00:00 *Musique épique*
00:23 *Musique épique*
00:43 *Musique douce*
01:10 Si du haut des pyramides, quarante siècles nous contemplent,
01:14 du haut du belvédère de la nécropole mérinide de Fès,
01:18 ce sont douze siècles qui nous contemplent.
01:22 *Musique douce*
01:51 *Musique douce*
01:57 *Musique douce*
02:26 *Musique douce*
02:55 *Musique douce*
03:02 Sa poésie est si émouvante, si proche des choses,
03:07 que sa densité nous donne, comme un ruissellement,
03:12 deux sueurs de cuivre sur nos visages,
03:17 agarres et démantelés.
03:19 *Musique douce*
03:31 Fès est un lieu de mystère que les légendes nourrissent,
03:34 au point de l'affubler de tous les noms.
03:38 La Cordoue à Mazire, la Florence de l'Art,
03:42 l'Alexandrie de l'Amour, la Bagdad du Commerce,
03:46 la Babylone du Maghreb.
03:49 Oh ! Fès, toi l'authentique, la médiévale, l'andalouse,
03:57 laisse-moi te croquer tel que tu es,
04:01 bonbon sacré, bonbon sucré, salé,
04:05 comble-moi, comble mon palais, et ouvre-moi ta porte.
04:12 Mais avant, dis-moi, m'ai-dis, m'ai-dis-moi, m'ai-dis, Médina,
04:16 m'ai-dis-moi, Médina, toi la Médina qui m'aîne depuis tant de siècles,
04:20 dis-moi donc, Médina, dis-moi, m'ai-dis-moi, Médina,
04:24 toi que les siècles ont construit telle une référence,
04:27 dis-moi, dis-moi donc, Médina, ma délicieuse,
04:32 dis-moi, ma charmante, mon ensorceleuse,
04:37 toi, la terre qu'on pioche à faire jaillir l'eau,
04:41 toi, la terre qu'on foule à faire lever les cieux,
04:45 dis-moi, fais, ma belle, dis-moi que tu m'es fidèle.
04:51 ...
05:20 ...
05:26 ...
05:44 Toi qui te perds comme moi sur le chemin,
05:47 toi, ami, comme toi, je suis ni chrétien,
05:50 ni juif, ni guèbre, ni musulman,
05:53 je suis ni de Ruyant, ni d'Occident, ni de la terre, ni de la mer,
05:57 je suis de Fès et de nulle part.
06:00 Je suis ton frère qui marche à tes côtés,
06:03 comme tu marches au mien, la main dans la main de mon frère.
06:07 ...
06:30 ...
06:56 ...
07:06 ...
07:11 ...
07:21 ...
07:33 ...
07:43 ...
07:53 ...
08:17 Verse-moi du vin dans ta coupe,
08:20 laisse-moi tremper mes lèvres, y sentir l'essence d'essence.
08:25 Oui, verse-moi une larme,
08:28 et que l'ivresse m'envahisse les papilles,
08:31 toi, les chansons faciles,
08:34 verse l'eau dans le calice de ma main,
08:36 que mon visage et mon cœur se rafraîchissent.
08:40 Éteins le feu de l'enfer,
08:43 arrose les fleurs du paradis,
08:45 et enchante le monde.
08:48 ...
09:16 ...
09:28 Ô toi, ma haleine, le maître artisan !
09:32 Ô toi, le maître artisan !
09:35 Toi qui de ton couteau, de ton ciseau,
09:39 toi qui de ton marteau, de ton pinceau,
09:43 toi qui de ton poinçon comme de ton pointeau,
09:46 toi qui de ton silence dit
09:49 « Je suis la main de Dieu,
09:52 je suis la main qui donne la main à la beauté,
09:55 sans imiter le réel, je suis l'art et la beauté,
09:59 je suis cette beauté, étincelle de la vérité,
10:03 sans laquelle il n'y a pas d'art. »
10:05 ...
10:10 ...
10:30 ...