00:00 A mon sens, c'est un bilan positif, même si je dirais que dans l'exercice, la moyennesse
00:12 n'a pas pris tout de suite, étant donné que c'est une campagne où on ne doit pas
00:18 absolument nous apaisantir sur les moyens de l'État.
00:23 L'ensemble des partis politiques et des ex-politico-militaires ont mis en commun leurs forces pour pouvoir
00:31 initier la campagne, battre la campagne dans le sens du but.
00:36 Ça n'a pas été facile du tout au début, parce que, comme vous le savez, dans toute
00:40 campagne, le nerf de la guerre c'est l'argent, allez le chercher.
00:45 Si beaucoup ont spéculé déjà qu'on a utilisé les fonds du Trésor, si c'était
00:50 si facile que ça, on aurait fait quelque chose d'extraordinaire, que ce qu'on a
00:54 fait qui est déjà extraordinaire.
00:55 Mais à mon sens, je suis très satisfait et nous pensons que nous allons pouvoir aller
01:03 pour gagner cette campagne.
01:04 Écoutez, si on veut faire de la mauvaise foi à bonne foi, toutes les explications
01:11 ont été données, dans le sens large, comme au figuré, par rapport à cette campagne.
01:17 Nous l'avons si bien expliqué pour faire la différence entre ce qui est fédéral et
01:22 ce qui est parti, enfin, état unitaire fortement décentralisé.
01:27 Tous ceux qui étaient déjà et ceux qui sont partis en région, avec les renforcements
01:33 qui vont se faire encore sur les deux, trois jours qui restent, nous pensons que oui, la
01:38 population a bénégocé, beaucoup ont adhéré, parce qu'il fallait faire de la pédagogie,
01:44 expliquer exactement pourquoi on veut un état unitaire fortement décentralisé.
01:51 J'insiste sur le terme « fortement décentralisé » parce qu'en somme elle-même, c'est une
01:56 expérience nouvelle.
01:57 Nous sommes pratiquement dans l'antichambre de la Fédération.
02:01 Ceux qui prônent la Fédération, et ça j'en fais, mon expérience personnelle, j'ai
02:06 été aussi à votre place comme un homme de presse, j'écoute les sollicitations des
02:10 gens, les dénonciations des gens.
02:12 Souvent ceux qui vont vers la Fédération le font par antimonie.
02:16 Ils le font parce qu'ils sont frustrés, parce qu'ils sont fâchés ou parce qu'ils
02:20 ne sont pas au centre des choses.
02:23 Or, quand il faut penser république, il faut penser démocratie, il faut penser pays, on
02:29 ne peut pas faire des choses par frustration.
02:31 On le fait en ayant la tête bien entre les épaules, en réfléchissant de fond en comble,
02:38 en mettant son intérêt personnel de côté, il faut mettre l'intérêt du pays en avant
02:43 et c'est ensemble qu'on peut se projeter pour dire « oui, je choisis ça parce que
02:47 voilà mes argumentaires ».
02:48 Vous savez, il y a un grand homme qui a dit « il va avec le vent à un sein de feuille
02:55 morte ». Pas parce que le vent a soufflé, allez on se met à aller, sinon on serait
02:58 emporté par n'importe quoi.
03:01 L'État unitaire fortement décentralisé est notre choix, on l'a dit pourquoi, on
03:06 continue de le dire pourquoi.
03:08 Nous sommes un pays encore très fragile, nous sommes un pays qui ne sort pas de nulle
03:14 part, nous n'avons pas la pérennité aujourd'hui des autres pays de par l'Afrique.
03:19 Toute notre histoire a été jalonnée par des guerres.
03:22 Nous sommes dans des contextes communautaristes, tribalistes, régionalistes.
03:27 Ceux qui ont prôné la Fédération l'ont fait en son temps en dépassant déjà cela,
03:34 en ayant déjà des fondements de base qui sont solides.
03:37 Ils ont opté pour le Fédéralisme comme expérience, ils ne sont pas allés comme ça
03:42 à tâton.
03:43 Nous, notre cas est très très différent, il est très différent dans le sens où on
03:49 ne peut pas absolument accepter d'aller vers le Fédéralisme dans ce contexte-là.
03:54 Mais déjà ce que propose l'État unitaire fortement décentralisé est très très très
04:01 bien comme ça.
04:02 L'État unitaire ce n'est pas depuis 93, c'est depuis 1960.
04:07 Depuis 1970, dites-moi, si je vous prends au mot, quel est le régime qu'il a expérimenté
04:13 jusqu'à la fin ? Vous ne pouvez pas m'en citer un.
04:16 Si vous prenez Tombalvaille, il a été sanctionné par un coup d'État.
04:20 Vous prenez le CSM par la guerre de 80.
04:23 Vous prenez encore 79, sanctionné en 90.
04:28 La mort du maréchal, nous sommes encore dans un autre fait.
04:33 Dites-moi quel est le régime dans notre pays qui a eu la latitude de gouverner tranquillement
04:41 et en expérimentant sa politique ? Il n'y en a pas.
04:44 Je vous dis encore, les réviens, c'est ce que je disais avant, ceux qui prennent cela,
04:50 le Fédéralisme, ils le font par dépit.
04:52 Ils le font parce qu'ils sont frustrés.
04:54 On est écarté, on est lésé.
04:58 Si c'est comme ça, je répare chez moi et là-bas, je peux mieux faire.
05:01 Le réplique identitaire n'a jamais été.
05:04 Certains disent encore, attention, certains disent encore oui, si on continue dans l'état
05:10 unitaire, c'est qu'on veut absolument plébisciter le pouvoir d'une personne.
05:16 Par analogie ou par translation, on dit, ok, on voit le président.
05:23 On n'ose pas le dire, mais on dit oui dans ce cas, par exemple, le président Lamartine
05:26 est présent, il va concentrer l'état unitaire, donc il va concentrer tout entre ses mains.
05:31 Mais c'est faux.
05:32 Les dérogations ou encore les recommandations qui sortent du dialogue national inclusif
05:37 sont explicites.
05:38 Aujourd'hui, on a des chambres bien passées, le CEDA, l'Assemblée, qui ne donne pas aujourd'hui
05:44 la latitude au président de gouverner comme il veut.
05:48 Ensuite, il y a la magistrature suprême avec les magistrats.
05:51 Ce n'est plus le président qui est le président des magistrats.
05:54 Il y a autant d'innovations dans les arcades de l'état unitaire fortement défrontalisé
06:00 qui font qu'on ne peut plus faire ce qu'on pouvait faire avant.
06:07 L'apothéo, c'est que tout cela était animé sur la construction de 1993 où tout le monde,
06:18 de l'avis de tous les experts, et la construction idoine et qui simplement n'a pas été respectée
06:26 comme il le fallait.
06:27 Écoutez, nous sommes dans une démocratie où on respecte le point de vue de tout un
06:32 chacun.
06:33 Chacun est libre de dire "je boycotte", il doit boycotter.
06:37 Celui qui veut dire non, il dira son nom.
06:40 Nous, on veut dire oui, on dira notre oui.
06:43 Et à la fin, c'est le peuple qui sanctionnera.
06:46 C'est autant simple.
06:47 Moi, je n'ai pas d'avis personnel à donner.
06:50 Je respecte la démocratie autant que soi.
06:53 Maintenant, si c'est moi, à ma petite personne, qui doit dire comme ça, je ramasse tout le
06:59 monde, je dis mon oui, là, et puis voilà.
07:02 Mais non, nous sommes dans une démocratie.
07:04 Et ça, je vous le dis encore, beaucoup ne le savent pas.
07:08 Le président de transition que tout le monde essaie de décrire comme si c'était le diable
07:13 en personne, était le tout premier à nous dire.
07:17 Respectons la démocratie.
07:19 Nous sommes un gouvernement de mission.
07:22 Allons vivre vers ce que le peuple nous demande.
07:25 Vous voyez, quand on n'est pas dans l'antichambre, quand on n'est pas dans la chambre, ce qui
07:32 est difficile de l'être, quand on n'y est pas, on raconte toujours ce qu'on veut.
07:37 Nous autres ministres ou encore collaborateurs qui sont là au gouvernement et qui rencontrent,
07:42 on écoute.
07:43 Le message du président est explicit là-dessus.
07:46 Si demain le non doit l'emporter, c'est le peuple qui aura choisi.
07:50 Si le oui emporte, c'est le peuple qui aura choisi.
07:54 Mais simplement, il faut qu'on dépasse le clivage de passion.
07:57 Il faudrait qu'on accepte, nous Italiens, on est habitués à la bagarre.
08:02 Il faut se bagarrer d'abord avant d'accepter.
08:04 Non, il faut accepter le résultat d'où qu'il soit.
08:08 Respecter, c'est déjà réussir.
08:10 Il y a déjà 8 millions d'Italiens sur les 17 millions d'Italiens.
08:15 Ça, c'est la campagne de ceux qui veulent dire "attention, il n'y a pas autant d'électeurs,
08:20 donc attention à la tricherie, etc."
08:23 Généralement, les mauvais présents sont présents les autres.
08:26 Vous voyez ? Les complotistes, les...
08:31 Non, non, non, moi je ne suis pas d'accord.
08:33 Il est clairement établi qu'il y a 8 millions d'électeurs qui iront déposer leur voix dans le sien.
08:40 Ceux qui ne l'ont pas fait par maléfique ou par... comment dire...
08:47 par lenteur de soi ou encore par négligence,
08:51 iront le faire, on a autant de jours, on les a appelés, interpellés, ils iront le faire.
08:56 Moi, je ne suis pas défaitiste, je dis simplement que
09:00 dimanche, quand on aura fini de voter et quand les résultats seront proclamés à ce moment-là,
09:05 on saura si vraiment ce que vous dites là est vrai.
09:08 Mais en amont, nous ne décourageons pas les idées et les esprits.
09:12 Vous savez, quand on est démocrate, un démocrate ne connaît pas ce qui est le plus difficile.
09:17 Un démocrate se dira "je vais me battre pour voir ce qui est meilleur.
09:21 Si je sors gagnant, bravo."
09:23 C'est argument contre argument, idée contre idée qu'on ira faire ça.
09:27 Plebiscit, oui, si lui, il emporte ce que,
09:32 la campagne qu'on aura faite, l'explication, la pédagogie qui a été faite auprès de la population aura réussi.
09:38 Si aujourd'hui le non est dans un pourcentage important,
09:43 c'est que derrière ça aussi il y a un message qu'il faut prendre en compte.
09:46 Mais moi, j'ai dit souvent, le message que les fédéralistes veulent envoyer
09:51 se trouve déjà dans l'état unitaire porte-moi de centralité.
09:56 Quand on dit "il faut donner l'autonomie aux régions",
09:59 quand il est possible peut-être après discussion de faire élire même les gouverneurs localement,
10:04 quand les collectivités locales vont pouvoir s'exprimer individuellement,
10:10 quand la région économiquement, socialement va pouvoir s'imposer identiquement, culturellement.
10:17 Mais on est pratiquement sous la main du champ de la fédération.
10:20 Qu'est-ce que la fédération voudrait encore faire plus que ça ?
10:25 Mais par antimonie, si elle ne l'accepte pas, ce qu'elle veut, c'est que ce pays-là éclate.
10:30 Nous, qu'est-ce qu'on dit ? On dit simplement que nous sommes un pays fragile
10:34 où nous sommes encore assis sur des aspérités clanniques, tribales, communautaires, etc.
10:41 et qu'il ne fallait pas aller encore mettre de la braise dans le cendres.
10:46 D'accord ? Attendons, expérimentons déjà ça, regardons,
10:50 mais dans un contexte d'unification du pays
10:53 et n'allons pas tout de suite dire qu'on veut la fédération.
10:57 Tout ce que tu le dis à un moment.
11:00 Je veux rappeler l'histoire, dans les années 80.
11:04 Certains sont allés jusqu'à proclamer la république de Logan,
11:10 mais Kamougué, autant opposé qu'à M. Sisteme, a dit non.
11:15 Malgré qu'à l'époque la France poussait un peu dans les coulisses.
11:18 S'il a dit non, pourquoi ? Parce qu'il sait.
11:22 Voyez-vous, nous ne sommes pas prêts pour la fédération, il faudrait qu'on se l'entende.
11:27 On ne se l'entend pas parce que simplement on le dénie,
11:30 ou parce que demain il faut concentrer le pouvoir autour de soi,
11:33 non, parce qu'on veut que les différentes richesses de ce pays puissent s'exprimer entre elles,
11:40 sans aller vers une espèce de fédération, etc.
11:44 Beaucoup pensent que la fédération c'est une scission.
11:47 Allez-y demander à une certaine population lambda.
11:50 Pour elle, sa compréhension de la fédération c'est un non, je veux être chez moi, c'est tout.
11:56 Toi Monsal, reste là-bas, toi après, Di Madoum, va chez toi,
12:01 toi Kari, ne viens plus par ici.
12:03 Non, on n'est pas à ça près.
12:07 Nous pensons qu'il ne faut pas aller par là.
12:11 L'état unitaire fortement décentralisé répond à beaucoup de questions,
12:17 beaucoup d'interrogations qui touchent la fédération.
12:21 Ensuite, le temps fera,
12:24 mais dans la paix et la concorde, le temps fera pour que demain on puisse,
12:28 peut-être un jour, si les fondements sont solides,
12:32 dire ok, peut-être que cette fois-ci,
12:34 on va voir ce que la fédération nous propose, mais derrière,
12:40 on aura cimenté le pays, pacifié le pays,
12:43 de façon à ce que toutes ces frustrations qui font que les gens veulent chacun aller chez soi là,
12:48 ne puissent pas être là.
12:50 Moi, j'ai des frères qui sont du côté sud,
12:52 il y a beaucoup de gens du sud qui ont des frères du côté du nord,
12:55 vous voulez qu'on les sépare comme ça ?
12:58 Non, non, moi je pense que non, c'est de faux arguments ça.
13:00 Vous savez, je vais vous dire encore une chose,
13:03 ça a toujours été l'apanage des mauvais pères.
13:09 En Europe, où j'ai beaucoup vécu,
13:11 je vois certains partis crier tout de suite,
13:13 on le sait déjà, c'est pas la peine,
13:15 certains vous disent c'est pas la peine d'aller conclure, on sait déjà les résultats.
13:20 Fraude massive, comment ?
13:22 On crie à la fraude sans avoir vu, sans avoir défini le mécanisme,
13:28 oh attention il y aura fraude.
13:30 Vous voyez les cris d'enfers, on les connait,
13:32 mais ce n'est pas comme ça.
13:34 Allons compétir,
13:36 le candidat fait son campagne,
13:40 nous faisons aussi la campagne,
13:41 et demain on verra bien.
13:44 Je connais M. Fuchsé Massara qui est de l'année,
13:48 je connais M. Fuchsé Massara qui est passé par la même école que moi,
13:51 Siaspo, Paris.
13:53 Je connais son intelligence.
13:56 Si lui, pendant plusieurs moments d'enfant lutte,
14:00 on l'a taxé d'être quelqu'un qui a cherché la division,
14:04 et qui aujourd'hui prend position après réflexion,
14:07 alors j'estime qu'il l'a dit après réflexion,
14:10 allez-y comprendre pourquoi.
14:13 C'est encore un élément important pour ceux qui veulent vivre de la fédéralisme,
14:18 de dire "ah, au moins nous votons oui pour un État unitaire,
14:22 pour que l'on décentralise".
14:24 J'ai aussi écouté,
14:25 des amis de RFI m'ont fait écouter,
14:31 et j'apprécie beaucoup.
14:33 J'estime que,
14:35 et l'intelligence et la trajette, on peut y aller.
14:38 Si j'ai un message,
14:39 c'est que je veux que la chose se fasse dans la joie et la légèreté.
14:43 Nous ne sommes pas des ennemis,
14:45 nous sommes entre compatriotes.
14:47 On peut ne pas être d'accord,
14:49 du tout,
14:50 mais passé le moment du vote,
14:53 on est en famille.
14:54 Aujourd'hui, cette histoire de référendum,
14:57 il lise beaucoup de gens.
14:58 Il y a même dans une même famille,
15:00 des frères, celui-là a dit "oui, ça me renvoie un peu
15:03 au moment des guerres civiles,
15:05 tel frère est dans telle tendance, l'autre est dans l'autre tendance".
15:09 C'est tout simplement une divergence d'idées.
15:13 Nous ne sommes pas d'accord,
15:14 nous avons demandé à aller vers une sanction populaire.
15:19 Le peuple décidera,
15:20 le peuple qui aura décidé,
15:22 et pour moi, et pour mon frère qui est de l'autre camp,
15:26 que cela se fasse dans la joie et la légèreté.
15:29 Je voudrais que cela se fasse sans provocation,
15:33 et que ça se fasse dans la bonne humeur.
15:36 Après tout, tout ce qu'on fera, on le fera pour le tchad.
15:39 C'est le tchad qui doit être bébécité,
15:42 c'est le tchad qui doit être mis en avant.
15:45 Depuis plusieurs années,
15:47 beaucoup de nos compatriotes ont oublié le tchad.
15:50 Ils l'ont mis au placard en pensant à eux d'abord,
15:53 et après le tchad.
15:55 Aujourd'hui, le message que je leur dis,
15:57 le tchad d'abord.
15:58 Respectons notre pays pour que ce pays-là,
16:00 au moins pour une fois, puisse choisir sa constitution
16:06 et se lancer sur les rails du développement.
16:08 Si j'ai un message à leur dire, c'est respect.
16:11 Merci à vous.
16:13 Sous-titrage Société Radio-Canada
16:15 [Bruit de l'espace]
16:17 Merci.
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