00:00 jusqu'à 11h avec le réalisateur Christophe Baratier et Kev Adams
00:04 pour la sortie du film "Mercredi" de "Comme par magie" Thaumail.
00:07 Et alors c'est l'heure du portrait sonore, des petits sons qui vous rappelleront quelques souvenirs.
00:11 Voici le premier.
00:12 *Musique*
00:21 C'est beau ça quand même, Kev Adams.
00:23 Votre mère adorait Kevin Costner dans Bodyguard
00:26 et c'est pour ça qu'elle a choisi le prénom Kevin.
00:28 Exactement, ouais.
00:30 Je m'appelle Kevin grâce à ce film.
00:33 Oui, à cause parce que vous avez eu un peu de mal à assumer le côté fou américain, vous dites.
00:37 Ouais, en fait t'appelles Kevin en Amérique, y'a un côté un peu stylé.
00:42 Tu t'appelles Kevin en France, tu fais du tuning à Tourcoing, c'est un autre délire.
00:46 C'est pour ça que vous l'avez raccourci ?
00:48 Ouais, ouais.
00:49 En fait on m'a toujours appelé Kev depuis que je suis tout petit
00:51 donc je me suis toujours dit bon bah, quitte à choisir un nom d'artiste avec lequel je me sens à l'aise,
00:57 autant choisir celui avec lequel j'ai toujours vécu finalement.
01:00 Y'a très peu de gens qui m'appellent Kevin, à part ma grand-mère et ma mère quand elle est vénère.
01:05 Ma mère quand elle est vénère elle m'appelle Kevin.
01:06 Y'a le Kevin Kerser.
01:07 Des fois je sais avant même qu'elle va être vénère.
01:10 Des fois j'entends, le téléphone sonne, je dis "allô ?"
01:13 "Écoute-moi bien Kevin !"
01:14 Oui, ça s'en va.
01:16 Ouais, ça commence bien.
01:17 C'est bon.
01:18 Allez, un petit son pour Chris maintenant.
01:20 Voix sur ton chemin
01:22 Qu'un monde oublié et carré
01:25 T'en as l'eau, la main pour l'émener
01:28 Vers d'autres là, demain
01:31 J'avais jamais entendu cette version de Beyoncé.
01:34 Ouais, Beyoncé.
01:35 Aux Oscars 2005.
01:36 Le film avait été nominé dans la catégorie "Meilleur film étranger"
01:39 mais la chanson avait été nominée comme meilleure chanson.
01:41 Bon, on l'a perdue dans les deux.
01:43 Mais c'était Beyoncé qui chantait toutes les chansons avec...
01:47 C'est un truc que j'avais écrit chez moi, ça, deux ans auparavant
01:51 quasiment avec "la la la fa sol fa"
01:53 j'avais composé Bruno Coulet
01:55 et "Voix sur ton chemin" m'était venu
01:56 puis après "La vérité" c'était quasiment avec un dictionnaire de rimes.
01:59 Et puis on se retrouve deux ans après aux Oscars avec Beyoncé
02:05 avec des gens en revenant qui disent
02:06 "Oui, t'as vu, elle prononçait pas bien mais vous êtes fou."
02:10 Mais c'est un choc violent de culture.
02:13 9 millions d'entrées en France de César.
02:15 Comment vous avez géré ce succès de dingue
02:17 alors que c'était votre premier film ?
02:18 Très très bien.
02:19 Parce qu'on m'a dit "ça va juste mettre la pression"
02:21 mais vous savez ce que c'est comme pression
02:22 quand on fait un premier film qui marche pas du tout.
02:24 Oui, c'est ça.
02:25 Là, le problème un peu, enfin c'est pas un problème
02:27 c'est que j'aurais pu venir avec les allumettes du téléphone
02:30 si ça existait toujours, on me l'aurait produit.
02:31 Donc il faut après se retourner mais c'est un peu...
02:35 Je veux dire, c'est un peu une assurance-vie pour la vie.
02:37 Ça permet toujours...
02:38 On disait dans le domaine du disque "Qui a charté, chartera."
02:41 Et donc ça veut dire que quand on fait un gros succès comme ça
02:44 on n'est jamais à l'abri de refaire un énorme succès.
02:46 Mais si ça peut arriver qu'une fois dans sa vie,
02:48 ben tant pis parce qu'il y a beaucoup de vies
02:50 dans lesquelles ça n'arrive jamais.
02:51 Et alors Kev, vous aviez 12 ans au moment de la sortie des choristes
02:55 pratiquement l'âge des enfants du film.
02:57 Ça a nourri votre envie de cinéma
03:00 ou ça a nourri votre envie de travailler avec Christophe Baratier
03:02 parce que je crois que c'est vous qui êtes allé vers lui.
03:04 Évidemment.
03:05 Après à l'époque, je rêvais de ce métier de manière un peu lointaine
03:09 donc j'ai adoré ce film et ça a été une claque.
03:12 Je pense à l'époque c'était un phénomène.
03:14 Il y a des films phénomènes comme ça parfois
03:15 que tout le monde va voir, dont tout le monde parle.
03:17 C'est rare les films comme ça.
03:19 Donc bravo d'avoir charté.
03:22 Merci.
03:23 Tu charteras.
03:25 Je charterai.
03:26 C'est toi qui me l'a prédit.
03:28 Toujours un plaisir de charter.
03:29 Après en grandissant, bien sûr,
03:30 je me suis un petit peu intéressé aussi à plein d'autres films.
03:35 J'ai commencé à bouffer les films quand j'avais 18-20 ans
03:37 et puis j'ai continué jusqu'à maintenant.
03:39 Encore aujourd'hui, je m'impose de regarder au moins 3 films toutes les semaines.
03:41 Peu importe l'époque, peu importe ce qui me donne envie.
03:44 Et vous aviez envie de bosser avec Christophe ?
03:46 Oui, parce que j'ai vu entre temps, après "Les Choristes",
03:50 j'ai vu "Faubourg 36" qui m'a beaucoup plu.
03:52 Puis j'ai vu l'année dernière "Le temps des secrets"
03:55 que j'ai trouvé absolument formidable, vraiment avec une poésie.
03:57 Je trouve que les gamins sont formidables dedans.
03:59 Je trouve que tous les acteurs jouent hyper bien.
04:01 Enfin voilà, moi je ne suis pas...
04:03 Je n'ai pas envie non plus de créer de polémique ou quoi,
04:05 mais je ne suis pas un grand connaisseur de Pagnol.
04:08 Je ne suis pas allé.
04:09 Et franchement, ça m'a permis de découvrir cette histoire,
04:11 de redécouvrir un peu ce qu'est cet univers.
04:14 Et donc j'ai adoré ça et j'ai effectivement établi une petite liste
04:18 de metteurs en scène avec qui j'avais envie de travailler.
04:20 Donc avec quelques noms.
04:22 Et je me suis dit, je ne vais pas attendre que ces gens-là pensent à moi.
04:25 Je me dis, à un moment donné dans la vie, il faut prendre les choses en main.
04:27 Il faut provoquer sa chance aussi parfois.
04:29 En tout cas, ça a toujours été mon école.
04:30 Et donc j'ai demandé à rencontrer Christophe.
04:32 Et il a accepté très gentiment.
04:33 Il m'a dit, "Bah ouais, carrément, on s'est donné rendez-vous dans un café.
04:36 Puis on a échangé pendant comme ça, une heure et demie.
04:39 Et c'était super."
04:40 Et je me suis dit, "Mais le gars, en fait, je pense que quand tu fais des films,
04:44 c'est tellement dur de faire un film.
04:45 Tu passes tellement d'années sur chaque film
04:47 que forcément, tu y mets un peu de toi."
04:49 Et donc moi, j'aimais tellement les films du gars.
04:51 Et en fait, naturellement, j'ai connecté avec lui quand on s'est vus.
04:54 C'était super cool.
04:55 J'ai trouvé un mec qui n'était pas du tout...
04:57 Vous savez, dans ce métier, il y a beaucoup de gens qui peuvent être très vite hautain.
05:00 Naturellement.
05:01 Il y a un côté, "Ouais, mais tu sais, toi et moi, on ne fait pas vraiment le même cinéma."
05:03 Ça m'est arrivé plusieurs fois.
05:04 Christophe n'avait pas du tout ce truc-là.
05:06 Il avait un truc au contraire très ouvert, très curieux.
05:09 Il posait plein de questions et tout ça.
05:10 Et donc, je suis sorti de là et il m'a parlé de ce projet comme par magie.
05:13 - Vous ne pensiez pas à lui au tout début ?
05:15 - Non, pas du tout.
05:16 Et c'est vrai que je connaissais...
05:17 Je n'étais pas tout à fait dans la sphère de Kev,
05:20 sans du tout un côté hautain.
05:22 Mais c'est vrai que je pensais que lui avait tellement de...
05:25 Parce que Kev est un artiste, mais aussi, il a un côté entrepreneur.
05:29 Je pensais qu'il avait tracé sa route avec ses gens, avec ses auteurs.
05:33 Et je n'aurais donc jamais pensé naturellement.
05:35 Mais j'étais tellement troublé,
05:37 voire vraiment troublé par cette rencontre,
05:39 que quand je suis rentré après au bureau, j'ai dit,
05:41 "Mais vous savez, on n'a jamais pensé à Kev Adams."
05:43 Ils l'ont presque pris comme une blague.
05:44 "Oui, mais enfin Kev, on ne pourra jamais la voir sur un film comme ça."
05:46 Il fait ses productions, il fait...
05:48 J'ai écouté "C'est ou on jamais".
05:49 Et puis après, comme j'avais un autre acteur en tête,
05:51 mais que ça patinait un peu,
05:52 ben j'ai...
05:53 Alors là, pour le coup, c'est moi qui ai tenté ma chance.
05:55 J'envoie le scénario, je dis, "Voilà."
05:56 Et puis, il y a eu le bon goût et l'intelligence.
05:58 Et puis, le nez, j'espère,
06:01 le rappel le lendemain, j'espère.
06:03 De me rappeler le lendemain, en me disant, "C'est bon, on le fait."
06:05 Donc, ça a été...
06:06 Et là, j'ai dévoué à quelqu'un,
06:07 non seulement très professionnel,
06:09 mais qui avait une formation d'acteur et tout,
06:11 ce à quoi on ne pourrait pas forcément penser au début,
06:13 tous les humoristes.
06:14 - Ça a fonctionné, l'histoire.
06:15 - Christophe Baratie.
06:16 - Christophe, nous chargerons.
06:17 - Nous chargerons.
06:18 - C'est un peu bon, non ?
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