00:00 C'est vrai que depuis le début de la saison, je ne peux que me satisfaire du banc.
00:03 Ça n'a pas toujours été sur des pas, sur des buts.
00:05 Mais à chaque fois que tout le monde rentre,
00:08 ceux qui rentrent en tous les cas apportent quelque chose,
00:10 amènent de l'énergie supérieure, supplémentaire à cette équipe.
00:13 Et c'est vrai que c'est une grande satisfaction
00:15 parce que c'est toujours difficile pour un coach de rabâcher qu'on a un groupe.
00:19 Après, il faut aussi pouvoir donner du temps de jeu à ceux qui en ont moins.
00:22 Et c'est vrai que dans les matchs rapprochés qui nous attendent d'ici la fin des matchs allés,
00:26 tout le monde aura sa chance.
00:27 Nous aussi, on a quelqu'un qui nous apporte de l'énergie supplémentaire sur ce plateau.
00:30 Mais il est titulaire lui, c'est Pierre Bouville.
00:32 Salut coach.
00:33 Je voulais savoir, tu avais été en inactivité pendant un long moment.
00:39 Est-ce que ça t'a permis d'avoir un autre regard sur le football
00:42 une fois que tu es revenu dans le travail ?
00:45 Et comment est-ce que tu as vécu justement ce retour avec un groupe
00:49 qui est plus et presque une identité forte justement du football breton ?
00:53 Alors, forcément, tu es obligé de prendre un peu de hauteur
00:57 quand tu n'es plus dans le circuit.
00:58 Après, je ne l'ai jamais vraiment quitté parce que comme toi,
01:01 j'étais beaucoup dans les médias, beaucoup à commenter des matchs,
01:03 soit sur la Ligue 1 ou soit sur des championnats à l'étranger,
01:06 notamment l'Angleterre.
01:08 L'œil s'aiguise toujours.
01:10 Quand on a été joueur, on essaie toujours de s'enrichir aussi de ce qu'on peut voir.
01:15 Donc, c'est vrai que ça a été une période d'inactivité un petit peu forcée
01:18 parce qu'il n'y a pas grand monde qui voulait me donner ma chance,
01:20 me redonner ma chance après-midi justement.
01:23 Et c'est vrai que quelque part, on reste passionné.
01:28 Mais c'est vrai qu'à un moment donné,
01:29 je n'imaginais plus qu'un club puisse me refaire confiance.
01:33 Donc, l'appel de Greg Lorenzi, c'est vrai, a été un tournant pour moi.
01:38 Et puis après, découvrir ce groupe l'année dernière pour déjà l'opération Sortage,
01:41 ça a été une grande satisfaction parce que j'aime mes joueurs,
01:44 j'aime la manière dont ils s'investissent au quotidien.
01:48 Ce sont des garçons qui jouent avec le cœur.
01:50 Et je pense que c'est la plus grande des réussites quand on est entraîneur.
01:53 - Et aujourd'hui, ça paye au classement en Brest qui est 7e.
01:55 Tini Niembo.
01:56 - Bonjour Eric.
01:57 Vous avez apporté un regain spectaculaire à cette équipe de Brest.
02:02 On dit souvent qu'un entraîneur aime quand son équipe lui ressemble.
02:07 Est-ce que vous trouvez que l'équipe vous ressemble ?
02:12 - En tous les cas, je l'espère.
02:14 Parce que c'est vrai que...
02:16 Alors, vous êtes tous jeunes sur le plateau.
02:18 Peut-être pas beaucoup qui m'ont vu jouer.
02:20 Mais bon, j'étais un milieu de terrain.
02:22 J'étais un joueur d'équipe aussi.
02:27 Même si j'ai joué dans des grands clubs.
02:29 Mais un joueur d'équipe qui était au service de son entraîneur et du collectif.
02:34 Voilà, j'avais une réflexion aussi.
02:36 C'est peut-être pour ça aussi que je suis devenu entraîneur.
02:38 J'avais toujours une réflexion un petit peu de comment va s'organiser l'équipe.
02:43 D'avoir vraiment une idée du plan de jeu que l'entraîneur voulait mettre en place.
02:47 D'être un relais sur le terrain pour lui.
02:49 Même si je n'ai pas toujours porté le brassard.
02:50 Mais ça m'est arrivé.
02:52 Donc voilà, ce que j'ai dit en tous les cas, c'est qu'effectivement,
02:55 moi je veux une équipe qui soit dynamique.
02:57 Je veux une équipe qui aille vers l'avant.
02:58 Je veux une équipe qui met du monde dans la surface de réparation.
03:01 Je ne suis pas tellement un adepte de faire 50 passes
03:04 et tourner son adversaire pour marquer des buts.
03:06 Alors, il y en a qui sont capables de le faire.
03:08 Je ne pense pas que ça corresponde aussi à nos qualités.
03:10 Et ce que je pense qui est le plus important,
03:11 c'est de pouvoir s'adapter à l'effectif que l'on a.
03:14 Et aujourd'hui, c'est vrai que je suis quand même assez satisfait
03:17 de ce qu'on produit maintenant depuis 11 mois que je suis là.
03:19 - Ah ben j'imagine. Mathias Duchey.
03:21 - Alors Eric, vous parliez de l'équipe qui ressemble à votre caractère.
03:24 Moi, je vous ai connu à Nice et c'est très clairement
03:26 ce qui transpire du Stade Brestois depuis que vous avez pris les Rennes.
03:29 Il y a un petit truc aussi dont on parle depuis le début de la saison
03:32 beaucoup autour du Stade Brestois,
03:33 et notamment vos joueurs dans les interviews.
03:36 C'est un petit peu cet arbitrage, un petit peu dans les deux sens.
03:39 Et on a l'impression qu'il se passe quelque chose d'assez bizarre cette saison
03:44 avec le Stade Brestois et avec d'autres équipes.
03:46 Quel regard vous portez sur le banc par rapport à ces choix,
03:50 notamment arbitraux, qui ont très clairement depuis le début de la saison
03:52 pas été trop en vos faveurs ?
03:54 - Ben, j'ai fait un petit biais d'humeur sur mon réseau social,
04:00 sur mon Instagram, après le match de Monaco.
04:03 Parce que c'est vrai que sur ce match-là,
04:06 et même pour en avoir discuté avec l'entraîneur Monégasque,
04:10 il m'avait dit qu'effectivement ça avait été un arbitrage difficile dans les deux sens.
04:15 Donc, c'est vrai qu'il y avait quelques situations
04:18 et quelques événements dans le match qu'on n'avait pas trop compris.
04:23 Donc, voilà, les joueurs sont toujours un peu frustrés
04:25 quand ils ont l'impression de faire un bon match.
04:28 Maintenant, je n'oublie pas que malgré tout,
04:29 au-delà de ce problème d'arbitrage à Monaco,
04:31 on avait marqué deux buts.
04:33 On avait potentiellement pu bénéficier d'un pénalty
04:36 qui nous aurait pu amener à un troisième but.
04:39 On avait tiré sur la barre, on avait tiré sur le poteau
04:41 en étant Brest et en se déplaçant à Monaco,
04:43 qui est une des grosses équipes de ce championnat.
04:45 Notre contenu était intéressant et c'est vrai qu'il y avait quand même cette déception
04:50 d'avoir ces deux buts refusés,
04:51 certainement un assez, peut-être injustement,
04:54 en tous les cas, durement refusé.
04:57 Ce pénalty qui, à mon sens, aurait dû être sifflé
04:59 et qui nous a été confirmé par Stéphane Manois
05:01 quand il nous a rendu visite la semaine dernière.
05:04 Donc voilà, mais après, on se rend compte que de toute façon,
05:06 même si la technologie a apporté certaines choses,
05:09 je pense que ce sont des choses qui sont précartésiennes sur leur jeu,
05:13 sur la gun light technologique par exemple, si le ballon rentre ou pas.
05:16 On se rend compte que c'est toujours une question d'interprétation.
05:20 Donc à partir de là, il faut accepter malgré tout les décisions arbitrales
05:24 quand elles nous sont défavorables.
05:26 - Fred Le Canu, une question également pour vous.
05:27 - Oui coach, une question.
05:28 Moi, je viens modestement du monde du judo
05:30 et on est très sensibles aux valeurs et aux valeurs sportives.
05:33 Je sais que malheureusement, vous avez été sujet à des violences ces derniers temps.
05:38 Je sais que dans le monde du football, en ce moment,
05:40 c'est un peu difficile avec un pourtour de personnes
05:42 qui se perdent un petit peu dans les messages
05:43 et qui ont des attitudes qui sont un peu négatives.
05:45 Comment est-ce que vous, vous avez vécu ces dernières heures
05:47 avec notamment ces violences dont vous avez été victime ?
05:50 - On rappelle que le bus des supporters Brestois a été caillassé.
05:53 - C'est ça.
05:54 - Oui, ça a été un gros choc.
05:56 Ça a été un gros choc quand on était sur le chemin du retour,
05:58 d'apprendre que notre bus avait été frappé par une dizaine de projectiles.
06:05 Ce qui est terrible, c'est qu'on se dit que ça aurait pu être une tragédie incroyable
06:08 parce qu'ils étaient sur l'autoroute à 80 km/h, 90 km/h
06:12 et en subissant un assaut, on va dire pratiquement cet assaut.
06:17 On le voit, l'impact sur le pare-brise du conducteur
06:21 qui aurait pu perdre le contrôle de son véhicule.
06:24 À un moment donné, je ne sais pas, j'en appelle à la responsabilité de chacun.
06:28 Je crois qu'il faut vraiment que les pouvoirs publics puissent…
06:31 Parce que ça se passe en dehors des stades maintenant.
06:33 C'est vrai que les clubs peuvent être responsables de leurs supporters,
06:36 mais quand ça se passe dans l'enceinte, mais en dehors…
06:38 Je ne sais pas si les supporters montpellierins, mais en tous les cas,
06:42 il est évident que tout le monde doit prendre maintenant vraiment conscience
06:45 qu'on ne peut plus se laisser aller à ce genre de choses
06:50 parce que le jour où il va y avoir une grande tragédie, ça sera trop tard.
06:55 Donc voilà, c'est un grand choc.
06:57 J'apporte mon soutien à nos supporters qui ont bien animé leur parkage
07:01 sur ce match de Montpellier.
07:02 On en a eu besoin parce qu'il y a eu des moments difficiles également dans ce match-là.
07:06 Mais il est évident que quand on fait du foot, comme moi depuis toujours,
07:09 qui est amoureux de ce sport, on est toujours très chagriné
07:12 quand on voit qu'il y a des énergumènes qui s'en servent quelque part
07:17 et qui nous donnent une moise image alors que ça reste toujours qu'une très très faible minorité.
07:22 – Dernière question avec Pierre Bouby.
07:23 – Oui, je vais repartir un peu sur le sportif.
07:27 – Oui c'est mieux, on préfère, c'est plus léger.
07:28 – Oui, c'est mieux, mais ça va titiller un peu.
07:30 Est-ce que… Là, Brest est 7ème avec un match en retard et 18 points.
07:33 Est-ce qu'on change un petit peu d'objectif tout de suite ?
07:36 Est-ce qu'on ne se dit pas qu'il y a peut-être un truc qui allait gratter
07:40 avant Noël déjà dans un premier temps ?
07:43 – Tu sais Pierre, déjà on a eu la réussite, le bonheur,
07:49 les qualités aussi pour faire un très très bon début de saison.
07:52 C'est vrai que sur les cinq derniers matchs, c'était un peu plus compliqué
07:54 même s'il y avait des grosses équipes sur ces cinq derniers matchs.
07:58 Et c'est vrai que l'objectif du match de Montpellier,
08:00 c'était déjà de repartir sur une bonne dynamique
08:03 et d'essayer de valoriser notre bon début de saison.
08:06 Donc voilà, l'objectif quelque part, aujourd'hui, j'ai connu l'équipe
08:10 et je suis rentré dans cette équipe-là en essayant de se sauver
08:13 d'une situation périlleuse où tous les matchs,
08:16 tu les prépares pour sortir d'une zone dangereuse.
08:19 Et aujourd'hui, il est évident qu'il est beaucoup plus intéressant
08:21 et beaucoup plus valorisant de pouvoir préparer les matchs
08:25 pour essayer de rester dans la première partie de tableau.
08:27 Et c'est vrai que c'est un petit peu notre objectif aujourd'hui,
08:29 de rester dans cette première partie le plus longtemps possible.
08:32 Je l'ai dit, à tous les matchs, je vais pouvoir essayer de valoriser notre capital point.
08:35 Mais l'objectif aujourd'hui, prioritaire et premier, il ne change pas.
08:39 C'est le maintien.
08:40 Et après, à un moment donné, si assez tôt dans la saison,
08:43 on arrive à déjà atteindre ce premier objectif, on s'en fixera des nouveaux.
08:47 Moi, j'ai l'habitude de toujours fixer deux objectifs à mes équipes et à mon équipe.
08:51 Et c'est vrai qu'on a rempli les deux premiers entre les dates internationales.
08:58 Et on n'a pas réussi le troisième.
09:00 Et on espère bien pouvoir réussir le quatrième,
09:02 sur les six matchs qui nous attendent à la fin des matchs allés.
09:05 - On en reparlera en février alors.
09:06 - Exactement.
09:08 - Il y a un beau petit calendrier qui arrive,
09:09 vous l'avez dit, avec deux matchs à domicile, notamment Clermont et Strasbourg.
09:12 Merci beaucoup coach d'avoir été avec nous dans cette émission.
09:14 Vous revenez quand vous voulez.
09:14 - Merci à vous. - Et à José Leficus, il en a un petit peu besoin.
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