00:00 Est-ce qu'aujourd'hui vous avez peur ?
00:02 Oui j'ai peur. Vous savez pour qui j'ai peur ? Pour mes enfants.
00:06 Il a pourtant des enfants lui aussi.
00:08 Vous avez essayé d'aller sur ce terrain-là ?
00:10 Un jour, oui.
00:12 Est-ce que vous avez essayé de communiquer directement avec lui ?
00:14 De vous parler au fond ?
00:16 Un jour j'ai écrit sur Instagram
00:18 "Je t'en supplie arrête, mes enfants sont en danger de mort.
00:22 On n'arrête pas de recevoir des appels de menaces, de décapitations, etc.
00:26 Je t'en supplie."
00:28 Moi à 40 ans. Vous savez déjà à quel point c'est frustrant de supplier un homme à 40 ans.
00:32 C'est horrible en fait.
00:34 Je le supplie de me foutre la paix.
00:36 Il a répondu "Au plus tu agonises et au plus ça m'excite."
00:39 Qu'est-ce que vous voulez débattre ?
00:41 J'ai envie de vous dire, c'est pareil, à chaque fois on me pose la question
00:44 "Est-ce que tu veux débattre ?"
00:46 C'est ça le problème du cyberharcèlement, c'est que c'est virtuel.
00:48 On ne se rend pas compte des dégâts psychologiques que ça crée, contrairement à une agression physique.
00:51 Donc là, à chaque fois on me dit "Mais pourquoi tu ne parles pas avec lui ?"
00:55 Et bien je réponds toujours la même chose.
00:57 J'ai envie de me faire massacrer de coups tous les jours du matin au soir.
01:03 Des coups. J'aurais préféré qu'il m'attrape physiquement une fois pendant 15 minutes.
01:07 Qu'il me mette des coups physiquement et qu'il m'oublie et qu'il me laisse tranquille.
01:11 Personne ne souhaite ça pour vous.
01:13 Ça fait 16 mois, toutes les secondes et toutes les minutes.
01:15 Et est-ce que vous croyez quelqu'un qui s'est fait casser la figure ou agresser sexuellement ?
01:21 Ou agresser tout court ?
01:23 On lui dit "Est-ce que tu es d'accord de faire un débat avec ton agresseur ?"
01:25 Et bien non, parce que ça ne nous viendrait même pas à l'esprit.
01:27 Mais dans le cyberharcèlement, tout est facile, c'est pas grave.
01:32 Tu veux débattre ? Je ne pourrais même pas le regarder dans les yeux. Je ne peux pas.