00:00 Rachid Benzin avec Delphine Orvilleur qui est rabbin et essayiste, vous allez très prochainement vous rendre au lycée Gambetta-Carnot,
00:06 le lycée de Dominique Bernard, pour vous adresser aux élèves, pour leur dire quoi ?
00:10 Tout d'abord c'est une demande du lycée.
00:12 Ensuite on va essayer de d'abord d'écouter. Je crois que c'est très important de pouvoir écouter les élèves,
00:18 de pouvoir écouter même des récits qui peuvent nous déplaire et je trouve ça toujours
00:23 quelque part suicidaire de renvoyer des élèves de l'école alors que l'école c'est vraiment le lieu de la confrontation.
00:29 Le lieu de l'esprit critique. Il faut qu'on soit capable de ne pas nous sécuriser face à ces attentats,
00:35 mais au contraire de nous ouvrir davantage, que l'école s'ouvre davantage à la société pour que la société s'ouvre davantage.
00:41 Sinon on risque de faire de l'école un lieu, je dirais,
00:46 infranchissable et qui va s'isoler de plus en plus. C'est pas l'isolement qui crée plus de liens.
00:50 Et dans le travail qu'on a essayé de faire avec Delphine, d'abord c'est très important qu'une femme rabbin puisse entrer
00:57 aujourd'hui dans l'école dans le cadre de la laïcité, qu'on peut aborder la question religieuse d'un point de vue simplement soit historique,
01:04 soit anthropologique et qu'ils puissent voir qu'il y a un lien d'amitié qui est possible dans la discussion, ça me semble plus important.
01:10 Vous voulez dire que pour créer les conditions du dialogue, il faut aussi
01:13 être plusieurs, être différents ?
01:16 Mais absolument, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de possibilité de dialogue sans ce lien
01:22 dialogique en acceptant que les élèves puissent avoir ou les étudiants puissent avoir un contre-pouvoir sur vous.
01:28 Sinon le professeur est dans une logique de domination
01:30 avec son savoir, avec son autorité. Or moi je pense que le lieu de la classe doit être vraiment le lieu d'abord de la subversion,
01:37 le lieu du questionnement, le lieu d'essayer de voir qu'est-ce qu'on a de plus intime et comment on peut le questionner.
01:42 Et si on n'est pas capable de recevoir,
01:44 je dirais, les apports qu'ont les élèves, leur imaginaire, leur imagination,
01:50 on ne sera pas capable de déconstruire toutes ces représentations.
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