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  • il y a 2 ans
Être parrain / marraine, c’est accueillir, accompagner, soutenir et créer un lien privilégié avec une personne exilée, quel que soit son statut. Et, il y a plein de manière de parrainer. Dans cette vidéo, Alain parrain et Christiane marraine, Jaures et Annette filleuls vous parlent de leur rencontre et du parrainage tel qu’ils le vivent.

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Personnes
Transcription
00:00 J'ai rencontré Alain par le biais de Léonard Minkala, qui m'avait proposé de faire un
00:21 tour au chalet.
00:22 On est arrivé, on a passé la journée, on a mangé, et M. Alain, Mme Ledin commençaient
00:32 à me poser des questions.
00:33 Je me suis dit, et j'ai dit à Léonard, le monsieur là sera mon parrain.
00:40 Je lui ai dit mais comment ? Je lui ai dit, je te le dis.
00:45 Et après, il est devenu mon parrain.
00:47 J'ai connu Jaurès parce que nous avons un chalet au delà de Laffrey et là ils étaient
00:52 montés à plusieurs.
00:53 On avait fait un petit mange-mange dehors.
00:56 Et puis, il était convaincu que je deviendrais son parrain.
01:00 Il m'a dit, mais moi je le savais déjà avant que je te voie.
01:05 Et donc, on a sympathisé.
01:07 Moi, j'ai toujours été attiré par le théâtre et comme il s'occupait du théâtre, j'ai
01:11 dit pourquoi pas.
01:12 J'avais besoin d'avoir une marraine, c'est Parcanal de Denise qui m'a amenée au niveau
01:18 de l'association Aparadap.
01:19 Et c'est là où nous avons rencontré Christiane qui m'avait plu parce qu'elle était plus
01:25 intéressée par rapport à la situation de ma santé qui était vraiment critique.
01:29 Et c'est parmi les choses qui m'avaient plus touchée chez elle parce que j'étais
01:34 vraiment malade.
01:35 Elle a eu ce cœur-là des mamans et c'est ce qui m'avait plus flattée chez Christiane.
01:42 Donc, c'est comme ça.
01:43 Je suis à côté d'elle.
01:45 C'est mon maman.
01:46 Ce qui était plus son souci, c'était d'abord ma santé.
01:50 Elle était vraiment un peu troublée par rapport à ma santé.
01:52 Elle m'avait dit qu'on verra.
01:54 On est là pour vous, on verra.
01:56 Je lui ai dit oui, on verra parce que j'avais quand même déjà un filleul qui n'était
02:01 pas régularisé.
02:02 Donc, vu mon âge, je me suis dit est-ce que je reprends encore une filleul.
02:07 Bon, on verra.
02:08 Et donc, on a sympathisé.
02:10 On a commencé comme ça.
02:12 C'était tout juste un petit truc qui m'a touché, c'était le fromage.
02:18 C'était autour de ça en fait.
02:20 On me présente un petit, comment vous appelez, un tombeau.
02:24 Je dis ça, je ne peux pas.
02:26 Non, le vrai fromage, c'est la vache qui vit.
02:29 Et puis, c'est à partir de là, c'est parti.
02:32 Mais non, ce n'est pas du vrai fromage.
02:33 Je dis, nous, c'est ce qu'on nous présente.
02:35 Ça, moi, je ne peux pas parce que ça sent tellement, je ne peux pas.
02:40 Dis-moi non, il faut goûter, ça va venir.
02:43 Et c'est à partir de là que c'est parti.
02:45 C'est comme une pièce de théâtre.
02:48 Et puis, on s'est dit beaucoup de choses.
02:50 On a parlé un peu de l'animisme, comment ça se passe chez vous et tout.
02:55 Et c'était parti comme ça jusqu'à maintenant.
02:57 Donc, tout le temps, quand on se croise, quand on est ensemble, ça ne fait que discuter
03:03 jusqu'à…
03:04 Je savais qu'il faisait du théâtre.
03:06 Et moi, c'est un truc qui me plaît beaucoup.
03:08 Et dès tout de suite, quand on s'est vu, histoire du fromage ou pas, j'ai dit, oui,
03:14 j'accepte d'être ton parrain.
03:16 Et lui m'a dit, mais je savais que tu serais mon parrain.
03:21 Oui, je savais que tu serais mon parrain.
03:24 Il m'a même posé la question, comment ça tu savais ?
03:27 Je lui ai dit, mais pour la première fois qu'on s'est vu, je t'ai regardé, la
03:31 façon dont je parlais, je me dis, il y a quelque chose qu'en fait, c'est le corps
03:36 en fait, quand ça va tenir, ton corps te dit que non, c'est ce monsieur-là.
03:41 Et avant que j'ai parlé à Léonard en disant que je t'assure, tu vois le monsieur-là,
03:47 il dit oui, il sera mon parrain.
03:49 Donc, je te donne juste trois mois, après je te dirai.
03:52 Après trois mois, c'était le parrainage.
03:54 Et comment t'as reçu ? Je dis, je savais.
03:58 C'est vrai, c'est un frère qui me raconte toujours la même histoire.
04:02 Je dis sans méchance, moi, je n'avais pas tout senti.
04:06 Je dis, moi, je savais, je savais.
04:08 Pour moi, le parrainage, c'est une aide à l'intégration, mais peut-être plus,
04:14 parce que moi, je le considère comme un aide à ma fille, et qui a plein de choses à apprendre.
04:20 C'est comme très, très différent, la vie ici et la vie en Afrique.
04:24 On est allé plusieurs fois en Afrique et on comprend mieux pour tout ce qui est différent
04:31 et qui doit m'intégrer.
04:33 Et puis bon, c'est un soutien moral, et puis j'apprécie les relations vraies.
04:39 C'est important dans un parrainage que le fiel ne cache pas qu'elle n'est pas son jardin secret.
04:49 Il faut que ce soit des relations vraies.
04:51 Et ça, c'est ce que je considère le plus important.
04:54 C'est comme dans la famille.
04:56 Une fois que tu es né, il y a toujours des gens qui t'accueillent.
05:01 Il y a papa et maman qui sont là.
05:03 Donc moi, quand je représente le parrainage, c'est dans ce sens-là.
05:07 On revient de loin, c'est comme un deuxième accouchement,
05:11 parce qu'il n'y a pas de parents ici, et on est là, on arrive quelque part,
05:16 il y a des gens qui sont là pour vous accompagner.
05:20 Je dirais le même comme Joris.
05:23 C'est cet accompagnement-là, parce que, par exemple, moi je viens de la République démocratique du Congo,
05:29 nous avons nos cultures à nous, et ici c'est la République française.
05:34 Avec ce parrainage, il y a d'autres choses que tu ne sais pas bien,
05:40 et ça te permet d'avoir la lumière par rapport à ça.
05:44 Et je dirais l'intégration.
05:49 Bref, c'est un accompagnement qui nous aide à s'intégrer par rapport à cette République.
05:56 Le parrainage, c'est quelque chose qui s'établit sur une relation de confiance mutuelle,
06:02 et on cherche vraiment à aider la personne que l'on parraine,
06:08 pour qu'elle comprenne vraiment qu'on est là pour les aider,
06:13 même s'ils ont des idées différentes venant de leur culture,
06:17 que ce qu'on va leur dire, c'est quelque chose qui va leur permettre de s'intégrer.
06:21 Tu as pris ce terme, ça me plaît beaucoup aussi.
06:24 Je mets dans le sens parrainage aussi quelque chose qui m'apporte.
06:29 C'est-à-dire que pour moi c'est du bonheur.
06:31 Le bonheur, c'est de pouvoir aider quelqu'un d'autre, et c'est du bonheur que de parrainer.
06:36 L'avantage à la part d'APE, on ne nous appelle pas les migrants, on dit les accueillants.
06:42 Quand on dit les accueillis, tu vois que c'est des gens qui ont déjà ouvert leurs bras pour nous recevoir.
06:49 L'expérience de marraine, c'est une expérience très enrichissante.
06:53 C'est toujours un plus de rencontrer quelqu'un qui n'est pas de la même culture,
06:58 mais qui a des besoins immenses.
07:00 J'imagine qu'ils ne sont pas venus ici de gaieté de cœur,
07:03 qu'ils ont traversé d'énormes difficultés, des mois, des années avant d'arriver ici.
07:08 Et c'est important qu'ils aient un soutien au quotidien.
07:13 C'est vraiment une aventure, mais qui apporte, ça nous apporte un bien-être,
07:19 de pouvoir rencontrer l'autre et de partager ensemble.
07:22 Vive la part d'APE, vive le parrainage !
07:27 [Musique]
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