00:00 - Et on passe également au 02 47 38 10 20.
00:02 Venez nous raconter votre expérience de l'hôpital.
00:05 Est-ce que le personnel médical est suffisamment reconnu selon vous ?
00:08 Est-ce qu'on a tiré les enseignements du Covid-19 également ?
00:12 Bien ou mal, 02 47 38 10 20, on en parle ensemble.
00:15 Et pour en parler, on va accueillir notre invité Romain Desec.
00:18 - Bonjour Floriane Rivière. - Bonjour.
00:20 - Vous êtes la directrice générale depuis quelques mois du CHRU de Tours.
00:25 Merci d'accepter l'invitation de France Bleu Touraine.
00:27 Comment se porte l'hôpital et son personnel ?
00:30 - Merci de me recevoir.
00:32 Alors comment se porte l'hôpital et son personnel ?
00:34 Donc je pense que...
00:36 Alors c'est une question qui est compliquée pour le coup et qui est vaste.
00:39 L'hôpital aujourd'hui et ses professionnels qui incarnent cet établissement.
00:45 Je pense que la première des choses, c'est déjà de reconnaître tout le travail qui y est fait.
00:49 De reconnaître l'excellence des soins qui sont apportés aux patients
00:53 et le volontarisme avec lequel les professionnels font face à une situation
00:58 qui est une situation de crise aujourd'hui en sortie de Covid.
01:01 Ça il ne faut pas le nier.
01:02 Dans tous les hôpitaux et donc également au CHRU de Tours.
01:06 Le CHRU qui doit faire face...
01:08 Vous vous demandez comment vont ses personnels.
01:10 Il y a aujourd'hui, malheureusement on le constate, une augmentation de l'absentéisme.
01:16 - On est à combien de pourcentage d'absentéisme aujourd'hui au CHRU en moyenne ?
01:19 - En moyenne c'est 11% depuis le Covid, ce qui représente une augmentation significative d'au moins 2 points.
01:26 Alors qui est multifactorielle et surtout en fait vous avez ce qu'on appelle l'absentéisme de courte et l'absentéisme de longue durée.
01:33 - Et ça engendre de la souffrance.
01:35 On a entendu et vous l'avez entendu sur l'antenne de France Bleu Touraine,
01:38 des syndicats et de nombreux services qui sont mobilisés en grève depuis plusieurs semaines.
01:43 Pour le pôle cardiologie ça démarre aujourd'hui.
01:46 Certains syndicats disent que le dialogue social est en panne.
01:50 Est-ce que vous confirmez leurs propos ?
01:52 - Alors ce que ça engendre c'est effectivement une désorganisation.
01:56 C'est évident que quand certains professionnels sont absents,
02:00 alors que l'absence soit anticipée ou non,
02:02 et c'est d'autant plus compliqué quand l'absence ne peut pas être anticipée évidemment,
02:06 ça perturbe le fonctionnement du service, ça perturbe ce qu'on appelle les plannings.
02:10 Il y a des trous dans le planning, comme on dit de manière assez basique.
02:14 Mais effectivement la conséquence dans le fonctionnement du service elle est importante
02:18 parce que ce sont ceux qui sont présents qui absorbent la charge complémentaire
02:22 et c'est ce qui peut occasionner aussi des fermetures de lits.
02:25 Donc les agents aujourd'hui, les professionnels de manière générale,
02:29 expriment le besoin d'en discuter avec la direction.
02:32 Et là-dessus je ne partage pas le diagnostic selon lequel le dialogue social serait rompu.
02:39 Et notamment je remercie à cet égard les équipes de la coordination des soins
02:43 et de la direction des ressources humaines qui passent effectivement un temps important
02:47 à discuter avec les services et à écouter les différentes problématiques
02:50 qui ne sont pas les mêmes d'un service à l'autre.
02:52 Il n'y a pas d'homogénéité dans les difficultés,
02:55 même si cette problématique d'absentéisme irrigue l'ensemble du fonctionnement.
02:59 Vous dites que le dialogue social n'est pas rompu,
03:01 pourtant on arrive à des situations où le personnel se mobilise et se met en grève.
03:06 Ça veut dire qu'il y a un souci de vision des choses.
03:08 Ce n'est pas une caractéristique de la rupture du dialogue social,
03:11 c'est l'expression de difficultés et c'est sain d'exprimer aussi les difficultés.
03:16 Justement qu'on soit en capacité collectivement, l'ensemble des corps de métier,
03:20 de pouvoir en échanger, de pouvoir en discuter,
03:22 ça n'est pas une rupture du dialogue social.
03:25 Je pense que les syndicats au contraire sont particulièrement écoutés.
03:29 Moi-même du coup je les reçois quand ils en font la demande
03:33 et notamment sur cette question du coup des mouvements de grève et des difficultés.
03:37 On a entendu une déléguée syndicale dans le Joint de le 7h30 qui l'affirme,
03:40 il y a des cabinets de conseil qui nous guident pour dépenser mieux l'argent de l'hôpital public.
03:44 Est-ce que vous confirmez ces propos ?
03:47 Depuis que je suis arrivée je n'ai vu aucun cabinet de conseil
03:50 et je n'ai pris aucune décision qui soit guidée par un cabinet de conseil.
03:53 Après effectivement il peut arriver que sur certains dossiers,
03:59 certaines problématiques spécifiques on fasse appel à des cabinets de conseil.
04:02 Ça n'a pas été mon cas depuis que je suis arrivée
04:04 mais en tout cas ça fait partie des sujets de toute façon qu'on va être amenés à étudier.
04:09 Ça veut dire qu'il faut de l'aide extérieure pour mieux gérer l'argent
04:13 parce qu'on a de moins en moins de moyens dans l'hôpital public ?
04:15 Non, ça peut être sur des thématiques très spécifiques
04:19 pour lesquelles on ne dispose pas forcément de compétences en interne,
04:22 donc des thématiques extrêmement pointues.
04:24 Et encore une fois depuis que je suis arrivée
04:26 je n'ai pas eu besoin d'avoir recours à des cabinets de conseil
04:29 et je n'ai pas vu passer de conseil en la matière.
04:32 Je reviens sur l'absentéisme, on en a parlé au début de cette interview.
04:36 La clé ou la solution parmi les solutions, on pourrait tenter de dire,
04:40 ce serait d'embaucher. Est-ce que l'hôpital arrive à recruter aujourd'hui ?
04:43 Alors l'hôpital reste attractif, c'est-à-dire que l'hôpital public en général
04:47 et le CHRU de Tours restent attractifs, ça c'est une réalité.
04:50 Aujourd'hui l'enjeu il est à la fois d'être attractif sur l'ensemble des métiers
04:55 parce qu'une prise en charge hospitalière c'est une prise en charge coordonnée
04:59 entre différents professionnels, qu'ils soient médicaux ou non médicaux.
05:03 Mais l'enjeu il est aussi de fidéliser, c'est-à-dire d'avoir des conditions de travail
05:07 au sein des services, d'avoir des collectifs de travail qui fonctionnent correctement
05:11 et qui permettent du coup de fidéliser les professionnels qu'on y recrute.
05:15 Je vais vous faire écouter le témoignage de Véronique Lemais,
05:18 elle est déléguée syndicale justement sur l'attractivité du métier, on l'écoute.
05:21 Dans les conditions actuelles, non. C'est juste pas possible.
05:25 Moi je suis infirmière depuis 1988, je n'ai jamais vu une situation comme ça à l'hôpital.
05:30 De la maltraitance institutionnelle peut découler une maltraitance individuelle
05:34 qu'on va nous reprocher alors qu'en amont on ne nous donne pas les moyens qu'il faut
05:38 pour prendre en charge nos résidents patients.
05:41 On l'interrogeait sur l'attractivité du métier, savoir si elle conseillerait de faire son métier.
05:45 Qu'est-ce que vous lui répondez, qu'est-ce que ça dit son témoignage ?
05:48 Alors ce que dit, je ne sais pas dans quel contexte ça a été prononcé,
05:52 mais en tout cas ce que dit son témoignage, c'est qu'effectivement aujourd'hui,
05:56 il y a des difficultés de fonctionnement que j'évoquais tout à l'heure,
05:59 et l'impact de l'absentéisme notamment.
06:02 Je pense que le sujet il est vraiment là parce qu'en termes de matériel,
06:06 en termes d'évolution bâtimentaire et de sécurisation des locaux,
06:11 ça c'est des sujets sur lesquels l'argent il est mis.
06:14 Mais sur les effectifs ?
06:15 Alors sur les effectifs, c'est la problématique de l'absentéisme qui augmente.
06:18 Parce qu'effectivement, c'est-à-dire qu'on n'arrive pas à le...
06:22 C'est un peu ça qui se mord la queue, il y a de l'absentéisme
06:25 parce que les conditions de travail ne sont pas...
06:27 C'est vrai que c'est justement un cercle vicieux qu'il faut qu'on puisse rompre
06:30 pour pouvoir réenclencher un cercle vertueux.
06:32 Alors il y a effectivement un objectif de recrutement
06:35 pour limiter le recours à des heures supplémentaires
06:38 qui augmentent la fatigue des professionnels
06:40 et limiter le recours à l'intérim, ça c'est une évidence.
06:42 Donc on compte sur cette augmentation de postes dits pérennes
06:47 pour pouvoir améliorer significativement les conditions de travail.
06:50 Mais pas que sur ça.
06:52 C'est-à-dire que l'amélioration des conditions de travail,
06:54 ce n'est pas que le recrutement, c'est aussi
06:56 écouter ce que les agents vont proposer,
06:58 écouter ce qu'ils ont à dire et les accompagner
07:00 dans les projets qu'ils peuvent porter.
07:02 Et c'est ce qui doit se faire au cours du dialogue social.
07:04 Merci beaucoup Floriane Rivière d'avoir accepté l'invitation de France Bleu Touraine
07:09 et d'avoir éclairé nos auditeurs sur la situation sociale actuelle au sein du CHRU.
07:12 On va accueillir quelques auditeurs après une courte page de pub.
07:15 Dans un instant on vous ouvre l'antenne et vous avez la parole.
07:18 Sur France Bleu Touraine on accueillera Isabelle Yanis.
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