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  • il y a 2 ans
C'est un problème qui touche 2 millions de personnes en France : la dénutrition.

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Transcription
00:00 C'est un problème qui touche 2 millions de personnes en France, la dénutrition.
00:05 D'ailleurs, si vous avez des questions à ce sujet, pour vous, pour un proche, ou bien
00:09 des témoignages à nous apporter, un proche qui pourrait se trouver en EHPAD par exemple,
00:13 appelez-nous, notre invité vous répondra, on attend vos appels 0247 38 10 20.
00:18 Notre invité d'ailleurs qui est avec vous, Romain Désacq.
00:20 Bonjour Arnaud Delucat, vous êtes secrétaire général de la Société Française de Nutrition,
00:26 également docteur au CHRU Tours.
00:28 2 millions de personnes, c'est énorme.
00:30 Quels sont les profils concernés ?
00:32 C'est surtout déjà une maladie qu'on ne repère pas bien.
00:37 Et donc c'est vrai que ça s'introduit de façon finalement assez cachée.
00:43 Et au fil de l'âge, on a un risque qui augmente.
00:46 C'est-à-dire qu'une personne âgée va avoir entre 10 et 30% de risque d'être dénutrie
00:52 chez elle.
00:53 30 à 40% quand elle est en EHPAD, c'est-à-dire déjà dépendante.
00:57 Et chez l'adulte, c'est plutôt 30%, mais à l'hôpital.
01:01 Et chez l'enfant, ça existe aussi, et c'est 10% à peu près à l'hôpital.
01:04 Vous dites qu'on a du mal à la repérer.
01:05 Quel conseil donneriez-vous à ceux qui nous écoutent pour repérer justement auprès
01:09 de leurs proches les problématiques de dénutrition ?
01:11 Les éléments simples, c'est déjà le changement physique.
01:14 C'est en pratique, est-ce qu'on resserre la ceinture d'un cran de plus ?
01:19 Est-ce qu'on est plus large dans les vêtements ?
01:20 Et puis la variation de poids sur la balance.
01:22 Vous parliez des EHPAD, une enquête de 60 millions de consommateurs qui a été publiée
01:26 il y a deux semaines révèle que de nombreux résidents d'EHPAD se plaignent
01:30 de la qualité gustative de leurs plats, des plats peu appétissants, sans aucun goût,
01:36 des aliments qui ne sont pas identifiables.
01:38 Est-ce qu'on a tiré les enseignements des scandales qui ont émaillé les EHPAD il y a quelques années ?
01:43 Il y a beaucoup de progrès qui sont faits de ce côté-là.
01:45 Il y a de plus en plus de cuisine sur place au lieu d'avoir des livraisons de l'extérieur.
01:49 Et il faut savoir aussi que les personnes âgées ont une perte de la sensation du goût,
01:53 une perte de pas mal de sensation en général.
01:55 Et donc ça veut dire que rendre l'alimentation appétante, c'est plus compliqué aussi.
02:00 Il y a des progrès mais ça coûte aussi plus cher pour les établissements.
02:03 Forcément avoir un nutritionniste dans un EHPAD, c'est aussi des frais en plus.
02:06 C'est une obligation dans les EHPAD suffisamment importante.
02:10 Ça c'est la constitution des menus.
02:12 Après c'est combien d'argent on peut mettre dans les denrées.
02:15 Et la nourriture, c'était une variable d'ajustement, ça l'est toujours aujourd'hui ?
02:19 Ou les consciences ont tendance à évoluer ?
02:23 Ça a tendance à évoluer parce qu'il y a aussi le fait d'avoir une alimentation de proximité
02:28 avec une part de bio dans toutes les collectivités.
02:31 Donc tout ça, c'est des choses qui sont en train de prendre
02:33 et dont les gens s'intéressent de plus en plus.
02:35 Est-ce qu'avec l'inflation des matières premières,
02:38 les soucis financiers que connaissent de nombreux EHPAD,
02:42 il y a eu justement des...
02:44 ça s'est accentué ces problèmes de nutrition dans les EHPAD ou au contraire ?
02:49 Ça a l'air plutôt stable en termes de prévalence,
02:51 c'est-à-dire de nombre de personnes atteintes,
02:54 mais c'est vrai que c'est une problématique d'arriver à bien nourrir les gens avec un budget contraint.
02:59 Alors là on parle des EHPAD, mais il y a aussi le vieillissement à domicile.
03:02 On a tous dans nos familles parfois vu des personnes qui étaient seules,
03:07 des personnes âgées, lassées parfois de se nourrir.
03:10 Comment on fait dans ces cas-là ?
03:12 L'alimentation, c'est pas juste manger, c'est tout ce qui se passe autour,
03:15 c'est-à-dire la convivialité,
03:18 et comme vous dites, les personnes seules c'est plus difficile de bien manger,
03:21 donc arriver à avoir un environnement plus favorisant,
03:25 à avoir des personnes qui passent,
03:26 peut-être aussi sur le point pratique un portage des repas,
03:30 des choses comme ça, ça peut aider à ce que la personne âgée puisse manger correctement.
03:33 Il y a la notion de plaisir aussi évidemment ?
03:35 C'est indispensable, à la fois dans les odeurs, dans le goût,
03:39 dans la présentation de l'assiette,
03:41 ça permet d'améliorer l'alimentation, c'est clair.
03:43 Vous travaillez à l'hôpital public, Arnaud Deluca,
03:46 il y a aussi des efforts à faire au sein de l'hôpital,
03:49 20 à 40% des personnes hospitalisées souffrent de dénutrition,
03:53 alors que ce sont les conséquences des maladies auxquelles ces personnes-là sont à l'hôpital,
03:57 et ce sont les conséquences de leur maladie,
03:59 ou il y a un souci aussi à l'hôpital ?
04:01 Je fais partie du comité de liaison alimentation-nutrition de l'hôpital,
04:04 c'est-à-dire l'instance qui s'intéresse à toutes ces problématiques,
04:08 et c'est vrai que quand on a une maladie,
04:11 on va moins manger, ou on va avoir un risque de perdre du poids,
04:15 et tout ça, c'est des risques qui font qu'on est plus dénutri à l'hôpital.
04:19 Maintenant, il y a toute une attention à avoir sur
04:22 qu'est-ce que mangent les personnes à l'hôpital,
04:24 et essayer d'améliorer les choses,
04:25 donc tout ça, c'est des choses qui sont vraiment regardées de près.
04:28 Merci beaucoup Arnaud Deluca, secrétaire général de la Société française de nutrition,
04:33 et docteur OCH à retour, merci d'avoir accepté l'invitation de France Bleu Tourette !
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