- il y a 2 ans
Les invités de Laurence Ferrari débattent de l'actualité dans #Punchline du lundi au jeudi.
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00:00:00 Bonsoir à tous et bonsoir à toutes, bienvenue dans Punchline ce soir sur CNews.
00:00:03 La fac de Marseille qui devait fermer ses portes en raison du trafic de drogue va finalement rester ouverte.
00:00:08 Il a fallu le coup de semence du doyen pour que le ministre de l'Intérieur envoie immédiatement des renforts de force de l'ordre sur place.
00:00:14 On entendra Gérald Darmanin défendre les policiers face à la France insoumise cet après-midi à l'Assemblée nationale.
00:00:20 La multiplication des alertes à la bombe dans les écoles depuis la rentrée.
00:00:24 46 départements touchés, plus de 160 établissements scolaires visés.
00:00:28 Un phénomène inquiétant qui fait tâche d'huile un peu partout en France.
00:00:31 Est-ce l'oeuvre de petits plaisantins qui veulent seulement rater les cours ou s'agit-il d'une action coordonnée ?
00:00:37 On voit cela dans un instant.
00:00:38 Et puis Robert Ménard, le maire de Béziers, est notre invité dans Punchline ce soir.
00:00:42 Que pense-t-il de ces responsables politiques de la France insoumise qui passent leur temps à cracher sur les policiers ?
00:00:47 Faut-il selon lui organiser un référendum sur l'immigration ?
00:00:50 Il nous répond dans un instant.
00:00:51 Mais d'abord, il est l'heure du rappel des Thiètres de l'Actualité.
00:00:54 Il est 17h avec Augustin Donatel.
00:00:57 Bonjour Laurence, bonjour à tous.
00:01:00 Qui en veut à l'emblématique caroussel de Dijon ?
00:01:03 L'institution de la Côte d'Or depuis maintenant 45 ans a entièrement brûlé la nuit dernière.
00:01:08 Le maire de la ville laisse entendre que l'incendie serait d'origine criminelle.
00:01:12 Les auteurs de cet acte inadmissible doivent être arrêtés et jugés au plus vite, a-t-il déclaré.
00:01:18 Le gouvernement polonais annonce qu'il va mettre son veto ferme à la réforme migratoire de l'Union européenne.
00:01:25 Le pays dénonce un dictat de Bruxelles et de Berlin.
00:01:28 Hier, les ambassadeurs des pays de l'UE s'étaient mis d'accord sur un texte-clé de la réforme de la politique migratoire européenne.
00:01:35 Un règlement qui vise à organiser une réponse dans le cas d'un influx très important d'exilés dans un Etat membre.
00:01:41 Et enfin, l'armée française amorce son retrait du Niger.
00:01:45 Comme annoncé le 24 septembre dernier par Emmanuel Macron, les 1 400 militaires français vont progressivement quitter le territoire.
00:01:52 Une décision qui fait suite au coup d'État par la garde présidentielle fin juillet.
00:01:56 Le nouveau régime nigérien avait dénoncé dans la foulée les accords de défense entre Niamey et Paris.
00:02:02 Merci beaucoup, Augustin Donatelli. On vous retrouve tout à l'heure à 17h30.
00:02:05 Louis de Ragnel, chef du service politique d'Europe 1, nous accompagne ce soir. Bonsoir, Louis.
00:02:08 Bonsoir, Laurence.
00:02:09 Et donc, Robert Ménard, bonsoir. Robert Ménard.
00:02:11 Bonsoir.
00:02:11 Maire de Béziers, on va balayer avec vous l'actualité et peut-être commencer par ce qui s'est passé à Marseille,
00:02:16 cette fac Colbert qui finalement va rester ouverte.
00:02:19 Hier, pourtant, le doyant avait annoncé qu'il fermait pour une semaine de temps.
00:02:22 La situation était impossible en raison des trafics de drogue.
00:02:25 Visiblement, ça a été entendu. Ça a été très bien entendu par le ministre de l'Intérieur.
00:02:29 Le point avec Audrey Berthoud et je vous passe la parole ensuite.
00:02:34 C'est officiel, les portes seront bien ouvertes.
00:02:38 Hier, une décision radicale avait été prise par l'université ex Marseille.
00:02:42 Face au trafic de drogue, la faculté d'économie et de gestion devait fermer ses portes pendant une semaine.
00:02:48 Elle est revenue sur cette décision.
00:02:50 La préfète de police des Bouches-du-Rhône salue la décision d'Univamu de renoncer à la fermeture temporaire du site Colbert.
00:02:57 Le service public ne reculera jamais face aux dealers.
00:03:00 Ce matin, la secrétaire d'État chargée de la ville avait affirmé que le site ne fermerait pas.
00:03:05 Vous savez quoi ? Elle ne va pas fermer parce que hier, quand Eric Berton, le président de l'université, m'a appelé tout de suite,
00:03:11 j'ai été au courant dans la minute.
00:03:13 Gérald Darmanin a évidemment réagi tout de suite.
00:03:16 Et il a fait quoi ?
00:03:17 Il a demandé à la préfète de police d'installer de manière pérenne des forces de police.
00:03:21 Donc la fac ne fermera pas.
00:03:23 La secrétaire d'État a également ajouté que des effectifs de police devraient être déployés de manière permanente
00:03:29 pour assurer la sécurité des étudiants et des riverains.
00:03:32 En un mois, la police a procédé à 29 interpellations pour trafic de drogue.
00:03:38 Robert Menard, il va falloir faire ça à chaque fois ?
00:03:40 Donc menacer de fermer telle université, telle école pour que ça bouge ?
00:03:43 C'est juste dingue quand même.
00:03:45 D'abord, la situation initiale, qu'on envisage de fermer une fac
00:03:50 parce qu'il y a tout un tas de petits dealers qui menacent la sécurité des étudiants.
00:03:57 Alors bravo pour la réponse, mais c'est quand même les pompiers qui sont appelés partout.
00:04:02 L'intérêt, c'est de savoir qu'est-ce qui crée cet incendie-là.
00:04:05 Parce que quand j'entends un commentaire, je ne sais pas qui ne reculera jamais,
00:04:10 on ne recule jamais, mais enfin, il y a des quartiers entiers
00:04:13 où on hésite à aller pour ne pas foutre le feu parce qu'on sait pertinemment
00:04:17 que s'il y a la police, la police, même les pompiers, ça va poser un problème.
00:04:24 Je veux dire, honnêtement, encore une fois, je ne fais pas des leçons de morale.
00:04:28 J'ai découvert un truc chez moi absolument fou.
00:04:31 À Béziers ?
00:04:32 Sur Snapchat, il y a une application qui s'appelle "Béziers Bagarre".
00:04:36 Honnêtement, je ne savais même pas que ça existait.
00:04:37 Vous savez ce que c'est ?
00:04:38 Non.
00:04:38 Un site "Béziers Bagarre", vous savez ce que c'est ?
00:04:41 Non.
00:04:41 C'est des gamins, attendez, des gamins, ils ont l'âge, ils ont 12-13 ans,
00:04:45 qui donnent rendez-vous pour menacer tel ou tel et ils filment les bagarres.
00:04:51 Ils ont 12 ou 13 ans.
00:04:53 Le proviseur, ce n'est pas le proviseur, le principal du collège me disait
00:04:58 que l'an dernier, il y avait eu 26 ou 29 conseils de discipline pour parler de ça.
00:05:04 Qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ?
00:05:05 Qu'est-ce que c'est cette violence de tous les jours ?
00:05:08 On ne va pas aussi envoyer des policiers devant tous les collèges de France
00:05:13 pour savoir ce qui se passe.
00:05:15 Alors moi, j'essaye d'envoyer de la police, mais à un moment donné, tu es désarmé.
00:05:18 Nous, on a multiplié par 4 la police, il faudrait que je la multiplie par 40.
00:05:22 Pour vous, la seule solution, c'est la police ?
00:05:23 Parce que hier aussi, on a entendu le doyen de l'université
00:05:27 qui dit que la réponse doit être multidimensionnelle.
00:05:31 Quelle est votre réaction par rapport à ça ?
00:05:33 Pour vous, c'est que la police ou il y a d'autres choses ?
00:05:34 Non, je sais bien multidimensionnel, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
00:05:38 C'est comme face à l'immigration, il faut être à la fois rigoureux et humaniste.
00:05:43 Ce genre de phrases toutes faites, ça dirait à moi les questions que je me pose par rapport...
00:05:47 Est-ce que vous pensez que c'est à cause de ce logiciel
00:05:50 qu'on en arrive à des situations comme celles que les étudiants marseillais vivent ?
00:05:54 Non, ça participe à ça.
00:05:59 Ça y participe.
00:06:00 Je ne sais pas, il y a un ensauvagement des rapports entre les gens.
00:06:04 Une violence au quotidien.
00:06:06 Alors, je ne veux pas passer pour un vieux con,
00:06:09 mais j'ai l'impression qu'il n'existait pas il y a 40 ans.
00:06:13 On ne va pas regretter, on ne va pas dire "tout s'était mis au mieux il y a 40 ans".
00:06:15 Mais là, qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ?
00:06:18 Je sais bien, moi je passe ma vie...
00:06:19 Alors, je change de préfet, j'appelais le préfet de l'Hérault en lui disant
00:06:23 "vous ne pouvez pas m'envoyer telle ou telle compagnie,
00:06:29 quelques CRS pour ce soir".
00:06:31 Le type, on passe notre vie à colmater.
00:06:35 Il y a un problème dans un quartier,
00:06:36 est-ce qu'il y a une vingtaine de CRS qui peuvent venir dans le quartier ?
00:06:39 Mais comment on peut régler sur le fond cette question-là ?
00:06:43 Donc pour vous, ça c'est un peu du saupoudrage pour mettre des pansements ?
00:06:46 Même pas, parce que je ne sais pas ce que je ferais d'autre.
00:06:50 Dire comme vous le dites, ça dirait qu'il y a une alternative à ce niveau.
00:06:54 Non, à ce niveau-là, il n'y a plus d'alternative.
00:06:56 Le problème de fond, c'est l'école qui ne fonctionne pas,
00:06:58 c'est les familles qui ne fonctionnent pas.
00:07:00 Mais une fois que j'ai dit cette espèce d'énorme généralité,
00:07:03 tu n'as pas le début d'un quart de solution.
00:07:06 D'ailleurs Robert Ménard, ce soir, le Conseil national de la Réunion de la Fondation
00:07:09 se réunit avec Elisabeth Borne pour faire un petit bilan des émeutes,
00:07:13 un bilan des émeutes sans aucune mesure concrète.
00:07:15 Ça sert à quoi ?
00:07:16 J'en sais rien.
00:07:17 Moi, je me suis retrouvé en juillet avec, vous savez,
00:07:20 on était 200 ou 300 mères, je ne sais plus, à l'Élysée avec Emmanuel Macron.
00:07:26 Moi, je l'ai trouvé plutôt bien.
00:07:28 Justin, il a écouté pendant deux heures, deux heures et demie,
00:07:30 parce qu'il écoutait deux heures et demie des types qui apprennent les uns après les autres,
00:07:33 ils disent à peu près la même chose.
00:07:36 Et après, il avait fait, il avait dit en gros, je vous ai écouté,
00:07:39 je vais vous proposer des réponses.
00:07:43 Elles sont où, les réponses ?
00:07:45 Elles ne sont pas là.
00:07:45 Là, il devait y avoir un comité interministériel.
00:07:48 C'était le 9, mais le 9, ça doit être...
00:07:50 Repoussé.
00:07:51 Voilà, il a été repoussé.
00:07:53 Alors, peut-être qu'ils ne savent pas quoi répondre.
00:07:56 Mais enfin, tu ne peux pas réunir tout le monde, dire on va vous aider à faire des choses.
00:08:00 C'est de la com, tout ça, on est d'accord, c'est des effets de com.
00:08:04 C'est l'impuissance de la politique et c'est ça qui la discrédite, madame.
00:08:08 C'est ça qui la discrédite.
00:08:09 J'ai le sentiment qu'à tous les niveaux, vous savez, on dit des choses,
00:08:13 on a envie de dire des choses dont on sait pertinemment qu'on ne les fera pas.
00:08:17 Attendez, je saute du coq à l'âne, mais les propositions sur les référendums et tout ça,
00:08:22 enfin, vous n'y croyez pas un instant.
00:08:24 Vous n'y croyez ou pas ?
00:08:25 Bien sûr que non.
00:08:26 Il n'y aura pas de référendum, on est d'accord.
00:08:28 Mais en 2019, ils nous avaient fait les mêmes propositions.
00:08:32 Quatre ans après, on recommence avec les mêmes propositions.
00:08:35 Je ne sais pas, peut-être qu'il faut moins parler et peut-être être moins ambitieux.
00:08:40 Peut-être qu'on ne va pas régler toute la question de la violence, mais se dire quelque chose.
00:08:45 Moi, je le dis tout le temps, je suis sidéré d'enseignants qui se plaignent
00:08:50 qu'il n'y a pas assez d'autorité ou qu'on ne les respecte pas assez.
00:08:53 Et quand j'arrive dans une école, il n'y a pas seulement les enfants qui ne se lèvent pas,
00:08:57 même les enseignants ne se lèvent pas.
00:08:59 Tu dis peut-être qu'on pourrait commencer par des rôles.
00:09:03 Oui, un adulte, enfin, madame, si vous rentrez dans une école,
00:09:06 j'imagine que tout le monde va se lever.
00:09:08 Non, tu imagines mal.
00:09:09 Parce que ce n'est pas des vraies réponses.
00:09:11 Pas pour le rencontre à Réisy, mais...
00:09:13 Oui, parce que c'est une star, ils la reconnaissent de la télé, donc ce n'est pas pareil.
00:09:16 Un tout petit mot d'un sondage CSA pour CNews, Robert Médard.
00:09:19 On a posé la question à des Français.
00:09:21 Faut-il supprimer l'excuse de minorité dans les affaires de trafic de drogue ?
00:09:24 On en vient un peu à la situation précédente de Marseille.
00:09:26 La réponse, elle est claire.
00:09:27 Oui, 62% des Français y sont favorables.
00:09:30 Et pourtant, même 53% des gens à gauche le pensent.
00:09:33 Mais ça, c'est pour montrer la déconnexion entre la base des partis politiques et le sommet.
00:09:38 La réalité, c'est ça ?
00:09:39 C'est qu'il faut être plus dur que la justice ?
00:09:41 Attendez, je vais vous raconter une anecdote.
00:09:43 C'est peut-être le fait que j'ai été journaliste,
00:09:45 que je préfère les anecdotes aux grandes théories.
00:09:49 Plusieurs fois, vous savez, des gosses qui font les cons dans la rue.
00:09:54 Il m'arrive de les prendre par le cou en disant "maintenant, tu vas te calmer".
00:09:58 J'ai entendu des gamins qui ne parlaient manifestement pas bien le français.
00:10:03 Vous savez, le seul mot qu'ils me disent "mineur, mineur, mineur".
00:10:07 Vous avez compris ?
00:10:08 C'est le mot de passe, en fait.
00:10:08 Ils ne comprenaient pas ce que je leur disais.
00:10:10 Ils comprenaient bien que je n'étais pas content.
00:10:12 Mais la réponse, il a compris une chose, c'est que quand tu es mineur,
00:10:17 tu es à l'abri de la paire de claques qu'il devrait prendre,
00:10:20 ou en tout cas de la remontrance.
00:10:23 C'est ça le problème.
00:10:24 La paire de claques, attention, ça avait valu à Hugues Moutou, le préfet de Maritime.
00:10:27 Sauf qu'il avait raison.
00:10:28 Une volée de bois vert.
00:10:29 De temps en temps, une paire de claques, honnêtement, ça fait du bien à tout un peuple.
00:10:32 Du châtiment corporel, donc.
00:10:33 Non mais enfin, vous rigolez.
00:10:35 Le châtiment corporel, vous avez jamais donné une table sur les fesses de vos enfants.
00:10:39 Moi qui pose des questions ici, en Berméda.
00:10:41 C'est moi qui pose les questions.
00:10:42 Oui, c'est la réponse.
00:10:44 Tout le monde… Non mais attendez, bien sûr que c'est un problème.
00:10:48 Bien sûr.
00:10:48 Et attendez, les trafiquants de drogue, ils ont complètement intérêt à ça.
00:10:53 Tous les gamins qui vont attirer, qui prennent le plus de risques et tout,
00:10:57 ils sont mineurs.
00:10:59 Qu'est-ce que tu fais par rapport à ça ?
00:11:01 Qu'est-ce que vous faites ?
00:11:02 Parce que quand tu as moins…
00:11:04 D'abord, quand tu as moins de 13 ans, là c'est fini, tu risques plus rien.
00:11:07 Et jusqu'à 16 ans…
00:11:08 Enfin attendez, j'ai peur de dire des choses comme ça parce que ça fait un peu débile.
00:11:13 Mais enfin peut-être qu'il faut des maisons de correction s'il ne faut pas les mettre en prison.
00:11:18 Il y a des gamins qui ont besoin d'être mis dans le droit chemin.
00:11:21 Mais vous dites ça, vous paressez pour une espèce de facho de service.
00:11:25 On va parler aussi de ce qui se passe du côté de la France insoumise.
00:11:28 Vous avez souvent dénoncé les propos qui sont tenus à l'égard des policiers.
00:11:31 On va écouter le général Darmanin, le ministre de l'Intérieur,
00:11:33 qui était auditionné cet après-midi à propos de l'organisation de grobuscules violentes en manifestation.
00:11:38 Et une fois de plus, il a volé au secours des policiers, des gendarmes et des forces de l'ordre.
00:11:42 Écoutez-le.
00:11:44 J'ai vu beaucoup de gens relayés de votre parti politique et sans doute aussi qui vous sont proches,
00:11:50 la vidéo de la voiture de police avec le monsieur qui sort son arme.
00:11:56 Et puis on s'est aperçu qu'en fait il y avait 30 secondes avant.
00:11:58 Alors là, on a eu moins de commentaires.
00:12:00 Parce que là, on ne vous a pas vu condamner les personnes qui ont tapé à coup de barre de fer les policiers.
00:12:04 Je rappelle les policiers, monsieur le Président,
00:12:06 qui dans ce cas très précis des manifestations à Paris n'étaient pas là pour couvrir la manifestation.
00:12:11 Ils venaient d'arrêter un dealer.
00:12:13 Dans le cas de la Coupe du monde de rugby,
00:12:15 puisqu'il y avait nos amis irlandais qui buvaient des verres à la terrasse des cafés,
00:12:19 dans un endroit qui n'était pas prévu stricto sensu pour la manifestation.
00:12:23 Donc vous voyez, ça c'est typiquement une sorte de manipulation médiatique très intéressante
00:12:27 de la part notamment de ceux qui n'aiment pas la police et qui n'aiment pas les policiers.
00:12:32 À l'apport général d'Albert Manin qui s'adressait à Hugo Bernalicis de la France insoumise,
00:12:36 vous comprenez qu'ils viennent en permanence au secours des policiers
00:12:39 alors que ces derniers sont en permanence visés par la France insoumise.
00:12:42 C'est normal ?
00:12:44 C'est normal, c'est obligatoire.
00:12:46 Son job c'est de faire ça.
00:12:48 Il est, j'espère, il l'est, alors il faut enlever le j'espère,
00:12:51 parce qu'il l'est objectivement, tout le temps, tenacement,
00:12:56 continuellement, à côté des policiers à les défendre.
00:12:59 Il y a des policiers qui fassent des conneries,
00:13:01 il y a des policiers qui ont des comportements répréhensibles,
00:13:04 aucun d'entre nous peut le contester.
00:13:06 Quand il y a des dizaines ou des centaines de milliers de gens,
00:13:09 il y a des journalistes qui disent des propos inqualifiables.
00:13:12 Vous ne diriez pas, vous, les journalistes, ça n'existe pas.
00:13:16 La police, ça n'existe pas.
00:13:18 Ça n'existe pas, la police, il y a des policiers.
00:13:21 Il y a des policiers qui peuvent faire des bêtises,
00:13:23 mais il y a surtout des policiers qui se battent pour nous.
00:13:27 Enfin, attendez-moi, chaque fois que je le dis, je le répète,
00:13:30 je me demande comment il n'y a pas plus de bavures policières.
00:13:33 Je ne m'étonne pas des bavures policières.
00:13:35 Enfin, vous avez vu comment ils se font insulter
00:13:38 par un certain nombre de gens.
00:13:39 Moi, je me promène dans la rue régulièrement à côté de policiers
00:13:43 et qui me racontent leur quotidien,
00:13:45 ou de policiers municipaux ou nationaux.
00:13:46 Vous avez vu comment un certain nombre de gens les traitent.
00:13:49 Là, ce n'est pas de claques et aller au lit,
00:13:52 c'est je te mets un bracelet, je t'emmène en prison.
00:13:54 Le problème, c'est qu'il faudrait avoir des places de prison.
00:13:56 Bien sûr, il a mille fois raison, mille fois raison.
00:13:59 Et la France insoumise, pas que dans cette affaire-là,
00:14:02 parce qu'on pourrait, Madame Chiricou, vous l'aurez vu,
00:14:04 ce qu'on pourrait citer, Chiricou,
00:14:06 Chiricou, c'est quelque chose d'autre.
00:14:08 Chiricou, elle s'appelle Chiricou.
00:14:10 Madame Chirou, Chirou, Chirou, Chirou,
00:14:14 Madame Chirou, vous avez vu les propos indignes qu'elle tient ?
00:14:19 Justement, parce qu'on entend ce que vous dites
00:14:21 sur la dénonciation de la haine contre la police physique sur le terrain.
00:14:25 Il y a quand même quelque chose qu'on voit émerger maintenant
00:14:27 depuis cinq, six ans, c'est la haine verbale.
00:14:30 On n'a jamais entendu autant de slogans dans les manifestations,
00:14:32 même dans le débat public.
00:14:34 Est-ce que vous pensez qu'on devrait renforcer les sanctions pénales
00:14:37 contre les gens qui tiennent des propos
00:14:40 que vous pourriez considérer comme honteux et irresponsable contre la police ?
00:14:43 Non, non.
00:14:45 Je suis tellement attaché à la liberté d'expression
00:14:48 que je ne crois pas que ce soit une réponse.
00:14:49 C'est quoi la réponse ?
00:14:50 Je ne sais pas.
00:14:52 Mais voyez, regardez, je prends un autre exemple,
00:14:54 parce que vous avez vu, le gouvernement français
00:14:58 a décidé de moins donner de visas à des artistes africains,
00:15:01 vous savez, des pays où il y a eu des coups d'État.
00:15:03 Je trouve que c'est une connerie.
00:15:05 Il ne faut pas faire ça.
00:15:07 Ça ne sert à rien.
00:15:08 En plus, vous faites des héros des gens, voyez.
00:15:10 Tu l'empêches de parler, il va être un héros de la liberté d'expression
00:15:14 ou de ses thèses.
00:15:15 Je ne crois pas que ce soit la réponse.
00:15:16 Mais ça, ça va à l'encontre.
00:15:19 Paradoxalement, c'est cette limite-là, je pense,
00:15:21 que je pose tout le temps.
00:15:22 Je pense qu'il ne faut pas empêcher les gens de dire même des saloperies.
00:15:26 Il faut les dénoncer, attendez.
00:15:28 Pourquoi la limite est tenue entre le discours
00:15:31 et l'incitation concrète à passer à l'axe ?
00:15:33 C'est toute la difficulté de ce débat-là,
00:15:35 qui n'est pas un débat en l'air.
00:15:37 Moi, j'ai été 20 ans patron d'Emportail-Sontien,
00:15:40 c'est à quel moment le propos est une vraie incitation à la violence.
00:15:44 Mais ça, il faut faire attention.
00:15:46 Il y a des propos orduriers,
00:15:48 il y a des propos scandaleux, on vient d'en citer un certain nombre.
00:15:52 Est-ce que pour autant, il faut amener ces gens-là devant un tribunal ?
00:15:57 Je crois, attendez, en plus, si vous voulez leur faire la meilleure pub du monde,
00:16:00 vous le faites ça.
00:16:01 Vous allez être le liberticide de service,
00:16:04 le censeur de service qui les empêche de s'exprimer.
00:16:07 Moi, je n'irai pas sur ce terrain-là.
00:16:09 Et vous avez compris ce que j'en pense de ces propos-là.
00:16:11 Mais je fais la nuance.
00:16:12 – Un mot de l'immigration.
00:16:13 Il y a un sommet des 27 en ce moment en Espagne, à Grenade,
00:16:16 on voit que la Pologne veut mettre son veto sur la réforme migratoire
00:16:20 qui prévoit la relocalisation des migrants.
00:16:24 Est-ce que c'est un coin enfoncé dans l'Union européenne ?
00:16:27 Est-ce que la Pologne a raison ?
00:16:29 Est-ce que la France devrait s'en inspirer
00:16:32 en provoquant une crise au niveau de l'Union ?
00:16:35 – Si on prend la question comme ça, la réponse, elle est compliquée
00:16:39 parce que tu te dis, les Polonais,
00:16:42 ils ont bien le droit de faire ce qu'ils veulent chez eux.
00:16:44 Et en même temps, si tu es dans l'Union européenne,
00:16:46 il y a un certain nombre de règles qui s'appliquent à toi.
00:16:49 Mais moi, je ne serais pas contre…
00:16:51 Pardon, je vais faire une digression.
00:16:53 Je ne serais pas contre le fait qu'on se dise,
00:16:56 il n'y a aucune raison que les pays qui accueillent les premiers
00:16:59 gardent un certain nombre d'immigrés,
00:17:01 je serais d'accord qu'on dise ça,
00:17:03 à condition que l'Union européenne fasse aussi son job avant,
00:17:07 que Frontex ne soit pas simplement des gens
00:17:10 qui accompagnent les bateaux jusqu'au port italien ou ailleurs,
00:17:14 mais que Frontex ramène un certain nombre de bateaux
00:17:17 dans leur port d'origine, vous avez compris,
00:17:19 que ce soit une vraie police.
00:17:22 Ça veut dire qu'il ne faut pas inverser les choses.
00:17:24 Si l'Union européenne faisait…
00:17:26 Alors là, j'espère que vous avez vu, ça a l'air d'avancer.
00:17:29 Si on harmonisait les règles d'accueil,
00:17:34 parce que quand, dès qu'on dit ça, là encore, les gens hurlent,
00:17:37 mais bien sûr qu'il y a une partie de l'immigration
00:17:40 qui regarde les pays où les conditions d'accueil sont les meilleures,
00:17:44 et de ce côté-là, on est très très bons, la France,
00:17:46 et qui choisit ça.
00:17:47 Il n'y a qu'une réponse européenne,
00:17:50 mais il faut que la réponse européenne soit dans les règles
00:17:53 qu'on s'applique les uns et les autres,
00:17:54 mais qu'elles soient aussi dans une politique offensive,
00:17:57 où on dit qu'il y a un certain nombre de gens dont on ne veut pas,
00:18:00 et on fait une différence fondamentale
00:18:03 entre les gens qui sont là pour des délits d'opinion,
00:18:07 enfin bref, les réfugiés pour l'asile,
00:18:10 et puis les autres.
00:18:11 D'un côté, il y a des demandeurs d'asile,
00:18:13 de l'autre côté, il y a des clandestins.
00:18:14 Et à force de parler de migrants,
00:18:16 vous savez, migrants, ça mélange tout.
00:18:17 Et non, ce n'est pas la même chose.
00:18:19 – Mais Robert Ménard, on est fâché maintenant avec l'Algérie,
00:18:21 le Maroc, la Tunisie, ces pays-là,
00:18:24 on n'a quasiment plus d'échanges avec eux.
00:18:26 Comment est-ce qu'on fait ?
00:18:27 Ils ne veulent plus reconnaître leurs ressortissants.
00:18:30 Qu'est-ce que c'est que la réponse ?
00:18:31 – Écoutez, je ne voudrais pas parler toujours du même préfet
00:18:33 qui était le mien dans les rôles,
00:18:35 mais on m'avait dit, quand j'ai refusé de marier un garçon
00:18:39 qui était un clandestin, enfin il ne faut quand même pas déconner deux minutes,
00:18:44 le mec il est clandestin, il vient à la mairie,
00:18:46 il me demandait de lui signer un papier officiel,
00:18:48 comme quoi il se marie.
00:18:49 On me dit, ça va être compliqué, comment on va le renvoyer chez lui,
00:18:53 puisqu'il avait une OQTF, donc il devait quitter le territoire.
00:18:56 Pardon, j'ai eu un préfet qui a trouvé la solution
00:18:59 et sans, comment on appelle, l'autorisation,
00:19:04 le laisser passer consulaire, il l'a amené, ils l'ont amené,
00:19:08 ils l'ont déposé à Algérie, ils sont rentrés.
00:19:10 Ça veut dire, quand on veut, on peut.
00:19:13 Je ne dis pas que c'est tout le temps vrai,
00:19:15 mais de temps en temps, on peut le faire.
00:19:17 Alors sur l'Algérie, le Maroc, attendez,
00:19:20 vous vous rappelez, M. Macron qui nous expliquait,
00:19:23 ils ne prennent pas les OQTF, on n'en a jamais reçu autant,
00:19:26 on n'a jamais eu aussi peu de gens dont on a réussi à les expulser,
00:19:30 en particulier dans ces pays-là.
00:19:33 Il montre les muscles, il nous dit, on ne va plus donner de visa,
00:19:36 vous vous rappelez, on va diminuer les visas.
00:19:38 Ça a duré combien la diminution de visa ?
00:19:40 Combien de temps ?
00:19:42 – 10 mois.
00:19:42 – Voilà, et après on revient.
00:19:44 Non, il y a un certain nombre de pays…
00:19:46 – Donc il faut assumer de se fâcher avec certains pays ?
00:19:48 – Mais bien sûr qu'il faut assumer.
00:19:49 Vous allez quoi ?
00:19:50 Vous allez cirer les pompes du gouverneur ?
00:19:53 – Je pose la question, moi je…
00:19:55 – Cire les pompes de personne ?
00:19:56 – C'est une façon de parler, vous l'avez bien compris.
00:19:58 On va, alors je ne dis plus vous…
00:19:59 – Mais non, mais je vous taquine.
00:20:01 – Il n'a pas l'habitude.
00:20:02 – On va cirer les pompes du gouvernement algérien,
00:20:06 ce n'est pas les Algériens le gouvernement algérien.
00:20:08 – Bien sûr.
00:20:08 – Ce n'est pas les Algériens,
00:20:10 c'est une dictature depuis un paquet d'années.
00:20:13 Qu'est-ce qu'on va…
00:20:14 Qu'est-ce qu'ils font ?
00:20:15 Qu'est-ce qu'ils font chaque fois ?
00:20:17 Ils crachent à la figure de la France le gouvernement algérien.
00:20:20 Je ne parle pas des Algériens, c'est schizophrénique en Algérie,
00:20:22 on crache à la figure de la France,
00:20:24 mais on ne rêve que d'une chose, c'est venir en France quand même.
00:20:27 Au passage, ça…
00:20:28 Non, on ne peut pas céder, il y a un certain nombre de pays,
00:20:30 les pays qui nous maltraitent.
00:20:32 Mais attendez, on arrête de leur donner de l'argent.
00:20:35 Il y a un certain nombre de pays,
00:20:36 j'espère bien qu'on va le faire avec le Mali, le Niger, le Burkina Faso.
00:20:39 Moi, ce ne sont que des pays que je connais,
00:20:41 que je connais pour y être allé plein de fois au travail.
00:20:43 Enfin, attends, ça va, tu ne veux pas des Français,
00:20:46 tu préfères Wagner ou je ne sais plus qui,
00:20:48 mais très bien, tu demandes l'envergnement.
00:20:50 La France donne 120 millions d'euros au Niger.
00:20:52 Ben voilà, tu arrêtes.
00:20:53 Par exemple.
00:20:53 Et tu arrêtes.
00:20:54 Absolument.
00:20:54 Et tu dis, c'est terminé.
00:20:56 Vous ne voulez plus la France,
00:20:58 comme si on allait chez eux pour leur imposer quoi que ce soit.
00:21:01 On y va pour protéger leur population,
00:21:03 ils t'envoient balader,
00:21:04 ah oui, mais on ne va quand même pas toucher à l'argent.
00:21:07 Eh oui, tu ne peux pas avoir le beurre,
00:21:09 tu vires les mecs et l'argent du beurre,
00:21:11 tu gardes l'argent.
00:21:11 Un mot des élections européennes,
00:21:14 Jordan Bardella pour le Rassemblement National,
00:21:15 Marion Maréchal pour Éric Zemmour sont en pleine campagne.
00:21:19 Est-ce qu'entre les deux, vous avez fait votre choix ?
00:21:22 Est-ce que vous reconnaissez dans ce que dit Jordan Bardella
00:21:24 ou dans ce que dit Marion Maréchal plus précisément ?
00:21:27 Non, mais il y a des choses qui m'attirent.
00:21:31 Par exemple.
00:21:31 Sur le Rassemblement National,
00:21:33 je ne sais pas si vous le disiez,
00:21:34 il y a dix jours ou je ne sais pas quoi,
00:21:36 il y a quinze jours,
00:21:37 ils ont voté contre, avec la France insoumise,
00:21:40 le fait, vous savez, qu'on demande aux gens qui touchent le RSA
00:21:44 de travailler quinze heures par semaine.
00:21:46 Et c'est les mêmes qui te font un sketch contre l'assistanat.
00:21:51 Écoutez-moi, ça fait des années dans ma ville,
00:21:53 quand on donne de l'argent, vous savez, on donne de l'argent,
00:21:55 des aides sociales aux gens à mon niveau.
00:21:58 Quand on donne plus de 1000 euros à Bézier,
00:22:00 tu dois en échange travailler pour une association,
00:22:04 les organismes sociaux ou la ville.
00:22:07 Et ça marche ?
00:22:07 Mais attendez, madame,
00:22:08 je n'ai pas vu une personne se plaindre.
00:22:11 Vous savez pourquoi ?
00:22:12 Parce que tu ne fais pas l'aumône,
00:22:15 le mec ne te tend plus la main.
00:22:16 C'est une réciprocité.
00:22:17 Mais oui, c'est dans la dignité.
00:22:20 Tu touches de l'argent, tu fais quelque chose en échange.
00:22:23 Qu'est-ce que c'est ces positions ?
00:22:25 J'ai honte, alors pour la France insoumise,
00:22:27 ce n'est pas la première fois,
00:22:28 mais que le Rassemblement National,
00:22:30 sur une position comme ça,
00:22:32 et par charité chrétienne,
00:22:34 je ne vais pas vous rappeler un certain nombre d'amendements
00:22:37 qu'ils ont proposés, des amendements pour savoir
00:22:40 si quand on amenait les gosses à l'école
00:22:41 ou quand on faisait ses courses,
00:22:43 c'était considéré comme un travail.
00:22:44 Mais ils vont bien la tête, deux minutes.
00:22:46 Bon, donc ce n'est pas l'URN,
00:22:47 vous n'avez pas choisi l'URN.
00:22:48 Non, mais je vous dis ça, je ne vous ai pas dit ça.
00:22:50 Je vous dis ça, les bras m'en tombent.
00:22:54 Je me dis, mais comment tu peux être aussi inconséquent ?
00:22:58 Les gens, oui, si on te donne de l'argent,
00:23:01 tu travailles, c'est le minimum.
00:23:02 C'est le minimum.
00:23:03 Alors on entend bien votre charge contre le Rassemblement National.
00:23:07 Non, mais je fais grâce de la France Insoumise.
00:23:09 Mais faisons de moi la France Insoumise,
00:23:10 vous allez voir ce que j'en pense.
00:23:11 Mais parfois, on a un peu du mal à vous situer
00:23:13 sur l'échiquier politique tel qu'il existe aujourd'hui.
00:23:16 Quelle importance ça ?
00:23:17 Non, mais ça intéresse, je pense, nos auditeurs,
00:23:19 nos spectateurs.
00:23:20 Non, mais ça n'a aucun...
00:23:20 Non, mais on sait que vous avez été
00:23:22 à un moment proche de Marine Le Pen, d'Éric Zemmour.
00:23:25 Vous avez même organisé,
00:23:26 je crois que c'était vous le premier à avoir organisé à Béziers,
00:23:28 les rencontres pour essayer de faire l'union de la droite.
00:23:30 Oui.
00:23:31 Vous situez où aujourd'hui, vous ?
00:23:32 Je ne sais pas.
00:23:34 Je me soutiens...
00:23:36 Où vous mettez des élections européennes ?
00:23:37 Non, dans le cadre du bon sens.
00:23:39 C'est qui le bon sens aujourd'hui ?
00:23:41 Mais à tour de rôle.
00:23:42 Quand Gabriel Attal, il prend un certain nombre de positions
00:23:45 courageuses que son prédécesseur n'avait même pas imaginé de prendre.
00:23:49 J'applaudis et je dis c'est du bon sens.
00:23:51 Quand M. Darmanin, dont on vient de parler,
00:23:53 dit qu'il en a marre d'un certain nombre de choses
00:23:55 et qu'il envoie la police et qu'il soutient la police,
00:23:58 c'est du bon sens.
00:23:59 Quand Marine Le Pen, la première, a tiré l'attention des Français
00:24:03 sur le problème d'une immigration non contrôlée,
00:24:05 c'est du bon sens.
00:24:06 Est-ce qu'on pourrait une fois se dire que la vérité,
00:24:10 elle n'est pas dans un camp ?
00:24:11 La vérité, elle n'est pas dans un camp.
00:24:13 J'en suis persuadé.
00:24:14 Là, je crois qu'on vote pour un bulletin.
00:24:15 Oui, mais après, tu fais au mieux.
00:24:18 On verra.
00:24:18 Vous savez qui sera après candidat pour la droite ?
00:24:21 Non.
00:24:21 La droite classique du gouvernement.
00:24:22 LR.
00:24:23 LR.
00:24:23 Non, mais je me moquais.
00:24:24 C'est pour ça que je le disais.
00:24:26 Allez, Robert Ménard, merci beaucoup d'être revenu ce soir
00:24:28 dans "Punchline".
00:24:29 Sur C News, on se retrouve dans un instant pour la suite de nos débats.
00:24:31 ♪ ♪ ♪
00:24:36 17h30, bienvenue si vous nous rejoignez à l'instant
00:24:39 sur C News dans "Punchline".
00:24:40 Tout de suite, le rappel des titres de l'actualité
00:24:41 avec Augustin Donatien.
00:24:42 ♪ ♪ ♪
00:24:45 Au moins 49 personnes sont mortes dans une frappe russe
00:24:48 sur la région de Kharkiv, à l'est de l'Ukraine.
00:24:51 L'attaque a eu lieu en début d'après-midi,
00:24:53 frappant un magasin d'alimentation et un café d'un village
00:24:56 qui se trouve à proximité de la ligne de front.
00:24:59 Justement, un entretien a eu lieu entre Volodymyr Zelensky
00:25:02 et Emmanuel Macron aujourd'hui à Grenade, en Espagne.
00:25:05 Le chef de l'État a interrogé le président Zelensky
00:25:07 sur les besoins de l'Ukraine à l'approche de l'hiver,
00:25:10 notamment en matière de résilience civile.
00:25:12 Emmanuel Macron qui a réitéré, je cite,
00:25:15 "la détermination sans faille de la France à se tenir
00:25:17 aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra".
00:25:21 Et la vue du sommet du Mont Blanc est moins haute qu'en 2021.
00:25:26 Le toit de l'Europe a perdu 2,22 mètres en deux ans.
00:25:30 Il culmine dorénavant à 4 805 mètres et 59 centimètres.
00:25:36 Très précisément.
00:25:37 Merci beaucoup, Augustin Donatelliu, pour cette précision.
00:25:39 On est avec Louis de Ragnel,
00:25:41 Maître Pierre-Henri Bobis nous a rejoint.
00:25:42 Bonsoir, Maître.
00:25:43 Bonsoir.
00:25:43 Jean-Sébastien Ferjou, directeur du site Atlantico,
00:25:46 juste avant la fin du journal.
00:25:48 Bonsoir, Jean-Sébastien.
00:25:49 Et Céline Pina, politologue, journaliste à causeur.
00:25:52 Bonsoir, Céline.
00:25:52 Bonsoir.
00:25:53 On va parler dans un instant de l'affaire Salah Abdeslam,
00:25:55 ce djihadiste condamné à la perpétuité incompressible en France
00:25:59 et qui est actuellement en Belgique.
00:26:00 On va voir que la Belgique ne veut pas le renvoyer en France.
00:26:04 C'est un vrai problème.
00:26:05 Mais d'abord, j'aimerais qu'on fasse un petit focus sur un procès,
00:26:09 sur une affaire qui vous a beaucoup interpellé.
00:26:11 La mère d'un adolescent de 14 ans qui vivait reclus chez lui à Rennes
00:26:14 depuis sa naissance, elle est jugée aujourd'hui par le tribunal correctionnel.
00:26:17 On se rappelle qu'elle avait emmené, il y a quelques mois, son fils à l'hôpital.
00:26:21 Les médecins avaient été alarmés parce que pour un adolescent de 14 ans,
00:26:24 il ne pesait que 25 kilos.
00:26:25 Alors, on va rejoindre sur place Noémie Schultz,
00:26:28 qui est sur place avec Mickaël Chahiou.
00:26:29 Bonsoir, Noémie.
00:26:30 L'audience vient de passer à huis clos, c'est bien cela ?
00:26:34 Oui, et c'est vrai que c'est décevant de ne pas pouvoir assister au débat,
00:26:39 car dans cette affaire, on a beaucoup entendu la mère, sa défense,
00:26:42 mais on sait assez peu ce qui a motivé le placement de cet adolescent de 14 ans,
00:26:47 les raisons pour lesquelles le parquet de Rennes estime
00:26:49 qu'il n'est pas en sécurité chez sa mère.
00:26:51 On a évoqué son poids, 33 kilos pour un maître 47 à 14 ans,
00:26:56 son alimentation, son niveau intellectuel,
00:26:57 mais la mère répond à chaque fois à ses éléments
00:27:00 et les débats, bien sûr, auraient permis de lever ses zones d'ombre,
00:27:03 puisque c'est de tout cela qu'il va être forcément question lors de cette audience.
00:27:06 Mais la procureure de la République a fait une demande de huis clos.
00:27:09 Elle l'a justifié.
00:27:10 Malgré l'emballement médiatique, le parquet a toujours refusé d'expliquer ce placement.
00:27:14 Il met en avant l'intérêt du mineur.
00:27:16 La nature de ce qui va être évoqué relève d'éléments d'intimité
00:27:20 et peuvent porter une atteinte grave à cet adolescent.
00:27:22 L'avocat de la maire, lui, s'est fermement opposé à la demande de huis clos.
00:27:26 On a tout eu dans la presse.
00:27:27 Le huis clos, c'est parce qu'on va dire des choses peut-être pas agréables
00:27:30 à l'encontre de la justice, du Conseil général.
00:27:33 Peut-être qu'on va remettre en cause la procédure,
00:27:35 mais le huis clos doit être l'exception.
00:27:37 On se bat contre les justices clandestines.
00:27:40 Des arguments qui n'ont pas suffi.
00:27:41 La présidente a ordonné le huis clos.
00:27:44 C'est une décision qui a été bruyamment accueillie par une quinzaine de personnes
00:27:47 qui sont venues soutenir cette mère de famille
00:27:50 et qui disent connaître très bien son fils
00:27:53 et n'avoir jamais décelé le moindre problème chez lui.
00:27:56 Justement Noemi, qu'est-ce que dit la mère ?
00:27:58 Elle s'exprime beaucoup.
00:28:00 Elle s'est encore exprimée il y a quelques instants à votre micro.
00:28:02 Oui, et nous avons pu, avec Mickaël Chahyou,
00:28:07 échanger longuement avec elle cet après-midi
00:28:08 dans l'attente de ce début d'audience.
00:28:11 Cette femme de 50 ans qui élève seul son fils,
00:28:14 qui élevait seul son fils et qui, depuis plus d'un an,
00:28:16 ne le voit plus que deux fois par mois,
00:28:18 toujours en présence d'un tiers.
00:28:21 Il a été placé dans un foyer.
00:28:23 Elle est très critique envers l'aide sociale à l'enfance.
00:28:25 La Zeu, le conseil départemental,
00:28:27 affirme qu'elle s'est toujours très bien occupée de lui.
00:28:30 Certes, il n'allait pas à l'école,
00:28:31 mais il a appris d'y telle en allant à la bibliothèque,
00:28:34 en allant dans des musées, en voyant des films, en lisant beaucoup.
00:28:37 Il faisait du sport, il côtoyait d'autres enfants dans les squares.
00:28:40 Voilà ce qu'elle nous a confié aujourd'hui.
00:28:43 Il voyait aussi beaucoup d'adultes,
00:28:44 des adultes qui, certains, ont fait le déplacement aujourd'hui.
00:28:47 Donc, elle réfute totalement le terme d'enfant reclus,
00:28:50 qui, d'ailleurs, n'était sans doute pas le terme le plus adapté
00:28:52 pour qualifier cet enfant.
00:28:53 Son seul tort, selon elle, serait de ne pas faire comme les autres,
00:28:57 de ne pas rentrer dans la norme.
00:28:59 Je vous propose de l'écouter.
00:29:02 Comme tout être humain, je pense qu'on a le droit à notre vie d'être humain,
00:29:04 donc à notre liberté d'aller et venir, à notre vie familiale.
00:29:10 Mon fils a le droit à sa mère.
00:29:11 Il est encore très, très jeune.
00:29:12 Il a le droit à sa liberté d'aller et venir.
00:29:14 Moi aussi, je suis vraiment au petit soin pour lui,
00:29:16 avec grand bonheur, depuis le début.
00:29:18 La gratification que j'ai, c'est le fait que mon fils existe
00:29:21 et de l'avoir vu chaque jour heureux.
00:29:24 Mon fils me suffit, mais de là à aller me blâmer,
00:29:26 c'est juste incompréhensible.
00:29:29 Ou alors, il faut blâmer absolument toutes les mères.
00:29:32 Voilà l'audience qui se déroule dans la salle d'audience dans Mondeau.
00:29:36 La porte a été fermée.
00:29:37 Nous ne pouvons pas suivre les débats.
00:29:39 Il pourrait durer à peu près deux heures, voire un peu plus.
00:29:42 En revanche, nous pourrons assister aux délibérés,
00:29:44 si la décision est rendue aujourd'hui,
00:29:46 pour soustraction par un parent à ses obligations légales
00:29:49 et privation de soins ou d'aliments par ascendant.
00:29:51 La mère risque jusqu'à sept ans de prison et 100 000 euros d'amende.
00:29:55 Mais surtout, elle pourrait être condamnée à une peine complémentaire
00:29:57 et perdre son autorité parentale.
00:29:59 C'est l'un des enjeux, bien sûr, de cette audience.
00:30:01 Merci pour toutes ces précisions, Noémie Schultz.
00:30:03 Michael Chahou, compliqué de juger cette situation.
00:30:06 Maître Pierre-Henri Bovis, la limite entre la malsettrance,
00:30:09 la soustraction par un parent à ses obligations légales
00:30:11 et l'éducation d'un enfant ?
00:30:13 Compliqué. Alors, je vais revenir sur certains points,
00:30:16 puisque c'est vrai que pour les téléspectateurs,
00:30:18 le huis clos n'est pas forcément une notion facile à appréhender.
00:30:21 C'est normalement un procès par principe et public,
00:30:25 puisque la justice est rendue au nom du peuple français.
00:30:27 Donc, le peuple français peut voir de quelle manière la justice se rend.
00:30:29 Et donc, vous pouvez vous rendre à un procès.
00:30:31 Et pour certaines matières, la loi exige qu'il y ait un huis clos,
00:30:35 "huis" du français, du latin "porte", "porte fermée",
00:30:39 parce que déjà, premièrement, vous préservez l'intimité des personnes
00:30:43 et parce qu'aussi, les intérêts d'un dossier
00:30:46 commandent à ce que, justement, ce ne soit pas mis sur la scène publique
00:30:49 certaines informations, certains éléments pour préserver l'identité
00:30:52 ou du moins les mœurs des uns et des autres.
00:30:53 Et donc, notamment en matière familiale ou en protection de la jeunesse,
00:30:57 la loi exige que, du coup, les procès se tiennent à huis clos.
00:31:00 Donc, c'est le cas de ce dossier.
00:31:02 Et effectivement, c'est un dossier qui est très atypique.
00:31:04 D'ailleurs, ça a été reconnu par mon confrère, atypique,
00:31:07 parce qu'on parle d'une mère qui aurait coupé du monde son fils,
00:31:10 qui ne l'aurait pas scolarisé, qui n'aurait pas donné des soins adéquats,
00:31:15 qui ne l'aurait peut-être même pas nourri convenablement,
00:31:17 puisqu'il a 25 kg à 14 ans.
00:31:20 Voilà, 25 kg à 14 ans.
00:31:21 On peut se dire qu'il y a un petit problème.
00:31:22 On se pose la question, effectivement, de l'alimentation.
00:31:25 Et donc, tout le sujet va être de savoir
00:31:26 pourquoi cet enfant s'est retrouvé dans ces conditions.
00:31:30 Quel a été le rôle de la mère dans cette espèce de coupure
00:31:36 avec le monde extérieur ?
00:31:38 Et de quelle manière, parce que c'est les arguments avancés par la défense,
00:31:41 de quelle manière, du coup, la mère va pouvoir avancer sa défense ?
00:31:44 Puisque il se pourrait, c'est notamment un élément qui a avancé
00:31:48 et qui, moi, me semble intéressant, que l'Aide sociale à l'enfance
00:31:50 a remarqué que l'enfant ne souffrirait pas de la cune dans telle ou telle matière
00:31:55 et qu'il accélérerait même, bon, écoutez, ce sont les arguments avancés.
00:31:58 - Ce sujet est pas facile pour la justice.
00:32:00 - Non, non.
00:32:01 Aucun des sujets au niveau des affaires familiales ne sont simples.
00:32:03 - Non, mais là, il est très, très...
00:32:06 - C'est clairement la première fois, et d'ailleurs,
00:32:10 ça aurait été reconnu par certains avocats qui ont été amenés
00:32:12 à se prononcer sur ce type de dossier,
00:32:14 c'est la première fois qu'on est amené à commenter un tel dossier,
00:32:18 parce que, justement, il est très atypique.
00:32:21 C'est inconcevable aujourd'hui, en 2023, notamment avec les réseaux sociaux,
00:32:24 qu'on puisse se couper du monde, qu'on puisse avoir un enfant
00:32:27 comme ça qui se retrouve...
00:32:28 - Écoutez, on va attendre que le jugement soit rendu
00:32:31 et on reviendra sur ce cas.
00:32:33 Mais j'aimerais qu'on parle maintenant de Salah Abdeslam,
00:32:35 ce djihadiste condamné à la perpétuité incompressible dans notre pays
00:32:38 pour les attentats du Bataclan, de Paris en tout cas.
00:32:41 Il est actuellement en Belgique, où il a été jugé
00:32:44 pour les attentats de Bruxelles en 2016.
00:32:47 Et il veut rester en Belgique parce qu'il estime que les conditions
00:32:50 de détention sont moins difficiles qu'en France.
00:32:53 Et la justice belge, c'est ça qui est absolument hallucinant,
00:32:56 a accédé, de façon temporaire en tout cas, à sa demande.
00:33:01 Si la décision provisoire a été confirmée, ça veut dire que le seul
00:33:04 survivant du commando des attentats du 13 novembre
00:33:07 pourrait rester en Belgique et faire une demande de libération anticipée,
00:33:10 pas avant une quinzaine d'années, mais tout de même,
00:33:12 ce n'est pas la perpétuité incompressible.
00:33:14 On va juste écouter la réaction d'Arthur Denouveau,
00:33:16 président d'une association de victimes Life for Paris.
00:33:20 Honnêtement et sans exagérer, ça a été un choc.
00:33:23 La France a mis à disposition Salah Abdeslam pour le procès
00:33:26 à Bruxelles des attentats du 22 mars 2016.
00:33:29 Il n'a jamais été question que la justice belge puisse restatuer
00:33:33 sur le quantum de peine qui avait été donné au procès
00:33:35 qui s'était déroulé en France l'année d'avant.
00:33:37 Les Belges disent finalement que la justice européenne n'a pas tranché
00:33:41 sur le fait de savoir si la peine de perpétuité incompressible française
00:33:45 était légale ou pas.
00:33:46 Il y a quand même un moment où on vit tous en Europe,
00:33:48 où la justice française est souveraine
00:33:50 et où on peut demander à l'État belge de respecter ça.
00:33:53 Oui, bien sûr, Céline Pina, en fait, c'est incroyable, cette décision.
00:33:57 C'est juste hallucinant parce que justement,
00:33:59 la justice européenne tient compte de la souveraineté
00:34:03 et tient compte de la situation des justices nationales.
00:34:07 Donc, en plus, ce que dit la personne est extrêmement étonnante.
00:34:12 Mais pas tant que ça.
00:34:13 Rappelez-vous quand même ce qui s'est passé avec l'imam Mikyussen.
00:34:17 C'est-à-dire que la Belgique a humilié la France.
00:34:20 Puis quand elle s'est rendue compte quand même qu'Ikyussen était un petit peu incondescent,
00:34:24 elle a essayé de rebalancer la patate chaude à la France.
00:34:26 Ça, c'est le premier point.
00:34:27 Donc, un drôle de jeu des autorités judiciaires belges.
00:34:29 Non, pas du tout un drôle de jeu.
00:34:31 En Belgique, il y a un antrisme très, très fort des frères musulmans.
00:34:36 Ils sont très puissants au sein des colos.
00:34:38 Ils sont très puissants au sein du PS.
00:34:41 Ils sont très puissants à Bruxelles.
00:34:43 Ils sont très puissants dans les représentations autour du Conseil de l'Europe,
00:34:47 de l'Union européenne.
00:34:48 Vous dites qu'ils ont pénétré les arcanes de la justice, c'est ça ?
00:34:50 Tout à fait.
00:34:51 Et donc, en fait, ce à quoi on assiste est lié à la profondeur de l'antrisme
00:34:57 des frères musulmans en Belgique.
00:34:59 Jean-Sébastien Ferjou sur cette affaire Abdestam.
00:35:01 Ce que vient de dire Céline Pita.
00:35:02 Là, c'est une décision de la Cour d'appel de Bruxelles.
00:35:04 En Wallonie notamment et en Belgique, francophone, etc.
00:35:08 Aussi la région Bruxelles, région capitale,
00:35:11 il y a incontestablement un antrisme des frères musulmans au sein des institutions.
00:35:15 Alors, ça ne veut pas dire que ce sont eux qui prennent les décisions,
00:35:17 qui dirigeraient la Belgique.
00:35:18 Ce n'est absolument pas, j'imagine, ce que voulait dire Céline Pita non plus.
00:35:22 En revanche, il y a un certain nombre de responsables politiques
00:35:24 qui sont sous cette influence-là.
00:35:26 Vous voyez bien qu'en France, il y a aussi une continuité parfois
00:35:28 entre une certaine idéologie et les discours de certains partis politiques.
00:35:33 On a vu en Belgique, par exemple, des élus qui pouvaient porter,
00:35:36 assumer de porter un foulard dans des assemblées parlementaires,
00:35:41 donc, enfin, locales en tout cas.
00:35:43 C'est cette réalité-là qui se joue et c'est aussi de plus en plus...
00:35:47 Oui, mais ce qui se joue aussi de plus en plus, vous savez...
00:35:49 On parle d'un dianisme condamné à la perpétuité incompréhensible
00:35:52 pour les attentats de Paris.
00:35:53 Non, mais je sais, mais Laurence, essayez de taper "islamophobia" en anglais
00:35:58 dans Google.
00:35:59 Vous verrez qu'il n'y a quasiment aucun article
00:36:02 qui reflète la vision universaliste laïque française
00:36:05 et qu'il n'y a que des articles.
00:36:07 Oui, mais cette image-là de la France,
00:36:08 parce que quand vous le regardez dans le New York Times,
00:36:10 quand vous le regardez dans la presse allemande...
00:36:11 Non, mais dans le rapport de la logique et dans quelque chose de très précis,
00:36:13 c'est pas la Belgique.
00:36:14 Oui, mais parce que c'est ça qui se joue.
00:36:15 Oui, évidemment.
00:36:16 Non, mais ce que je veux vous dire, c'est que la France a un véritable problème
00:36:18 parce que sa vision de la laïcité, elle n'est pas comprise
00:36:21 par la plupart des pays qui nous entourent.
00:36:23 Non, mais là, c'est pas la laïcité.
00:36:24 On parle pas de laïcité.
00:36:25 Non, mais là, je trouve que...
00:36:26 Non, mais on parle de justice.
00:36:27 Mais Laurence, si, parce que...
00:36:28 Non, on parle de justice.
00:36:29 Non, mais je suis d'accord avec vous,
00:36:30 mais quel est le raisonnement qui se joue derrière ?
00:36:32 Le raisonnement qui se joue derrière, c'est le soupçon de la Belgique
00:36:35 que Salah Abdeslam pourrait être maltraité par des institutions françaises.
00:36:39 Mais c'est la Belgique qui a changé, c'est pas nous qui...
00:36:42 Non, mais c'est parce que, juste pour finir le raisonnement,
00:36:44 c'est parce que les Etats européens considèrent que la vision française de l'islam
00:36:48 est raciste ou islamophobe, qu'ils réagissent de cette manière-là.
00:36:52 C'est ça le raisonnement qui préside à la justice belge.
00:36:54 Je comprends ce que vous me dites, mais on parle de...
00:36:56 Mais Julie, je suis d'accord avec vous.
00:36:57 On parle de décision de justice française.
00:36:58 Mais Laurence, il y a deux enseignements quand même par rapport à ça.
00:37:00 Vous avez très bien fait de rappeler l'affaire Iqwissen.
00:37:02 En fait, maintenant, il faut considérer que juridiquement,
00:37:05 la Belgique n'est pas un pays partenaire, c'est pas un partenaire fiable.
00:37:08 Et donc, je pense qu'à aucun moment, franchement,
00:37:10 on est les premiers à beaucoup critiquer la justice ici,
00:37:13 je pense qu'à aucun moment, la justice française n'a failli.
00:37:16 C'est imaginer que la justice belge allait considérer que notre justice
00:37:20 est une justice de tortionnaire.
00:37:23 Le deuxième enseignement, quand même, c'est que pour accéder à leur requête,
00:37:26 les avocats de Salah Abdeslam se sont appuyés sur deux articles
00:37:29 de la Cour européenne des droits de l'homme.
00:37:31 Et donc, en fait, c'est l'illustration du fait que le droit européen
00:37:34 et cette Cour européenne des droits de l'homme jouent contre la défense de nos intérêts.
00:37:37 Je cite quand même deux phrases, moi, qui m'ont vraiment frappé.
00:37:40 - Et après, je pense à parler à Maître Bobis, parce que c'est très pigne.
00:37:42 - Oui, mais évidemment, je lui donne la balle juste après.
00:37:46 Ils considèrent, donc, Salah Abdeslam, 130 morts à Paris, 130 morts.
00:37:50 Et donc, ils considèrent que la peine de prison ferme, perpétuitaire et réelle,
00:37:59 c'est assimilable à du traitement inhumain.
00:38:03 Les avocats disent que ça peut être comparé à ce qu'on pourrait appeler une mort lente.
00:38:09 Mais imaginez la réaction des familles.
00:38:12 - On les a entendues, on a entendu, il y a un jour, de nouveau.
00:38:14 - Mais c'est absolument insupportable. C'est insupportable.
00:38:17 - Maître Bobis.
00:38:18 - C'est d'autant plus insupportable et insoutenable que, je ne sais pas les avocats,
00:38:22 mais en tout cas, que la justice belge nous prend pour des idiots.
00:38:25 - De quoi parle-t-on ? La peine incompréhensible, on a tendance à penser
00:38:29 que la peine incompréhensible, effectivement, c'est une substitution à la peine de mort,
00:38:32 c'est-à-dire que vous êtes enfermé en prison et vous ne sortez jamais.
00:38:35 C'est faux.
00:38:36 Une peine incompréhensible, une perpétuité incompréhensible,
00:38:38 cela veut dire qu'au bout de 30 ans de détention, vous pouvez formuler une demande d'aménagement,
00:38:45 de sortie, etc. Et ensuite, cette demande est examinée,
00:38:48 ce n'est pas une sortie automatique, mais donc vous avez une lueur d'espoir,
00:38:51 au bout de 30 ans, de sortir.
00:38:53 Et la Cour européenne des droits de l'homme, c'est pour ça que je rebondis
00:38:56 sur ce que dit Louis Dragnel, c'est que la Cour européenne des droits de l'homme
00:38:59 a validé le fait qu'effectivement la perpétuité incompréhensible en France
00:39:02 ne violait pas les traités internationaux.
00:39:04 C'était le cas, vous savez, de Pierrot-Lefou, c'est l'un des grands cas emblématiques
00:39:09 de notre droit pénal en France.
00:39:11 Vous savez, il n'y a eu que 8 cas qui ont été condamnés à la perpétuité incompréhensible,
00:39:16 et donc dont ce Pierrot-Lefou s'était passé devant la Cour européenne des droits de l'homme
00:39:19 qui avait dit "non, dès lors qu'il y a une lueur d'espoir offerte à l'individu
00:39:23 qui est condamné à la perpétuité incompréhensible, vous ne violez pas les traités internationaux
00:39:26 et donc vous pouvez laisser penser que cet individu-là puisse un jour sortir".
00:39:31 Donc ce n'est pas du tout une perpétuité incompréhensible infinie, ad vitam.
00:39:35 Donc ce que dit la justice belge est faux.
00:39:37 La Cour européenne des droits de l'homme a validé ces dispositions du Code pénal en France
00:39:43 et donc ce qui se passe là est totalement insupportable, insoutenable,
00:39:46 et au-delà même d'un problème de justice, ce sera un problème diplomatique.
00:39:48 Parce qu'on imagine bien que les autorités politiques françaises
00:39:52 vont évidemment interpeller les autorités belges
00:39:54 pour essayer de résoudre ce sujet. En tout cas, du moins, on ose l'espérer.
00:39:58 C'est exactement pour ça que, dans la mesure où juridiquement la vision belge n'est pas soutenable,
00:40:08 c'est pour ça que je vous dis que la vision qu'a la Belgique de la France,
00:40:11 c'est là où ça se joue, parce qu'il y a le droit et puis après il y a l'appréciation de situations concrètes.
00:40:17 Et c'est parce que la Belgique porte ce regard-là sur l'attitude de la France
00:40:21 vis-à-vis des mouvements en général qu'elle a pris cette décision aussi.
00:40:24 - Rappelez-vous ce qui se passe au procès d'Abduslam,
00:40:27 quand on demande en fait aux policiers belges de venir.
00:40:30 Ça se passe très très mal pour eux, parce qu'on se rend compte non seulement
00:40:33 que la Belgique est une passoire, mais on se rend compte aussi dans le discours
00:40:36 que le commanditaire des attentats de Paris, celui dont on pense être le cerveau,
00:40:40 c'est quelqu'un qui avait été arrêté par les Américains,
00:40:43 qui a été libéré à la demande du gouvernement belge,
00:40:47 qui avait dit qu'elle l'incarcèrerait dans ses geôles et qui l'a libéré,
00:40:52 soi-disant pour raisons humanitaires.
00:40:54 Et tout le fiasco belge est résumé dans cette histoire,
00:40:58 où ce type qui était connu pour sa violence et pour sa radicalité,
00:41:02 a été libéré après une campagne menée par le gouvernement belge,
00:41:07 indiquant qu'en fait il serait islamophobe de le laisser enfermer.
00:41:11 Et on le retrouve, commanditaire et organisateur des attentats de Paris.
00:41:16 Ça, ça a été dit pendant le procès, c'était compliqué pour le gouvernement belge,
00:41:21 et nous, par égard pour la Belgique, nous avons choisi de ne pas trop en parler.
00:41:25 Je pense qu'on a eu franchement tort quand on voit ce qui se passe.
00:41:29 Et en plus, dernier point, c'est que la décision française est définitive.
00:41:34 Il n'a pas fait appel de cette décision.
00:41:36 Et il n'a pas fait appel.
00:41:37 Il n'a pas fait appel.
00:41:38 Aucun des jugés n'a fait appel.
00:41:40 Il faut le rappeler, c'est un de ses droits, un des droits de la défense,
00:41:42 c'est de faire appel d'une décision, peu importe l'individu,
00:41:44 peu importe ce que vous avez fait, vous avez des droits au sein des droits de la défense.
00:41:47 Et donc c'était de faire appel, la décision est définitive.
00:41:50 Donc évidemment c'est impensable qu'en Belgique il puisse sortir dans 15 ans.
00:41:54 C'est totalement impensable.
00:41:55 Ça devient un sujet diplomatique majeur, parce qu'encore une fois,
00:41:57 le fait que cette politique française, que cette vision française ne soit pas comprise,
00:42:01 y compris par des États alliés, y compris par des États qui sont proches,
00:42:05 ça va devenir, et comme c'est accentué en plus par des pays comme la Turquie,
00:42:08 qui sur les réseaux sociaux, y compris en faisant de l'antrisme,
00:42:12 comme le disait Céline Pina, ça devient un enjeu diplomatique majeur pour la France
00:42:16 et je ne suis pas certain qu'on en ait bien pris la mesure.
00:42:18 J'aimerais qu'on parle maintenant de cette série d'alertes à la bombe
00:42:20 qui touchent des écoles françaises.
00:42:22 Ce ne sont que des fausses alertes, Dieu merci,
00:42:24 mais ça prend des proportions depuis la rentrée assez inquiétantes.
00:42:27 46 départements touchés, 160 établissements scolaires.
00:42:30 Est-ce qu'il s'agit de plaisantins, je le demandais tout à l'heure,
00:42:33 ou est-ce qu'il s'agit d'attaques coordonnées,
00:42:35 parce qu'à chaque fois on a à peu près le même texte de revendication
00:42:37 qui est envoyé aux écoles, qui évidemment font évacuer.
00:42:40 C'est un exemple à Grenoble avec Olivier Madigny et Yael Benhamou.
00:42:43 Et je vous passe la parole ensuite.
00:42:45 7h ce mercredi matin, le secrétariat de ce collège grenoblois
00:42:49 reçoit un mail très inquiétant.
00:42:51 Une bombe aurait été déposée dans cet établissement privé
00:42:54 et serait déclenchée à 9h.
00:42:56 Nous n'avions pas d'élèves à cette heure-là,
00:42:58 donc on a sorti le personnel de l'établissement
00:43:01 et on a aussitôt prévenu les familles
00:43:03 avec les services numériques de communication de l'établissement
00:43:07 pour leur dire que le collège serait fermé
00:43:09 parce qu'on a eu une alerte à la bombe.
00:43:11 Aussitôt, la police est prévenue,
00:43:13 un périmètre de sécurité se met en place autour du collège.
00:43:16 En fin de matinée, tous les doutes sont levés.
00:43:19 Ce phénomène se multiplie, ce qui préoccupe les forces de l'ordre.
00:43:23 Généralement, c'est beaucoup de jeunes qui font ça
00:43:25 pour éviter d'aller au collège.
00:43:26 Il faut dépendre un peu de la hauteur
00:43:27 et que ces jeunes-là aient conscience du métier de policier
00:43:31 et aient conscience de l'utilité de la police pour certaines missions.
00:43:35 Et tant que mes collègues sont employés sur ces missions-là,
00:43:37 ils ne peuvent pas secourir d'autres personnes qui en auraient vraiment besoin.
00:43:40 D'après l'Education nationale, il y a eu 47 fausses alertes à la bombe
00:43:44 les trois premières semaines de la rentrée.
00:43:47 47, ça fait beaucoup, Louis-David Reynel.
00:43:49 Est-ce que c'est des petits plaisantins ?
00:43:51 Est-ce que c'est des copycats ?
00:43:53 Ils se disent "tiens, ils ont fait ça dans le lycée à côté" ?
00:43:56 Il y a un peu de tout, mais il y a une certitude.
00:43:58 C'est que ça mobilise de très importants moyens.
00:44:01 Je pense que la semaine de la rentrée des classes,
00:44:03 c'était en Seine-Saint-Denis.
00:44:05 Un collège qui a dû fermer ses portes deux fois.
00:44:08 Et la police a terminé par mobiliser des moyens aériens pour vérifier.
00:44:12 Il y avait une menace d'attaque de drone à l'explosif sur une école.
00:44:17 Et donc évidemment, vous sécurisez le périmètre.
00:44:20 Ce sont des unités spécialisées qui doivent intervenir.
00:44:23 Et donc franchement, c'est révoltant, parce qu'on utilise des moyens énormes
00:44:28 juste pour satisfaire l'envie de voir un spectacle de la part de l'élève
00:44:32 et de voir quelque chose de grandiose.
00:44:34 Et ça, c'est arrivé également depuis la rentrée.
00:44:37 Par exemple, un élève qui en veut à sa maîtresse.
00:44:40 Ce n'est pas plus que ça, je veux dire.
00:44:43 Ce n'est pas une action coordonnée ?
00:44:45 À ce stade, ça interpelle, parce qu'il n'y en a jamais eu autant.
00:44:48 Mais on n'est pas encore dans le phénomène.
00:44:50 Vous savez, aux États-Unis, ça s'appelle le "swatting".
00:44:53 C'est le fait d'appeler le SWAT, la communauté d'élite de la police américaine.
00:44:57 Mais pour l'instant, la police n'a pas identifié une organisation.
00:45:02 Toujours est-il que même le fait d'en parler, c'est terrible,
00:45:05 mais ça participe aussi à donner des idées aux présidents.
00:45:08 On est dans une menace terroriste très élevée.
00:45:10 Exactement, donc ils ne rigolent absolument pas avec ça.
00:45:12 Et le risque, ce serait que ça se banalise et que la police finisse par dire qu'on va en voir une.
00:45:16 Et passer à côté de quelque chose.
00:45:18 Pierre Holloulou, rappelez les deux ans d'emprisonnement, etc.
00:45:22 Mais à la rigueur, ça ne fait pas peur à grand monde.
00:45:25 Mais pourtant, ce qu'il faudrait aussi rappeler, c'est que ceux qui sont condamnés
00:45:28 pour fausse alerte peuvent verser des dommages et intérêts très conséquents.
00:45:31 Notamment, je tiens à rappeler qu'un jeune de 26 ans avait à un moment fait une fausse alerte à la bombe
00:45:37 dans une centrale nucléaire qui appartenait à EDF.
00:45:39 Il a été condamné à verser 200 000 euros de dommages et intérêts à EDF,
00:45:42 en plus des 30 000 euros d'amende prévues par le Code pénal.
00:45:44 Il faudrait que ce soit plus souvent ça.
00:45:45 Voilà, 200 000 euros d'amende, ça calme.
00:45:47 Réle-mot, rapidement, Céline Pinard.
00:45:49 Je pense que c'est une excellente solution.
00:45:51 C'est-à-dire que le jour où vous pouvez afficher trois, quatre gamins
00:45:55 dont les parents sont pris des amendes de 50 000, des choses lourdes, mais à leur portée,
00:46:00 ce jour-là, vous en calmez un paquet.
00:46:02 Après, ce qui est dangereux, ce serait justement le jeu de mettre les policiers sur les dents
00:46:08 pour qu'au bout de la cent cinquantième affaire, on puisse y aller sans problème.
00:46:14 Et que surveillons et peut-être investissons aussi les réseaux sociaux comme TikTok
00:46:18 parce qu'on sait très bien qu'un certain nombre de défis sont lancés sur TikTok
00:46:21 et que de plus en plus, les défis qui sont lancés sur TikTok se réalisent dans la vraie vie.
00:46:26 Et donc, je ne sais pas si c'est le cas pour ces alertes, mais l'émulation qu'évoquait Louis Dragnel à l'instant,
00:46:32 oui, elle existe sur beaucoup de phénomènes sociaux et de plus en plus,
00:46:35 TikTok déborde sur la réalité.
00:46:37 Donc probablement, il faut-il aussi rappeler sur TikTok à destination des cibles en question
00:46:41 le genre de propos que vous venez de dire en rappelant notamment que ça peut être puni d'amende conséquente.
00:46:45 200 000 euros pour une fausse alerte et…
00:46:47 Oui, mais quand on parle d'un policier, c'est un rappel à la loi.
00:46:49 Non, mais c'est juste qu'on fait un petit parallèle.
00:46:51 Non, mais ce n'est pas parce que vous risquez 200 000 euros que vous êtes puni.
00:46:54 Non, mais c'est parce qu'on ne se rend pas compte aussi de ce que ça coûte, après, ne serait-ce qu'à la société ou alors à des opérateurs privés.
00:47:00 Lorsque vous faites une fausse alerte à la bombe dans une centrale nucléaire, la centrale nucléaire se met à l'arrêt.
00:47:05 Donc, ce qui veut dire que la production d'électricité cesse.
00:47:07 J'entends que c'est extrêmement grave.
00:47:09 Ça crée des dommages conséquents.
00:47:11 Et après, effectivement, oui.
00:47:12 Regardez l'ordre de la décision du procureur de Chartres.
00:47:14 Vous avez raison.
00:47:15 On en parlera plus tard parce que là, c'est la fin de l'émission.
00:47:17 On fait une petite pause.
00:47:18 On se retrouve dans un instant dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
00:47:20 On fera le bilan des émeutes.
00:47:22 Il y a trois mois après les émeutes, il y a un conseil national de la fondation.
00:47:24 À quoi va-t-il servir ?
00:47:26 La réponse dans un instant, à tout de suite.
00:47:28 Bonsoir à tous et bonsoir à toutes.
00:47:32 Bienvenue dans Punchline.
00:47:33 Ce soir, sur CNews et sur Europe 1.
00:47:35 Il y a trois mois, la France s'embrasait pendant six nuits d'émeute urbaine après la mort du jeune Nahel lors d'un refus d'obtempérer à Nanterre.
00:47:41 Un milliard d'euros de dégâts, 200 commerces pillés, autant d'agences bancaires détruits, tout bureau de tabac vandalisé.
00:47:47 Et aujourd'hui, rien n'a changé.
00:47:49 Les maires se battent pour reconstruire les bâtiments publics saccagés, les commerçants pour pouvoir ouvrir à nouveau leurs rideaux.
00:47:55 Et les habitants des quartiers vivent toujours la peur au ventre face à la loi toute puissante des délinquants et des dealers.
00:48:01 Que faut-il attendre du conseil national de la refondation auquel participe ce soir Elisabeth Bord et bon nombre de ses ministres ?
00:48:07 On serait tenté de répondre rien.
00:48:09 Car le profil des émeutiers, on le connaît.
00:48:11 De jeunes hommes de moins de 25 ans, de nationalité française, sans emploi et sans motivation idéologique, si ce n'est celle de tout casser.
00:48:18 La vraie question c'est sans doute celle de la justice des mineurs et de son efficacité, ou plutôt son inefficacité.
00:48:24 Et c'est celle aussi de la responsabilité parentale.
00:48:26 Pour aborder ces chapitres-là, il faudra plus que de bonnes intentions, mollements affichés, de la fermeté pour rétablir la sécurité.
00:48:33 Voilà le seul message que les Français adressent en vain à leurs dirigeants depuis des mois.
00:48:36 Des dirigeants qui ne peuvent plus rester sourds à cette injonction de restaurer l'autorité.
00:48:40 On va en débattre ce soir dans Punchline.
00:48:42 (Générique)
00:48:56 Il est 18h sur Europe 1 et sur CNews.
00:48:58 D'abord les titres de l'actualité.
00:49:00 Des policiers appenaient en renfort à la faculté Colbert de Marseille.
00:49:02 Cette présence policière statique permettra à l'université de rester ouverte.
00:49:06 Freine une discussion entre la préfecture, la mairie et la direction de l'établissement.
00:49:11 Cela faisait plusieurs mois que l'université alertait sur des problèmes d'insécurité en raison d'un point de deal situé à proximité et en activité 24h/24.
00:49:20 Un vent de panique souffle dans certaines écoles.
00:49:22 A Grenoble notamment aujourd'hui, plus de 160 établissements scolaires ont été visés depuis le début de l'année par de fausses alertes à la bombe.
00:49:29 Des mouvements de foules se forment parfois.
00:49:31 Huit établissements ont déjà dû fermer leurs portes.
00:49:33 Les auteurs de ces fausses alertes ont couru foules, rappelé deux ans de prison et 30 000 euros d'amende.
00:49:38 En Ukraine au moins 49 personnes sont mortes dans une frappe russe dans la région de Kharkiv.
00:49:43 L'attaque a eu lieu en début d'après-midi, touchant un magasin d'alimentation, un café d'un village qui se retrouve à proximité de la ligne de front.
00:49:50 Un entretien a d'ailleurs eu lieu entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron aujourd'hui à Grenade en Espagne.
00:49:56 Le chef de l'État a interrogé le président ukrainien sur les besoins de son pays.
00:50:00 À l'approche de l'hiver, Emmanuel Macron qui a réitéré, je cite, "la détermination sans faille de la France à se tenir aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra".
00:50:09 Voilà il est 18h et pratiquement deux minutes.
00:50:12 On se retrouve en direct dans Punchline avec Louis de Ragnel, chef du service politique d'Europe 1.
00:50:15 Bonsoir Louis.
00:50:16 Bonsoir Laurence.
00:50:17 Maître Pierre-Henri Bovis, avocat.
00:50:18 Bonsoir.
00:50:19 Maître Florian Tardif du service politique de CNews.
00:50:21 Bonsoir.
00:50:22 Jean-Sébastien Ferjou, directeur du site Atlantico.
00:50:24 Bonsoir.
00:50:25 Et Céline Pinard, politologue et journaliste à Causeur.
00:50:28 On va parler des émeutes.
00:50:30 On est trois mois après les émeutes, dont tout le monde se rappelle.
00:50:33 On a un conseil national de la refondation qui a démarré aujourd'hui.
00:50:36 Pourquoi faire, pourquoi dire ? Nous le saurons peut-être.
00:50:39 Mais en tout cas, il y a une certitude, c'est que rien n'a changé dans les quartiers, rien n'a changé pour les mairies, ni pour les commerçants.
00:50:44 On fait le point avec Maxime Lavandier.
00:50:46 Et je vous passe la parole.
00:50:47 Des vitres brisées à Marseille.
00:50:50 Des magasins pillés comme ici à Strasbourg.
00:50:53 Ou encore des bâtiments publics incendiés ou fortement dégradés à Roubaix.
00:50:58 A la suite de la mort de Nahel, tuée par un policier le 27 juin dernier à Nanterre,
00:51:02 de nombreuses villes de France ont vu pendant plusieurs jours se déchaîner une violence inouïe.
00:51:07 Plus de trois mois après, où en sommes-nous ? Financièrement, la note est salée.
00:51:11 A la date du 3 juillet, l'ancien président du Medef, Geoffroy Roudebezieux,
00:51:15 estimait à un milliard le coût des dégâts pour les entreprises.
00:51:18 Dans le détail, 200 commerces entièrement pillés,
00:51:21 300 agences bancaires détruites ou encore 250 bureaux de tabac touchés.
00:51:26 Du côté des interpellations, à la date du 20 juillet,
00:51:29 le ministre de l'Intérieur indiquait que 3 800 personnes avaient été interpellées,
00:51:33 dont 345 qui ont été effectuées a posteriori.
00:51:37 Des chiffres en constante évolution.
00:51:39 18 personnes ont été interpellées mardi dernier,
00:51:41 après l'incendie volontaire de la mairie de Persan dans le Val d'Oise, lors des émeutes.
00:51:45 La première ministre présentera fin octobre les réponses du gouvernement
00:51:49 devant 500 maires des villes les plus touchées.
00:51:52 Il aura peut-être fallu attendre 4 mois, 6 mois, 1 an, Louis Dragnel,
00:51:55 pour avoir une réponse concrète.
00:51:56 Parce que là, qu'est-ce qu'on va faire encore ?
00:51:57 Se dire quel profil on les émeutier ?
00:51:59 Quelle réponse on peut apporter ? Rénover le bâtiment HLM ?
00:52:02 Tout est dans l'intitulé de l'invitation, je vais vous le dire.
00:52:05 C'est un temps d'échange là en ce moment.
00:52:07 Un temps d'échange ?
00:52:08 Un temps d'échange qui permettra deux choses.
00:52:10 1. De porter un regard collectif sur les causes de ces émeutes.
00:52:15 Et 2. Identifier les meilleures réponses concrètes.
00:52:18 En gros, ça ne sert à rien.
00:52:20 Mais le problème, et vous voyez le problème auquel nous même on se heurte
00:52:25 quand on pose des questions, c'est que quand on pose la question
00:52:27 le lendemain des émeutes, attention, on ne fait pas ça à chaud,
00:52:30 on ne va pas prendre le temps parce qu'il faut avoir la tête posée.
00:52:32 Donc maintenant, on est à froid, il n'y a pas de solution.
00:52:35 Il faudra peut-être attendre 4 mois, peut-être 6 mois.
00:52:37 Déconnexion totale, Maître Bovis, entre ce qui s'est passé sur le terrain
00:52:41 et la réponse de l'exécutif ?
00:52:43 Je trouve le constat de Louis un peu dur.
00:52:46 Parce que lorsque Eric Dupond-Moretti a saisi du sujet,
00:52:51 il a voulu se saisir aussi des dispositions du Code pénal,
00:52:55 du Code pour les sueurs pénales, certaines dispositions
00:52:57 qui étaient tombées en peu en désuétude.
00:52:59 Et il a remis sur le devant de la scène des mesures
00:53:02 qui étaient un peu trop, à mon avis, écartées par les magistrats,
00:53:05 notamment le recours à des placements en centre de rétention éducatif,
00:53:10 le placement en détention provisoire pour des jeunes de plus de 16 ans
00:53:13 et après, évidemment, vous savez, pour des mineurs de moins de 13 ans
00:53:16 qui commettent des faits délinquants, il y a une présomption de non-discernement.
00:53:20 C'est-à-dire qu'on présume que le jeune de moins de 13 ans
00:53:23 n'avait pas assez de discernement pour justement commettre ce qu'il a commis.
00:53:27 Et Eric Dupond-Moretti, vous savez, cette présomption n'est pas irrémédiable
00:53:32 et donc il avait proposé à ce que les magistrats vérifient
00:53:35 dans quelle mesure on puisse renverser cette présomption
00:53:37 pour que justement ces mineurs de moins de 13 ans puissent aussi comparaitre
00:53:40 et endosser une certaine responsabilité.
00:53:42 Donc on voit bien que ces émeutes-là ont servi notamment
00:53:45 dans la prise de conscience et dans la mentalité.
00:53:47 Donc on peut espérer que pour les prochaines fois,
00:53:49 les magistrats puissent taper un grand coup de poing sur la table.
00:53:52 - Alors, les prochaines émeutes, vous nous dites déjà qu'il y aura
00:53:54 des prochaines émeutes, nous, les générations en même temps.
00:53:56 - Non, pas les prochaines émeutes, mais en tout cas, du moins, des prochains faits.
00:53:58 Et je terminerai juste là, ces émeutes-là, quand justement Eric Dupond-Moretti,
00:54:01 c'est le sujet, a diffusé cette fameuse circulaire dont je viens de rappeler les termes,
00:54:05 les magistrats ont quand même infligé des sanctions lourdes.
00:54:09 - Il y a eu une réponse pénale.
00:54:10 - Il y a eu des mandats de dépôt en conséquence, il y a eu des sanctions pénales.
00:54:14 - Des incarcérations.
00:54:15 - Des incarcérations, etc. Donc on voit aussi qu'il y a eu cette prise de conscience.
00:54:18 - Et la justice a travaillé nuit et jour.
00:54:20 - Et la justice a travaillé nuit et jour.
00:54:21 - Aucun problème.
00:54:22 - Pour de vrais, homos, MAUX, dans notre société.
00:54:25 - C'est news.
00:54:26 - Et vous le savez, Laurence, quand on n'a pas la réponse à une question,
00:54:29 qu'est-ce qu'on fait ? On pose une autre question.
00:54:31 - Et puis on fait des réunions. Si des réunions après les réunions.
00:54:33 - Le gouvernement souffre en réalité d'une réunionnite aiguë, on peut le dire.
00:54:38 Et malheureusement, pour l'instant, ils n'ont pas trouvé de médicaments
00:54:42 pour pouvoir pallier cette situation.
00:54:45 Tout simplement parce que, et lorsqu'on additionne l'ensemble des réunions
00:54:49 qui sont organisées ou qui vont être organisées, c'est abyssal.
00:54:53 C'est-à-dire qu'en ce moment se tient un Conseil national de la refondation
00:54:56 au sujet des émeutes, mais attention, nous dit M. Nillon,
00:54:59 il ne faut pas confondre cela avec le comité interministériel des villes
00:55:03 qui sera organisé fin octobre.
00:55:05 Et à ne pas confondre également, attention, avec la Convention nationale
00:55:09 de la démocratie locale qui se tient parallèlement avec les élus locaux
00:55:14 et qui là aussi débouchera sur, nous dit-on, des réponses.
00:55:17 - C'est de l'enfumage. - C'est un supporter.
00:55:19 - C'est de l'enfumage. - Et je pense que les Français,
00:55:21 nous compris, n'avons pas totalement suivi cette affaire.
00:55:24 - Jean-Sébastien Ferjot, et ensuite on écoutera le maire de Cholet.
00:55:26 - C'est de la lâcheté politique, je pense, parce que les solutions,
00:55:30 il n'y a pas besoin d'être grand clair pour savoir au moins
00:55:33 dans les grandes orientations ce qu'il conviendrait de faire.
00:55:35 On avait travaillé sur Atlantico avec un petit canaliste
00:55:37 qui connaît très bien ce genre, qui s'appelle Ruben Rabinovitch,
00:55:40 parce qu'il est souvent désigné comme expert.
00:55:43 Donc les gens sont bien obligés, enfin les délinquants,
00:55:45 sont bien obligés de se confier à lui.
00:55:47 Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit par exemple qu'il déteste la police,
00:55:49 il méprise la justice. Pourquoi ? Parce qu'il y a une justice
00:55:52 qui justement ne leur tient jamais tête, à commencer par le...
00:55:54 Quand ils sont jeunes, il dit aussi qu'il y a une mentalité clanique.
00:55:57 C'est aussi ce que dit Maurice Berger, vous savez, le fameux pédopsychiatre.
00:56:00 Et que cette mentalité clanique qui entretient une partie de la population française
00:56:03 dans le "eux contre nous" et donc qui désindividualise les individus
00:56:07 en quelque sorte, puisque si vous considérez que vous avez été
00:56:10 collectivement victime d'une injustice, que Nahel était un membre du clan...
00:56:14 Attendez, je vous arrête tout de suite. Dans 8% des cas seulement,
00:56:18 les auteurs de ces méfaits se revendiquaient de la mort de Nahel.
00:56:20 C'était juste le reste. 92% c'était pour casser.
00:56:24 Absolument, mais il y avait quand même cette perception de clan,
00:56:26 c'est-à-dire "eux contre nous".
00:56:28 Il ne cite un rapport interministériel.
00:56:30 Non, mais tout à fait. Je suis d'accord avec vous.
00:56:32 Nahel n'était malheureusement qu'un prétexte.
00:56:36 Mais ça n'empêche pas que cette perception de gens, de quartiers, de zones
00:56:40 qui seraient séparés finalement du reste de la population française,
00:56:45 du reste de la République, ça existe. Et donc dans la mesure où ils ont l'impression
00:56:48 d'être un clan contre un autre, s'ils se sentent attaqués,
00:56:51 ils sont insensibles à la douleur qu'ils infligent eux,
00:56:53 parce que précisément ils considèrent que ça n'est que justice.
00:56:56 Et ça c'est un problème d'éducation fondamentale,
00:56:58 c'est un problème d'intégration, je ne parle pas là juste d'intégration culturelle,
00:57:02 je parle d'intégration sociale.
00:57:04 Les deux, évidemment.
00:57:06 Mais aussi d'intégration sociale.
00:57:08 Et Céline Pina ?
00:57:09 Mais finalement le problème du gouvernement, c'est qu'on a l'impression
00:57:11 qu'il n'a plus la légitimité pour parler au nom de la France.
00:57:14 Donc il essaie en fait pour qu'on adhère à son discours,
00:57:19 pour qu'il y ait un consentement autour de ce qu'il dit,
00:57:22 de rameuter autour de lui le plus de force possible,
00:57:25 que ce soit des forces politiques, des forces syndicales,
00:57:28 ou des forces… et en fait il n'y arrive pas,
00:57:31 parce que comme il n'a même pas de doctrine lui-même,
00:57:34 il n'a pas de pensée, au lieu de montrer finalement
00:57:37 que la France sur certains sujets peut s'exprimer d'une seule voix,
00:57:41 il n'arrive à montrer que les divisions, que son incapacité à réagir,
00:57:45 et donc il accentue encore le problème qu'il voudrait régler,
00:57:48 et ce CNR est le énième épisode de cette espèce de lent écroulement.
00:57:53 Et derrière en fait c'est un problème de légitimité,
00:57:57 de courage et de majorité.
00:57:59 On retombe sur l'impasse politique.
00:58:01 Absolument. On va juste écouter le maire de Cholet,
00:58:03 sur les annonces du gouvernement en attente,
00:58:06 sur ce qui s'est passé dans sa ville.
00:58:07 Gilles Bourdoulex qui est bien seul, comme tous les maires de France.
00:58:10 Écoutez-le.
00:58:11 Il y a eu des annonces du gouvernement,
00:58:14 il y a même une réunion à l'Élysée,
00:58:16 j'avais été parmi les maires invités,
00:58:18 mais on n'a pas vraiment de réponse concrète depuis.
00:58:21 Il y a eu des effets d'annonce.
00:58:23 Certes on a eu la période de l'été,
00:58:25 dont on sait qu'elle est toujours une période qui freine un peu les dossiers,
00:58:28 mais malgré tout on était quand même dans l'urgence,
00:58:31 et hélas ça n'a pas été suivi d'effets réellement,
00:58:35 et ça aussi c'est très mal ressenti,
00:58:37 parce que beaucoup se disent,
00:58:39 mais l'étincelle a démarré à un moment donné,
00:58:42 ça peut toujours repartir.
00:58:43 Ça peut repartir à tout instant, Lune Rignel,
00:58:45 c'est vraiment ça le sujet en fait.
00:58:47 Absolument.
00:58:48 Il suffit de voir même les notes des services d'enseignement
00:58:51 sur tous les mouvements sociaux à venir,
00:58:54 à chaque fois vraiment, dans le commentaire,
00:58:56 c'est la dernière page,
00:58:57 il y a marqué très souvent quand même
00:58:59 que ça peut servir de déclencheur à de nouvelles émeutes,
00:59:02 à de nouveaux dérapages.
00:59:04 En fait non, moi ce que je trouve terrible,
00:59:07 c'est que ça demande effectivement un tout petit peu de courage
00:59:09 de mettre des mots sur le diagnostic,
00:59:11 parce qu'il y a des choses que le président ne veut pas dire.
00:59:14 Par exemple ?
00:59:15 Mais non, mais souvenez-vous la polémique sur les prénoms des gardés à vue,
00:59:17 mais de fait, ce qui est vrai,
00:59:19 c'est qu'il y a une surreprésentation de gens
00:59:21 qui sont issus de l'immigration,
00:59:22 qui ont été interpellés à l'occasion de ces émeutes,
00:59:25 que ça concerne aussi très souvent des gens qui ont une confession,
00:59:31 il y a un lien avec les trafics de stupéfiants,
00:59:33 c'est surreprésenté dans certains quartiers.
00:59:35 Et tout ça, c'est tellement polémique que, évidemment,
00:59:39 le président ne le dira pas,
00:59:41 parce qu'à chaque fois l'argument consiste à dire
00:59:43 "ce qu'il faut, c'est qu'on soit inclusif".
00:59:46 C'est ça, qu'on fasse des séminaires et des séminaires pour réfléchir.
00:59:49 Il y en a plus fort.
00:59:50 Ce qu'il faut, c'est trouver plus de solutions pour mieux s'intégrer.
00:59:52 La seule loi qui règne là-bas, c'est la loi des dealers,
00:59:55 on va en parler dans un instant.
00:59:56 Faut-il supprimer l'excuse de minorité dans les affaires de trafic de drogue ?
00:59:59 On répond à la question dans un instant,
01:00:01 juste après la pause, sur Europe 1 et sur CNews.
01:00:03 A tout de suite.
01:00:04 18h16, on se retrouve en direct dans Punchline,
01:00:09 sur CNews et sur Europe 1.
01:00:10 On va évoquer le trafic de drogue,
01:00:13 à la lumière de ce qui s'est passé à Aix-Marseille.
01:00:15 Vous savez que le site de la fac de Colbert devait fermer,
01:00:18 finalement il va rester ouvert.
01:00:19 Tout ça parce que le doyen avait décidé de fermer
01:00:21 en raison du trafic de drogue très proche
01:00:23 qui mettait en danger la sécurité des étudiants.
01:00:25 On va écouter quelques témoignages des habitants de Marseille
01:00:28 qui témoignent de leur quotidien et des bienfaits de la présence policière.
01:00:32 Tout cela au micro du correspondant d'Europe 1, Stéphane Burgat.
01:00:35 Je vous dis, à partir de 7h du matin,
01:00:38 vous avez des consommateurs potentiels qui sont là
01:00:41 et qui attendent l'arrivée.
01:00:42 C'est limite la queue avant l'arrivée de la police, bien sûr.
01:00:45 Ou alors après, ils sont là, ils attendent d'en casser,
01:00:48 puis ils attendent leur dose.
01:00:49 Ça me fait de la peine parce qu'ils sont dans un état quand même déplorable.
01:00:52 Et puis vous avez des gamins pour la plupart,
01:00:55 entre 16 ans et 22, 23, qui arrivent et qui servent tout le monde.
01:00:59 Là en fait c'est réel.
01:01:01 Il y a vraiment des policiers devant la fac.
01:01:03 C'est un peu plus rassurant parce que,
01:01:05 quand tu rentres, tu sors, il y a des gens,
01:01:07 il y a des trafics là à côté.
01:01:09 On se faisait aborder.
01:01:10 Ça appelait, ça sifflait.
01:01:11 Quand tu passes, ça te suit.
01:01:13 Ça tue jusqu'au métro.
01:01:14 T'es là le matin, tu es fatigué, on te parle.
01:01:16 Mais là ça va.
01:01:17 On est un peu plus rassurés.
01:01:19 Après il faudrait que ça tienne
01:01:20 parce que c'est beau de dire qu'on reste avec vous un peu
01:01:23 et après ils partent.
01:01:24 Voilà pour ces témoignages recueillis par Europe 1, Stéphane Burgat.
01:01:26 Il a eu raison le doyen de la fac de dire "je vais fermer".
01:01:29 Résultat, tout le monde s'est bougé.
01:01:31 Le ministre de l'Intérieur a envoyé des renforts de police.
01:01:33 C'est ça qu'il faut faire, Louis de Ragnel ?
01:01:35 Menacer de fermer les facs ?
01:01:37 Menacer de fermer les hôpitaux ?
01:01:39 Après le moyen-moment a un peu heurté.
01:01:41 Dans ce qu'il disait hier, il disait qu'il fallait apporter
01:01:43 des réponses multidimensionnelles.
01:01:45 Ça c'est le charabia des politiques.
01:01:47 Mais non, mais moi ce mot me heurte un peu.
01:01:49 C'est du policier, du bleu.
01:01:51 Mais la réponse ici est unidimensionnelle.
01:01:53 Il n'y a pas 40 sujets.
01:01:55 Je pense que c'est assez basique.
01:01:56 Unicolore, bleu.
01:01:57 C'est de la police, de la police, de la police
01:01:58 et ensuite de la sanction, de la sanction, de la sanction.
01:02:00 Je pense que la salade composée, il y a deux ingrédients.
01:02:03 Non mais il a eu raison le noyen, finalement.
01:02:05 Il faut menacer, il faut menacer, il faut secouer le cocoutier.
01:02:07 Il ne faut même pas menacer.
01:02:08 Il faut exécuter puisqu'on voit bien qu'à la fermeture de la fac,
01:02:10 les autorités s'agitent.
01:02:12 Maintenant, il faut aussi voir ce que le maire de Marseille
01:02:15 va mettre en place puisque je rappelle que la police municipale
01:02:18 dépend de la municipalité, comme son nom l'indique,
01:02:20 et que la mairie de Marseille en manque cruellement.
01:02:23 D'ailleurs, il y a beaucoup d'élus aujourd'hui.
01:02:25 D'ailleurs, c'est l'objet sur votre plateau
01:02:28 qui appelle à plus de renforts.
01:02:30 Et des vidéosurveillants.
01:02:31 Et des vidéosurveillants.
01:02:32 C'est un vrai sujet de sécurité locale.
01:02:35 Alors, Paul-Laurent Tardif.
01:02:37 Non, mais on voit que c'est un problème
01:02:39 qui est en train de gagner de nombreux territoires
01:02:41 et qu'en fait, même si Gérald Darmanin se gargarise
01:02:45 assez régulièrement d'avoir pu, grâce au pillonnage,
01:02:49 c'est le terme qui est souvent utilisé
01:02:51 par le ministre de l'Intérieur de Pointe d'Ile,
01:02:53 fermer un bon nombre de points d'île dans notre pays.
01:02:56 Il en existe toujours plus de 3000.
01:02:58 Et malheureusement, et on en a parlé assez régulièrement
01:03:00 sur ce plateau, c'est une hydre.
01:03:03 C'est-à-dire qu'on a beau couper une tête,
01:03:05 si on ne s'attaque pas au corps du monstre,
01:03:09 puisque c'est un monstre, une autre tête repousse,
01:03:12 etc., etc., etc.
01:03:13 Donc oui, il faut mettre du bleu dans la rue,
01:03:16 mais pas que.
01:03:17 Il faut s'attaquer aux consommateurs.
01:03:18 On le dit, il faut savoir remonter les réseaux.
01:03:20 Il faut savoir aussi, et on en parlera peut-être,
01:03:23 améliorer notre coopération avec certains pays,
01:03:26 à commencer par les pays du Maghreb, Maroc, Algérie, Tunisie,
01:03:29 et plus particulièrement le Maroc dans le cadre de la drogue.
01:03:31 Et assécher les importations de drogue
01:03:33 qui arrivent en quantité absolument faramineuse
01:03:35 dans notre pays.
01:03:36 On a un sondage, CSA pour CNews.
01:03:37 Faut-il supprimer l'excuse de minorité
01:03:39 dans les affaires de trafic de drogue ?
01:03:41 Parce qu'on sait que très souvent,
01:03:42 les dealers utilisent des mineurs, justement,
01:03:45 pour faire les getter et pour faire les dealers.
01:03:47 62% des Français y sont favorables,
01:03:49 38% des Français, donc, non.
01:03:52 Et ce qui est très intéressant,
01:03:53 c'est que 53% des gens de gauche disent aussi
01:03:57 qu'il faut supprimer cette excuse de minorité,
01:04:00 évidemment à droite et au centre également.
01:04:03 C'est une solution, supprimer l'excuse de minorité ?
01:04:05 Mme Selimpina ?
01:04:06 Et après, je passe la parole à l'avocat.
01:04:08 Je pense qu'on peut réellement mettre la question sur la table.
01:04:11 Mais peut-être qu'on pourrait agir un peu plus intelligemment,
01:04:14 parce que qu'est-ce qui se passe ?
01:04:15 On pourrait peut-être, au contraire,
01:04:17 renforcer les sanctions pour les chefs de réseau
01:04:20 qui utilisent des enfants.
01:04:22 Par exemple, le fait d'utiliser un enfant
01:04:24 ou de mêler un enfant à un trafic devrait…
01:04:27 C'est quoi, enfant ?
01:04:28 C'est à quel âge d'un enfant ?
01:04:29 Finalement, en dessous de 13 ans,
01:04:32 on peut estimer qu'on est un enfant.
01:04:33 À partir de 13 ans, ça peut se discuter,
01:04:35 surtout quand on voit les profils de ces 13 ans-là.
01:04:38 Mais peut-être que si on renforçait aussi,
01:04:41 pour le dealer, le fait d'utiliser des gamins
01:04:44 pour ces bas-oeuvres, renforcerait encore plus
01:04:47 les amendes et sa condamnation,
01:04:50 peut-être qu'on obtiendrait quelque chose.
01:04:52 Concrètement, ça veut dire quoi, l'excuse de minorité ?
01:04:54 Sur le principe, c'est une bonne idée.
01:04:56 En théorie, en pratique, c'est plus difficile à mettre en œuvre,
01:04:58 parce que, généralement, vous n'arrivez pas à atteindre
01:04:59 les têtes de réseau, malheureusement,
01:05:01 et vous arrivez, en revanche, à attraper les mineurs.
01:05:04 Non, sur l'absence de levée de l'excuse de minorité,
01:05:08 c'est un principe qui est né de l'ordonnance de 45
01:05:10 et qui ensuite a été repris dans l'ensemble des textes
01:05:12 qui ont visé à réformer cette ordonnance
01:05:14 et qui consiste à ne pas condamner un enfant,
01:05:17 du moins un mineur,
01:05:18 parce qu'il est mineur,
01:05:19 parce qu'il est mineur, au même titre qu'un adulte,
01:05:21 et donc vous ne pouvez le condamner à plus de la moitié de la peine
01:05:23 à laquelle un adulte pourrait être condamné.
01:05:26 Et donc, pour les cas les plus graves,
01:05:28 il faut lever cette excuse de minorité,
01:05:30 parce qu'aujourd'hui, c'est un principe qui est exceptionnel
01:05:33 et qui est vraiment, au cas par cas,
01:05:35 qui est levé très rarement, il faut le dire.
01:05:37 Et surtout, deuxième condition,
01:05:38 il faut que le mineur soit âgé de plus de 16 ans.
01:05:40 Donc soit on abaisse l'âge pour lever cette excuse de minorité.
01:05:44 - Donc on le met à quel âge ?
01:05:46 - Moi, je le mettrai à 13 ans.
01:05:47 - 13 ans.
01:05:48 - En fait, à 13 ans, vous avez, en dessous de 13 ans,
01:05:50 vous avez un principe de non-discernement
01:05:51 qui, pareil, peut être renversé.
01:05:52 - J'entends.
01:05:53 - Et on l'a vu dans le cas des émeutes,
01:05:54 Eric Dupond-Moretti, justement, a donné quelques consignes.
01:05:56 - On en a parlé.
01:05:57 - Voilà, ça ne s'est pas circulé.
01:05:58 Mais donc, à partir de 13 ans, vous pouvez, normalement,
01:06:00 enfin, vous pourriez pouvoir lever cette excuse de minorité
01:06:02 pour les cas les plus graves.
01:06:03 Il ne s'agit pas de...
01:06:04 - Oui, les multiracidivistes.
01:06:05 - Mais pour les multiracidivistes,
01:06:06 mais notamment pour les trafiquants.
01:06:07 - On a une réponse pénale.
01:06:08 - Est-ce que les trafiquants ne vont pas se tourner
01:06:10 vers des enfants encore plus jeunes ?
01:06:12 - Mais c'est déjà le cas.
01:06:13 Ils installent des châteaux gonflables à Cavaillon
01:06:15 pour occuper les gamins.
01:06:16 - Justement pour éviter cela.
01:06:17 Est-ce que demain, ils ne vont pas se tourner
01:06:19 vers des enfants de moins de 13 ans ?
01:06:20 - Mais c'est déjà le cas.
01:06:21 - Florian Tardif.
01:06:22 Jean-Sébastien Pergeon.
01:06:23 - Oui, d'une part, c'est déjà le cas.
01:06:24 Mais après, il me semble que c'est un débat
01:06:25 qui est un peu illusoire,
01:06:27 pas tellement pour la question philosophique
01:06:28 "est-ce qu'on est un enfant à 13 ans ou après 13 ans ?"
01:06:31 mais parce que ce sont les magistrats, in fine,
01:06:33 qui prennent les décisions.
01:06:34 Et donc les magistrats, il ne vous aura pas échappé
01:06:36 que quand la loi avait prévu des peines planchées,
01:06:38 ils n'appliquaient pas globalement les peines planchées
01:06:41 parce qu'il y a un principe,
01:06:42 et qui pour le coup me paraît non négociable
01:06:44 et extrêmement important dans un état de droit,
01:06:46 qui est l'individualisation des peines.
01:06:47 Mais si vous avez des magistrats
01:06:49 qui, de toute façon, considèrent que ce sont des mineurs
01:06:51 et qu'ils n'utilisent pas la levée de l'excuse
01:06:55 de minorité, nous aurons exactement le même sujet.
01:06:58 Le sujet, je crois, il est vraiment
01:06:59 la politique pénale elle-même,
01:07:01 et il est au-delà de ça, la formation des magistrats.
01:07:04 Il y a une homogénéité sociologique,
01:07:06 une homogénéité certainement intellectuelle
01:07:07 chez les magistrats.
01:07:08 On a ouvert la magistrature ces dernières années,
01:07:10 il y a plus de gens qui ont été avocats
01:07:12 et qui peuvent devenir magistrats.
01:07:13 Ça serait certainement bien,
01:07:14 comme ça se fait dans beaucoup d'autres pays,
01:07:16 qu'il y ait aussi des policiers
01:07:17 qui puissent devenir magistrats,
01:07:19 et globalement ouvrir,
01:07:20 parce que c'est quand même ce moule intellectuel-là
01:07:22 qui fait qu'on a des décisions.
01:07:24 - Juste un cas concret, Maître Bovide.
01:07:26 - Juste un commentaire rapidement,
01:07:27 on a tendance à considérer que la jeunesse de 1945
01:07:32 est la même qu'en 2023.
01:07:34 C'est un point qui est essentiel.
01:07:36 La jeunesse a évolué et la délinquance...
01:07:38 - On est d'accord.
01:07:39 On parlait tout à l'heure des alertes à la bombe
01:07:40 qui se multiplient dans les écoles et collèges
01:07:42 depuis le début de l'année, donc plus de 47.
01:07:45 Là, il y a un grand homme, un jeune de 12 ans,
01:07:48 qui a été auditionné aujourd'hui,
01:07:50 qui a reconnu les faits,
01:07:51 qui les regrette évidemment,
01:07:53 et qui n'était âgé que de 12 ans,
01:07:55 et présumé donc pas capable de discernement.
01:07:59 Vous en parliez il y a quelques instants.
01:08:00 - C'est la présomption de non-discernement.
01:08:01 - C'est lui qui a fait cette fausse alerte à la bombe
01:08:03 pour peut-être rater l'école tout simplement.
01:08:05 - Moi, je crée une responsabilité parentale aussi.
01:08:07 - C'est le cas.
01:08:08 Les parents sont responsables civilement,
01:08:10 pas pénalement, mais évidemment.
01:08:11 - Si ça coûtait 10 000 euros ou 15 000 euros par an,
01:08:15 vous verrez que plus jamais le gamin, il refait ça.
01:08:17 Et ses voisins non plus.
01:08:19 - Quand il n'y a pas de responsable,
01:08:21 il n'y a jamais de sanction.
01:08:23 Ça peut être des civils par an.
01:08:24 Je crois que c'est 2 ans d'emprisonnement
01:08:26 et 30 000 euros d'amende.
01:08:27 Ça peut aller jusqu'à ça.
01:08:28 - Pour clarifier, les parents ne sont pas responsables
01:08:31 pénalement du fait des enfants, évidemment,
01:08:33 mais en revanche, sont responsables civilement.
01:08:36 C'est-à-dire que si l'enfant passe en juridiction
01:08:38 et qu'il est condamné à une amende,
01:08:39 les dommages à intérêt sont les parents
01:08:41 qui sont amenés à payer.
01:08:42 - J'aimerais qu'on évoque aussi rapidement
01:08:44 ce qui se passe dans le nord de Paris
01:08:46 avec ces camps de migrants.
01:08:47 Pierre Lissiac est conseiller régional d'Île-de-France.
01:08:50 Il est alerte aujourd'hui sur les conditions d'arrivée
01:08:53 de certains migrants arrivés de Lampedusa.
01:08:55 Ils sont encore peu parce qu'il faut qu'ils remontent de l'Italie.
01:08:59 On va écouter ce qu'il dit sur ces arrivées
01:09:02 et les conditions d'hygiène dans lesquelles vivent ces gens.
01:09:04 - On sait que les migrants de Lampedusa, fatalement,
01:09:08 arrivent ensuite dans certains pays européens
01:09:11 et quand ils arrivent ici à Paris,
01:09:12 ils arrivent dans le nord-est parisien.
01:09:15 C'est une situation qu'on aurait pu anticiper.
01:09:17 Comme je vous le disais,
01:09:20 il y a énormément de problèmes de toxicomanie
01:09:23 et je crois que c'est criminel
01:09:25 de laisser s'installer sciemment des migrants,
01:09:28 des populations dans un état de détresse humanitaire
01:09:32 au milieu de consommateurs et surtout de trafiquants de crack
01:09:36 qui n'ont qu'un intérêt,
01:09:37 c'est de se servir de cette détresse-là,
01:09:40 de cette misère-là,
01:09:41 pour faire prospérer le trafic
01:09:42 et donc aggréver la toxicomanie de rue.
01:09:43 - Notamment quand il s'agit de migrants mineurs.
01:09:45 - Bien sûr.
01:09:46 - Il est mineur.
01:09:47 - Il arrive à faire l'Issia,
01:09:48 c'est ajouter de la misère à la misère.
01:09:50 C'est ajouter de la misère à la misère humaine.
01:09:52 C'est totalement tragique,
01:09:53 notamment pour ces populations
01:09:54 mais également pour ceux qui y vivent.
01:09:56 - Le drame, je te parie pas du tout,
01:09:58 le drame c'est qu'en fait à chaque fois,
01:09:59 la solution maintenant,
01:10:01 pour ne plus voir le problème du Jardin des Halles,
01:10:03 du nord-est de Paris,
01:10:04 c'est la répartition.
01:10:05 C'est ce qui s'est passé il y a 15 jours en Katimini.
01:10:07 Je me souviens,
01:10:08 c'était juste avant le début de la Coupe du monde de rugby
01:10:11 et personne n'en a parlé.
01:10:12 - Qu'est-ce qui s'est passé alors ?
01:10:14 - Il y a 800 à 1000 migrants
01:10:16 qui ont été répartis partout sur le territoire national.
01:10:18 Et d'ailleurs, il y en a beaucoup qui ont été envoyés à Marseille.
01:10:21 Et c'était intéressant parce que,
01:10:22 moi ce qu'on m'a raconté,
01:10:23 des politiciens qui ont travaillé sur cette opération,
01:10:25 figurez-vous que le maire de Marseille
01:10:27 ne le dit pas publiquement
01:10:28 mais a dit au service de la préfecture de police
01:10:31 "Moi j'en veux pas autant,
01:10:32 c'est beaucoup trop à Marseille".
01:10:34 Et du coup, les gens lui ont dit
01:10:35 "Oui mais alors politiquement il faut l'assumer
01:10:37 cette demande de ne plus recevoir de migrants à Marseille".
01:10:40 - Mais malheureusement ces camps se forment en permanence.
01:10:43 - Mais le drame c'est qu'en fait
01:10:44 la solution qui va être proposée
01:10:46 ça va être de démancler ce camp.
01:10:48 Mais démancler ça veut dire quoi ?
01:10:50 Donc ça veut dire répartir.
01:10:51 Or, en fait, le seul moyen politique de régler cette histoire
01:10:54 c'est de faire en sorte qu'il ne rentre pas sur le territoire.
01:10:57 C'est pas une solution politique de répartir.
01:10:59 C'est une solution politique en revanche
01:11:01 de faire en sorte qu'il ne puisse plus
01:11:03 pénétrer sur le territoire français.
01:11:05 - Alors, on a cette espèce de répartition,
01:11:08 j'allais dire, on sait faire de l'aménagement du territoire
01:11:10 quand il s'agit de saupoudrer la misère,
01:11:12 le trafic de drogue, etc.
01:11:14 Et aujourd'hui on a les résultats.
01:11:16 C'est-à-dire que l'explosion de la violence
01:11:19 dans les petites villes et les villes moyennes
01:11:21 résulte complètement d'une politique d'aménagement du territoire
01:11:25 qui a vidé certaines banlieues
01:11:27 quand on ne sait pas vraiment quoi en faire.
01:11:29 Eh bien, on les installe dans les ghettos péri-urbains.
01:11:37 Pareil pour un certain nombre de trafiquants,
01:11:39 pareil pour les migrants.
01:11:41 Donc la seule chose qu'on voit, c'est une absence totale
01:11:43 de gestion, de prise en compte par l'État
01:11:45 et d'accueil de ces personnes.
01:11:47 Et au contraire, finalement, du saupoudrage
01:11:50 qui va finir par créer des rejets extrêmement violents.
01:11:54 Et en plus, toutes ces personnes-là,
01:11:56 comment voulez-vous qu'elles s'intègrent
01:11:58 puisqu'on n'est même pas capable de les accueillir réellement ?
01:12:02 - Alors, Jean-Sébastien Perdu, un dernier mot.
01:12:04 - Je crois que c'est une énorme hypocrisie européenne,
01:12:06 mais y compris de chacun des citoyens que nous sommes,
01:12:08 parce que nous voyons tous des êtres humains
01:12:10 et des situations de détresse, et dans le même temps,
01:12:12 une majorité de gens, en général, se prononcent
01:12:14 dans des élections, dans des enquêtes d'opinion
01:12:16 pour un contrôle plus strict des flux migratoires.
01:12:18 Mais à un certain degré, il faut accepter
01:12:20 soit qu'il y a plus d'arrivées,
01:12:22 qu'on ne se donne pas les moyens de contrôler, par exemple,
01:12:24 voire de bloquer la Méditerranée,
01:12:26 auquel cas on n'aura plus d'État-providence,
01:12:28 ou en tout cas certainement pas le niveau d'État-providence
01:12:30 que nous avons, parce que ça ne sera pas possible.
01:12:32 Il faudra aussi renoncer aux erreurs artificialisations,
01:12:34 etc., parce que s'il y a des flux...
01:12:36 Non, mais allons jusqu'au bout des logiques,
01:12:38 c'est-à-dire qu'il faudra bien construire plus.
01:12:40 À un moment, on manque déjà de logements
01:12:42 pour la population française actuelle.
01:12:44 Vous en rajoutez, mécaniquement, vous serez bien obligés
01:12:46 d'aller plus loin.
01:12:48 - Il n'y a plus de construction de logements neufs aujourd'hui.
01:12:50 - Justement, ce que je veux vous dire,
01:12:52 c'est qu'il faut aller au bout des logiques
01:12:54 dans un sens ou dans l'autre.
01:12:56 Donc, c'est soit on se résout à cette réalité-là
01:12:58 parce que nous ne voulons pas avoir les mains sales
01:13:00 ou que nous considérons que c'est même
01:13:02 des méthodes à l'australienne,
01:13:04 où ils ont décidé qu'ils n'accepteraient plus
01:13:06 les migrants qui traversaient la mer depuis l'Indonésie.
01:13:08 Ils les ont mis dans des conditions détestables.
01:13:10 La réalité, c'est détestable.
01:13:12 Sur l'île de Norue, notamment, ils ont été obligés
01:13:14 d'enlever les camps et ils les ont déplacés en Papouasie-Nouvelle-Guinée
01:13:16 parce qu'il y avait des abus dans tous les sens sur des mineurs,
01:13:18 etc., mais il n'y a plus de passage.
01:13:20 Mais je crois que l'entre-deux n'existe pas
01:13:22 et tous, autant que nous sommes,
01:13:24 en général, nous nous situons dans l'entre-deux.
01:13:26 - Allez, il est 18h30. Lors du rappel des titres de l'actualité,
01:13:28 on reparlera sur ces news avec Augustin Bonadieu.
01:13:30 - Qui en veut à l'emblématique carousel de Dijon ?
01:13:32 L'institution de la Côte d'Or, depuis 45 ans maintenant,
01:13:34 a entièrement brûlé la nuit dernière.
01:13:36 Le maire de la ville, François Rebsamen,
01:13:38 laisse entendre que l'incendie serait d'origine criminelle.
01:13:40 Les auteurs de cet acte inadmissible doivent être arrêtés
01:13:42 et jugés au plus vite, a-t-il déclaré.
01:13:44 L'armée française amorce son retrait du Niger.
01:13:46 Comme annoncé le 24 septembre dernier par Emmanuel Macron,
01:13:48 les 1 400 militaires français vont progresser
01:13:50 à la guerre contre les migrants.
01:13:52 - On a un peu de temps pour les questions.
01:13:54 - Oui, on a un peu de temps pour les questions.
01:13:56 - On a un peu de temps pour les questions.
01:13:58 - Les 1 400 militaires français vont progressivement
01:14:00 quitter le territoire.
01:14:02 Une décision qui fait suite au coup d'Etat
01:14:04 par la garde présidentielle.
01:14:06 C'était fin juillet.
01:14:08 Le nouveau régime nigérien avait dénoncé dans la foulée
01:14:10 les accords de défense entre Niamey et Paris.
01:14:12 Septembre 2023 a été le mois le plus chaud
01:14:14 jamais enregistré au niveau mondial.
01:14:16 La température moyenne à la surface du globe
01:14:18 a été de 16,38 degrés,
01:14:20 soit 1,5 degré supérieur
01:14:22 au record de septembre 2020.
01:14:24 - Merci, Augustin Bonadieu.
01:14:26 On va recevoir Alain Bauer dans un instant,
01:14:28 professeur de criminologie.
01:14:30 J'aimerais attirer votre attention sur une vidéo
01:14:32 publiée par la préfecture de police de Paris
01:14:34 sur les réseaux sociaux.
01:14:36 On y voit des policiers procéder à une intervention
01:14:38 dans une cité.
01:14:40 Ils sont habillés,
01:14:42 on va le commenter pour nos auditeurs,
01:14:44 en tenue d'intervention.
01:14:46 Cagoule, arme, bouclier.
01:14:48 Ils interviennent dans une cité.
01:14:50 On entend les chiens.
01:14:52 Ce qui est le plus surprenant,
01:14:54 c'est qu'ils ont mis tout ça sur un fond sonore,
01:14:56 une musique de rappeurs.
01:14:58 Je vais lire les noms qu'on m'a écrits
01:15:00 parce que je ne les connais pas.
01:15:02 C'est Koba, Lade, Maes et Zed.
01:15:04 Ce sont des paroles clairement anti-policiers.
01:15:06 On a du mal à comprendre
01:15:08 pourquoi les policiers font une vidéo
01:15:10 en mettant sur leur intervention
01:15:12 les paroles qui les dénigrent.
01:15:14 On a posé la question au commissaire Mathieu Vallée.
01:15:16 Ecoutez sa réponse.
01:15:18 - Aujourd'hui, la jeunesse est sur les réseaux sociaux
01:15:20 et c'est bien que ces femmes et ces hommes de long
01:15:22 des policiers, au commencement de la police judiciaire
01:15:24 et de la brigade de recherche d'intervention,
01:15:26 la BRI, tous ces services spécialisés qui font
01:15:28 les réseaux de criminels, les réseaux de stupéfiants,
01:15:30 les dealers, ceux qui alimentent cette drogue dans les quartiers,
01:15:32 soient interpellés.
01:15:34 C'est bien d'avoir des images qui sont celles de la jeunesse
01:15:36 avec des codes de communication qui sont celles aussi de nos jeunes
01:15:38 pour montrer que nos collègues ne chôment pas
01:15:40 et qu'ils sont sur le terrain aux côtés des honnêtes gens
01:15:42 en interpellant des voyous. C'est un hommage qui est rendu à nos collègues
01:15:44 sur le terrain, tant que dans les services judiciaires également.
01:15:46 Personnellement, je n'aurais pas choisi cette musique
01:15:48 parce que les chanteurs, ce n'est pas des profs flics notoires,
01:15:50 bien au contraire. Je pense que c'est pour leur faire
01:15:52 le pied de grue, pour leur montrer qu'ils ont beau faire des chansons
01:15:54 en critiquant la police, mais néanmoins,
01:15:56 on reste sur le terrain en chiens de pavé.
01:15:58 Et moi, j'ai diffusé la vidéo
01:16:00 avec la chanson de Kenny West,
01:16:02 "Good Morning", pour montrer que nos collègues
01:16:04 le matin n'amenaient pas les croissants,
01:16:06 mais ils venaient chercher les voyous qu'on avait identifiés
01:16:08 dans les procédures, pour qu'on puisse les présenter
01:16:10 à la justice après des enquêtes rondement ficelées par la police judiciaire.
01:16:12 - Ça, c'est assez drôle quand même.
01:16:14 - J'apprécie beaucoup Mathieu Vallée,
01:16:16 mais là, c'est un peu le saumon qui remonte le fleuve
01:16:18 à contre-courant sur la communication.
01:16:20 Parce que, effectivement,
01:16:22 c'est une bonne manière pour la police
01:16:24 de communiquer sur TikTok, notamment,
01:16:26 sur les réseaux sociaux, de faire des vidéos un peu sensationnelles.
01:16:28 Mais c'est vrai que la musique n'est pas bien choisie.
01:16:30 On aurait préféré une autre musique,
01:16:32 évidemment, qui ne soit pas anti-police.
01:16:34 Et à mon avis, c'est surtout une personne
01:16:36 un peu déconnectée, à mon avis, justement,
01:16:38 de la jeunesse et des réseaux sociaux,
01:16:40 qui en fait ce montage.
01:16:42 - Je ne suis pas sûre. Je ne suis pas d'accord avec vous.
01:16:44 - On en parle.
01:16:46 On en aurait parlé s'il y avait eu
01:16:48 des paroles pro-police.
01:16:50 - Qui est-ce qui est d'accord sur le fait qu'on ait mis du rap là-dessus ?
01:16:52 - C'est le terme
01:16:54 "chocolatine" qui a été
01:16:56 utilisé 6 heures trop tôt pour les chocolatines
01:16:58 qu'on pouvait voir sous cette vidéo.
01:17:00 On ne dit pas "chocolat", pas "chocolatine".
01:17:02 - Non, non, non, pas de débat.
01:17:04 - Non, mais voilà,
01:17:06 je trouve que ça m'a interpellé de voir
01:17:08 ces policiers en tenue.
01:17:10 - Sur le fond, c'est une très bonne idée.
01:17:12 Parce que justement, ça montre que la police
01:17:14 intervient, c'est une vidéo de terrain
01:17:16 qui met en scène une interpellation.
01:17:18 Donc non, c'est une bonne chose. En fait, si vous voulez,
01:17:20 c'est le montage qui pose question. C'est la musique
01:17:22 en fond sonore, c'est ce que vous disiez tout à l'heure,
01:17:24 qui, à mon avis, interpelle plus que le fait
01:17:26 même d'avoir créé cette vidéo
01:17:28 et de la diffuser sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok.
01:17:30 Parce que c'est les jeunes qui sont sur TikTok.
01:17:32 - Les jeunes sont sur TikTok. Bon, on regarde
01:17:34 la télé, la radio et la télé. Voilà, on est de l'ancienne génération.
01:17:36 - On lit. - Merci à tous les quatre.
01:17:38 Dans un instant, vous restez Louis Dragnel.
01:17:40 On reçoit Alain Bauer, professeur de criminologie.
01:17:42 On va revenir avec lui sur toutes les affaires
01:17:44 de sécurité qui nous concernent.
01:17:46 À tout de suite.
01:17:48 [Musique]
01:17:50 18h39, on est en direct sur CNews et sur Europe 1.
01:17:52 On reçoit Alain Bauer. Bonsoir Alain Bauer.
01:17:54 - Bonsoir. - Professeur de criminologie.
01:17:56 Ravi de vous accueillir. Votre livre avec
01:17:58 Marie Drucker, c'est "Au bout de l'enquête. Les plus grandes affaires
01:18:00 criminelles passées au crible", aux éditions First.
01:18:02 Beaucoup de choses, évidemment, dans l'actualité
01:18:04 qui nous ramènent à ces disparitions.
01:18:06 La disparition de la jeune Lina.
01:18:08 15 ans, disparue
01:18:10 dans la région de Strasbourg.
01:18:12 On peut aujourd'hui en France se volatiliser sans laisser aucune trace.
01:18:14 Je pense aussi à l'affaire du petit Émile.
01:18:16 Comment est-ce que c'est encore possible ?
01:18:18 - Alors, tous les ans, il y a 100 000 personnes qui disparaissent
01:18:20 dont on ne parle jamais.
01:18:22 La plupart d'entre elles sont retrouvées plus ou moins rapidement.
01:18:24 Mais il y a 10 000 disparitions dites
01:18:26 inquiétantes.
01:18:28 Ce terme n'a pas de définition légale.
01:18:30 C'est juste qu'il n'y a pas eu d'embrouille,
01:18:32 il n'y a pas eu d'engueulade,
01:18:34 il n'y a pas de petite amie à qui on a empêché
01:18:36 ou inversement,
01:18:38 de se rencontrer.
01:18:40 Le processus est...
01:18:42 Et à la fin de la fin de la fin,
01:18:44 il reste 5 à 6 000 cas tous les ans
01:18:46 dont on aura,
01:18:48 beaucoup plus tard, une capacité
01:18:50 d'identification. Et puis tous les ans,
01:18:52 au même moment, on a 1 000 personnes qu'on enterre sous X
01:18:54 dont on prélève désormais l'ADN
01:18:56 mais qu'on ne va pas
01:18:58 étudier parce que ça coûte trop cher
01:19:00 et dont on ne sait pas s'ils sont ou pas
01:19:02 un morceau des 5 ou 6 000
01:19:04 qu'on ne trouve pas.
01:19:06 - Mais il y a un fichier quand même pour ces 1 000 personnes
01:19:08 qu'on enterre sous X ?
01:19:10 - Non.
01:19:12 Déjà, il a fallu imposer
01:19:14 la prise en compte de l'ADN avant,
01:19:16 ils étaient enterrés sans rien. Aujourd'hui, il y a la prise
01:19:18 de l'ADN mais il n'y a pas d'analyse
01:19:20 de l'ADN parce que ça coûte de l'argent
01:19:22 et qu'il n'a pas été prévu de...
01:19:24 C'est un très grand fonctionnaire,
01:19:26 un très grand serviteur de l'État qui a eu
01:19:28 les plus hautes fonctions du pays.
01:19:30 - Il a décrit un livre en disant qu'il venait
01:19:32 de découvrir la bureaucratie. Je pense que c'est honnête.
01:19:34 Ce n'est pas un livre,
01:19:36 ce n'est pas juste pour s'amuser.
01:19:38 Nous avons des dispositifs qui sont
01:19:40 antinomiques avec l'identification et la recherche
01:19:42 de victimes. On discute souvent
01:19:44 quand on prépare justement
01:19:46 les 2 ou 300 cas de Colquez,
01:19:48 on discute souvent de ce qui
01:19:50 aurait pu se passer si on avait pris au sérieux
01:19:52 la disparition. La plus ancienne,
01:19:54 l'affaire Méchineau, 1972, ça fait 50 ans
01:19:56 qu'on ne sait pas ce qu'une famille complète
01:19:58 est devenue. Le soir de Noël,
01:20:00 parents et 2 enfants
01:20:02 disparus. Vous me diriez qu'ils ont été enlevés
01:20:04 par les extraterrestres, je vous dirais pourquoi pas.
01:20:06 L'enfant qui a disparu le plus longtemps,
01:20:08 c'est 1977.
01:20:10 Et on en a des dizaines et des dizaines
01:20:12 et des dizaines. Ce qui est terrible,
01:20:14 c'est que paradoxalement,
01:20:16 plus le temps passe, plus la technologie
01:20:18 devient importante, plus on a des dispositifs
01:20:20 et malgré tout, ça arrive
01:20:22 encore. - Comme là.
01:20:24 - Le vrai sujet, c'est ça.
01:20:26 Et c'est ce qu'on voit plus dans des séries,
01:20:28 Emile, Lina, ceux dont on ne parle pas.
01:20:30 Il faudrait un jour qu'on puisse faire
01:20:32 le retraitement. Heureusement que les associations
01:20:34 et les avocats sont là.
01:20:36 Parce que la police est submergée,
01:20:38 débordée par un nombre d'affaires considérables.
01:20:40 Vous voyez vous-même à quel point
01:20:42 elle est bringue ballée un peu partout en fonction
01:20:44 des événements. Une fac qui ferme
01:20:46 puis qui rouvre, une situation qu'on laisse
01:20:48 dégradée parce qu'on n'a pas les moyens.
01:20:50 Puis on réintervient brutalement
01:20:52 en déshabillant Pierre, Paul ou Jacques.
01:20:54 Bref, on voit ça. Mais effectivement,
01:20:56 vous avez raison, il y a aujourd'hui une reprise
01:20:58 importante de ces affaires
01:21:00 de disparition. Et puis des bonnes nouvelles.
01:21:02 Des gens qu'on retrouve 10 ans, 15 ans, 20 ans,
01:21:04 30 ans plus tard. Un jeune garçon gardé
01:21:06 14 ans reclus chez lui.
01:21:08 Madame Campuche,
01:21:10 qui est identifiée
01:21:12 dans une cave en s'échappant.
01:21:14 Donc aux Etats-Unis aussi, on vient de retrouver
01:21:16 deux ou trois disparitions très
01:21:18 inquiétantes et très anciennes.
01:21:20 Mais c'est vrai, on n'a pas amélioré
01:21:22 la situation. - Je crois que j'ai une question par rapport à ça.
01:21:24 Il y a quelques mois, le
01:21:26 ministère de la Justice a dit qu'il avait vraiment une
01:21:28 intention d'investir davantage sur les
01:21:30 "call case", donc les affaires non élucidées.
01:21:32 Est-ce que, et ce n'est pas du tout pour s'incriminer,
01:21:34 mais est-ce qu'on est bon, nous, Français,
01:21:36 pour résoudre ces affaires un peu compliquées ?
01:21:38 - Ce qui est terrible, c'est qu'il a fallu
01:21:40 qu'un procureur, Jacques Dallès, décide
01:21:42 d'aller fouiller le sous-sol de son tribunal
01:21:44 pour découvrir tout ce qui avait été
01:21:46 classé sans suite, alors même
01:21:48 que c'était des affaires graves. Pendant longtemps, on a cru
01:21:50 qu'on classait sans suite ce qui n'avait aucun intérêt.
01:21:52 Puis on se disait "bon, c'est une contravention,
01:21:54 un cambriolage, etc." Pas vrai ! En fait,
01:21:56 ce qu'on connaît le moins dans la victimisation
01:21:58 en France, c'est les violences
01:22:00 physiques et sexuelles.
01:22:02 9% de taux de connaissance de la réalité
01:22:04 pour 75% pour votre
01:22:06 rétroviseur. On s'occupe beaucoup mieux de nos
01:22:08 voitures, et que sont actuellement nos vélos,
01:22:10 qu'on s'occupe des gens.
01:22:12 Et donc, c'est un sujet. Il a fallu attendre
01:22:14 2022-2023,
01:22:16 2022-2023,
01:22:18 pour que des affaires qui dorment depuis
01:22:20 50 ans puissent enfin
01:22:22 être traitées par un outil
01:22:24 qui effectivement s'en occupe, avec
01:22:26 des moyens faibles, mais réels,
01:22:28 avec une grosse unité
01:22:30 d'investigation où la gendarmerie
01:22:32 a beaucoup appris de ses erreurs du
01:22:34 passé, et a pris vraiment le lead.
01:22:36 Une situation dans la police qui est
01:22:38 assez aléatoire en fonction des endroits où vous êtes.
01:22:40 Mais donc oui, la question est
01:22:42 enfin, ce truc est remonté. Mais c'est comme
01:22:44 MeToo. MeToo, il y a 5 ans,
01:22:46 les violences faites aux femmes, après tout, bouffe.
01:22:48 Et puis tout d'un coup, le truc explose et on découvre
01:22:50 ce qui est là depuis le début de l'humanité,
01:22:52 et la transition extrêmement
01:22:54 complexe du droit de cuissage, où les femmes n'existaient
01:22:56 pas et n'étaient qu'une chose,
01:22:58 à la poursuite et la répression
01:23:00 du viol dans tous ses aspects.
01:23:02 Mais vous avez aujourd'hui dans le journal
01:23:04 un élément qui vous montre que la France
01:23:06 n'est toujours pas prête à aller aussi loin que l'Union Européenne
01:23:08 sur la protection des femmes. C'est-à-dire un
01:23:10 texte où la France décide
01:23:12 de ne pas intégrer le viol dans les enjeux
01:23:14 majeurs d'une politique européenne.
01:23:16 Et vous avez un débat entre des gens qui disent
01:23:18 "Mais pourquoi on est encore
01:23:20 aussi en retard ?" Et donc la réponse
01:23:22 est "Vous avez raison, nous sommes très en retard,
01:23:24 très en dessous et très loin
01:23:26 de ce qui serait nécessaire, et sur les enfants
01:23:28 disparus, et sur les violences,
01:23:30 et sur les homicides, et les homicidités,
01:23:32 les tentatives qu'on ne traite assez peu,
01:23:34 et les violences sexuelles."
01:23:36 Alain Bauer, Gérald Darmanin,
01:23:38 aujourd'hui encore, a volé au secours des policiers.
01:23:40 Il était interrogé à l'Assemblée Nationale par
01:23:42 notamment un député de la France insoumise,
01:23:44 Hugo Bernalicis. Il a rappelé ce qui devrait être
01:23:46 une évidence, c'est qu'il vaut mieux croire
01:23:48 le policier que le délinquant. On l'écoute, puis allez
01:23:50 nous dire ce que vous en pensez.
01:23:52 Le policier et le gendarme qui est mis en cause,
01:23:54 et il peut être mis en cause, personne ne pense qu'il ne peut pas être mis en cause,
01:23:56 il ne peut pas être traité comme un délinquant,
01:23:58 parce que, par ailleurs, s'il a des responsabilités
01:24:00 supplémentaires, il a aussi
01:24:02 une voix à s'armenter,
01:24:04 comme on disait à l'époque, supplémentaire.
01:24:06 On doit davantage croire, me semble-t-il, le policier et le gendarme
01:24:08 que le délinquant, comme je crois davantage
01:24:10 la parole du professeur que celle de l'élève.
01:24:12 Lorsqu'un parent
01:24:14 d'élève dit quelque chose à un professeur,
01:24:16 quand le professeur lui dit "écoutez, votre fils a fait ça",
01:24:18 peut-être que le professeur ment,
01:24:20 mais il y a quand même, à mon avis, des débuts, quand on respecte
01:24:22 l'autorité, d'abord à donner crédit à la parole
01:24:24 du professeur. Ça ne veut pas dire que la parole du professeur
01:24:26 mérite d'être acceptée
01:24:28 quoi qu'il arrive. Ça veut dire qu'a priori,
01:24:30 je suis plutôt du côté du policier, je suis plutôt
01:24:32 du côté du juge, je suis plutôt du côté du professeur.
01:24:34 - Ça devrait être une évidence,
01:24:36 ça ne l'est pas, à un moment.
01:24:38 - Le professeur aime beaucoup ce que vient de dire Gérald Darmanin.
01:24:40 - Évidemment.
01:24:42 - Sur le fond, le vrai problème,
01:24:44 c'est que historiquement,
01:24:46 ceux qui étaient les services de police
01:24:48 historiques ont beaucoup menti, beaucoup brutalisé,
01:24:50 et que les dispositifs
01:24:52 de contrôle de l'activité de la police
01:24:54 se sont renforcés au fur et à mesure.
01:24:56 Et puis il y a eu un équilibre.
01:24:58 Et cet équilibre, il a permis d'avoir une police républicaine
01:25:00 honnête, globalement,
01:25:02 qui fait globalement
01:25:04 ce qu'elle doit faire dans des respects
01:25:06 d'un cadre déontologique. Et chaque fois que le cadre a changé,
01:25:08 la police s'est adaptée.
01:25:10 Elle s'est beaucoup adaptée parce que le cadre, il a beaucoup changé.
01:25:12 Et si les citoyens français
01:25:14 avaient à gérer
01:25:16 eux-mêmes le nombre de modifications
01:25:18 du code pénal, de circulaires,
01:25:20 d'applications, d'ordres contradictoires,
01:25:22 d'injonctions contradictoires
01:25:24 qui arrivent sur les policiers, ou les magistrats
01:25:26 d'ailleurs, tous les ans, ils deviendraient dingues.
01:25:28 En contrepartie,
01:25:30 la police a très peu de moutons
01:25:32 noirs, de violents,
01:25:34 de menteurs, de xénophobes, de racistes.
01:25:36 Mais ils sont, pour des raisons extrêmement complexes,
01:25:38 protégés par une sorte de silence
01:25:40 gêné de gens
01:25:42 qui disent "ah oui, mais c'est des collègues,
01:25:44 on ne va pas, on n'assume pas".
01:25:46 Et il y a une institution,
01:25:48 l'inspection générale de la police,
01:25:50 l'inspection générale de la gendarmerie,
01:25:52 qui punissent massivement, massivement.
01:25:54 Jamais une administration
01:25:56 n'est aussi punie que la police et la gendarmerie.
01:25:58 Énormément la police, moins la gendarmerie.
01:26:00 C'est moins de 10% de la fonction publique,
01:26:02 c'est plus de 50% des punitions.
01:26:04 Le problème, c'est que quand il y a
01:26:06 un désaccord, une relation
01:26:08 conflictuelle entre un policier
01:26:10 et un citoyen,
01:26:12 le système semble incestueux.
01:26:14 Il semble en protection
01:26:16 plutôt qu'en sanction.
01:26:18 Et il manque un élément de légitimité
01:26:20 pour redonner
01:26:22 toute sa force à ce que dit très
01:26:24 justement Gérald Darmanin, c'est la présence
01:26:26 d'un oeil extérieur
01:26:28 dans les enquêtes de l'inspection générale
01:26:30 de la police nationale, quand des policiers
01:26:32 sont mis en cause. Par ailleurs,
01:26:34 quand des policiers mentent effrontément
01:26:36 à tel point que l'IGPN elle-même
01:26:38 s'en émeut en disant "mais vous pouvez pas,
01:26:40 la caméra, le machin, le truc,
01:26:42 le mensonge va être
01:26:44 contre-utile,
01:26:46 vous allez vous
01:26:48 enfoncer vous-même,
01:26:50 réglez votre problème, assumez,
01:26:52 dites la vérité, expliquez les raisons
01:26:54 qui ont fait que". Quand les policiers
01:26:56 ont pris leur propre caméra,
01:26:58 ils ne se rendent pas à service.
01:27:00 Ils créent les conditions du doute.
01:27:02 Ils ont considéré que c'était un moyen
01:27:04 de les contrôler eux. Pas du tout.
01:27:06 C'est un moyen de les protéger, mais ils ne l'ont toujours pas
01:27:08 compris. Et certains d'entre eux
01:27:10 devraient être
01:27:12 punis et massivement punis,
01:27:14 mais dans un cadre où enfin
01:27:16 l'inspection générale aurait par exemple
01:27:18 un représentant
01:27:20 du défenseur des droits,
01:27:22 y compris un magistrat, ça ne pose pas
01:27:24 de problème. On n'a pas besoin d'un œil extérieur
01:27:26 naturellement anti-policier
01:27:28 pour dire évidemment... - C'est une magistrate qui...
01:27:30 - Bien sûr. Et l'inspection générale
01:27:32 de la gendarmerie désormais aussi.
01:27:34 Et elle fait très bien son travail.
01:27:36 Mais l'inspection elle-même commence à dire
01:27:38 "Attention, il y a véritablement
01:27:40 un problème de certains policiers
01:27:42 qui, pris sur le fait, avec des éléments
01:27:44 qui sont de moins en moins discutables et sous le respect
01:27:46 de la présomption d'innocence, montrent qu'il
01:27:48 ferait mieux de dire la vérité plutôt que
01:27:50 de nous inventer des trucs". On a deux cas
01:27:52 à Marseille qui posent des problèmes
01:27:54 majeurs pour la crédibilité
01:27:56 de la parole policière. Alors que
01:27:58 ces deux cas très isolés
01:28:00 rejaillissent, salissent
01:28:02 le reste de la police. - Alain Bois,
01:28:04 une autre explication aussi
01:28:06 par rapport à cette réaction
01:28:08 de l'institution policière, c'est aussi le fait
01:28:10 que, en tout cas c'est ce qu'on voit,
01:28:12 l'institution, la police nationale,
01:28:14 est beaucoup sur la défensive. C'est-à-dire qu'elle est attaquée
01:28:16 et elle est souvent sommée
01:28:18 de répondre, de réagir,
01:28:20 des interrogations. Elle est rarement à l'offensive
01:28:22 en tout cas pour défendre
01:28:24 les policiers qui constituent l'institution.
01:28:26 Est-ce que
01:28:28 cette institution n'est pas fragilisée encore plus
01:28:30 avec le fait que depuis maintenant
01:28:32 cinq ans, depuis les dernières législatives,
01:28:34 il y a beaucoup plus de députés aussi
01:28:36 de la NUPES qui ont un discours
01:28:38 anti-police et donc forcément
01:28:40 ça prend dans l'opinion publique. Est-ce que tout ça ne participe
01:28:42 pas à ce réflexe
01:28:44 défensif de la police ? - Disons qu'il y a
01:28:46 un climat extrêmement
01:28:48 contraire à tout ce qui porte un uniforme.
01:28:50 Souvent je dis, très bien, parlons,
01:28:52 les policiers sont racistes, fascistes,
01:28:54 xénophobes, etc. Parfait, parfait. Ils méritent tout ce qui leur
01:28:56 arrive, n'en parlons plus. Pourquoi on attaque les pompiers ?
01:28:58 Parce que le problème,
01:29:00 il n'est justement pas de focaliser
01:29:02 sur la police, même si elle a,
01:29:04 je l'ai dit tout à l'heure, ses propres moutons noirs.
01:29:06 Elle est sur la violence contre tout
01:29:08 ce qui représente une institution, non seulement
01:29:10 quand elle arrive, mais quand on organise
01:29:12 un guet-apens pour...
01:29:14 Les pompiers ne tutoient personne,
01:29:16 ils ne parviennent pas à éteindre des feux et sauver des gens.
01:29:18 Vous n'avez aucune des critiques
01:29:20 potentielles que vous avez
01:29:22 contre les policiers pour justifier
01:29:24 la violence qu'ils subissent.
01:29:26 Les pompiers subissent la même violence,
01:29:28 voire pire, et il n'y a aucune
01:29:30 raison de le faire. Et donc ce climat-là, il est
01:29:32 indiscutable. C'est un peu le débat sur
01:29:34 les salafistes entre Olivier Roy et Kepel.
01:29:36 Est-ce que c'est la salévisation de la radicalité
01:29:38 ou la radicalisation ?
01:29:40 En fait, les deux.
01:29:42 C'est-à-dire que vous avez à la fois des problématiques
01:29:44 de l'intervention policière, parce qu'à force
01:29:46 de les retirer pour les remettre, puis
01:29:48 faire en sorte que ça ne soit qu'une police d'intervention
01:29:50 et pas une police d'enracinement. Ça n'a rien à voir
01:29:52 avec la police de proximité, ce que je dis,
01:29:54 qui était une fausse invention.
01:29:56 Eh bien, vous avez une police qui ne sait plus
01:29:58 ce qu'elle doit faire, et qui n'est plus présente,
01:30:00 enracinée, et qui ne crée plus les conditions
01:30:02 de ce qui était la nature même du Gardien
01:30:04 de la Paix, c'est-à-dire la préservation
01:30:06 de jour et de nuit du même espace
01:30:08 et de la circulation entre le logement
01:30:10 et le travail, le travail et le logement,
01:30:12 donc y compris les transports. On les a
01:30:14 peu à peu retirés en disant "non, non, non,
01:30:16 ça coûte cher, il y en a trop".
01:30:18 Et la gestion comptable
01:30:20 de la police, le sécuritaire,
01:30:22 le militaire et le sanitaire, ont été traités de la même
01:30:24 manière. Ça ne sert à rien, ça coûte cher
01:30:26 et on peut s'en passer. Jusqu'au moment où on en a besoin.
01:30:28 Quand on en a besoin, on n'a plus
01:30:30 de médicaments, on n'a plus de masques.
01:30:32 Si vous allez chercher un médicament
01:30:34 contre la bronchiolite pour votre enfance dans une pharmacie,
01:30:36 je vous conseille de voir l'état de ce qu'est
01:30:38 la distribution de ce médicament, alors même
01:30:40 s'il y a une campagne nationale pour le réaliser.
01:30:42 Donc on gère la pénurie, on gère la pénurie
01:30:44 pour tout et vous avez raison. De ce point de vue,
01:30:46 la police est beaucoup victime et la pression,
01:30:48 la tension qui existe, amène
01:30:50 parfois à des exactions. Mais l'exaction,
01:30:52 elle doit être sévèrement punie,
01:30:54 ce qui permet de rétablir la crédibilité de la police
01:30:56 et sa relation avec la population.
01:30:58 Alain Bauer, le problème, le fléau dans notre pays,
01:31:00 c'est le trafic de drogue. Les policiers font
01:31:02 ce qu'ils peuvent. On a vu un exemple à Marseille
01:31:04 avec la FAC qui a menacé de fermer.
01:31:06 Finalement, ça a provoqué une réaction au ministre Arnald Derr.
01:31:08 Il y a des policiers qui vont sécuriser l'accès à la FAC.
01:31:10 On n'y arrivera pas
01:31:12 à réguler, à juguler
01:31:14 ce trafic de drogue si on ne prend pas des mesures radicales ?
01:31:16 De toute façon, le problème, c'est la cohérence.
01:31:18 C'est-à-dire, soit on interdit tout,
01:31:20 soit on autorise tout.
01:31:22 Il n'y a pas de...
01:31:24 Tout est interdit, là.
01:31:26 Officiellement, la loi de 70 interdit tout.
01:31:28 Tout ne marche pas. Mais évidemment,
01:31:30 comme on ne l'applique pas parce qu'elle est inapplicable
01:31:32 et qu'on ne sait pas très bien ce qu'on fait,
01:31:34 on apprête tous les gens, un peu plus de 100 000 personnes
01:31:36 pour usage,
01:31:38 et pas les mettre en prison.
01:31:40 Il n'y a pas assez de place dans les prisons, déjà, pour les autres.
01:31:42 Donc, on leur dit, il ne faut pas recommencer
01:31:44 injonction thérapeutique
01:31:46 ou rien du tout. Vous avez même, en Guyane,
01:31:48 une cote
01:31:50 officielle de ce qui est
01:31:52 toléré dans le trafic.
01:31:54 Parfois, c'est 10 grammes,
01:31:56 100 grammes, 1 kilo.
01:31:58 Donc, il n'y a pas de solution ?
01:32:00 La cohérence, c'est soit vous interdisez tout
01:32:02 et vous dites, écoutez, la répression sera totale.
01:32:04 Il y a des pays qui font ça. Et donc, vous dites,
01:32:06 je vais mettre 150 000 personnes en prison.
01:32:08 Ou vous décidez de traiter le sujet comme il l'était
01:32:10 avant la loi de 1970 qui nous a été
01:32:12 imposée par les Etats-Unis parce qu'on les
01:32:14 abreuvait de produits stupéfiants
01:32:16 grâce à la qualité des productions
01:32:18 marseillaises.
01:32:20 C'est de dire, écoutez, c'est très simple.
01:32:22 D'abord, les consommateurs sont des malades et ils doivent être traités
01:32:24 comme tels. C'est ce qui existait dans la période
01:32:26 1870-1915.
01:32:28 Je rappelle qu'à l'époque, la France
01:32:30 avait une régie française de l'opium.
01:32:32 Nous étions nous-mêmes le plus grand dealer
01:32:34 du pays et le ministre des Finances
01:32:36 venait défendre au Sénat, contre les élus républicains
01:32:38 et médecins, l'idée
01:32:40 que ça rapportait quand même de l'argent et la taxe
01:32:42 était utile. Donc, on peut rétablir la régie
01:32:44 française de l'opium. Il y en a qui sont très
01:32:46 favorables. Les Etats-Unis le font.
01:32:48 Non mais oui.
01:32:50 Ce n'est pas la solution qui sera retenue par Gérard Darmanin.
01:32:52 Ça, il y a une logique. Voilà.
01:32:54 L'autre, c'est je réprime tout mais je traite
01:32:56 les malades comme des malades, les trafiquants
01:32:58 comme des trafiquants et j'évite
01:33:00 d'épuiser les policiers dans
01:33:02 la répression de la consommation
01:33:04 et je les oriente sur le trafic.
01:33:06 Je sature le territoire.
01:33:08 Je n'attends pas que la fac ferme pour envoyer
01:33:10 des policiers. Parce que le drame
01:33:12 c'était la réaction d'un certain nombre d'étudiants
01:33:14 qui disaient "mais pourquoi c'est nous qui devons partir ?"
01:33:16 Pourquoi c'est nous qui devons partir ?
01:33:18 Et donc, il y a une réaction très logique mais c'est
01:33:20 purement réactif. Tout le monde sait que cet endroit
01:33:22 est un espace à dealers
01:33:24 qui d'ailleurs s'est peu à peu étendu.
01:33:26 Les espaces à dealers, le problème c'est qu'ils sont un peu partout.
01:33:28 - On entend ce que vous dites.
01:33:30 Mais il faut intervenir partout de manière proactive.
01:33:32 - Oui. Alors un signe du secteur
01:33:34 policier c'était la sédentarisation
01:33:36 des commissariats. C'est ce qui a
01:33:38 permis à la gendarmerie au lieu d'être une gendarmerie
01:33:40 des routes et de la prévoté militaire
01:33:42 de s'étendre de chaque côté des routes
01:33:44 puis à la police de s'implanter,
01:33:46 de se sédentariser et de créer les conditions
01:33:48 d'une sécurisation générale
01:33:50 du territoire. Il ne restait que quelques grands criminels
01:33:52 et puis on avait une
01:33:54 petite et moyenne délinquance ordinaire
01:33:56 acceptable. Le vrai drame que nous avons
01:33:58 et je reviens d'ailleurs à la disparition
01:34:00 des deux enfants, c'est que
01:34:02 l'extraordinaire du fait divers avant,
01:34:04 il nous masquait une certaine tranquillité ordinaire.
01:34:06 Aujourd'hui l'extraordinaire est devenu
01:34:08 ordinaire. C'est-à-dire qu'entre la violence,
01:34:10 le trafic, la peur
01:34:12 et je ne parle pas des autres
01:34:14 épisodes récents de psychose
01:34:16 sur des sujets plus sanitaires,
01:34:18 en fait on a l'impression que... - On ne parlera pas d'épionnésie.
01:34:20 - Non, non, mais toutes les problématiques
01:34:22 se cumulent pour une espèce de
01:34:24 giga crise permanente où
01:34:26 simplement ceux qui le font, ceux qui gèrent
01:34:28 les affaires, et c'est le cas du ministre
01:34:30 de l'Intérieur, essayent de répondre à toute une série
01:34:32 de problématiques avec des moyens qui ont été
01:34:34 longuement réduits. Vous avez eu une réponse
01:34:36 au Sénat qui explique le nombre de policiers
01:34:38 et de gendarmes qui ont quitté leur fonction
01:34:40 depuis deux ans. 25 000
01:34:42 sur 200 000. - Énorme.
01:34:44 - Vous imaginez la perte d'effectifs
01:34:46 et l'incapacité qu'il y a à les remplacer.
01:34:48 - À former. - L'enjeu
01:34:50 de les former et puis de les
01:34:52 réenraciner. Donc la cohérence est la réponse
01:34:54 au problème qui a été posé. Il faut tout choisir.
01:34:56 Soit tout, soit rien, mais quelque chose.
01:34:58 - Vive la cohérence. Merci beaucoup Alain Bauer d'être venu ce soir
01:35:00 dans "Punchline" avec Mariette Drucker.
01:35:02 Le libre, c'est au bout de l'enquête.
01:35:04 Les plus grandes affaires criminelles passées au crime.
01:35:06 Merci à vous. Bonne soirée sur Europe 1
01:35:08 avec Hélène Zellany pour l'information et sur ces news.
01:35:10 Avec Christine Kelly, bonne soirée sur 2E.
01:35:12 de l'Ontario.
01:35:14 ♪ ♪ ♪
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