00:00 Mais on m'aurait dit ça, qu'il allait falloir faire tout ça,
00:03 mais jamais je l'aurais fait.
00:04 C'est une fresque, c'est une épopée.
00:06 La seule chose qui m'intéresse au cinéma, c'est le scénario.
00:14 Ma raison d'accepter un film, c'est un scénario, deux scénarios, trois scénarios.
00:18 Ensuite vient le metteur en scène, évidemment.
00:20 Ensuite vient les collègues.
00:22 Ensuite, mais qu'est ce que ça raconte?
00:24 Est ce que ça va me passionner?
00:26 Je ne peux pas arriver à essayer d'avoir la prétention éventuelle
00:30 de pouvoir intéresser des gens si moi même, ça ne m'intéresse pas.
00:33 Désormais, les délinquants ont compris qu'il était plus facile d'agir
00:36 directement sur les marchés financiers que de braquer une banque.
00:39 Je voudrais essayer d'enquêter d'une manière plus performante,
00:41 moins prévisible.
00:43 Comme tous les projets, à chaque fois, on se dit qu'on ne va jamais arriver.
00:47 C'est gigantesque et titanesque.
00:50 Moi, c'est le projet le plus ambitieux que j'ai eu l'occasion
00:53 de croiser dans mon métier.
00:56 Je pense que c'est la série la plus ambitieuse que Canal+ n'ait jamais
00:59 mis en oeuvre et c'est le projet le plus ambitieux du metteur en scène.
01:03 C'est Bénure.
01:05 C'est Bénure.
01:06 Ce n'est pas une série.
01:07 C'est un c'est un c'est un grand un grand film.
01:09 C'est une grande fresque.
01:11 Xavier Giannulli, le metteur en scène, l'a fait comme un film de 12 heures.
01:15 C'est que des gens de cinéma qui l'ont fait.
01:16 Tous les techniciens sont les techniciens du metteur en scène.
01:19 En fait, Xavier a eu le privilège et l'opportunité, grâce à la chaîne,
01:24 de pouvoir donner libre cours à son rêve, c'est à dire raconter une histoire.
01:29 Et au lieu d'être contraint à la compresser en 1h40,
01:32 vous lui avez donné la possibilité
01:35 de raconter l'histoire de A à Z en s'attardant,
01:38 comme dans le principe de la série, sur des détails, des personnages
01:42 qui amènent énormément à la psychologie.
01:44 Mais moi, je l'ai vécu comme un rôle que que j'accompagne plus longtemps.
01:48 On l'a tourné deux mois et demi, on a tourné 15 mois.
01:51 C'est un exercice passionnant à faire une fois dans sa vie.
01:54 C'est un souvenir mémorable.
01:55 Ils ont mis de la tévin sur les cotes à carbone.
01:57 Tévin à 19,6.
01:58 Je suis en produit financier, je n'ai jamais lu ça.
02:00 T'as compris ce qu'ils vont faire ?
02:03 Ce qu'ils ont fait avec les jeans, avec les téléphones,
02:05 ils vont faire pareil avec les cotes à carbone.
02:06 C'est un rôle qui me va comme un gant.
02:08 Et en même temps, on est très, très, très, très éloigné
02:11 entre une actrice et un rôle ou un acteur et un rôle.
02:14 C'est toujours la même chose.
02:15 C'est une histoire de négoce.
02:16 C'est un arrangement, c'est une danse.
02:18 Et il y a des choses, quelques fois dans la vie, qui ne nous vont pas.
02:22 Mais ça nous va, que ça ne nous aille pas.
02:24 Un personnage et un acteur, c'est pareil.
02:25 Donc, quand je choisis un rôle comme ce personnage,
02:28 ça ne se fait pas tout de suite, mais ça irradie inconsciemment.
02:32 Avoir été ce type en psychanalyse, c'est moi qui étais Simon Wenachter.
02:36 J'ai été lui, j'ai prononcé ses phrases, j'ai vu ce qu'il a vu.
02:39 Je n'en sors pas indemne.
02:41 Et donc, forcément, moi, Vincent, j'ai évolué depuis ce film.
02:45 Que je le veuille ou non, il m'a laissé des traces, des choses, des marques.
02:50 Si un personnage ne me laisse pas des marques, je ne le fais pas.
02:53 Ça ne m'intéresse pas.
02:54 Si c'est juste pour amener mon concours, mon nez, ma bouche, mes yeux,
02:58 ma démarche et ma voix à un personnage pour qu'on me dise, il vous ressemble beaucoup.
03:01 Ce n'est pas intéressant.
03:03 Ce qui est intéressant, c'est de repartir et d'avoir rencontré quelqu'un.
03:08 Moi, j'ai rencontré Simon Wenachter.
03:10 Il me reste des choses. C'est une négoce.
03:12 Voilà. Parce qu'à l'arrivée, cette histoire, elle s'est terminée en Saint Vincent.
03:15 Elle a eu 10 milliards à partir fumée.
03:18 Et quand on est un serviteur de l'État comme moi, ce n'est pas acceptable.
03:22 C'est quelqu'un qui représente la République, l'ordre, la morale.
03:25 C'est Robin Desbois. Il est à l'avant du navire.
03:28 Ce personnage, il essaye de faire en sorte que tout ne parte pas trop à volo,
03:32 pas trop vite.
03:33 Il essaie de freiner le cours tragique, dramaturgique
03:37 et de fuite en avant du monde dans tous les domaines.
03:40 Et lui, il s'attèle à la justice, à la morale,
03:44 essayer de faire en sorte de remettre en équilibre dans la balance le bien et le mal.
03:48 Oui, ils existent, ces gens là.
03:49 Ces héros des temps modernes qui ont encore un peu d'utopie,
03:53 qui pensent que tout n'est pas foutu.
03:56 Il en faut. Sinon, il n'y aurait pas d'association.
03:58 Il n'y aurait pas de mécènes.
04:00 Il n'y aurait pas de généreux donateurs.
04:02 Il n'y aurait pas de gens qui s'entraident.
04:03 Ce serait la Bérezina.
04:04 Alors, il y en a de moins en moins.
04:07 Il en manque de plus en plus.
04:08 Albert Camus, dans son discours pour le prix Nobel en 57 à Stockholm,
04:12 il disait une phrase formidable.
04:13 Je ne la connais pas par cœur, mais il disait
04:16 "Les gens de ma génération savent très bien qu'ils ne vont pas refaire l'histoire
04:19 et on en serait incapables.
04:20 Mais essayons de les atteler à essayer qu'elle ne se défasse pas.
04:23 Ou en tout cas, pas trop vite."
04:26 Ça doit être beaucoup de pression de lancer un nouveau service, non ?
04:28 C'est ça qui vous met sur les nerfs ?
04:30 Dites-moi, maître.
04:32 Il y a quoi derrière ?
04:34 Qui vous l'envoie ?
04:36 Il y a plein de privilèges à faire ce métier.
04:38 Il y a plein de désavantages à le faire aussi.
04:40 Mais s'il y a une chose qui est bien sûre, c'est qu'on se définit par ce qu'on fait.
04:44 Donc à un moment, quand on aligne des films
04:47 et que vous voyez ce que moi, j'ai fait ou ce que une autre a fait
04:51 ou ce que un autre a fait, à un moment, ça raconte quelque chose de la personne.
04:55 Ce qui est intéressant, c'est que les gens et les spectateurs, ils le sentent.
04:58 Donc je n'ai pas l'air d'explicier.
05:00 Rien que là, je viens de l'expliquer.
05:01 Donc déjà, je me suis fait piéger.
05:03 Oui, incarner quelqu'un qui quelqu'un qui veut réparer.
05:06 C'est forcément.
05:08 J'ai envie de réparer.
05:09 Si j'ai envie de réparer, c'est que je pense que tout n'est pas foutu.
05:13 Ça dépend des jours et des matins.
05:14 Merci.
05:15 [SILENCE]
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