00:00 [Musique]
00:25 L'intérêt pour la Chine, c'est notamment de trouver de nouveaux débouchés pour ces entreprises,
00:31 et principalement ces entreprises d'État, surtout à un moment où la croissance chinoise ralentit
00:36 et que certains secteurs font face à des surcapacités.
00:39 Mais ça va au-delà, pour la Chine, les routes de la soie sont aussi l'occasion de sécuriser ces approvisionnements,
00:47 notamment en matière première.
00:49 Il y a un autre objectif qu'il faut avoir en tête,
00:52 c'est que les routes de la soie sont véritablement un outil d'influence de la Chine à l'étranger,
00:57 c'est un outil de promotion d'un nouvel ordre économique mondial.
01:03 Et d'ailleurs, on voit bien que les routes de la soie restent la pierre angulaire de la politique étrangère chinoise,
01:11 cela reste au cœur de la stratégie chinoise de promotion de ses intérêts à l'étranger.
01:17 C'est souvent des pays qui manquent d'infrastructures,
01:33 que ce soit des ports, des ponts, des routes, des lignes ferroviaires.
01:38 Alors évidemment, tout ça, ce n'est pas gratuit.
01:41 La Chine prête, et est d'ailleurs devenue le premier bailleur mondial de prêts bilatéraux.
01:50 Et ce qu'on a observé ces dernières années, c'est que finalement,
01:53 un nombre croissant de pays à faible revenu qui font partie de ces routes de la soie,
01:58 ils ont eu du mal à rembourser les prêts associés à l'initiative.
02:02 De nombreux analystes ont qualifié les routes de la soie, finalement,
02:07 de diplomatie chinoise du piège de la dette,
02:11 puisque la Chine aurait comme ça un effet de levier sur d'autres pays,
02:16 et pourrait même s'emparer finalement de leurs infrastructures ou de leurs ressources.
02:31 Dans plusieurs pays, la population a critiqué la faiblesse des retombées économiques locales.
02:39 Il faut savoir que les projets chinois sont financés par la Chine,
02:43 mais aussi bien souvent construits par des entreprises chinoises,
02:48 qui elles-mêmes font venir des employés chinois.
02:51 Donc on a vu des critiques émerger parmi la population dans plusieurs pays,
02:55 que ce soit au Cambodge, en Malaisie, au Pakistan, au Kazakhstan.
03:00 On a vu effectivement lors du dernier forum des routes de la soie,
03:14 qui s'est tenu mi-octobre à Pékin,
03:17 un nombre bien moins important de chefs d'État et de gouvernement
03:21 invités que lors des précédentes éditions 2017 et 2019.
03:27 Et ça, ça traduit quand même un scepticisme plus croissant
03:33 de la part de certains pays par rapport à ces routes de la soie.
03:40 Mais malgré ces réticences, les gouvernements dans la plupart des capitales asiatiques
03:47 expliquent finalement qu'il n'y a pas beaucoup de banquiers alternatifs.
03:51 Donc dans des pays comme ça, par exemple la Malaisie,
03:54 il y avait un projet ferroviaire qui a été extrêmement contesté.
03:57 Il y a eu énormément de changements de gouvernement,
03:59 mais au final tous les gouvernements de Malaisie ont continué à adhérer aux routes de la soie.
04:06 Lors du forum qui s'est tenu à Pékin,
04:09 j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec le ministre des Finances sénégalais
04:14 et lui m'expliquait à quel point c'était important pour lui
04:17 d'avoir ce partenaire chinois
04:20 et à quel point il avait besoin des investissements de la Chine.
04:24 J'ai aussi interviewé le ministre du Commerce et de l'Industrie taliban
04:28 qui était présent au forum.
04:31 L'Afghanistan ne fait pas partie des routes de la soie,
04:34 mais sa présence lors du forum, c'était pour porter le message
04:38 que l'Afghanistan voulait faire partie des routes de la soie
04:42 parce que le pays est en quête d'infrastructures.
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