00:00 organisée pour quitter l'éducation nationale.
00:02 Oui, oui, vous avez bien entendu, on en parle avec notre invité Guillaume.
00:05 Et avant ça, on rappelle la question du jour et pour laquelle vous pouvez appeler dès
00:08 maintenant au 04 67 58 6000.
00:11 Est-ce que vous aimeriez qu'aujourd'hui votre enfant vous dise "je veux devenir enseignant,
00:17 prof ou astute".
00:18 Et bien vous répondez non à 75%.
00:21 Ça serait parti de la manière suivante.
00:23 57% disent non mais je respecterais son choix parce que ce serait son choix.
00:28 17% disent non, surtout pas.
00:31 Et vous êtes donc seulement 1 sur 4 à répondre "oui j'aimerais bien que mon enfant devienne
00:36 enseignant".
00:37 Voilà, vous continuez à voter et on attend vos appels sans tarder au standard de France
00:41 Bureau.
00:42 On rappelle le numéro François ? Oui, 04 67 58 6000.
00:44 Vous nous appelez vite pour intervenir avant 8h.
00:46 Bonjour Jessica Boyer.
00:48 Bonjour Guillaume.
00:49 Bonjour François.
00:50 Vous êtes secrétaire départementale du SNALC dans l'héros, le syndicat national des
00:54 lycées, collèges, écoles et supérieures et c'est vous qui organisez ces stages qu'on
00:59 découvre un peu aujourd'hui pour accompagner ces enseignants qui veulent quitter le navire
01:03 pour reprendre l'expression que vous utilisez vous-même.
01:05 C'est des stages que vous avez lancés après le Covid ?
01:07 C'est ça.
01:08 En sortie de Covid, nous avons commencé ces stages sous le format visioconférence et
01:13 puis nous les faisons désormais en présentiel puisqu'ils sont largement plébiscités
01:18 par les collègues.
01:19 Et on en fait dans toute l'académie.
01:22 Depuis maintenant plusieurs semaines, on tourne dans l'académie et à chaque fois c'est
01:25 ça le comble et on a vraiment un gros malaise à soulager.
01:30 Il n'existait pas avant le Covid, on le sait, on va enfoncer une porte ouverte, mais il y
01:37 a eu clairement un changement avec le Covid ? La situation s'est aggravée ? Le mal-être
01:41 des enseignants s'est aggravé ?
01:42 Je pense que oui.
01:44 En fait le Covid a été un petit peu un catalyseur pour prendre conscience de la difficulté
01:49 de concilier la vie personnelle, le travail, et pas seulement pour les enseignants d'ailleurs,
01:53 pour tous les personnels de l'éducation nationale.
01:55 Et on s'est posé des bonnes questions sur nos pratiques quotidiennes et le bilan n'est
02:00 pas terrible.
02:01 On a une vraie morosité dans l'éducation nationale à l'heure actuelle.
02:05 Et notre formation ne vise pas seulement à accompagner les collègues qui veulent quitter,
02:09 elle vise surtout à soulager la peine, le poids qu'ils ont sur les épaules, à se
02:13 sentir coincés.
02:14 Leur ouvrir des perspectives, leur ouvrir le champ des possibles.
02:18 Vous vous parlez de morosité mais parfois on entend parler aussi de souffrance au travail
02:22 d'un enseignant.
02:23 C'est le cas véritablement ? Et la situation a tendance à s'aggraver aujourd'hui ?
02:27 Ah oui, clairement.
02:29 Pour vous donner un chiffre, dans notre académie en un an on a eu 35% d'augmentation des
02:33 signalements dans le registre santé et sécurité au travail.
02:36 C'est énorme.
02:37 Les collègues sont en souffrance et le font savoir.
02:40 Donc le succès de ces formations ça doit être aussi avant tout un signal d'alerte
02:45 pour l'administration pour qu'elle prenne la mesure de ce qui se passe et qu'elle
02:49 mette en place des moyens suffisants pour y remédier.
02:52 Et que les collègues de l'éducation nationale retrouvent la joie d'aller travailler.
02:55 Alors vous allez nous expliquer comment ça se passe.
02:57 Il y avait deux stages d'organisé hier dans le département de Léon.
03:00 Un à Abéziers hier matin, l'autre à Montpellier hier après-midi.
03:03 Et c'était, comme on dit, à guichet fermé.
03:06 Oui, on a fait sale comble dans les deux salles que nous avons réservées à cet effet.
03:13 Ça fut le cas dans tous les départements dans lesquels nous sommes passés.
03:16 Il y a énormément de demandes qu'on ne peut pas satisfaire parce qu'on ne peut pas multiplier
03:21 les dates indéfiniment et parce qu'il faut aussi que sur le terrain les enseignants soient
03:25 devant les élèves.
03:26 Donc les autorisations d'absence ne peuvent pas être délivrées non plus.
03:30 Ça s'entend en nombre suffisant.
03:31 Donc on le refera.
03:32 J'imagine.
03:33 Alors comment ça se passe très concrètement ? C'est quoi ces stages ? C'est des conseils
03:37 pour inciter ceux qui veulent partir à rester ou pour les accompagner vers la sortie, sachant
03:41 qu'il y en a aussi qui ne veulent pas forcément quitter l'éducation, mais peut-être changer
03:45 un petit peu de registre.
03:46 Expliquez-nous, quelle est la proportion entre ceux qui veulent partir ?
03:48 On a un peu de tous les profils, vous savez.
03:50 Il y a des gens effectivement qui sont là parce qu'ils en ont vraiment plein le dos.
03:54 C'est un ras-le-bol définitif et pas de retour possible.
03:57 Et il y en a d'autres qui sont là pour avoir une voie de sortie en tête.
04:02 En fait, quand on souffre au travail, ne serait-ce que le simple fait de savoir qu'on peut faire
04:06 autre chose et qu'on n'est pas coincé, ça soulage cette souffrance.
04:09 0467 586 000, on vous rappelle la question du jour.
04:12 Vous nous appelez tout de suite au Standard de France, Bleu Héro.
04:14 Aimeriez-vous que votre enfant devienne enseignant ? Témoignez aussi si vous avez déjà des
04:18 enfants qui exercent ce métier, Guillaume.
04:20 Ceux qui veulent partir, celles et ceux qui veulent partir, c'est la définition définitive.
04:25 Ils ne changeront pas d'avis et ils vous expliquent pourquoi.
04:27 Oui, il y a beaucoup de problématiques qui se sont exacerbées dernièrement, notamment
04:33 les relationnels avec les familles qui s'est dégradé, la sensation de mépris par l'institution
04:38 parfois, qu'elle soit voulue ou non, la perte de sens du métier, quel que soit le corps,
04:43 qu'on soit dans le corps des administratifs ou qu'on soit enseignant.
04:46 Et il y a vraiment une usure dans l'éducation nationale.
04:50 Donc ceux qui veulent partir, on leur explique comment faire, avec les moyens qui sont les
04:55 nôtres, puisque vous savez, par exemple, les ruptures conventionnelles, elles sont
04:57 très peu accordées et souvent la seule solution c'est la définition.
05:00 Parce que c'est la fonction publique.
05:01 C'est pour ça d'ailleurs qu'on propose des passerelles.
05:05 On développe quelque chose qu'on aimerait voir développé par l'administration.
05:08 C'est comment on passe d'une fonction publique à une autre parce qu'on est quand même
05:11 face à des personnes qui ont suivi des concours, des études longues et qui ont du mal à renoncer
05:16 à ces concours.
05:17 Ça s'entend.
05:18 Et pour ceux qui ne veulent pas complètement partir, quels sont les perspectives ? Parce
05:21 qu'on dit "c'est une grosse machine l'éducation nationale, on arrivera toujours à se recaser".
05:27 C'est peut-être pas aussi simple que ça en fait, d'après ce que j'ai compris.
05:29 Le principal frein c'est que les personnels pensent qu'ils ne savent faire que le métier
05:35 qu'ils sont en train de faire à l'heure actuelle.
05:37 Et c'est ce frein-là qu'on essaye de lever.
05:38 C'est de leur donner des options.
05:40 Que ce soit dans la piste du cumul d'activités, puis la création d'entreprises tout en gardant
05:46 un pied dans la fonction publique.
05:48 Que ce soit carrément changer de fonction publique, se faire employer par une collectivité
05:52 territoriale, c'est possible.
05:54 Changer, passer à la fonction hospitalière pour certains administratifs, c'est possible.
05:57 Il y a tout un tas de débouchés possibles et les collègues ne le savent pas.
06:02 Donc on est là pour leur apprendre ce qu'ils ont à leur portée.
06:05 - On peut rester dans l'éducation nationale, ne plus être prof, est-ce qu'il y a des débouchés
06:10 aujourd'hui ou c'est compliqué ?
06:11 - Oui, au sein de l'éducation nationale c'est une des parties que nous développons pour
06:17 faire d'autres métiers en fait, parce qu'il n'y a pas que des profs dans l'Assemblée.
06:20 Donc en fait on explique comment passer d'un métier à un autre.
06:23 Chef d'établissement, conseiller principal d'éducation.
06:26 - J'imagine que c'est encore plus compliqué quand on veut se libérer, s'alléger de cette
06:32 charge mentale qui accompagne le métier de prof, chef d'établissement.
06:35 - Ça développe des compétences différentes.
06:38 Un sacerdoce aussi, ce n'est pas idéal, mais il y a des personnels qui embrassent les fonctions
06:42 encadrantes avec plaisir.
06:44 On en a chaque année à peu près 150 dans le pays qui choisissent la voie du détachement.
06:48 Donc c'est une voie possible.
06:49 Après on peut devenir aussi conseiller en formation continue.
06:52 Il y a tout un tas de débouchés possibles.
06:54 - Mais il y a une histoire de mobilité aussi, c'est-à-dire qu'il faut investir là-dessus
06:57 aussi.
06:58 - Exactement.
06:59 Il faut être conscient en fait des conséquences de chaque choix, de chaque option.
07:03 Et c'est ça qu'on fait en trois heures de temps.
07:05 On matche le travail aux collègues parce que vous savez quand on souffre, on n'a pas le
07:08 temps d'aller chercher partout parce qu'il faut chercher énormément de textes différents.
07:12 Donc on leur facilite le travail pour qu'ils comprennent à chaque fois, chaque choix,
07:17 quelles conséquences, quels avantages, quels inconvénients.
07:19 - Et choisir c'est renoncer.
07:20 - Une dernière chose Jessica Boyer.
07:21 Évidemment ce qui se passe là avec ces stages, les succès que rencontrent ces stages ne
07:26 laissent pas l'administration indifférente.
07:28 Ça peut-être commence même à l'inquiéter.
07:30 Vous sentez que les choses sont peut-être en train de bouger ?
07:33 - Écoutez le SNALC oeuvre dans ce sens depuis très longtemps, dans le sens de prendre en
07:37 compte la mobilité possible des personnels.
07:40 On a d'ailleurs créé une plateforme qui s'appelle Mobisnalc à disposition des personnels.
07:45 Et on pousse sans arrêt l'administration.
07:47 Je pense qu'au niveau de la fonction publique, les choses sont en train de bouger.
07:51 Parce que dans l'éducation nationale, on est vraiment à des années-lumières en termes
07:54 de ressources humaines.
07:55 Non pas que les personnes ne fassent pas leur travail, mais on n'a pas assez de ressources
07:58 au regard de la masse salariale en fait.
08:00 - Mais au bout d'un moment, à force de voir tous ces profs quitter le métier, et que
08:04 l'administration peut aussi avoir du mal à remplacer, il va y avoir un vrai souci quand
08:07 même non ?
08:08 - C'est encore un autre problème effectivement.
08:11 Après peut-être il faudra réfléchir à un moment à la façon dont on rémunère,
08:16 dont on considère les profs.
08:17 Parce que la considération des profs, elle passe aussi par la rémunération.
08:21 Dans les années 80, on touchait 2,3 SMIC quand on commence.
08:24 Aujourd'hui c'est 1,2 SMIC.
08:26 Je pense que le résultat de votre sondage est parlant.
08:29 Ce n'est pas un métier qui est considéré dans l'opinion publique comme un métier porteur
08:32 en fait.
08:33 Et ça, on doit y travailler aussi.
08:34 - Merci Jessica Boyer, secrétaire départementale du SNALC, Syndicat National des lycées, collèges
08:40 et collèges supérieurs, d'être venue dans le 6/9 ce matin.
08:44 Merci à vous.
08:45 - Merci à vous.
08:46 de 8 heures, on évoquera les méga bassines qui divisent les défenseurs de l'environnement.
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