00:00 Le sapeur-pompier, il est musclé, il est beau, il est huilé,
00:03 il fait à peu près 1m90.
00:04 Je dis toujours en rigolant, c'est tout sauf moi.
00:06 On est à peu près 5% de femmes officiers.
00:09 Dans une certaine mythologie, on assume que la force fait tout,
00:13 mais l'esprit commande le corps.
00:15 On a combien d'internats en cours ?
00:20 Cinq.
00:21 Oui.
00:22 Je m'appelle Vanessa Ricoul, j'ai 43 ans,
00:24 je suis commandante de sapeur-pompier professionnel.
00:27 Ici, dans l'Aisne, je suis là depuis un an à peu près.
00:30 Je suis chef du CTA CODIS, le centre de traitement de l'alerte.
00:33 Là, ici, vous avez les opérateurs,
00:34 qui vont recevoir la totalité des 18.
00:36 Là, c'est quoi, le secours à personnes ?
00:39 C'est une fille chaleureuse.
00:41 Une personne âgée ?
00:41 Elle a 37 ans, oui.
00:42 Oui.
00:42 Une femme qui a été retrouvée par les gendarmes,
00:45 qui est désorientée sur le public.
00:46 D'accord, ok.
00:47 Au niveau de la pharmacie, c'est ça ?
00:48 J'ai toujours eu un intérêt pour les métiers d'uniforme.
00:51 J'ai d'abord commencé en qualité de sapeur-pompier volontaire.
00:54 J'avais sagement attendu mon tour,
00:55 puisque avant, en 2013, je n'aurais jamais pu être sapeur-pompier,
00:58 puisqu'il fallait mesurer 1,60 m,
01:00 et malheureusement, j'en suis plutôt loin.
01:02 Ce que j'aime, c'est la proximité avec les personnes.
01:04 Pour moi, il n'y a rien de plus gratifiant que de s'occuper d'un connu.
01:07 Tu as aussi une personne âgée ?
01:08 Exactement.
01:09 D'accord.
01:10 Ouais.
01:10 Il y a pas mal de personnes âgées, en fait, ce matin.
01:12 Moi, je dois m'assurer que tout fonctionne pour tout le monde H24,
01:15 quelles que soient les circonstances exceptionnelles qui pourraient surgir.
01:18 Une tempête, un aléa, un accident,
01:22 un événement dramatique qui mobiliserait tous nos moyens.
01:24 Je vous envoie les collègues, vous ne quittez pas,
01:26 je vais vous passer le samuel au téléphone, d'accord ?
01:27 Ça faisait combien de temps que vous ne l'avez pas vu ?
01:30 On peut être confrontés à absolument tout,
01:33 les moments les plus joyeux.
01:34 L'autre jour, il y a eu une opératrice qui accompagnait un papa,
01:36 la maman était en train d'accoucher dans la voiture.
01:39 Puis il y a aussi les moments les plus tragiques, les plus difficiles,
01:41 où on n'a pas intérêt à être caché dans son bureau.
01:43 Là, il y a quelques minutes, vous avez vu,
01:45 vous avez un jeune homme,
01:46 je dis jeune homme parce que 50 ans, ce n'est pas vieux,
01:49 voilà, il a perdu la vie,
01:50 c'est ses parents qui l'ont retrouvé.
01:52 Ça, ça fait partie de notre quotidien,
01:54 ces moments décisifs où il est dans l'histoire de quelqu'un,
01:56 dans l'histoire personnelle de quelqu'un,
01:58 c'est en train de basculer.
01:59 Et ça, c'est tous les jours.
02:00 Voilà, il y a des parents qui sont arrivés chez leur fils,
02:03 qui avait des soucis de santé,
02:05 retrouvés en ACR.
02:07 Bon, on est partis, je te passe la maman.
02:09 Aujourd'hui, je suis dans un environnement de travail,
02:15 des collaborateurs masculins où ça se passe vraiment très très bien.
02:19 Je suis un collègue parmi les autres.
02:21 Pour le VSAV, je vais rester à ce soir.
02:23 Je pense que ça devrait être beaucoup plus simple.
02:25 Là, on se rend à Saint-Quentin,
02:27 on va retrouver mon homologue,
02:29 chef de centre, la capitaine Sandrine Medeghetti,
02:32 et on va voir un exercice orienté sur la désincarcération.
02:35 Sandrine, elle fait partie des murs depuis très longtemps aussi,
02:38 elle fait partie des personnes qui ont fait leur place
02:40 aussi naturellement qu'un homme.
02:41 Et puis, il y a d'autres moments où j'ai senti
02:45 que le chemin était âpre et difficile.
02:48 Seulement, j'étais une femme.
02:49 En plus, je ne suis pas quelqu'un de très grand.
02:51 Je dois compenser un physique que je n'ai pas
02:53 par une forme de présence dans l'espace.
02:56 Bon, on en est prêts ?
02:57 Oui.
02:58 Ok, ça marche ?
02:59 Ce sera une ouverture de coffre au moyen de l'écarté.
03:03 Ensuite, un écrasement de siège.
03:05 D'accord.
03:05 J'offre toujours à mes sœurs le calendrier des sapeurs-pompiers.
03:09 Il est musclé, il est beau, il est huilé,
03:11 il fait à peu près 1m90.
03:12 Je dis toujours en rigolant, c'est tout sauf moi.
03:17 Dans une certaine mythologie,
03:18 on estime que la force fait tout, mais loin de là.
03:20 On a oublié une partie essentielle,
03:22 c'est que l'esprit commande le corps.
03:24 Si je m'en suis sortie aussi bien chez les sapeurs-pompiers,
03:40 c'est parce que j'ai toujours essayé de trouver le plan B.
03:42 C'est-à-dire que quand je n'avais pas la taille requise
03:44 pour aller attraper l'outil qui se trouvait tout en haut du camion,
03:48 je montais sur la roue.
03:49 Les nouveautés principales en accessoires ?
03:52 Moi, je n'aime pas féminiser les mots
03:53 et je n'aime pas féminiser les grades
03:55 parce que je considère que j'en ai assez bavé,
03:57 que je ne veux pas qu'on minore mon travail,
04:00 mon engagement en féminisant les noms.
04:01 Bonjour à tous !
04:04 Ça va bien ?
04:05 Ouais, ça va ?
04:07 Ça va ?
04:08 Je venais voir si vous travailliez bien.
04:10 On est à peu près 5% de femmes officiers.
04:12 En 2018, le directeur d'Justice des Ardennes
04:14 me confie une mission qui était de diversifier les effectifs.
04:18 Pour lui, il y avait trop de testostérone,
04:20 je vais reprendre ces termes, dans les centres de secours.
04:22 Bien, bonjour à tous !
04:24 Bienvenue à la direction départementale des pompiers de l'Aisne.
04:27 J'ai pu échanger avec des jeunes pour leur expliquer
04:30 que si moi, j'avais réussi à être pompier,
04:32 tout le monde pouvait le faire.
04:33 Ce n'était pas une façon de se sous-estimer,
04:34 c'était pour démontrer que toute la mythologie
04:37 dont on parlait tout à l'heure, elle n'existait plus.
04:39 Vous vous impliquez, s'il vous plaît,
04:41 dans un environnement citoyen où tout le monde a sa place
04:44 et c'est important qu'il y ait tout type de profil
04:47 et que quand on veut devenir pompier,
04:48 qu'on soit un garçon ou qu'on soit une fille,
04:50 ce n'est absolument pas un problème.
04:51 Même si je vois que les filles, elles sont plus au fond
04:53 et les garçons sont devant.
04:53 Il y a clairement un tabou de l'homosexualité
05:00 chez les sapeurs-pompiers.
05:01 J'ai pris des commentaires parfois que je qualifierais de déplacés.
05:06 Il y a tout ce que je n'ai pas entendu, mais qu'on m'a rapporté.
05:09 J'ai été outée par un collègue officier volontaire
05:14 qui a transféré un mail qui faisait clairement référence
05:16 à ma compagne Virginie, à l'époque, à nos vacances au Canada.
05:20 Après, il s'est remonté jusqu'au directeur départemental.
05:23 Moi, j'ai vécu ça comme une violence, mais terrible.
05:25 Aujourd'hui, je ne veux pas que l'on me parle de ma vie privée
05:27 quand ce n'est pas nécessaire.
05:29 Il faut éduquer, sensibiliser, former et accompagner.
05:34 À partir du moment où tout est dit, tout est nommé,
05:37 où il n'y a pas de tabou, finalement, il n'y a plus de discrimination.
05:41 Vous avez été pertinents ?
05:42 Toujours pertinents et bons pieds, comme on dit.
05:44 Ah ! Et modestes en plus avec ça.
05:47 Toujours, bien sûr.
05:49 Plus on offrira un spectre multiculturel,
05:51 multiethnique au milieu des services, mieux ça se passera.
05:54 Voilà, je vous souhaite une excellente fin d'après-midi.
05:56 Bonne séquence avec mes collègues.
05:58 À très bientôt.
05:59 Continuons à travailler efficacement, à réfléchir
06:04 pour faire en sorte qu'aujourd'hui les territoires soient des territoires sûrs,
06:09 safe et que plus personne ne soit menacé pour des questions stupides.
06:14 [Musique]
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