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  • il y a 2 ans
Transcription
00:00 On ne peut pas oublier qu'à chaque prise, il y a un danger de survie,
00:03 il y a un danger de mort.
00:04 Et donc, quand on se bat, c'est vraiment pour faire mal.
00:06 Ce n'est pas juste de la danse.
00:09 Alors l'écume des jours, Michel Gondry.
00:12 Michel Gondry, il est assez unique en son imaginaire et comment il rend des effets possibles.
00:17 Ce qui est assez fou, c'est que chez lui, tout est mécanique.
00:20 Donc, par exemple, il nous fait jouer des scènes en marchant en reculons.
00:25 Et après, au montage, il les inverse et du coup, on marche en avant.
00:29 Il y a des vieux processus comme ça,
00:31 artisanal et en même temps, ça crée des effets incroyables.
00:34 Et en plus, il met en scène un livre de Boris Vian,
00:38 qui lui aussi avait des mille idées.
00:41 Et donc, ça crée deux univers comme ça, très riches, très divers, très variés,
00:45 qui s'assemblent et ça crée une bombe.
00:49 Et sur le tournage, c'était sans fin.
00:51 Les idées étaient sans fin, les journées étaient sans fin.
00:54 Ça, c'est Le Péril Jeune.
00:56 C'est un film précieux parce que c'était le premier.
01:00 J'étais jeune, c'était le premier.
01:01 Je ne savais pas l'importance de ce métier encore dans ma vie.
01:05 Donc, je traînais une espèce de désinvolture énervante et en même temps
01:11 fragile, un mélange de timidité et en même temps de se prêter au jeu de jouer.
01:16 Donc, ça crée quelque chose de...
01:19 Moi, je l'ai revu l'année dernière dans cette nouvelle copie 4K, restaurée.
01:23 Je trouvais que le film n'avait pas tant vieilli que ça.
01:26 Mais encore une fois, pourquoi ?
01:27 Parce que les rapports étaient assez authentiques, assez modernes.
01:31 C'était déjà un film qu'on a tourné à une époque, mais qui retranscrivait
01:36 une époque passée, qui était dans les années 70.
01:39 Donc, je trouve que ça vieillit bien parce que le style des années 70,
01:42 de toute façon, est assez unique et traverse les années et donne toujours autant envie.
01:48 Donc,
01:50 ouais, c'est un film précieux.
01:51 C'est l'Auberge Espagnole.
01:53 Donc ça, c'est... Je ne sais pas combien d'années plus tard.
01:55 Ce qui est marrant avec ce film là, c'est que Cédric était venu me voir un jour
02:00 en me disant "Bon, j'ai un projet d'un film assez important, etc.
02:03 Mais peut-être qu'il n'y aura pas de rôle.
02:05 Par contre, juste avant, j'aurais fait un film entre nous,
02:07 comme ça, à l'arrache, avec une caméra à l'épaule, une petite équipe en Espagne.
02:12 Et on est parti, mais vraiment, peut-être huit,
02:15 en travaillant là-bas avec une équipe espagnole.
02:17 Mais on est allé faire ce film comme ça, très spontanément.
02:20 On avait quand même fait le casting des personnages dans plusieurs pays.
02:24 C'est peut-être ça qui nous a pris le plus de temps.
02:25 Mais ensuite, le tournage a été très furtif.
02:27 Je trouvais ça compliqué pour moi d'effacer toute originalité.
02:33 Comment on va avoir envie de regarder ce mec pendant une heure et demie ?
02:35 Et en plus, un peu timide et gauche et maladroit,
02:39 comme est le personnage de Xavier, avec son innocence et son côté "je doute de tout",
02:44 même de ma place dans la vie.
02:46 Bref.
02:48 Comment les gens vont s'identifier ?
02:50 Ou s'ils ne s'identifient pas, comment ils vont l'aimer ?
02:54 Comment ils vont le suivre ?
02:55 Pourquoi ils ne vont pas le trouver chiant ou immature ou débile ?
02:59 Bref, ça, c'est le rêve animal.
03:01 Donc, on a tourné cette séquence dans la nuit, à une heure assez avancée.
03:06 Donc, on était chargé émotionnellement.
03:08 Et c'était un passage très émotif entre les personnages,
03:11 parce que c'est vraiment le moment où le fils échappe au père
03:16 et où il est passé dans une autre sphère.
03:20 Et le père mesure son impuissance à l'accompagner dans cette nouvelle vie.
03:25 Et cette scène se termine avec un échange de regard du fils,
03:28 en train d'essayer de dire à son père "c'est comme ça, tu ne peux pas faire autrement".
03:32 Et le père qui se sent complètement vidé, démuni et impuissant,
03:38 et en espérant ne pas quitter son fils pour toujours.
03:41 "Mishasana Viscu", c'est un remake d'un film japonais.
03:44 Alors, l'expérience de film est assez originale,
03:48 parce qu'on a ce plan séquence qui dure 33 minutes.
03:51 Plan séquence de l'entrée du film, 33 minutes de plan séquence bancal,
03:56 avec une manière de filmer très simple,
03:59 et comme un film d'anthropote qu'il faut vivre pour comprendre le film.
04:03 On a commencé par le plan séquence.
04:04 On a fait quatre jours de plan séquence dans cet hypodrome désaffecté.
04:07 On a fait peut-être une douzaine de fois le plan séquence.
04:10 Mais non, ça va, parce que quand on est dedans, c'est hyper agréable à jouer.
04:14 Il est séparé suivant plusieurs acteurs,
04:17 donc on ne joue pas 33 minutes.
04:20 On joue quelques minutes dans les 33 minutes.
04:22 Faire deux fois dans une matinée, puis deux fois dans l'après-midi,
04:24 ça va, c'est jouable.
04:27 -De "Pas de mon coeur s'est arrêté" avec Jacques Audiar ?
04:29 -La rencontre avec Jacques, c'était...
04:31 -Quelque chose.
04:32 -C'était puissant, parce que Jacques Audiar fait des films bouleversants, je trouve,
04:37 et là, le scénario était magnifique.
04:40 J'ai toujours été entouré de musique.
04:41 Ma sœur était pianiste chez moi.
04:44 Du coup, il a fallu que j'apprenne des partitions de piano
04:46 pour des passages à différents moments dans le film,
04:48 et donc, du coup, j'ai branché ma sœur
04:50 pour qu'elle me coache, qu'elle m'apprenne le piano sur des passages.
04:56 Donc, j'ai travaillé avec elle.
04:57 Bref, il y avait quelque chose d'assez émouvant de partager ça avec elle.
05:00 C'était puissant.
05:01 "L'arnaqueur", il y avait la danse, dans "L'arnaqueur",
05:04 il y avait la danse que j'adore,
05:05 même si elle n'est pas visible dans certains films,
05:08 mais je travaille toujours la danse.
05:10 Ça m'apporte beaucoup pour les personnages.
05:12 Sur le scénario, au départ, il y avait un petit côté formaté,
05:15 un peu calibré de comédie qui puisse faire rire.
05:19 Et donc, j'avais peur de la comédie sur commande,
05:22 le rire sur commande, parce que forcément, il y a une affaire de goût.
05:25 On n'a pas tous le même sens de l'humour.
05:27 Et le côté gaguesque, parfois, qu'il y avait dans le scénario, me faisait peur.
05:30 Et je ne savais pas si j'allais pouvoir
05:33 réussir à m'accaparer le personnage en mettant des choses plus personnelles.
05:37 Et franchement, en fait, on a réussi ce travail-là
05:41 avec le metteur en scène Pascal Chaumet,
05:43 qui a réussi à se servir des caractères et des personnalités de chacun.
05:46 Et du coup, d'amener de la sensibilité,
05:47 un univers plus personnel qu'une comédie formatée,
05:50 de donner de l'humanité et de la personnalité.
05:53 Les trois mousquetaires, c'est un film d'aventure.
05:56 Nous, l'exercice qu'on avait,
05:57 c'était de les rendre le plus authentiques possible,
06:00 les mousquetaires, sans que ça fasse déguisé, sans que ça fasse trop époque.
06:03 Le rendre quand même moderne, c'est aujourd'hui qu'on fait ce film.
06:05 Et l'épée, ce n'est pas juste d'avoir une épée au bout de la main,
06:08 c'est de travailler des chorégraphies, des chorégraphies de combat.
06:10 Puis ensuite, ne pas oublier qu'à chaque prise,
06:14 il y a un danger de survie, il y a un danger de mort.
06:16 Et donc, quand on se bat, c'est vraiment pour faire mal.
06:19 Ce n'est pas juste de la danse et de la chorégraphie.
06:22 Donc, ça a quand même exigé pas mal de discipline et de concentration,
06:27 surtout que toutes les parties d'action et de combat étaient en plan séquence.
06:30 Donc, il fallait à chacun qu'on connaisse bien sa partie pour ne pas foutre en l'air
06:34 tout le travail qui venait d'être fait pendant les trois minutes qui venaient de s'écouler.
06:37 On était vivants.
06:39 Donc.
06:41 En mini !
06:42 [Musique]

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