00:00 citoyennes et citoyens de Martigues et du monde.
00:04 Ô Barbara, quelle connerie la guerre !
00:09 Qu'es-tu devenue maintenant, sous cette pluie de fer, de feu, d'acier, de sang ?
00:17 Encore aujourd'hui, ce sont les mêmes Barbara que nous pleurons avec Jacques Prévet.
00:24 Nous pleurons toutes les Barbara, quel que soit leur prénom,
00:28 le lieu de leur naissance, leur nationalité, la couleur de leur peau, leur religion ou pas.
00:34 Nous marchons pour la paix, nous voulons la paix.
00:39 Nous haïssons la guerre, nous haïssons les justifications des massacres
00:45 qui volent dans l'horreur les vies de nos frères et de nos sœurs en humanité.
00:51 Nous haïssons l'indifférence.
00:54 L'indifférence, disait Antonio Gramsci, c'est l'étang qui entoure la vieille ville
00:59 et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers.
01:04 Notre étang à nous, qui entoure notre vieille ville de Martigues,
01:10 il nous relie aux autres rives, il s'y mêle nos larmes, il s'y mêle notre invincible espoir.
01:16 Nous avons choisi depuis toujours, entre Barbara et la barbarie.
01:22 Nous sommes solidaires, nous sommes fraternels, nous sommes pacifistes.
01:27 Nous haïssons la haine.
01:29 Ce que nous aimons, c'est la paix.
01:32 Nous savons qu'on nous porte parfois des regards attendris,
01:36 parfois ennuyés quand nous parlons de la paix.
01:39 Mais y a-t-il une préoccupation supérieure à celle de la paix pour la cité et pour la politique ?
01:46 Pas simplement la nôtre, notre petite paix, notre petite tranquillité à nous, non,
01:53 la grande paix humaine.
01:55 La paix n'existe pas sans la reconnaissance, sans la justice, sans le droit, sans l'effort, sans la volonté.
02:05 Nous savons que nous rassembler ici, ce matin, ne suffira pas.
02:10 Mais nous savons aussi qu'une part de cette grande volonté dont le monde a besoin est également ici.
02:17 Et nous voulons qu'elle se voie, qu'elle s'entende, qu'elle s'étende.
02:22 A Gaza, depuis plus d'un mois, après les attaques meurtrières du Hamas et les prises d'otages,
02:31 c'est la pluie de bombes et la succession des raids armés, c'est la destruction et le massacre.
02:37 Et maintenant, les exactions se multiplient en Cisjordanie.
02:41 Le gouvernement d'extrême droite de Netanyahou se déchaîne.
02:45 Ce conflit n'est pas né il y a un mois.
02:48 Voilà des décennies que dure ce conflit.
02:50 Voilà des décennies que des voix s'élèvent pour dire qu'il faut refuser de s'y habituer.
02:56 Voilà des décennies que les droits du peuple palestinien sont bafoués,
03:00 que les résolutions internationales restent lettres mortes,
03:02 que des prisonniers politiques sont retenus à l'image de Marwan Barghouti.
03:07 Voilà des décennies que la colonisation progresse, que l'occupation se durcit,
03:10 que le blocus fait de Gaza une prison à ciel ouvert,
03:14 que des femmes, des hommes, des enfants vivent des privations, des vexations, des humiliations.
03:19 Voilà des décennies que la sécurité des deux peuples est affectée.
03:25 Stop ! Il faut construire la paix de toute urgence.
03:28 Voilà bien longtemps qu'il y a urgence.
03:30 Voilà bien trop longtemps que les accords d'Oslo ont été sabotés.
03:33 Une solution de paix existe, celle de la reconnaissance enfin de l'état de Palestine
03:38 aux côtés de l'état d'Israël dans la paix, la sécurité et demain la coopération.
03:43 La France doit porter cette voix avec la force qui lui fait défaut aujourd'hui,
03:48 avec une force qui lui fait trop défaut aujourd'hui.
03:50 Elle doit porter la voix d'un cessez-le-feu immédiat et agir,
03:54 prendre des initiatives pour créer les conditions d'une paix juste et durable,
03:59 contribuer à créer ces conditions.
04:01 La question n'est pas religieuse, elle est politique comme l'est l'issue.
04:06 Nous haïssons la guerre, nous haïssons aussi son utilisation, son instrumentalisation.
04:12 Nous refusons qu'on organise le monde en deux camps inventés, l'Occident contre l'Orient.
04:19 Nous refusons d'entrer dans le choc des civilisations.
04:21 Nous refusons, nous devons refuser cet affrontement identitaire construit de toutes pièces
04:27 avec ses résonances racistes.
04:29 Nous haïssons le racisme, tous les racismes dont l'antisémitisme fait partie.
04:35 Nous refusons qu'on nous oppose, nous refusons l'affrontement des victimes.
04:40 Toute l'humanité se meurt du racisme, du nationalisme, des intégrismes.
04:45 Nous en avons payé cher le prix dans notre histoire et il a fallu que des femmes,
04:49 des hommes se dressent avec toute leur énergie pour les écarter.
04:53 La période que nous vivons appelle plus encore à l'engagement face à ces dangers.
04:59 La gravité de la situation internationale, et je veux ici à nouveau également adresser
05:05 nos pensées solidaires à nos amis arméniens face à la guerre, à l'exode, à la menace,
05:11 adresser nos pensées aux Ukrainiens, adresser nos pensées à tous ceux et celles,
05:15 quelle que soit leur nationalité, qui sont pris dans le feu de la mitraille.
05:19 La gravité de la situation nous appelle à être à la hauteur, à se lécher des petites
05:26 manoeuvres de la petite politique, à déjouer les pièges.
05:30 La gravité de la situation nous appelle à l'essentiel.
05:34 La grande paix humaine est possible, disait Jean Jaurès.
05:39 C'est un grand, c'est un beau projet.
05:42 Il nous appelle, il nous rappelle à la grande volonté dont le monde a besoin.
05:47 Il nous rappelle tout simplement à notre humanité commune.
05:51 Rappelle-toi cela, Barbara, et ne m'en veux pas si je te tutoie.
05:56 Je dis tu à tous ceux que j'aime, même si je ne les ai vus qu'une seule fois.
06:00 Je dis tu à tous ceux qui s'aiment, même si je ne les connais pas.
06:05 (Applaudissements)