit quatre clandestins et si l'on regarde bien, ce sont quatre adolescents.
32:52 Des mineurs en tenue de bagnards mélangés aux adultes dans une prison.
33:07 Aux États-Unis comme en France, c'est illégal et cela n'est pas une première dans la prison du shérif.
33:13 Nous nous sommes procuré une lettre rédigée par le défenseur des droits du Maryland il y a un an.
33:19 A l'époque déjà, il accuse l'administration du shérif de détenir illégalement des mineurs.
33:29 La prison de Frédéric pratique la détention de mineurs dans des conditions qui enfreignent la loi de prévention des viols en prison.
33:37 Et le huitième amendement interdisant les traitements inhumains.
33:43 Un an plus tard, rien n'a changé.
33:48 Le shérif incarcère donc toujours illégalement des mineurs dans la prison du comté.
33:58 Certaines personnes comprennent mal pourquoi je décide de faire ça.
34:01 Écoutez, j'aime ce pays, j'aime l'Amérique et j'aime cette ville.
34:05 J'aime notre qualité de vie et je ne veux pas que tout ça disparaisse.
34:09 Et le shérif Chuck Jenkins a des résultats.
34:13 Depuis son élection il y a douze ans, les cambriolages et les vols ont baissé de 20% en ville.
34:19 Il faut dire que grâce à son important budget, il a pu doubler le nombre de ses policiers.
34:26 Bonjour sergent, tout va bien ?
34:29 Une à deux fois par semaine, il vient les féliciter en personne au moment de leur briefing.
34:34 Merci les gars pour le travail que vous faites.
34:41 Continuez comme ça.
34:43 Vous devez être présent partout, lors des matchs sportifs, près des écoles, lors des événements publics, dans les bibliothèques.
34:51 Les gens veulent voir des policiers armés qu'ils payent avec leurs impôts.
34:56 A sa demande, les maraudes et les contrôles inopinés ont augmenté.
35:01 Est-ce que vous avez des choses volées dans votre voiture ?
35:05 Non.
35:06 Et le nombre d'interpellations aussi.
35:08 Avec son lot de dérapages comme celui-ci, enregistré par une caméra de vidéosurveillance d'un magasin de Frédéric.
35:22 Au sol, un dealer d'héroïne résiste à son interpellation.
35:26 Il va être littéralement boxé par le policier qui arrive en renfort.
35:33 Au total, il reçoit 11 coups de poing en plein visage.
35:41 Les policiers mis en cause ne seront pas inquiétés.
35:50 A la prison de Frédéric, petit bijou technologique du shérif, on s'enorgueille de cette réputation de fermeté.
35:57 Et pourtant...
35:59 Nous retrouvons Blake, l'un des chefs de gang de la Black Guerilla Family.
36:06 Pour être surveillé de près, le détenu semble très serein.
36:18 - Ils disent que je suis un individu dangereux. Je crois que c'est parce que je suis malin. Ils ne s'attendaient pas à ce que je sois aussi intelligent.
36:26 Le shérif, malgré ses précautions, a peut-être sous-estimé le prisonnier et son gang.
36:32 Blake prétend pouvoir contourner la surveillance des gardiens.
36:36 - Le shérif pense que tout est sous contrôle, mais ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il ne contrôle rien du tout.
36:44 - Pourquoi est-ce que vous dites ça ?
36:47 - Vous savez, cette prison, comme toutes les autres, est corrompue.
36:52 - Les gardiens, les officiers pénitentiaires, certains travaillent pour nous.
36:57 - D'autres ne le font pas. C'est juste une question d'argent.
37:02 Blake bluffe-t-il pour parader devant notre caméra ? Rien n'est moins sûr.
37:12 Car son gang a été impliqué dans de nombreuses affaires de corruption au Maryland ces 10 dernières années.
37:17 Et certaines d'entre elles sont à peine croyables.
37:21 - Le chef de gang continue d'être entendu dans l'affaire de corruption en prison.
37:28 Il y a 4 ans, au pénitencier de Baltimore, Taven White, le chef de la Black Guerilla Family, a réussi à monter au sein même de la prison un trafic d'alcool, de drogue et de téléphone portable.
37:42 Mais ce qui a marqué les esprits, c'est que pour cela, il a réussi à soudoyer 4 surveillantes.
37:49 Et elles lui ont offert un peu plus que du soutien.
37:53 Toutes sont tombées enceintes et prises du bad boy, une technique de Don Juan qui a peut-être fait des émules.
38:01 Quelques semaines après notre premier tournage, Blake a été libéré sur parole pour bonne conduite.
38:16 Il s'est installé dans une banlieue populaire de Baltimore.
38:21 A première vue, le chef de gang que nous retrouvons chez lui, se serait rangé des voitures.
38:27 Il a trouvé un petit boulot dans le bâtiment.
38:30 - Je dois repartir de zéro et transformer mes activités illégales en légales.
38:42 - Et tu vois maintenant, je reçois des fiches de paye parce que je travaille.
38:49 Il a aussi une nouvelle conquête, Tina.
38:55 Il l'a séduite alors qu'il était encore en prison.
39:01 Tina y était assistante sociale, elle travaillait pour sa réinsertion.
39:07 Il n'aurait jamais dû avoir ce genre de relation.
39:10 - Oui, c'est vrai, je l'ai rencontré quand il était enfermé.
39:14 Et croyez-moi, c'est la première fois qu'une chose pareille m'arrive.
39:18 Parce que normalement, et c'est vrai, on nous le rappelle tout le temps,
39:23 je n'aurais jamais flirté avec un prisonnier.
39:27 Mais là, il faut se dire que c'est un peu bizarre.
39:34 Mais là, il s'est passé quelque chose avec Blake.
39:38 Je n'avais jamais rencontré un homme comme lui.
39:42 - Elle m'accepte, elle me comprend, et plus que ça,
39:46 elle me soutient pour tout et pas seulement quand c'est difficile.
39:49 Contrairement à ce qu'il dit devant sa petite amie,
39:55 le chef de gang nous confie qu'il n'a pas l'intention de raccrocher.
40:01 Depuis sa sortie, il est pourtant sous la surveillance constante de la police.
40:05 Et la police multiplie les rondes dans son quartier.
40:09 Pour lui échapper, il a trouvé une solution plutôt originale.
40:13 Il profite du programme de réinsertion auquel il doit participer chaque jour.
40:18 Il profite aussi de la naïveté de la responsable
40:24 avec qui il a noué un rapport presque filial.
40:28 - Bonjour ! - Bonjour, maman !
40:31 Je t'aime, tu sais.
40:34 - Moi aussi, je t'aime. Bienvenue chez toi.
40:37 - Qu'est-ce que vous pensez de lui ?
40:39 - Il va bien.
40:41 Il est de retour chez lui.
40:44 J'espère qu'il va profiter de nos réunions,
40:48 que ça l'aidera à se réintégrer dans la société pour le travail.
40:53 Je crois qu'il va bientôt se marier.
40:56 Tout ça va dans le bon sens.
40:58 J'espère que ça l'aidera à ne pas revenir en arrière.
41:01 Allez, on commence.
41:04 - Ouais, OK.
41:06 Or, le hasard faisant bien les choses,
41:09 cette réunion se situe dans les locaux d'un centre de sevrage pour toxicomanes.
41:13 Et la loi interdit aux policiers d'y mener la moindre écoute téléphonique.
41:18 Pour Blake, c'est une épreuve de la vie.
41:22 Pour Blake, c'est donc l'endroit parfait
41:25 pour contacter son gang sans être inquiété.
41:28 - Ici, je sais que je suis tranquille.
41:32 Ils ne prennent pas en photo, ils ne font pas de vidéos,
41:36 parce que c'est illégal.
41:38 Allô, ça va, frère ?
41:40 Concrètement, Blake en profite pour gérer ses affaires illicites au téléphone.
41:46 Ce jour-là, en dépit de notre caméra,
41:50 un dealer de sa bande a eu un accrochage avec un gang rival.
41:54 Blake donne ses instructions.
41:57 - Qu'est-ce qu'il a dit sur la fusillade,
42:01 quand le mec des Bloods lui a tiré dessus et qu'il a riposté ?
42:05 - Tu sais, je veux pas que les choses s'aggravent,
42:08 car on a beaucoup à perdre.
42:10 Il en est capable et je pense que ça va nous mettre dans la merde.
42:14 S'il fait une bêtise, on pourra pas revenir en arrière.
42:17 Il va le tuer.
42:20 - Ouais, t'as raison, faut pas qu'on merde.
42:23 Mais tu dois être sûr qu'il a bien compris et que c'est toi, le boss,
42:27 pas lui. C'est toi qui décide.
42:30 - OK, frère.
42:32 Blake n'a pas l'intention de se ranger.
42:37 Et quand bien même il le voudrait, le gang le rattraperait sans doute.
42:41 C'est l'un des plus puissants du pays.
42:44 Il est impliqué dans plus d'une centaine d'affaires de meurtre chaque année.
42:48 - Vous n'avez pas peur de retourner en prison ?
42:54 - Non, je me laisserai pas attraper.
43:02 Je crois que la police devra me tuer la prochaine fois.
43:04 Je n'y retournerai pas.
43:06 Au même moment, à la prison de Jessup, dans le quartier des femmes,
43:15 Natacha et sa fille rêvent, elles, de tourner la page de leur passé criminel.
43:21 Et aussi de décrocher comme Blake une libération anticipée.
43:27 - On fabrique des drapeaux, ici.
43:30 Pour 100 euros par mois, Natacha travaille, ironie de la vie carcérale,
43:35 dans cet atelier qui tisse des drapeaux pour l'administration américaine.
43:40 - Bon, je vais faire un inventaire.
43:43 - Cynthia !
43:45 - Tu en as combien, là ? Juste un ? - Un seul.
43:49 - Et tu as trouvé des pièces abîmées ? - Pas encore.
43:52 On va faire le compte un peu plus tard.
43:55 - Quand tu travailles ici, tu dois être un détenu à qui on peut faire confiance.
44:02 Pas un criminel dangereux.
44:05 On utilise des outils comme des outils coupants.
44:10 Quand tu travailles ici, tu es reconnu comme quelqu'un qui change.
44:15 Quelqu'un qui essaye de s'améliorer.
44:20 Grâce à ce comportement exemplaire,
44:24 elle espère bien être libérée en même temps que sa fille,
44:27 condamnée à une peine moins lourde.
44:30 - Je travaille dur et je mets de l'argent de côté pour la sortie de Chamal.
44:37 Vous savez, dans 3 semaines, elle sera à la maison.
44:41 Et nous, on n'aime pas dépendre des autres.
44:44 Elle aussi, elle doit travailler dur.
44:47 Je travaille dur et elle travaille dur.
44:51 Il faut qu'elle soit prête à retrouver le monde extérieur.
44:55 Si Natacha est si optimiste, c'est qu'elle a entendu quelques indiscrétions.
45:03 Elle sait que leur demande de liberté conditionnelle a de très bonnes chances d'aboutir.
45:08 Son avocat le lui a confirmé.
45:11 - Je vais chercher Chamal.
45:16 Une fois sa journée de travail terminée, elle reprend son rôle de maman.
45:21 Chamal étudie l'espagnol depuis 2 ans
45:27 pour passer un diplôme de commerce international.
45:30 Sa mère l'aide pour ses devoirs.
45:33 - Qui a fait ça ? - Moi.
45:35 - C'est ça que tu dois faire, maintenant ?
45:38 - Moi aussi, j'ai suivi ses cours avant. J'ai appris l'espagnol.
45:50 Alors j'essaye de l'aider.
45:53 Elle est brillante. Elle va prendre le relais et c'est elle qui m'aidera.
45:58 Les 2 femmes le savent.
46:00 La justice est plus clémente pour les détenus qui suivent une scolarité.
46:04 Reste l'inconnue du monde du travail.
46:08 Chamal a grandi derrière les barreaux. Sera-t-elle s'adapter ?
46:12 - Je pense qu'ils vont être plus durs avec elle.
46:18 Parce que... Elle vient de prison.
46:21 Et du coup...
46:25 Elle va devoir travailler 10 fois plus que les autres.
46:29 C'est très dur pour une femme de trouver un travail, un bon travail.
46:33 Ça a toujours été comme ça.
46:35 Et là, ça va être encore plus dur. Mais je vais y arriver.
46:39 Elle ne retournera jamais en prison. C'est sûr.
46:43 On va faire attention. On travaille pour ça.
46:48 Dans 3 semaines, maintenant, les 2 femmes seront fixées.
46:55 Les juges rendront leur décision pour leur demande de libération anticipée.
46:59 Des détenus exemplaires qui ne récidivent pas.
47:03 C'est le modèle dont rêvent le shérif Jenkins et ses électeurs.
47:08 - Comment allez-vous ? - Je vais bien, très bien.
47:13 - Shérif, je vous ai entendues à la radio. - Vraiment ?
47:16 - Oui. - Ça vous a plu ou pas ?
47:18 - C'était vraiment très bien. - OK, bien.
47:20 Ce dimanche, il anime une tombola.
47:23 Comme il n'en existe qu'aux Etats-Unis.
47:26 - Bonjour, tout le monde. Bienvenue à la tombola annuelle.
47:33 Alors, dépensez votre argent pour le 1er lot.
47:37 À la clé de la tombola, ni télé, ni voyage.
47:42 Au Maryland, les 1ers lots, ceux qui font rêver,
47:46 ce sont des fusils et des carabines.
47:50 Ça, vous pouvez l'emmener partout et, au besoin,
47:53 le faire réparer dans tous les Etats-Unis.
47:56 Pour moi, c'est la meilleure des armes.
48:00 C'est cette Remington Bold Action 700 BDL.
48:03 Et c'est sûrement la plus chère, ici.
48:06 Je pense qu'elle vaut dans les 900 dollars.
48:09 Ce rassemblement populaire attire chaque année plus de 600 personnes.
48:13 Des chasseurs, mais aussi des familles.
48:16 Et même des adolescents.
48:19 L'Amérique profonde est conservatrice.
48:22 Parmi les participants, il y a Michelle,
48:29 une maman chasseuse qui ne raterait cette tombola annuelle
48:33 pour rien au monde.
48:36 - En fait, je suis devenue chasseuse
48:41 parce que des collègues m'ont mise au défi
48:44 en me disant que je ne serais pas capable de tuer un cerf sans pleurer.
48:48 J'ai donc voulu relever ce défi.
48:51 J'ai obtenu ma licence de chasse et j'ai déjà tué deux biches.
48:55 Chasser, c'est tellement paisible et relaxant.
48:58 - L'année dernière, Michelle a déjà gagné un lot.
49:02 Alors, cette année, elle ne participe pas que pour elle.
49:06 - Mon fils veut une arme comme celle-ci.
49:11 Alors, si je gagnais la loterie, ce sera celle-là que je choisirais.
49:14 - Pour gagner ce fusil d'une valeur de 350 dollars,
49:20 le numéro gagnant est le 2600.
49:23 Outre leur amour des armes,
49:27 ces Américains partagent une admiration indéfectible pour leur shérif.
49:31 - Il protège les familles, le pays, notre ville.
49:40 Oui, il fait un super boulot.
49:43 - Il défend les gens comme nous qui respectons la loi.
49:48 Il fait vraiment un bon travail.
49:50 Regardez, il vient ici et il s'occupe de tout ça.
49:53 - Le shérif Jenkins, c'est le meilleur. Et c'est pour ça qu'on croit en lui.
49:56 Et tous rêvent d'une Amérique à leur image, sans étranger indésirable.
50:02 - S'ils ne sont pas en situation régulière, ils doivent rentrer chez eux.
50:07 - Le mur, c'est la meilleure chose à faire.
50:10 En fait... Non, je vais pas dire ça devant la caméra.
50:12 Le mur, c'est vraiment bien.
50:14 Parmi ses plus fervents supporters, le propre fils du shérif,
50:19 qui, les chats ne faisant pas des chiens, s'est engagé dans la police.
50:23 - C'est super de pouvoir aider. C'est un travail agréable.
50:28 On parle avec plein de gens et surtout, on essaye de changer les choses.
50:32 - Le numéro gagnant suivant est le numéro 100.
50:36 Le 100 est gagnant.
50:38 Le numéro 100, c'est justement celui de Michelle, la mère de famille.
50:43 - J'ai le ticket gagnant. - Bravo !
50:45 - Merci ! Je me suis dit "Oh mon Dieu, le numéro 100, j'ai gagné !"
50:49 - Tu as gagné !
50:50 - Merci pour votre dévouement au pays, pour tout ce que vous faites, chacun d'entre vous.
51:00 Ainsi va la vie du shérif Jenkins.
51:05 Ainsi va la politique sécuritaire du Maryland.
51:09 Depuis notre tournage, deux mois ont passé.
51:14 Natacha et sa fille Shamal ont reçu la réponse du juge.
51:18 Leur demande de libération conditionnelle a été refusée.
51:22 Elles ne pourront pas présenter de nouvelles demandes avant plusieurs années.
51:27 Comment survivront-elles dans un monde aussi rude ?
51:34 Blake, lui, a fini par se marier avec Tina.
51:37 Mais il n'a toujours pas lâché les reines de son gang.
51:40 Pour l'heure, il passe entre les mailles des policiers.
51:44 Mais pour combien de temps ?
51:46 Au Maryland, près d'un détenu sur deux retourne un jour en prison.
51:53 Une statistique que n'évoque pas le shérif Jenkins dans ses meetings.
51:58 Sa popularité n'a jamais été aussi forte.
52:03 Il compte se présenter prochainement au poste de gouverneur.
52:07 ♪ ♪ ♪
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52:17 ♪ ♪ ♪
52:18 C'est parce qu'une véritable valeur est la facilité d'un produit qui peut réussir.
52:20 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:22 car il est efficace,
52:24 et il est encore plus efficace que les autres produits.
52:26 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:28 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:30 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:32 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:34 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:36 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:38 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:40 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:42 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:44 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:46 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:48 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:50 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:52 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:54 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
52:56 car il est encore plus efficace que les autres produits.
52:58 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
53:00 car il est encore plus efficace que les autres produits.
53:02 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
53:04 car il est encore plus efficace que les autres produits.
53:06 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
53:08 car il est encore plus efficace que les autres produits.
53:10 C'est pourquoi, nous avons choisi le produit de la qualité,
53:12 car il est encore plus efficace que les autres produits.
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