- il y a 2 ans
COMPLOT MEURTRES ESPIONS DE LA FRANC MACONNERIE _ L' AFFAIRE ATHANOR
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00:00 sur une poignée de francs maçons soupçonnés d'avoir réglé des problèmes quotidiens
00:04 en embauchant des tueurs à gage.
00:06 Bonsoir, vous êtes chef d'entreprise, vous en avez marre d'un de vos syndicalistes
00:29 et si vous le faisiez assassiner pour la maudite somme de 75 000 euros.
00:33 Ça vous paraît improbable et c'est pourtant ce qui a failli arriver à Hassan.
00:37 Pour la première fois, vous entendrez ce soir le témoignage de ce délégué du personnel.
00:41 Il se serait retrouvé avec un contrat sur la tête car sa patronne ne supportait pas son engagement aux côtés des Gilets jaunes.
00:48 Vous vous êtes vu mort a posteriori.
00:50 Ouh, malheureusement pour moi oui et puis pas qu'une fois.
00:54 Filature, passage à tabac, meurtre, on va vous raconter l'histoire d'un trio de francs maçons suspectés d'avoir monté une officine du crime.
01:02 Ils seraient parvenus à faire croire à des agents des services secrets qu'ils étaient en mission
01:06 et qu'il fallait supprimer des cibles au nom des intérêts supérieurs de la France.
01:10 Daniel souhaitait multiplier les contrats homos comme il disait.
01:16 C'est-à-dire les contrats homicides d'Etat.
01:19 Présentés comme tel.
01:21 Parmi les victimes de ce qui pourrait être un incroyable réseau francs maçons de tueurs,
01:26 il y a Laurent Pasquali, un ancien champion de course automobile.
01:29 On s'est installé sur ce circuit dans l'ouest de Paris où il venait s'entraîner et où son frère va nous rejoindre dans un instant.
01:36 Ce sera juste après l'enquête d'Eric Léniche, Pierre-Louis Devey avec TV Presse.
01:40 Il y a 7 ans, Ferdinand M'Bahou a échappé à la mort par miracle.
01:50 C'est un opposant congolais réfugié en France.
01:58 Un ancien général chassé de son pays par le pouvoir en place.
02:02 Je vais donc à la gare de Besancourt pour prendre mon train.
02:08 Ce matin-là, un inconnu le suit et se rapproche.
02:12 J'arrive ici, j'entends deux coups de feu dans mon dos.
02:18 Et je me retourne.
02:20 Et je me retourne.
02:22 Et quand je me retourne, je vois quelqu'un ici à un mètre de moi qui me pointe un pistolet.
02:30 Et donc je me mets à courir pour fuir en zigzaguant.
02:35 J'essaie de fuir et je me retourne.
02:37 Il est encore sur place et je décide de le pourchasser.
02:41 Et finalement, je sens que mon corps s'affaiblit.
02:44 Et lui, il gicle là-bas où il y avait un véhicule qui l'attendait.
02:48 La première balle a ricoché un peu plus haut.
02:51 Et la deuxième, comme il était un peu plus proche, est rentrée et est venue en profondeur jusqu'à se loger à côté du cœur.
03:01 - Je vous aide ? - Vous pouvez m'aider, oui.
03:04 Allez jusqu'au bout, jusqu'au bout. Et voilà.
03:06 - Ah voilà, oui. - Exactement. Donc elle est là.
03:08 - Vous voyez la cicatrice ? - Oui, oui.
03:10 - Elle est toujours là donc, la balle ? - La balle est toujours dedans.
03:12 Et elle me gêne.
03:14 Cette tentative de meurtre non élucidée intéresse de près la police.
03:20 Elle pourrait faire partie d'une affaire tentaculaire, l'une des plus surprenantes de ces dernières années.
03:27 L'affaire Atanor.
03:30 Une enquête qui prend naissance dans l'univers secret des francs-maçons.
03:35 - Les frères, debout !
03:39 - Il y a eu des dérives, hein. Il y a eu des dérives financières, il y a eu des dérives dans tous les sens.
03:43 Mais alors ça, ça n'avait jamais eu.
03:46 Filature, passage à tabac, meurtre, tentative de meurtre.
03:52 - Ces gens avaient peut-être besoin de pognon. Ils pensaient qu'ils étaient des "James Bond" alors qu'ils n'y étaient pas.
03:59 Une affaire où se croisent des militaires pieds nickelés, des ex-agents secrets au service de notables fortunés et des victimes sans histoire.
04:09 - Vous vous êtes vu mort a posteriori.
04:12 - Ouh, malheureusement pour moi, oui. Et puis pas qu'une fois.
04:16 - C'est le dossier le plus fou que je n'ai jamais vu. Je n'ai jamais vu un dossier aussi incompréhensible du point de vue de la raison humaine.
04:24 15 mises en examen, des auditions, des écoutes, des perquisitions.
04:30 Nous avons eu accès à des documents inédits et enquêté sur cette affaire pendant plusieurs mois.
04:37 - Je vous conseille un truc, ne parlez jamais de la société parce qu'il y en a des journalistes qui se sont amusés à ça et il y a un avocat derrière.
04:44 - Eric Léniche, je travaille pour l'émission Complément d'Enquête sur France 2.
04:48 - J'ai été dégagé, je vous écoute pas. Je vais porter ça sur le front de vous.
04:51 - Mais pourquoi ?
04:52 - Je vous répondrai pas à la secouverte par le secret d'instruction. Allez, vous pouvez couper.
05:02 Pour la police, tout commence ici à Créteil, près de Paris.
05:07 Dans ce quartier résidentiel, Marie-Hélène Digny jongle entre sa vie de famille et sa petite entreprise de formation.
05:18 Mais un matin de 2019, sa vie va chavirer quand elle est violemment agressée en bas de chez elle.
05:27 - Alors, voilà, ils étaient là, face à face, ce qui fait que j'ai vu le visage de l'un d'eux.
05:33 J'ai passé mon chemin et arrivé là, j'ai pris un énorme coup sur la tête. Après, je me souviens plus de rien.
05:41 Je me retrouve à terre et là, ils me disent... J'ai envie de hurler. Je suis baillonnée et ils me disent "si tu hurles, on te tue et si tu appelles la police, on reviendra".
05:56 Comme ils sont partis avec mon ordinateur, mon sac à main, j'ai pensé qu'effectivement, c'était un vol.
06:02 En réalité, ce n'est qu'un avertissement qui lui vaut 10 jours d'interruption de travail. Cette photo a été prise au lendemain de son agression.
06:14 La suite arrivera 9 mois plus tard.
06:20 Mehdi est artisan. Comme chaque matin, il vient de déposer son fils à la crèche dans la rue où habite Marie-Hélène Digny.
06:27 Un véhicule attire son attention.
06:31 - Arrivé à l'angle de la rue, il y avait une clio noire. Il y avait deux personnes dedans.
06:37 Et quand je suis passé, il y en a un qui a fait semblant de dormir et l'autre est regardé dans son retroviseur.
06:47 Et après, j'ai vu des gants en mois de juillet. Je me suis dit "c'est bizarre".
06:51 En juillet, il fait chaud, la personne, elle a des gants, l'autre, elle a une casquette, l'autre, elle a une capuche.
06:57 C'était louche. C'est là que ça m'a mis la puce à l'oreille. Je me suis dit "non, il y a un truc qui ne va pas".
07:02 Je me suis dit "il y a la crèche à côté, il va faire un attentat". Je me suis posé toutes les questions.
07:07 Et c'est là que j'ai pris mon téléphone et j'ai appelé la police.
07:13 Une patrouille arrive sur les lieux et vérifie la plaque de la clio. Elle est fausse.
07:18 Les policiers interpellent les passagers. A leur côté, ils découvrent une arme à feu chargée.
07:25 Surprise, les deux hommes sont des militaires de la DGSE, les services secrets français.
07:37 Dans cet état-là, quand Marie-Hélène Digny quitte son domicile pour aller au travail, elle a peut-être échappé au pire.
07:44 Là, en fait, je vois un attroupement au fond de la rue, là, sur la dernière partie. Plein de policiers.
07:52 Donc j'ai passé mon chemin et je suis allée récupérer ma voiture et je suis partie.
07:57 J'ai été à peu près à trois quarts d'heure de retard sur mon horaire habituel.
08:03 Alors, je pense que là, je pense qu'effectivement, j'aurais eu quelques ennuis. Peut-être que je ne serais plus là, je ne sais pas.
08:11 Marie-Hélène Digny a-t-elle échappé à une exécution ?
08:18 Pour expliquer leur présence, les deux militaires de la clio, nom de code à la DGSE, Dagomar et Adélar, livrent une explication étonnante.
08:29 Madame Digny est selon eux, une agent du Mossad, les services secrets israéliens.
08:35 Elle ne sortait pas tous les jours à la même heure de chez elle.
08:40 Il fallait qu'on se méfie, parce qu'elle pouvait être équipée d'un beeper ou d'un système d'alerte qui aurait pu alerter les gens du Mossad.
08:56 Pourtant, Marie-Hélène Digny n'a rien à voir avec le Mossad. Elle n'a même jamais mis les pieds en Israël.
09:03 C'était tellement invraisemblable que, voilà, ça n'a pas eu d'impact. En fait, ce qui a eu un impact, c'est quand on a commencé à me dire qu'il y avait eu une balise sous ma voiture. Et là, j'ai commencé à avoir vraiment peur.
09:17 C'est le début d'une enquête qui va secouer le monde du renseignement.
09:24 Dagomar et Adélar affirment être en mission pour la DGSE. C'est faux.
09:29 Les policiers découvrent que cette opération aurait été initiée par un homme qui n'a rien à voir avec les services secrets.
09:36 Jean-Luc Bagure, 63 ans, un ancien mécanicien devenu homme d'affaires.
09:49 Il est à la tête d'un centre de formation de coach près de Paris. C'est un chef d'entreprise ambitieux et charismatique. Le voici interviewé en 2018.
09:59 Un champ nouveau s'ouvre aujourd'hui pour le coaching. Et pour nous, faire du coaching, c'est rester éveillé, c'est rester... Demeurer avec cette capacité d'étonnement.
10:11 Il dirige une dizaine de salariés et perçoit 200 000 euros de dividendes par an.
10:18 Il y a encore tellement de choses à apprendre, mais oui, il y a encore tellement de choses à apprendre. Et on peut tout à fait avoir une rigueur...
10:23 Il est alors interrogé par cet homme, Gabriel Hans, le président du syndicat des écoles de coaching.
10:29 ... extrêmement pragmatique dans sa relation au métier.
10:32 Il se souvient d'un patron obsédé par la réussite.
10:35 Il se débrouillait très bien en marketing. Il arrivait vraiment à gagner des parcs de marché sur tout le monde. Et on voyait bien qu'il était absolument centré sur gagner des parcs de marché.
10:45 L'homme d'affaires a un atout. Son école délivre des diplômes équivalents Bac+4 contre Bac+3 pour ses concurrents.
10:53 Problème pour Jean-Luc Bagure, le syndicat veut à l'époque réglementer la profession. Il risque d'être rétrogradé à Bac+3.
11:05 Je pense qu'il a eu une peur très très forte en perdant cette certification de ne plus avoir de business. Comme lui faisait toute sa stratégie marketing depuis des années sur le fait qu'il avait un cran au-dessus des autres qui était complètement injustifié.
11:18 Là, effectivement, je pense qu'il s'est vraiment senti très en danger.
11:22 Celle qui menace les affaires de Jean-Luc Bagure, c'est la secrétaire générale du syndicat, Marie-Hélène Digny.
11:34 Elle est même dirigeante d'une école de coach. Elle veut faire le ménage dans la profession.
11:38 Pour son avocat, Joseph Cohen-Saban, c'est ce qui aurait déclenché chez Jean-Luc Bagure sa volonté d'éliminer sa cliente.
11:48 C'est un personnage, un meneur d'hommes qui a l'habitude d'imposer sa volonté partout. "Je suis le chef et vous la fermez."
11:59 Et lorsque ça atteint sa toute puissance, on voit comment il réagit.
12:04 Vous pensez que ça aurait changé quelque chose s'il avait réussi à vous supprimer ?
12:07 En tout cas, si le but c'était d'arrêter et de m'arrêter, oui, effectivement.
12:13 Parce qu'en fait, j'avais à la fois... comment dire... les écoles me suivaient et en même temps les connaissances techniques pour mener à bien ce dossier.
12:23 Je trouvais que si je disparaissais, à un moment donné, le dossier était en panne pour un an, deux ans, on ne sait pas combien de temps.
12:30 Lui, dans sa tête, ça justifiait largement le fait que je disparaisse.
12:35 Jean-Luc Bagure va se servir des relations qu'il a tissées dans un univers secret auquel il appartient.
12:44 La franc-maçonnerie.
12:48 Un monde avec ses rites et ses costumes, où l'on s'appelle frère et dont l'objectif est le progrès de l'humanité.
12:55 Mais la franc-maçonnerie est aussi un lieu de réseau.
13:00 Jean-Luc Bagure fréquente une loge à Neuilly-sur-Seine dans cet immeuble.
13:06 Elle compte une vingtaine de frères, un informaticien, un pilote d'avion, un directeur commercial, qui se réunissent ici une fois par mois.
13:17 La loge à Tannor.
13:19 C'est là qu'il va rencontrer ses complices présumés.
13:23 Sophie Coignard a enquêté sur la franc-maçonnerie pendant des années.
13:29 Pour elle, ce monde opaque est un terreau propice aux dérives.
13:34 Il y a des tas de gens qui sont vraiment animés par l'idée de se perfectionner.
13:41 En tout cas, la franc-maçonnerie peut aussi servir de merveilleux paravent à des activités malhonnêtes.
13:48 Pourquoi ? Parce que vous avez la solidarité maçonnique, vous avez le secret d'appartenance,
13:54 vous avez tout ce rituel et toute cette fraternité qui vous lie,
13:59 et qui vous garantissent en quelque sorte un mélange de cohésion et de discrétion.
14:08 Jean-Luc Bagure aurait alors confié ses problèmes professionnels à un frère de loge, Frédéric Waglio, 48 ans.
14:15 Les deux hommes ont une passion commune, les armes à feu, et une obsession, la réussite.
14:24 Frédéric Waglio a fondé une société de sécurité privée, alors en plein essor, qui lui reverse 12 000 euros par mois.
14:33 Lors de ce congrès à Paris en 2015, il propose aux chefs d'entreprise des missions de protection et de renseignement.
14:40 Aujourd'hui, les risques les plus probants sont le pillage économique des données, la protection de l'information,
14:48 et également tous les risques inhérents à la fraude.
14:52 Notre boulot est de leur donner la meilleure information possible pour qu'ils puissent prendre leurs décisions
14:56 en toute connaissance de cause et avec le moins de risques possibles.
15:01 Un commercial hors pair qui met en avant ses relations et impressionne son frère franc-maçon Jean-Luc Bagure.
15:08 Waglio bénéficie de la légitimité d'être franc-maçon et dans la loge.
15:18 Il en impose, il évoque les services de renseignement, il me parle des anciens des opérations spéciales.
15:24 Je demande donc à Waglio si dans le cadre de ses capacités, il peut faire quelque chose pour moi.
15:30 Frédéric Waglio aurait alors proposé de faire tuer Marie-Hélène Digny contre la somme de 70 000 euros.
15:36 Il aurait même officiellement facturé cette prestation à LinkUp Coaching, l'école de Jean-Luc Bagure,
15:43 sous des prétextes variés, formations internationales ou développement de supports digitaux.
15:56 C'est tout ce qu'il y a de plus improbable en fait.
15:59 C'est vraiment un monde juste à côté du monde légal.
16:02 Il est juste à côté, parce qu'il me disent même les facturations, etc.
16:06 Pour pouvoir récupérer la TVA, on se dit, voilà, mais on est dans quel monde en fait ?
16:12 On est dans quel monde ?
16:14 Un contrat pour un assassinat sur facture.
16:19 La personne qui a été tuée par un assassinat sur facture,
16:24 la personnalité de Frédéric Waglio intrigue.
16:27 Il a longtemps vécu dans ce quartier chic des Bordes-Marnes, près de Paris.
16:32 Un ancien salarié de sa société de sécurité nous décrit un personnage prêt à franchir la ligne rouge pour développer ses activités.
16:45 Il me disait, voilà, tu suis telle personne, tu prends des photos de telle personne.
16:51 Je faisais, je lui les envoyais, il nous demandait de pénétrer des propriétés privées.
16:55 Et après, plus les missions passaient, il me demandait effectivement si ça devait aller plus loin, est-ce que j'étais chaud ?
17:04 Plus loin, c'est-à-dire ?
17:06 Il nous a dit si on était prêt à kidnapper quelqu'un, le mettre dans le coffre de force, est-ce que ça serait faisable pour nous ?
17:12 Et vous avez répondu quoi ?
17:14 J'ai répondu que c'était pas dans nos attributions.
17:18 On s'est embrouillé avec lui. Moi, ce que je peux vous dire, c'est quelqu'un de très manipulateur, qui se croit au-dessus des lois.
17:24 Comment ce chef d'entreprise a-t-il pu en arriver là ?
17:31 Sa dérive aurait commencé sept ans plus tôt à Saint-Mordéfossé, dans le Val-de-Marne, par une histoire d'amour, une vengeance personnelle.
17:43 Frédéric Waglio est alors en couple avec la directrice de cabinet du maire, Stéphanie Chupin.
17:48 Je souhaite vous dire en deux mots pourquoi nous ne voulons pas d'une gare à Saint-Mordéfossé, ni de Grand Paris.
18:00 Alors en pleine ascension, elle s'affiche avec des personnalités de droite de premier plan.
18:05 Alors ne vous inquiétez pas.
18:08 Frédéric Waglio se met en colère quand un adversaire politique, Jean-François Le Heloco, accuse sa compagne de détournement de fonds publics.
18:16 C'est un monsieur qui a pendant des années écrit, propagé, diffusé le maximum de méchanceté, d'horreur et de fausses rumeurs sur ma compagne.
18:28 J'ai demandé clairement à ce qu'on lui casse la gueule.
18:35 Jean-François Le Heloco est alors victime chez lui d'une agression ultra violente.
18:45 Deux hommes cagoulés, filmés sur cette vidéosurveillance, pénètrent dans son jardin, se jettent sur lui et le passent à tabac.
18:59 "T'as compris, t'arrêtes", lui lance l'un de ses agresseurs, avant de le prendre en photo.
19:05 C'est la première fois qu'il est confronté à devoir montrer à sa compagne qu'il ne la laisse pas se faire embêter.
19:16 On est, je vous le rappelle, dans des règlements de comptes entre des équipes municipales, etc.
19:24 Et de la petite politica irriminable. Mais là, on va embêter sa femme et on la menace et on la harcèle. Et là, il sort les muscles.
19:32 Stéphanie Chupin sera finalement condamnée pour détournement de fonds publics.
19:38 Mais lui ne sera jamais inquiété pour cette agression. C'est le début de l'escalade.
19:44 Pour faire le sale boulot, il aurait fait appel à un autre frère de loge.
19:51 Un ancien agent secret chargé de recruter des hommes de main. Daniel Beaulieu.
19:56 Ce policier a fait une brillante carrière à la DCRI, la Direction Centrale des Renseignements Intérieurs.
20:04 L'un de ses anciens collègues, ami de 30 ans, a essayé de comprendre comment Daniel Beaulieu a pu passer du côté obscur.
20:16 Il n'a pas voulu être filmé. Voici la retranscription de notre échange.
20:21 C'était un mec gentil, honnête, droit, pas du tout violent. Mais il avait un déséquilibre. Il avait deux femmes qui ne savaient pas que l'autre existait.
20:39 Pour gérer une double vie comme ça, il faut de l'argent. 2500 euros de retraite, ça ne suffit pas. Pour moi, c'est le besoin d'argent qu'il a perdu.
20:47 Daniel Beaulieu vient compléter le trio de la loge à Tannor.
20:56 Tous les trois sont aujourd'hui en prison, mis en examen pour meurtre ou tentative de meurtre en bande organisée.
21:02 Leurs avocats n'ont pas voulu nous parler.
21:07 Y a-t-il eu d'autres complicités chez les francs-maçons ?
21:11 Vous faisiez partie, d'après l'un des protagonistes, de la loge à Tannor qui est concernée par ce dossier. Ça ne vous dit rien ?
21:18 Non, non.
21:20 Monsieur Bagur, ça ne vous dit rien ? Et monsieur Vaglio non plus ?
21:23 Non, non. Je ne m'exprimais pas sur ce sujet.
21:26 Ah, c'est bien, c'est bien.
21:28 Voilà. Bonne journée. Bon courage.
21:29 Chez les frères, on n'est pas très bavard.
21:33 Oui, bonjour monsieur. Eric Léniche, je travaille pour l'émission Complément d'Enquête sur France 2.
21:36 Je ne vous écoute pas. Je vais porter ça contre vous.
21:40 Mais pourquoi ?
21:41 La loge à Tannor dépend de ce qu'on appelle une obédience, une sorte de maison mère.
21:48 La grande loge de l'Alliance maçonnique française, G.L.A.N.F.
21:54 Elle compte plus de 700 loges.
22:00 On siège et est ici à Clichy, en banlieue parisienne.
22:03 Personne n'a voulu nous donner d'interview, alors nous avons passé une tête en caméra discrète.
22:09 Je suis au courant de rien. Ce n'est pas du tout mon domaine.
22:16 D'accord.
22:18 Après trois mois de négociations, Alain Julliet, le fondateur et premier grand maître de la G.L.A.N.F.
22:27 accepte finalement de prendre la parole.
22:30 C'est un ancien haut-gradé de la DGSE, un franc-maçon depuis 30 ans.
22:37 Dès qu'on a su dans les journaux, parce qu'on l'a appris par les journaux,
22:43 tout de suite à ce moment-là, la loge a été suspendue, tout a été suspendu,
22:46 et l'enquête a été faite et lancée sur les frères pour savoir ceux qui étaient dans le coup,
22:51 ceux qui savaient quelque chose.
22:53 Ça c'est au plan interne, si vous voulez, à l'obédience.
22:55 Si jamais il en sortait d'autres qui étaient concernés,
22:58 on serait sans pitié pour eux comme on ne l'est pas plus pour ceux qui ont été concernés,
23:02 parce que c'est inacceptable.
23:04 Ironie de l'histoire, Alain Julliet a fondé son obédience pour lutter contre les affaires politico-financières
23:12 qui ont entaché la franc-maçonnerie.
23:14 Aujourd'hui, il avoue une certaine impuissance à contrôler les loges, une à une.
23:21 Tant que ça reste à l'intérieur d'une loge, c'est très difficile de savoir ce qui se passe,
23:26 parce que les loges, c'est des entités assez fermées en définitive.
23:30 Donc pour qu'on détecte quelque chose, une dérive qui se passe, il faut que des choses sortent.
23:37 Alors en général, ça se passe parce qu'il y a des frères qui parlent,
23:41 qui disent « tiens, j'ai été dans telle loge »,
23:43 et puis tu vois, quand même, ils parlent beaucoup de trucs, ou ils parlent d'affaires,
23:47 tu as vu, c'est incroyable, et tout.
23:49 On entend des bruits, mais alors là...
23:52 Le secret, ce mélange d'entre-soi, de cooptation, d'univers en vase clos
23:59 auquel le reste du monde n'a pas accès,
24:01 peut créer un sentiment de supériorité, voire un sentiment de toute puissance,
24:06 qui conduit à l'idée qu'on est intouchable.
24:10 Vous vous dites que vous trouverez toujours un frère pour vous aider,
24:14 si vous avez des ennuis ?
24:17 La maçonnerie, il y a un truc qu'il ne faut pas oublier, quand même.
24:20 Il ne faut jamais l'oublier.
24:22 C'est qu'on jure qu'on respectera jusqu'à la mort,
24:26 jusqu'à la mort,
24:29 les lois de la République.
24:31 Un serment que certains de ses frères ont oublié.
24:37 La petite officine du crime se réveille.
24:42 La petite officine du crime serait allée très loin.
24:45 Elle aurait même monnayé des contrats hors de Paris
24:49 et du monde de la franc-maçonnerie.
24:51 La plastique valait dans l'un près de la frontière suisse.
24:56 L'un des derniers bastions de l'industrie française.
25:01 Une succession d'usines de plastique.
25:04 Parmi elles, Apnil, 90 salariés.
25:10 C'est dans cette usine qu'un simple mécanicien,
25:13 membre de la CGT, s'est retrouvé, sans le savoir,
25:17 avec un contrat sur la tête.
25:19 Pour la première fois, il accepte de témoigner à la télévision.
25:27 Il s'appelle Hassan.
25:30 Marié et père de deux enfants,
25:34 c'est un ouvrier modèle qui a été anéanti.
25:38 - Je vous dis honnêtement, même quand la police me l'a annoncé,
25:42 j'y croyais pas.
25:44 J'ai mis un moment avant de réaliser que c'était vrai et d'y croire.
25:49 - Vous vous êtes vu mort a posteriori ?
25:51 - Ouh ! Malheureusement pour moi, oui, et puis pas qu'une fois.
25:55 Des cauchemars de... Je me vois me faire tirer une balle dessus,
25:59 je me vois me faire jeter dans la rivière,
26:01 je me suis vu plusieurs fois comme ça.
26:06 Voici celle qui est aujourd'hui soupçonnée d'avoir voulu le supprimer.
26:10 Sa patronne, Muriel Millet.
26:13 Une notable locale, photographiée ici avec l'homme politique Laurent Wauquiez.
26:18 Mais elle n'est pas encore incriminée quand l'affaire sort dans la presse.
26:25 - Un syndicaliste de l'un, ciblé par des tueurs à gage,
26:28 un contrat a été mis sur sa tête.
26:30 - La patronne accepte d'être interviewée sans montrer son visage.
26:33 Elle se dit stupéfaite.
26:36 - Pour moi, c'est une histoire rocambolesque.
26:38 Il est travailleur, il est... Il est assidu, il fait bien son travail,
26:44 il s'entend avec tout le monde, donc je comprends pas d'où vient cette histoire.
26:48 Muriel Millet dit-elle la vérité ?
26:52 Sa version semble contredite par une conversation téléphonique
26:56 entre elle et son mari, interceptée 2 semaines plus tôt par la police.
27:01 - J'espère qu'il va... Qu'il va être courageux et puis bien fermer sa gueule.
27:12 - Ouais.
27:14 - Enfin bref, on n'en parle pas, là.
27:16 - Ouais, on verra bien.
27:18 L'homme qui doit bien fermer sa gueule, c'est Frédéric Waglio,
27:23 le chef d'orchestre d'Attenor.
27:25 Il a rencontré le couple lors d'une soirée
27:28 où il se serait fait passer pour un ancien des services de renseignement.
27:32 Vincent Gauthrono est le journaliste qui a sorti l'affaire.
27:36 Il a tenté de comprendre comment ce couple de patrons prospères a pu déraper.
27:42 - Ces 2 chefs d'entreprise, cette femme et son mari,
27:47 ils sont un petit peu embarqués dans l'univers de ce mec-là
27:51 qui se présente comme un ancien agent secret,
27:54 qui a des mystères, qui a des secrets.
27:57 Je pense qu'ils sont un peu fascinés
27:59 et qu'ils se laissent d'une certaine manière embarquer.
28:01 C'est dans ce restaurant que la patronne de l'usine
28:05 se serait confiée à Frédéric Waglio.
28:07 Elle vient de découvrir dans le journal
28:11 la photo de l'un de ses salariés
28:13 en train de manifester avec les gilets jaunes.
28:16 Hassan.
28:19 Elle craint qu'il ne déclenche un mouvement social dans son usine.
28:25 - Pour moi, si elle me connaissait réellement,
28:27 elle n'aurait pas dû avoir peur de ça.
28:29 - Elle pensait qu'elle a eu peur.
28:31 - C'est possible.
28:32 Mais avoir peur des syndicats,
28:35 les gens...
28:38 Il y aurait beaucoup de monde qui serait sous terre à cette heure-ci.
28:41 - Frédéric Waglio semble leur avoir fait peur professionnellement
28:44 pour l'avenir de leur entreprise en leur disant
28:46 "Écoutez, si Hassan, aujourd'hui, il vous embête, il vous dérange,
28:51 imaginez ce que ça va être dans 2-3 ans
28:53 quand il va avoir fédéré autour de lui
28:55 de nouvelles recrues syndicalistes et compagnie.
28:57 Il va vous ruiner votre entreprise."
28:59 Et puis oui, évidemment, on peut éliminer des gens.
29:01 C'est pas un problème.
29:02 Évidemment, ça se fait dans les grands groupes.
29:04 Frédéric Waglio aurait alors proposé à la patronne
29:08 la même solution radicale que pour la coach Marie-Hélène Digny.
29:12 L'élimination d'Hassan pour 75 000 euros.
29:16 Un deal qu'elle aurait accepté.
29:19 - Elle s'est crue tout possible.
29:24 Elle a pété les plans avec son pognon.
29:27 Il n'y a que ça de plausible comme explication.
29:30 Il n'y a rien d'autre.
29:31 Pour cette mission, Frédéric Waglio aurait une nouvelle fois
29:37 fait appel à son frère de loge, Daniel Beaulieu.
29:40 L'ex-agent de la DCRI aurait alors recruté un homme de main,
29:44 Sébastien, 29 ans.
29:48 Pour préparer l'assassinat, Sébastien aurait demandé 7 500 euros.
29:53 Pendant plusieurs jours, il suit tous les déplacements
29:58 d'Hassan en voiture.
30:00 Depuis son domicile jusqu'à son travail.
30:03 Et même les trajets de sa femme et de ses deux enfants.
30:07 - De ce que j'ai vu, moi, dans les dossiers,
30:14 il y avait des photos de ma maison, les voitures,
30:18 les routes qu'on prend, au boulot.
30:22 - Vous ne vous êtes pas rendu compte d'avoir été surveillé du tout ?
30:24 - Ah pas du tout, je ne me suis rendu compte de rien.
30:27 - Il a été surveillé de manière extrêmement précise
30:30 et professionnelle.
30:31 Je pense qu'on s'apprêtait ou qu'on voulait préparer
30:34 le crime parfait.
30:35 - Avec son téléphone, Sébastien filme cette rivière.
30:41 À cet endroit précis où, d'après les enquêteurs,
30:45 il aurait envisagé de se débarrasser du corps du syndicaliste.
30:49 Le paquet, comme il l'écrit dans ses notes.
30:52 Une rivière à quelques kilomètres de la maison d'Hassan.
30:56 - Cette rivière, c'est une route qu'on prenait
31:01 deux à trois fois par semaine.
31:04 Aussi bien moi que ma femme.
31:06 Aujourd'hui, j'ai du mal à y repasser.
31:08 C'est...
31:11 Encore aujourd'hui, avec tout le recul qu'il y a,
31:15 j'ai encore du mal.
31:17 J'ai encore du mal.
31:19 C'est...
31:20 - Le réseau à Tannor sera démantelé
31:25 avant que le projet d'assassinat ait pu aboutir.
31:28 Depuis, l'usine a été reprise par le frère de la patronne
31:34 qui, lui, a été mis hors de cause.
31:36 Nous l'avons joint par téléphone.
31:39 - On n'arrive toujours pas à comprendre ce qui s'est passé
31:44 et pourquoi elle en est arrivée là, quoi.
31:46 Donc, voilà, on se pose tous les mêmes questions,
31:48 on est tous au même point.
31:50 - Muriel Millet et son mari sont mis en examen
31:53 pour tentative d'assassinat en liberté sous contrôle judiciaire.
31:57 Nous sonnons à leur domicile.
32:03 - Oui, Muriel ?
32:04 - Oui. - Est-ce que je pourrais vous parler ?
32:06 - C'est le mari qui nous répond.
32:08 - Beaucoup de gens se demandent comment ça a pu être possible
32:11 et qu'est-ce qui vous a poussé à arriver à de telles extrémités.
32:14 - D'accord.
32:19 - Bon, OK, monsieur.
32:21 - Au revoir.
32:22 - Leurs avocats n'ont pas souhaité nous parler.
32:29 En bas de la pyramide,
32:31 le parcours de l'homme de main Sébastien est surprenant.
32:35 Ce titulaire d'un BTS de laborantin
32:38 se serait fait berner par l'équipe d'Atanor.
32:41 Il aurait basculé dans la criminalité
32:43 en pensant servir la France.
32:46 Incendie volontaire.
32:48 Surveillance de l'opposant contre l'opposant.
32:51 Leur attitude est de se faire dévouer.
32:54 Incendie volontaire.
32:56 Surveillance de l'opposant congolais M'Bao.
32:59 Ou encore passage à tabac de Marie-Hélène Digny.
33:03 Dans son journal intime saisi par les policiers, il écrit...
33:09 - Je sens que je suis fait pour ça.
33:12 C'est étrange comme sensation que celle de gagner de l'argent
33:15 pour défoncer quelqu'un.
33:17 Sébastien rêvait de devenir agent secret.
33:22 L'ancien de la DCRI, Daniel Beaulieu,
33:24 se serait alors engouffré dans la brèche.
33:27 Pour l'avocat de Sébastien,
33:29 Daniel Beaulieu aurait manipulé son client pendant 8 ans.
33:33 - Au moment où ils se rencontrent,
33:36 il lui explique qu'il est officier traitant de la DCRI
33:39 et qu'il travaille pour les opérations spéciales.
33:41 - Il y croit donc ?
33:43 - Il a de bonnes raisons d'y croire
33:45 parce qu'encore une fois, Daniel lui-même
33:47 est un ancien des services secrets,
33:49 mais en tout cas, c'est quelqu'un qui, sur ce plan-là,
33:51 est crédible, c'est quelqu'un qui a officié
33:53 pendant plusieurs dizaines d'années à la DCRI.
33:56 Donc forcément, si vous voulez,
33:58 quand une personne comme ça s'adresse à vous,
34:00 que vous avez 22 ans et que vous avez des étoiles dans les yeux
34:02 quand on vous explique que vous allez peut-être faire ça,
34:05 vous y croyez.
34:06 - Effectivement, Daniel a exercé sur lui
34:08 une fascination ou une grosse influence,
34:10 c'est incontestable.
34:12 Mais ce n'est pas Daniel qui a créé cet instinct de tuer,
34:16 cet instinct de faire mal.
34:18 Il en a profité, il l'a mis en musique.
34:21 Parce que le Sébastien, il ne va pas nous faire croire
34:23 que du jour au lendemain, l'autre lui a mis une épée sur l'épaule
34:25 en lui disant "je te fais roi".
34:27 - Donc ça veut dire que Daniel a su exploiter
34:30 la faille qu'il a sentie alors qu'il...
34:32 - Bien sûr.
34:33 - Daniel souhaitait avoir des équipes opérationnelles
34:37 sous la main pour vraiment multiplier
34:39 les contrats homos, comme ils disent.
34:42 - C'est-à-dire les contrats homicides, comme ça ?
34:44 - Voilà. - D'État.
34:46 - Présenté comme tel.
34:48 Sébastien, qui s'imagine travailler en sous-main pour la France,
34:52 aurait alors réussi un exploit.
34:55 Recruter de vrais militaires
34:57 dans le Saint-Dessin de l'armée française.
35:00 À Cercotte, tout près d'Orléans,
35:02 où se trouve l'une des bases les plus secrètes de la DGSE.
35:06 C'est là que s'entraîne l'élite, le service action,
35:09 chargé de traquer les ennemis de la France à l'étranger.
35:14 Sébastien va enrôler 2 jeunes militaires
35:17 qu'un ami lui a présentés, Dagomar et Adélar.
35:22 Ce ne sont pas des agents de terrain, mais de simples gardiens,
35:28 comme nous l'explique Pierre Martinet,
35:30 un ancien du service action.
35:33 - C'est quoi leur rôle au sein du camp ?
35:39 - Soutenir l'opérationnel, c'est-à-dire au quotidien,
35:42 c'est la nourriture, le messe, l'ordinaire, la restauration,
35:47 le garage avec les véhicules, l'armurier, la sécurité du camp.
35:54 - Ils suivent quand même des formations de haut niveau ?
35:56 - Non, ces gens se voyaient comme ils n'étaient pas.
36:00 Ils pensaient qu'ils étaient des "james bonds"
36:03 alors qu'ils étaient au soutien.
36:05 Et ils avaient peut-être des frustrations, effectivement.
36:09 C'est au bord de cet étang, près du camp de Sercote,
36:12 que Sébastien rencontre pour la première fois Dagomar.
36:16 Il y aurait ensuite proposé 15 000 euros
36:19 pour un contrat homicide au nom de la France,
36:22 visant la coach Marie-Hélène Digny.
36:25 Dagomar a-t-il vraiment cru à cette fable ?
36:29 C'est ce que soutient son avocate.
36:32 - Je pense qu'effectivement, c'est complètement possible d'y avoir cru.
36:36 Lorsque l'on est à des postes dits "subalternes",
36:40 mais que l'on côtoie au quotidien des gens des services actions,
36:43 des services missions, qui rentrent d'Afghanistan,
36:46 qui repartent à tel endroit qu'on manipule des armes
36:49 et qu'on entend toutes ces histoires.
36:51 Et lorsque l'on vous propose une mission
36:54 qui semble correspondre à un, vos affinités,
36:57 à deux, ce que vous savez faire, à trois, ce que vous espérez,
37:00 après tout, on fonce tête baissée, ça peut tout à fait arriver.
37:04 Franchement, ça ne tient pas la route. - Et pourquoi ?
37:07 - Parce que ça ne se passe pas comme ça.
37:10 C'est un truc sérieux. Imaginez-vous, deux secondes,
37:13 nous sommes des fonctionnaires, des militaires,
37:16 donc on est payés. Vous croyez qu'on touche du fric en plus ?
37:20 "Tiens, tu vas aller faire une mission homo, on va te payer un peu plus d'argent,
37:23 on va te donner un peu de... " Pas comme ça que ça fonctionne.
37:26 C'est du travail minutieux, de très longue haleine,
37:29 qui demande beaucoup de travail de préparation,
37:32 c'est énorme sur le plan administratif.
37:35 Même à la fin, on n'appelait plus le service d'action,
37:38 on appelait le service administratif tellement on avait de réunions,
37:41 de compte-rendus. Donc vous voyez, on n'est pas tamponné
37:44 au bord d'un lac pour nous dire "Tiens, on va te...
37:47 "Tiens, 10 000 balles pour aller faire..." C'est pas comme ça que ça fonctionne.
37:50 - Il ne s'interroge pas sur le fait "Pourquoi on est venu me voir, moi ?"
37:53 Il y a dans le centre des centaines de gars
37:56 dont c'est le métier et on vient voir les portes-clés ?
37:59 C'est quoi, cette histoire ?
38:02 - À 29 ans, le caporal Dagomar est bien noté par sa hiérarchie.
38:07 - Excellent sportif.
38:11 Intelligent et volontaire.
38:14 Il dispense une bonne instruction à ses subalternes.
38:17 - Mais ses supérieurs émettent une réserve.
38:20 - Très puril, il doit faire attention à ses prises d'initiative.
38:27 Comment la DGSE a-t-elle pu passer à côté de la dérive de Dagomar ?
38:31 Il a réussi à embarquer dans cette affaire son collègue Adélar.
38:36 Lui aussi prétend avoir été persuadé que l'ordre venait d'en haut.
38:40 - Je pense que la DGSE devrait être un tout petit peu plus claire
38:45 sur ses processus internes et peut-être contrôler un tout petit peu mieux
38:49 qui peut donner des ordres à qui.
38:51 Et si la DGSE ne prend pas acte de ça, si elle ne se rend pas compte
38:55 qu'il y a des choses à changer, c'est grave.
38:58 - Tous ces militaires qui sont considérés comme faisant du gardiennage
39:03 ne sont pas encadrés comme ils devraient l'être.
39:06 Ils auraient dû être encadrés psychologiquement.
39:08 En tout cas suivis pour être sûrs qu'il n'y ait pas de sortie de route.
39:11 Vous n'êtes pas sans ignorer qu'il y a eu notamment des films
39:15 et une série très connue.
39:18 - Bienvenue au bureau des légendes.
39:21 - Et à la suite de cette série, il y a eu une campagne de recrutement
39:25 très active de la part de la direction générale des renseignements
39:29 mais en fait pour des postes assez subalternes.
39:32 Donc forcément, ça engendre des frustrations.
39:35 Les ressources humaines auraient dû être beaucoup plus présentes.
39:38 - Encore plus ennuyeux peut-être pour la DGSE,
39:42 à l'intérieur même du camp, Dagomar se serait vanté
39:45 auprès de plusieurs camarades d'être en charge d'une opération homicide.
39:49 Mais cette information n'est semble-t-il jamais remontée à la direction.
39:53 - Ceux qui ont failli, c'est pas la DGSE.
39:58 Ceux qui ont failli, c'est les personnes qui savaient.
40:00 Ceux qui savaient auraient dû rendre compte.
40:02 Et ils ne l'ont pas fait. La question c'est pourquoi ?
40:04 - A Paris, la DGSE a déclenché une enquête interne.
40:13 Elle n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.
40:17 - On a été interrogés par la police.
40:19 On a été interrogés par la police.
40:21 On a été interrogés par la police.
40:23 On a été interrogés par la police.
40:25 On a été interrogés par la police.
40:27 On a été interrogés par la police.
40:29 On a été interrogés par la police.
40:31 On a été interrogés par la police.
40:33 On a été interrogés par la police.
40:35 On a été interrogés par la police.
40:37 On a été interrogés par la police.
40:39 On a été interrogés par la police.
40:41 On a été interrogés par la police.
40:43 On a été interrogés par la police.
40:45 On a été interrogés par la police.
40:47 On a été interrogés par la police.
40:49 On a été interrogés par la police.
40:51 On a été interrogés par la police.
40:53 On a été interrogés par la police.
40:55 On a été interrogés par la police.
40:57 On a été interrogés par la police.
40:59 On a été interrogés par la police.
41:01 On a été interrogés par la police.
41:03 On a été interrogés par la police.
41:05 On a été interrogés par la police.
41:07 On a été interrogés par la police.
41:09 On a été interrogés par la police.
41:11 On a été interrogés par la police.
41:13 On a été interrogés par la police.
41:15 On a été interrogés par la police.
41:17 On a été interrogés par la police.
41:19 On a été interrogés par la police.
41:21 On a été interrogés par la police.
41:23 On a été interrogés par la police.
41:25 On a été interrogés par la police.
41:27 On a été interrogés par la police.
41:29 On a été interrogés par la police.
41:31 On a été interrogés par la police.
41:33 On a été interrogés par la police.
41:35 On a été interrogés par la police.
41:37 On a été interrogés par la police.
41:39 On a été interrogés par la police.
41:41 On a été interrogés par la police.
41:43 On a été interrogés par la police.
41:45 On a été interrogés par la police.
41:47 On a été interrogés par la police.
41:49 On a été interrogés par la police.
41:51 On a été interrogés par la police.
41:53 On a été interrogés par la police.
41:55 On a été interrogés par la police.
41:57 On a été interrogés par la police.
41:59 On a été interrogés par la police.
42:01 On a été interrogés par la police.
42:03 On a été interrogés par la police.
42:05 On a été interrogés par la police.
42:07 On a été interrogés par la police.
42:09 On a été interrogés par la police.
42:11 On a été interrogés par la police.
42:13 On a été interrogés par la police.
42:15 On a été interrogés par la police.
42:17 On a été interrogés par la police.
42:19 On a été interrogés par la police.
42:21 On a été interrogés par la police.
42:23 On a été interrogés par la police.
42:25 On a été interrogés par la police.
42:27 On a été interrogés par la police.
42:29 On a été interrogés par la police.
42:31 On a été interrogés par la police.
42:33 On a été interrogés par la police.
42:35 On a été interrogés par la police.
42:37 On a été interrogés par la police.
42:39 On a été interrogés par la police.
42:41 On a été interrogés par la police.
42:43 On a été interrogés par la police.
42:45 On a été interrogés par la police.
42:47 On a été interrogés par la police.
42:49 On a été interrogés par la police.
42:51 On a été interrogés par la police.
42:53 On a été interrogés par la police.
42:55 On a été interrogés par la police.
42:57 On a été interrogés par la police.
42:59 On a été interrogés par la police.
43:01 On a été interrogés par la police.
43:03 On a été interrogés par la police.
43:05 Donc ils ont rencontré Laurent Pasquali
43:07 sur des rallies, des compétitions automobiles.
43:09 sur des rallies, des compétitions automobiles.
43:11 Ils sont venus beaucoup de week-ends, peut-être 3, 4, 5 week-ends.
43:13 Ils étaient très contents d'être là,
43:15 ils étaient super contents de nos résultats.
43:17 Je crois même savoir qu'ils avaient une Porsche
43:19 et que Laurent leur apprenait un petit peu à conduire,
43:21 leur donnait des cours de conduite.
43:23 Voilà, pour avoir une relation saine.
43:25 Jusqu'au moment où M. Pasquali
43:27 a demandé une aide financière,
43:29 a demandé une aide financière,
43:31 ils ont une situation économique plutôt florissante
43:33 ils ont une situation économique plutôt florissante
43:35 et qui leur donnait la possibilité de lui prêter 100 000 euros.
43:37 et qui leur donnait la possibilité de lui prêter 100 000 euros.
43:39 Au bout de 4 ans,
43:41 Laurent Pasquali n'a toujours pas remboursé le couple.
43:43 et malgré une injonction du tribunal,
43:45 et malgré une injonction du tribunal,
43:47 il ne donne plus signe de vie.
43:49 Les époux croisent alors la route
43:51 d'un autre passionné de course automobile,
43:53 Frédéric Waglio,
43:55 l'homme au centre de l'affaire Atanor.
43:57 l'homme au centre de l'affaire Atanor.
43:59 Il rencontre M. Waglio,
44:01 Il rencontre M. Waglio,
44:03 qui a une entreprise d'intelligence économique,
44:05 qui a une entreprise d'intelligence économique,
44:07 qui fait du renseignement
44:09 et qui leur propose,
44:11 parce que tout ça se sait dans ce petit landerneau
44:13 de la course automobile,
44:15 de retrouver la trace de M. Pasquali
44:17 de retrouver la trace de M. Pasquali
44:19 qui a déménagé, qui a disparu des radars
44:21 pour leur permettre de recouvrer leurs créances.
44:23 Le processus habituel
44:25 se serait alors mis en place.
44:27 Pour 12 000 euros,
44:29 Frédéric Waglio aurait fait appel
44:31 à Daniel Beaulieu,
44:33 qu'aurait engagé Sébastien.
44:35 L'homme de main retrouve l'adresse du pilote
44:39 près de Paris.
44:41 Selon ses déclarations à la police,
44:43 il l'attend dans son parking
44:45 avec un complice.
44:47 Lorsque le pilote de course arrive,
44:51 c'est selon Sébastien,
44:53 son acolyte,
44:55 qu'il aurait tiré une balle dans le cœur.
44:57 Est-ce que Sébastien reconnaît
45:03 que dans le parking, ils avaient l'intention
45:05 de supprimer Laurent Pasquali ?
45:07 - Ça, il l'a admis en interrogatoire, oui.
45:09 - Ça a été ma première opération homo,
45:15 présentée comme telle par M. Beaulieu.
45:17 Il m'a dit que cet homme était une menace pour l'État.
45:21 Daniel Beaulieu affirme aujourd'hui
45:23 qu'il n'a pas donné l'ordre de tuer.
45:25 Quant au couple,
45:27 il serait tombé des nues
45:29 en découvrant le meurtre dans la presse.
45:31 - C'est des malades, ces mecs.
45:37 Tuer comme ça un gars
45:39 qu'ils ne connaissent pas,
45:41 froidement.
45:43 Je ne conçois même pas
45:45 qu'il y ait des personnes
45:47 qui puissent donner cet ordre.
45:49 - Comment pouvaient-ils imaginer
45:51 qu'ils allaient être embarqués
45:53 dans cette affaire complètement folle ?
45:55 Eux n'ont qu'une intention,
45:57 c'est d'obtenir le recouvrement
45:59 de leur somme d'argent.
46:01 Donc il n'est pas question
46:03 de près, de loin,
46:05 de très, très loin,
46:07 de commanditer un meurtre.
46:09 Ce n'est pas leur intérêt
46:11 puisque une fois que M. Pasquali est mort,
46:13 ils n'ont plus aucune chance
46:15 de récupérer les fonds.
46:17 Mission de renseignement
46:19 ou meurtre prémédité.
46:21 C'est l'une des zones d'ombre
46:23 de ce dossier.
46:25 Le jour du meurtre,
46:27 Sébastien et son complice
46:29 auraient transporté le corps
46:31 de Laurent Pasquali
46:33 dans le coffre de leur voiture
46:35 et parcouru 500 kilomètres
46:37 pour rejoindre les forêts d'Auvergne.
46:39 Dans la nuit,
46:41 ils auraient emprunté
46:43 ce chemin au bord
46:45 d'une départementale.
46:47 C'est là qu'ils auraient
46:53 enterré la dépouille du pilote
46:55 espérant faire croire
46:57 à sa disparition.
46:59 Sébastien connaît bien cet endroit.
47:03 C'est sa région natale.
47:05 Il y a grandi
47:07 dans une famille de trois enfants
47:09 qui ont tous fait des études.
47:11 Sa mère, bouleversée,
47:13 nous a livré son sentiment
47:15 sur son fils.
47:17 Dans toute cette histoire,
47:19 je pense qu'il a été,
47:21 j'en suis sûre,
47:23 largement,
47:25 totalement manipulé
47:27 par des personnes
47:29 malveillantes.
47:31 Sébastien est quelqu'un de parole,
47:33 est quelqu'un de loyal
47:35 et je pense qu'en face de lui,
47:37 il attend à ce que les gens
47:39 lui donnent des conseils.
47:41 Il attend à ce que les gens
47:43 lui donnent des conseils.
47:45 En face de lui, il attend à ce que les gens
47:47 soient comme lui
47:49 et malheureusement, je crois que
47:51 il s'est fait avoir.
47:53 Je pense que dans sa tête,
47:55 ça doit être vraiment très difficile
47:57 à vivre.
47:59 Est-ce que vous auriez pu penser qu'il aurait pu être manipulable
48:01 comme ça ? Je ne sais pas.
48:03 Sébastien vit
48:05 loin aussi de nous depuis
48:07 quelques années.
48:09 J'imagine que les policiers ont dû vous dire ce que
48:11 Sébastien avait avoué comme acte
48:13 criminel. Ça correspond au fils que vous avez connu ça ?
48:15 Je ne vais pas répondre
48:17 à cette question du tout.
48:19 Je ne vais pas y répondre.
48:21 Merci madame. Au revoir.
48:23 Sébastien est arrêté par la police
48:27 en juillet 2020.
48:29 Sept mois plus tard, devant la juge d'instruction,
48:31 il craque.
48:33 Alors il pleure parce
48:37 qu'il réalise que sa vie a basculé
48:39 et qu'il réalise surtout qu'il s'est fait manipuler
48:41 pendant huit ans. Ça, il l'avait déjà réalisé
48:43 mais le fait de le dire devant des juges d'instruction
48:45 et qu'on vous confirme
48:47 que tout était privé et que tout était faux,
48:49 je pense qu'il y a effectivement
48:51 un gouffre entre les deux
48:53 et que là, il comprenait
48:55 véritablement l'état dans lequel il était
48:57 et la situation dans laquelle il se trouvait désormais.
48:59 À partir de là, il s'est dit "maintenant je ne peux plus garder
49:01 tout ça pour moi et il faut que je parle".
49:03 La prison,
49:05 les interrogatoires à répétition
49:07 pour le trio
49:09 de la loge à Tanor.
49:11 C'est aussi l'heure des aveux.
49:13 Ça fait tomber la toute puissance parce que
49:19 il y a dix mecs autour de vous qui vous posent des questions,
49:21 qui vous regardent, qui vous étudient, etc.
49:23 Celui qui continue à se sentir
49:25 tout puissant là-dedans
49:27 et effectivement, pour parler comme on le fait dans le milieu,
49:29 il s'allonge
49:31 dans des proportions impressionnantes.
49:33 Il raconte tout.
49:35 Il y a des choses sur lesquelles
49:37 les policiers n'enquêtaient pas.
49:39 Ils ne savaient pas.
49:41 Et on leur sert sur un plateau.
49:43 Les trois hommes semblent enfin prendre conscience
49:47 des actes qui leur sont reprochés.
49:49 Je ne pourrai jamais assez expier.
49:57 J'ai failli en tant que citoyen,
50:01 en tant qu'homme, en tant que père.
50:05 Dans une espèce de tourbillon.
50:07 J'ai eu une perte de sens du réel.
50:11 Faire la différence entre le bien et le mal.
50:13 Ce qui est acceptable et ne l'est pas.
50:15 Aujourd'hui, je me trouve
50:19 dans une situation de honte.
50:21 Deux jours après ses aveux,
50:23 Daniel Beaulieu fera une tentative
50:25 de suicide en prison.
50:27 Le château de cartes du clan Atanor
50:31 s'est effondré.
50:33 Mais il a laissé des traces.
50:35 Le salarié de l'usine de plastique
50:37 Hassan est en arrêt de travail
50:39 depuis un an pour dépression.
50:41 Ils m'ont changé complètement.
50:45 Je suis paniqué,
50:49 je ne suis pas tranquille.
50:51 Je regarde partout,
50:53 alors qu'avant, j'étais en confiance partout.
50:55 J'ai toujours fait confiance aux gens.
50:59 Et maintenant, non.
51:01 Je veux revenir à la personne que j'étais
51:03 et avancer droit, avancer avec la tête haute.
51:05 Quant à Marie-Hélène Digny,
51:09 elle a développé une grave maladie
51:11 qu'elle attribue au choc qu'elle a subi.
51:13 Je commençais tout juste à me dire
51:17 que je vais essayer de reprendre une vie normale
51:19 quand, à l'occasion d'un examen,
51:21 j'ai appris que j'avais un cancer.
51:23 Vous pensez qu'il y a un lien ?
51:25 D'après mon oncologue, oui.
51:27 Il y a un lien.
51:29 Il y a le système immunitaire, les chocs.
51:31 Et du coup, les cancers se développent.
51:33 Ça ne m'empêche pas de vivre.
51:35 Moi, j'ai pris le parti de regarder devant,
51:39 pas derrière.
51:41 Donc, de regarder devant moi,
51:43 de regarder tout ce que j'ai encore à vivre.
51:45 J'estime que je suis une miraculée
51:47 et que chaque jour
51:49 de plus est une journée bénie.
51:51 Et surtout, un jour où il ne se passe rien,
51:53 c'est une très belle journée.
51:55 Les victimes se préparent maintenant
51:57 à affronter les accusés
51:59 au procès qui devrait se tenir
52:01 d'ici deux ou trois ans
52:03 pour témoigner des dégâts
52:05 causés par quelques individus
52:07 qui s'étaient crus tout-puissants.
52:09 Gouverner par des vendus sans poids ni lois
52:11 depuis des siècles
52:13 que marrent leurs femmes.
52:15 Ils sont tous incompétents.
52:19 Ils ne sont pas
52:21 les meilleurs.
52:23 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:25 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:27 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:29 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:31 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:33 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:35 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:37 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:39 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:41 Ils ne sont pas les meilleurs.
52:43 Ils ne sont pas les meilleurs.
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