00:00 7h45, Louise, le projet de loi immigration arrive au Sénat.
00:03 Et avant de se rendre au Palais du Luxembourg à Paris, le sénateur de la Loire Pierre-Jean Rochette
00:08 fait un crochet par les studios de France Bleue Saint-Etienne-Loire.
00:10 Bonjour monsieur le sénateur.
00:11 Bonjour à tous, c'est un grand plaisir d'être parmi vous ce matin.
00:14 Alors il y a beaucoup de choses dans ce projet de loi, on va se pencher dans un instant sur les articles clés.
00:19 Mais pour dresser un tableau général, il y a d'un côté un durcissement de la politique migratoire
00:23 qui est voulue par Gérald Darmanin, il y a de l'autre un assouplissement
00:27 avec la régularisation des sans-papiers qui travaillent dans les secteurs en tension.
00:32 Tout d'abord, le texte que vous allez examiner aujourd'hui, est-ce qu'il vous paraît équilibré ?
00:37 Alors, il me semble effectivement que nous parlons d'une loi qui règle véritablement
00:43 le problème et les conditions de l'immigration.
00:47 C'est quand même un vrai sujet d'actualité.
00:49 Alors, on va quand même vers un vrai durcissement.
00:52 J'entends le sujet sur les métiers en tension, mais on en reparlera.
00:55 C'est finalement presque anecdotique au regard de l'intégralité de la loi.
00:59 C'est véritablement une loi de durcissement des conditions d'accès à notre pays,
01:04 que ce soit aussi bien pour un titre de séjour que pour une naturalisation.
01:07 C'est la question qu'on posait d'ailleurs à nos auditeurs ce matin.
01:10 Est-ce qu'il faut une loi immigration plus dure ?
01:13 Pour vous, il faut absolument ce texte ? Il est nécessaire ?
01:17 Ah ben, pour moi, c'est une certitude.
01:19 Il faut durcir aujourd'hui les conditions d'accès à la nation française.
01:23 Et puis, il faut aussi qu'il y ait une véritable volonté d'accéder à cette nationalité française,
01:28 ou même juste à la simple obtention d'un titre de séjour.
01:31 Ça ne peut pas être automatique ou aussi presque facile comme ça l'est jusqu'à aujourd'hui.
01:37 Donc, dans cette loi, tout est pris en considération.
01:39 Aussi bien l'aspect travail, métiers en tension, OQTF, et de manière plus globale, accès à la nationalité.
01:46 - Condamnation quitté le territoire français pour les OQTF. - Voilà, tout à fait.
01:48 Mais vous trouvez que la France est trop généreuse en titre de séjour ?
01:50 En 2021, il y avait 270 000 titres de séjour qui ont été délivrés.
01:55 Une grande partie aux étudiants, le 85 000 pour les regroupements familiaux. C'est trop ?
02:00 Oui, la France est trop généreuse sur ces sujets-là, et notamment aussi sur l'aide médicale d'État,
02:06 qui est un sujet qui est traité dans cette loi,
02:08 et qui va a priori devenir une aide médicale d'urgence, et non plus une aide médicale d'État.
02:15 Et qui permet, vous savez, on a toujours un petit peu le cliché de l'immigré qui viendrait finalement se faire soigner
02:22 outre-Méditerranée en France, mais attention, quand on regarde les choses dans le détail,
02:26 ça ne fonctionne pas uniquement sur ces clichés-là.
02:29 On a parfois des gens qui viennent de pays occidentaux se faire soigner chez nous,
02:34 parce que finalement, cette aide médicale d'État existe, et donc...
02:38 Après, ce n'est pas un voyage d'un jour, je viens me faire soigner.
02:40 Les règles d'attribution actuellement de l'aide médicale d'État, c'est 3 mois de résidence en France sans papier.
02:45 Oui, mais si vous voulez, je vais vous prendre un exemple que personne n'imagine.
02:47 Aujourd'hui, vous avez des Américains qui viennent se faire soigner en France avec l'aide médicale d'État.
02:51 Vous voyez, c'est là où finalement, aujourd'hui, on a des trous dans la raquette.
02:54 Alors, c'est anecdotique, mais ça existe.
02:56 Il y a aussi des conditions financières pour l'aide médicale d'État, c'est 810 euros par mois.
03:00 Oui, mais enfin, sur le terrain, elles ne sont pas toujours respectées, vous voyez ce que je veux dire.
03:04 Une fois qu'on est là, après, on ne regarde plus ces critères-là.
03:06 Donc, ça peut paraître anecdotique, ça existe.
03:08 Cette loi, elle a pour mérite de régler au moins ces sujets et de les remettre à niveau,
03:13 mais puis aussi au niveau des attentes des Français.
03:16 C'est ce qui compte aujourd'hui.
03:17 On voit très bien que les Français, vous savez, nous, on a mis en place une votation en ligne sur les grands électeurs ligériens.
03:24 Elle se terminera demain soir.
03:26 On a décalé de 24 heures parce qu'aujourd'hui, finalement, au Sénat, nous n'allons parler que de l'article 1er,
03:30 donc globalement, la définition du contexte de la loi.
03:34 Et donc, dès demain soir, nous aurons la clôture des votes des grands électeurs ligériens.
03:40 C'est ceux qui vous ont élus au final.
03:41 Ceux qui nous ont élus, voilà.
03:42 Donc, les maires, les conseillers départementaux, conseillers régionaux.
03:45 Nous n'allons pas avoir une participation très importante parce que c'est la première fois que nous lançons cette votation.
03:50 Ce n'est pas un essai, mais c'est juste le premier coup.
03:55 On va atteindre les 20% de participation.
03:59 Les votes sont anonymes, mais on a par contre en direct, si vous voulez, l'évolution des votes.
04:05 Donc, on voit...
04:06 - Et vous allez suivre leur avis ?
04:08 - Ah bien sûr ! Sinon, ça n'a aucun sens.
04:10 On s'est engagé à respecter l'avis des grands électeurs ligériens sur chaque amendement que nous leur demandions de voter.
04:17 Et on voit aujourd'hui que se dégage une très large majorité pour aller vers le vote de cette loi immigration.
04:22 Alors, qu'elle convienne à 100% des grands électeurs ou pas,
04:26 ça reflète qu'il y a une réelle volonté d'agir sur le sujet.
04:30 - Donc, on le comprend. En un mot, vous allez voter ce texte cet après-midi ?
04:33 - Alors, je vais voter ce texte, attention, parce qu'il va être amendé en fait.
04:38 Ce qu'on nous amène au Sénat, c'est une proposition de loi qui va être amendée par le Sénat, par l'Assemblée,
04:43 qui va peut-être revenir ou pas, mais on a le sujet du 49.3 justement.
04:47 Juste à cause, ou j'aurais tendance à dire à cause de cet article 3,
04:52 qui pour moi est presque anecdotique, eu égard à l'importance de cette loi,
04:57 moi j'aimerais qu'on évite le 49.3.
05:00 - C'est aussi le souhait du ministre de l'Intérieur ?
05:03 - Mais bien entendu, parce que si vous voulez, aujourd'hui on parle des métiers en tension.
05:06 Alors, vu de chez nous, moi j'habite à Boins-sur-Lignon dans la plaine,
05:10 c'est rural, on se dit effectivement les métiers en tension.
05:12 - Il nous reste très peu de temps, monsieur le Sénataire.
05:13 - Oui, je vais aller très vite. Les métiers en tension, c'est anecdotique.
05:16 Sauf que, en région parisienne, les métiers en tension,
05:19 si vous ne réglez pas ce sujet, effectivement,
05:23 de la possibilité pour les entreprises de faire appel encore à de la main-d'oeuvre étrangère aujourd'hui,
05:27 vous avez beaucoup de services qui vont s'arrêter.
05:29 - On sent que c'est toujours un point de crispation.
05:31 Merci Pierre-Jean Rochette, monsieur le Sénateur d'être venu dans les studios de France Bleu-Saint-Etienne-Loire
05:35 avant d'aller débattre de cette loi immigration cet après-midi.
05:38 Bonne journée.
05:39 - Merci à tous pour votre accueil.
05:40 - Merci beaucoup, 7h51, et cette interview est à retrouver sur Francebleu.fr.
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