00:00 À ces railleries désagréables pour le chanteur s'ajoute la pression des paparazzi, intéressés par autre chose que la musique.
00:06 Florent Pagny vit alors une idylle avec Vanessa Paradis.
00:09 L'icône, âgée de 16 ans, interprète du célèbre Joe le taxi.
00:15 Un tube vendu à 1 300 000 exemplaires dans le monde entier.
00:20 - Ils deviennent le couple qu'il faut paparazzer.
00:24 Déjà parce qu'ils sont glamour, parce que voilà, c'est deux stars de la chanson qui montent.
00:30 Il y a ce côté un peu sulfureux, Vanessa n'est pas majeure.
00:33 Il y a tout ça qui intéresse les paparazzi.
00:35 Et effectivement, plusieurs fois, c'est là aussi, c'est le magie Pagny.
00:41 Il se rend dans les rédactions et il leur dit, mais s'il vous plaît, ne faites pas de photos comme ça.
00:48 Laissez moi vivre ce moment là.
00:50 Ne gâchez pas tout.
00:52 Et c'est un petit entrefilet publié un jour dans le magazine Rolling Stone qui va déclencher la fureur de Florent Pagny.
01:00 - Il y a deux lignes sur Vanessa.
01:02 Et là, il voit rouge.
01:04 - C'est un chevalier.
01:05 C'est ça, il a ses attitudes de notre temps, en fait.
01:12 Et il a voulu protéger son amoureuse.
01:15 Et lui, brute de pomme, brute de décoffrage.
01:19 Allez, presse qui roule.
01:21 Il a écrit danger, presse qui roule.
01:23 Presse qui roule en référence à la traduction littérale de Rolling Stone.
01:28 Pierre qui roule, un titre dans lequel il veut régler ses comptes avec ce magazine et certains journalistes.
01:33 Il apporte son texte à sa manageuse.
01:36 - Et moi, je lui dis, Florent, c'est pas possible.
01:46 C'est bien, ta chanson.
01:48 Oui, tu es en train d'évacuer tout ce que tu as en toi, mais c'est pas bien.
01:54 C'est pas bien du tout.
01:56 Mais il n'y avait pas de texte.
01:57 Il a dit, je sais pas combien de fois, 20 fois, presse qui roule, me casse les couilles.
02:00 Donc, c'est pas un texte.
02:02 Sa manageuse tente de le dissuader en vain.
02:12 Quand Florent Pagny a une idée en tête, il ne renonce pas.
02:27 - Là, j'étais désespérée.
02:28 Franchement, je me suis dit, mais tu te rends pas compte.
02:30 C'est une catastrophe.
02:32 - C'est une vraie charge contre les journalistes, contre la presse.
02:34 - C'est une vraie charge contre quelques-uns.
02:37 Je me suis rendu compte en 3-4 ans que dès qu'on est un petit peu public et on a tous le même problème,
02:43 c'est qu'à un moment donné, on se fait attaquer un peu injustement.
02:46 Et finalement, les seules réponses qu'on peut avoir, c'est par tribunaux ou directement aller voir la personne
02:51 et lui exploser la tête, ce que je trouve pas plus intelligent.
02:54 - Donc, j'ai décidé d'utiliser l'arme que j'avais, c'est de faire des chansons et de dire ce que moi, j'en pense.
02:59 - Ce qui s'est passé, c'est qu'on lui est tombé dessus.
03:01 Là, tout le monde lui a tourné le dos.
03:03 La presse.
03:05 C'était fini, j'avais plus de télé, plus de radio, plus rien.
03:08 C'était fini. Tout ce qu'il y avait en radio, c'était...
03:11 En presse, c'était que des choses désagréables.
03:15 Avec cette chanson, c'est le début d'une descente aux enfers.
03:20 Absents des médias, ses ventes sont en chute libre.
03:23 Comme ses revenus financiers.
03:24 Et dans sa vie privée, c'est le chaos.
03:27 Vanessa Paradis le quitte pour Lenny Kravitz et tout son univers s'effondre.
03:32 - Il s'est retrouvé tout seul.
03:35 Vanessa partant, il s'est retrouvé démuni, en fait, de ce qu'il faisait vivre, c'est à dire ses amis.
03:44 - C'est vrai que d'un seul coup, ce qui était le plus troublant, c'était de voir que mes copains avaient plutôt choisi
03:51 de la suivre que de rester avec moi.
03:53 Donc ça, c'était presque plus ça qui me dérangeait.
03:57 Et puis, bon, en fait, voilà, j'arrivais aussi à un moment économiquement difficile.
04:05 Et autour de Vanessa, on lui expliquait qu'il ne fallait pas rester non plus, que ça allait devenir un peu dur.
04:12 - Plus d'argent, plus d'appartement, plus de maison, plus rien.
04:19 - Je crois que j'ai en effet pleuré pendant trois jours en me disant, allez, là, je remonterai pas.
04:23 Ils n'en veulent pas. Ils ne veulent pas de moi.
04:24 Personne ne veut de moi. Là, j'ai tout qui se met contre moi.
04:27 Je vais y aller. Et bon, à la suite de ça, il est vrai qu'il ne me restait donc plus que Ganja.
04:33 J'avais ma vieille Mercos customisée, la Batmobile.
04:36 - Il dormait dans sa bagnole. Il n'avait plus un rond.
04:39 Une période noire et des idées tout aussi sombres.
04:46 Sa santé flanche, il doit être hospitalisé.
04:49 - Il parle de dépression, mais c'était un burn out.
04:52 C'était pareil. C'était ça.
04:54 À l'époque, on ne disait pas ça, mais on disait dépression.
04:56 Mais c'était...
04:57 Et il s'est retrouvé pas bien, mal.
05:01 Je me souviens d'être allé le voir à l'hôpital américain parce qu'il était pas bien.
05:08 Il était fatigué, il était épuisé, il n'en pouvait plus.
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