00:00 Elle va rentrer en application samedi, à l'occasion du match contre Bastia.
00:04 Ca fait plusieurs mois qu'on réfléchit à une initiative de ce type,
00:09 qui n'est pas évidente,
00:10 parce qu'on a fait, comme tout le monde,
00:12 des opérations de gratuité partielle.
00:15 On a baissé les tarifs aussi, sans aller jusqu'à zéro.
00:18 Et on s'est dit qu'il fallait marquer un grand coup,
00:21 d'abord pour des enjeux opérationnels, je les cache pas,
00:24 mieux remplir Charletti,
00:25 parce que ça reste encore un de nos points faibles,
00:28 et puis pour un enjeu sociétal.
00:30 Je pense que le foot est un peu malade,
00:32 en termes d'image.
00:34 On parle beaucoup de violence, de l'argent roi,
00:37 qui est déversé n'importe comment dans le football,
00:40 pas toujours à bon escient.
00:41 On parle toujours de racisme.
00:43 Là, on va parler un peu de ce qui peut motiver les Français
00:47 pour aller voir du foot,
00:48 des Français et des étrangers, d'ailleurs,
00:51 parce qu'on peut avoir un public de ce côté-là qui est assez varié.
00:54 Je pense qu'il faut casser un petit peu
00:58 cette idée que le foot, et pas seulement en Ligue des champions,
01:01 devient trop cher.
01:02 C'est le sport le plus populaire, le plus pratiqué,
01:05 le plus regardé.
01:06 Je trouve qu'aujourd'hui, si on y prend garde,
01:09 il va devenir le sport d'une élite,
01:11 à la fois pour la fréquentation dans les stades,
01:14 pour la fréquentation des médias aussi.
01:16 Je crois savoir que les abonnements
01:18 des principaux diffuseurs
01:20 pâtissent des problèmes de pouvoir d'achat
01:22 que rencontrent les Français,
01:24 et qu'il y a des problèmes de ce côté-là
01:26 qui sont plus prévus.
01:28 Je suis persuadé qu'on peut convaincre
01:30 bon nombre d'entreprises et de sponsors,
01:32 comme elles facilitent dans le cadre
01:34 de leurs responsabilités sociales l'accès au marché du travail
01:38 de jeunes en situation de handicap,
01:40 de jeunes aussi qui ont des moyens modestes,
01:43 elles peuvent aussi contribuer à faciliter l'accès au football.
01:47 C'est un grand coup qu'on frappe,
01:49 et j'espère qu'on sera suivis, d'ailleurs,
01:51 qu'on ne sera pas les seuls, peut-être pas jusqu'à la gratuité,
01:55 mais en baissant les tarifs dans tous les stades,
01:58 parce que, regardez les publics,
01:59 dans les grands clubs comme dans les clubs moyens,
02:02 il y a un vrai problème pour accéder au football,
02:05 parce qu'il y a de l'inflation,
02:07 des catégories trop modestes pour que le public populaire y ait accès,
02:11 et parce qu'on le voit dans des grandes manifestations sportives,
02:14 plutôt en Ligue des champions,
02:16 ce sport va être bientôt réservé à une élite du côté des tribunes,
02:20 et ce n'est pas la bonne marche à suivre.
02:22 C'est un pari qu'on fait.
02:24 -On a plein de questions à vous poser.
02:26 Je vais aller concrètement.
02:28 "Samedi, à 19h, Paris FC, Bastia. Je suis maman, avec mes enfants.
02:31 "Je fais la queue, je dois m'inscrire,
02:33 "je veux venir, c'est gratuit."
02:35 -Vous allez sur le site du club,
02:37 vous accédez à des billets qui ne vous coûteront rien.
02:41 Bien entendu, pour gérer les flux,
02:43 il faut qu'on les trace, les demande et qu'on les enregistre.
02:46 Il y a des problèmes de sécurité qui ne sont pas évidents,
02:49 parce qu'on ne sait pas à quel rythme,
02:52 on sait que ça va durer un certain temps,
02:54 mais à quel rythme on va faire monter
02:56 le nombre de spectateurs à Charletti.
02:58 On mettra pour chaque match une jauge.
03:01 Elle ne sera pas la même quand on rencontrera Saint-Etienne.
03:04 On est bien placés pour savoir, puisqu'on a joué samedi contre eux,
03:08 qu'il y a un gros public à Saint-Etienne,
03:10 mais il y en a à Paris aussi.
03:12 On mettra une jauge pour éviter d'être débordé
03:15 si la situation se pose en ces termes,
03:17 et pour gérer les problèmes de sécurité
03:20 avec les services de police ou les forces de sécurité
03:23 qu'on met en oeuvre sur un plan privé.
03:25 -On va sur le site Paris FC pour avoir des places gratuites.
03:28 -Bonjour, président. Je me félicite de votre initiative.
03:32 Je trouve que c'est bien de parler de foot
03:34 de manière un peu plus positive que ce à quoi on est amené
03:38 à le faire de manière trop régulière.
03:40 Là, ça serait encore le cas
03:42 par rapport à ce qui s'est passé cette nuit à Milan.
03:45 Revenons à Paris. Une fois que j'ai dit ça,
03:47 vous heurtez depuis longtemps maintenant
03:50 à un problème de fréquentation dans votre stade
03:52 qui est particulier, même si vous ne réalisez pas
03:55 la meilleure saison de votre ère moderne.
03:57 Là, vous êtes en difficulté.
03:59 Même quand ça allait bien,
04:01 vous avez des difficultés à remplir votre stade.
04:04 Est-ce que vous avez tiré la conclusion
04:06 que quoi que vous fassiez en faisant payer les gens,
04:09 vous n'y arriviez pas,
04:10 et que là, dans une situation délicate,
04:13 vous avez besoin d'un engouement populaire
04:15 pour que vous puissiez faire un bon travail ?
04:18 -C'est une question qui est très intéressante.
04:20 C'est celui-ci.
04:22 Je sais que la question n'est pas très agréable,
04:24 mais le début était très sincère de ma part.
04:27 -Je vous connais, Bertrand, je sais que vous êtes un 6-6.
04:30 D'abord, on a un tiers des joueurs
04:32 qui est blessé depuis le début du championnat,
04:35 malheureusement pas toujours les mêmes.
04:37 Ces derniers matchs, ça commence à se redresser.
04:40 Je suis assez confiant, ça sera peut-être une année de transition.
04:44 On va arrêter cet aspect sportif.
04:46 Les filles se portent bien, par ailleurs.
04:48 Vous l'avez mis en évidence à plusieurs reprises.
04:51 On est en Ligue des champions, on est qualifiés pour les poules.
04:54 Les filles, pour moi, ça compte autant que les hommes,
04:57 même si les enjeux économiques ne sont pas les mêmes.
05:00 On a un problème à Charletti de fréquentation.
05:03 A Paris, ça fait 60 ans que tout le monde parle d'un 2e club.
05:07 Personne ne l'a fait.
05:08 On le construit, ça prend du temps.
05:10 Il y a aussi un enjeu de rénovation de Charletti.
05:13 On n'a pas de stade accueillant pour pratiquer le football.
05:16 On est loin du terrain.
05:18 En matière d'hospitalité, il n'y a pas grand-chose.
05:21 On n'est pas au Stade de France, au Parc des Princes,
05:24 pas à Jeanbouin.
05:25 C'est un facteur qu'on essaie de traiter.
05:27 Les résultats sportifs comptent pour la fréquentation.
05:31 On n'est pas dupes.
05:32 Il est clair qu'on s'efforce aussi de ce côté-là.
05:35 Sur les cinq dernières années, on a été trois fois dans les playoffs.
05:38 On est en course pour la montée en Ligue 1,
05:41 mais c'est difficile, d'autant plus difficile
05:44 qu'on a le passage à 18 à gérer en Ligue 2 et en Ligue 1.
05:47 Le coup qu'on fait,
05:48 ce n'est pas seulement un coup sociétal, médiatique
05:51 et de communication, c'est aussi pour mieux remplir le stade.
05:54 Ca peut être un facteur à côté des résultats sportifs
05:58 qui jouent dans le bon sens.
05:59 Il y aura des animations.
06:01 A chaque match, on valorisera, on sponsorisera,
06:04 on appuiera une association qui fait du bien commun
06:06 dans la société.
06:08 On a quelques associations en tête,
06:10 on les appuie immédiatement.
06:12 Tous ces enjeux sociétaux vont permettre de développer
06:15 le projet du club et de faire en sorte
06:17 qu'au-delà de la formation, au-delà des résultats des filles,
06:20 des garçons hier, ce club prend l'importance
06:23 à Paris et dans la région francilienne.
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