00:00 Salut François ! Salut Franck !
00:03 Ça va ? Ça roule ? Ouais !
00:05 J'ai quelques questions à te poser. Vas-y, vas-y !
00:08 Je me rends compte, c'est la première fois qu'on se rencontre.
00:11 Exactement.
00:12 Et je me rends compte que tu roules super bien sur un vélo.
00:15 C'est avantageux par mon poids.
00:18 Ouais, ouais, mais on te sent à l'aise, on te sent habile.
00:21 Tu fais beaucoup de vélo dans ta prépa ?
00:24 Ouais, j'aime bien ça et puis ça permet d'être prêt à le moins en endurance.
00:29 On dort mieux quand on est sur le bateau.
00:32 Et tu en fais toutes les semaines ? Tu en fais régulièrement ?
00:35 Ouais, quand je peux, trois fois. Pour être bien, il faut faire trois fois.
00:38 Et puis voilà, des longues sorties de dimanche avec des copains, c'est cool.
00:42 On peut dire que tu es un marin, mais tu es aussi un vrai cycliste.
00:45 Exactement, un cycliste à terre. Touriste encore.
00:48 Touriste, il vient de me mettre...
00:52 Je viens de péter de sa roue.
00:54 On a fait une belle petite montée.
00:56 On a un col, je peux vous dire, il m'a fait mal.
00:59 Il a fait mal à tout le monde. Rapport poids/puissance, on voit.
01:03 On n'a pas le même poids en manière.
01:05 Ouais, c'est excellent.
01:07 Oui, je suis devenu un cyclore.
01:14 Un cyclore, c'est quoi ? C'est le jargon qu'on utilise pour déterminer les cyclistes
01:20 qui vont pédaler sur un vélo, dans une coque de bateau.
01:25 En l'occurrence, le bateau, ça va être un AC75.
01:29 C'est un voilier monocoque tout en carbone, très fuselé, qui fait 26 mètres de long,
01:34 avec un mât de 21 mètres de haut.
01:37 Un bateau qui fait à peu près 6 tonnes.
01:39 Et donc, moi, mon but, ça va être de pédaler dans la coque pour créer de l'énergie
01:45 qui va être utilisée par le marin pour gérer à la fois les voiles et les foils.
01:50 Parce que c'est un bateau sur foils.
01:52 Donc en gros, quand il prend de la vitesse, il monte sur ses foils, il touche quasiment plus l'eau.
01:57 Il vole vraiment au-dessus de l'eau, c'est vraiment très impressionnant.
02:00 Et c'est un bateau qui peut aller jusqu'à faire des pointes à 100 km/h.
02:04 C'est la formule 1 des mers. On l'appelle vraiment la formule 1 des mers.
02:08 Et donc, avec l'Orient Express Racing Team, François Pervis va faire l'America's Cup.
02:19 Bon voilà, ça va être pour l'America's Cup qui est l'année prochaine, entre le mois d'août et octobre 2024.
02:25 Bon François Pervis, bonjour.
02:43 On vous a laissé il y a quelques jours du côté des États-Unis, dans le Nevada,
02:47 sur votre fameux vélo couché carréné, où certes vous n'avez pas battu le record du monde,
02:51 mais vous avez battu trois fois de suite votre record personnel et record d'Europe.
02:55 Et là, on vous retrouve à Barcelone. Derrière vous, il y a une photo de bateau.
03:00 Votre attaché de presse Caroline Müller, qu'on salue, nous dit que vous êtes un cyclore.
03:04 Expliquez-nous.
03:06 Oui, je suis devenu un cyclore. Alors un cyclore, c'est quoi ?
03:10 C'est le jargon qu'on utilise pour déterminer les cyclistes,
03:15 les cyclistes qui vont pédaler sur un vélo, dans une coque de bateau.
03:20 Donc là, en l'occurrence, le bateau, ça va être un AC75.
03:24 C'est un voilier monocoque tout en carbone, très fuselé, qui fait 26 mètres de long,
03:29 avec un mât de 21 mètres de haut. Un bateau qui fait à peu près 6 tonnes.
03:34 Et donc, moi, mon but, ça va être de pédaler dans la coque, pour créer de l'énergie,
03:40 qui va être utilisée par le marin, pour gérer à la fois les voiles et les foils,
03:45 parce que c'est un bateau sur foils. Donc en gros, quand il prend de la vitesse,
03:49 il monte sur ses foils, il touche quasiment plus l'eau, il vole vraiment au-dessus de l'eau,
03:54 c'est vraiment très impressionnant. Et c'est un bateau qui peut aller jusqu'à faire des pointes
03:58 à 100 km/h. Donc c'est la formule 1 des mers, on l'appelle vraiment la formule 1 des mers.
04:04 Et donc voilà, mon travail, ça va être de créer l'énergie pour gérer et piloter ce bateau.
04:12 Et donc avec l'Orient Express Frassim Team, François Pervis va faire l'America's Cup.
04:18 Voilà, ça va être pour l'America's Cup, qui est l'année prochaine, entre le mois d'août et octobre 2024.
04:24 Donc ce nouveau défi, en gros, ça va consister à quoi ? Quel va être votre rôle ?
04:32 Le vélo coucher carréner, on a compris. Et là, c'est quoi le défi du coup ?
04:38 Alors là, le défi, ça va être d'apporter de l'énergie au bateau.
04:43 Ça va être vraiment les cyclistes qui vont créer de l'énergie en sprintant et en faisant des efforts
04:49 à peu près sur 20 minutes, parce que les navigations durent 20 minutes à peu près.
04:56 Et les duels, en un contre un avec une autre équipe, on franchit des bouées en fait.
05:04 On fait des allers-retours entre des bouées. Et donc le cycliste va sprinter aux ordres du marin
05:12 qui commande le bateau. Et donc on va lui créer l'énergie grâce au Watt qu'on va développer.
05:17 Et lui, tout de suite, il va pouvoir utiliser cette énergie-là pour gérer les voiles et les foils,
05:23 parce que c'est un bateau à foils. Donc c'est vraiment un bateau qui vole au-dessus de l'eau.
05:28 C'est vraiment impressionnant à voir. Ça va très, très vite. On peut faire des pointes jusqu'à près
05:33 de 100 km/h. C'est vraiment impressionnant. Et nous, notre rôle, ça va être de créer cette énergie
05:41 pour que le marin puisse naviguer et piloter le bateau.
05:48 En gros, si on vulgarise un peu le truc, c'est plus vous allez pédaler vite, plus le bateau avancera vite.
05:56 C'est ça en gros ?
05:58 Alors plus on va pédaler vite, plus on va créer de l'énergie. Et plus le marin a de l'énergie,
06:05 plus les manœuvres peuvent être faites beaucoup plus rapidement, parce qu'il aura les Watt
06:12 pour faire avancer le bateau.
06:15 Mais quand vous dites créer de l'énergie, parce qu'on a du mal à se rendre compte, c'est-à-dire en fait,
06:20 l'énergie, c'est-à-dire vous pédaler, c'est relié à des capteurs qui font... Expliquez-nous un peu.
06:27 Oui. Alors on est quatre cyclistes sur le bateau, deux de chaque côté. Et puis quand on pédale,
06:37 on fait tourner une turbine. Et après, cette turbine-là crée de l'énergie hydraulique,
06:46 parce que tout ce qui est foils et voiles sont gérés de façon hydraulique. Et donc en fait,
06:53 plus on crée de l'énergie dans cette turbine, plus on peut envoyer les Watt dans l'hydraulique,
07:02 et plus les voiles sont gérés et manipulés beaucoup plus rapidement.
07:08 Donc là, pour l'instant, on est fin septembre. Donc vous nous annoncez ce nouveau défi,
07:12 qui est un truc encore hallucinant, si je peux me permettre, parce que ce n'est pas commun.
07:16 Donc là, si j'ai tout compris aussi, le bateau n'est pas encore construit, c'est ça ?
07:21 Oui, le bateau est en construction et il sera livré en mai prochain.
07:28 À 26 m, c'est ça ?
07:30 Voilà, c'est un bateau de 26 m de long avec un mât de 21 m, et c'est un bateau qui fait à peu près 6 tonnes.
07:38 Donc c'est vraiment très impressionnant. Et puis c'est très fuselé, parce qu'on va très très vite.
07:44 Donc en termes d'aéros, il faut vraiment être un peu comme un cycliste sur piste ou mon vélo couché carréné.
07:52 C'est comme une Formule 1, vraiment. Donc il n'y a rien qui dépasse.
07:56 Nous, on est vraiment enfoncé dans les coques. On a juste le regard qui dépasse pour voir à peu près ce qui se passe.
08:02 Mais c'est vraiment de la très haute performance.
08:08 Et donc là, cette fois, vous n'allez pas être tout seul, puisque vous nous avez expliqué que c'est 4 coureurs cyclistes
08:14 qui vont apporter de l'énergie pour faire avancer le bateau, c'est ça ?
08:19 Voilà, c'est ça. Alors sur le bateau, on est une équipe de 4 cyclistes et de 4 marins.
08:25 Mais il y a aussi 4 autres cyclistes qui vont attendre sur un autre bateau derrière,
08:31 qui suit un Zodiac, qui suit le bateau de compétition, pour faire des changements.
08:37 Et puis on a aussi sur le bateau qui nous suit, on appelle ça un "chase boat".
08:41 Donc sur ce bateau-là, il y a aussi une équipe d'ingénieurs en cas d'avaries,
08:46 pour rebrancher un flexible, pour les batteries ou des choses comme ça,
08:50 ou pour tout simplement changer de cycliste.
08:54 Donc en tout, on est 8 cyclistes, 4 sur le bateau de compétition et 4 sur un autre bateau
09:01 qui suit le bateau de compétition, pour faire des changements.
09:04 D'accord. OK. Et donc là, bateau livraison en mai 2024 ?
09:11 Oui.
09:12 Qualification pour l'AmeriCas Cup en août 2024, c'est ça ?
09:18 Voilà, la compétition commence en août 2024.
09:22 Et ensuite, ce sont des duels où on va affronter plusieurs fois les autres nations.
09:26 Et puis on va marquer des points, et puis on va gravir les échelons avec les demi-finales.
09:31 Et puis on espère aller en finale. Et voilà, aller challenger les favoris.
09:38 Et c'est qui les favoris du coup ?
09:41 Les favoris pour l'AmeriCas Cup, ça a souvent été les Néo-Zélandais.
09:49 Mais après, on espère bien créer la surprise.
09:54 François, confidence pour confidence, elle vient d'où cette idée-là ?
09:59 Ça sort d'où en fait ?
10:02 On est venu le démarcher. L'équipe avait besoin de cyclistes très puissants.
10:10 Donc moi, on a su que j'étais très ouvert d'esprit.
10:17 J'ai fait les Jeux paralympiques en tandem. J'ai fait mon deux ans de vélo couché carréné.
10:23 Donc je suis toujours en activité. Je suis capable de développer beaucoup de watts.
10:27 Donc ça, c'est ce qui était très intéressant pour la team.
10:31 Et ensuite, sur le podium, mes coéquipiers, c'est des rameurs.
10:38 Des gars qui ont fait de l'aviron. Et puis il y a aussi un crossfitter.
10:45 C'est des golgottes les gars.
10:49 Moi à côté, j'ai des grosses cuisses, mais je suis quasiment le plus petit.
10:53 On a des solides.
10:55 Donc là, c'est un an d'aventure qui s'annonce devant vous.
11:01 Parce qu'on est fin septembre et puis le grand rendez-vous c'est octobre 2024, c'est ça ?
11:06 Oui, voilà, c'est ça. Pendant un an, nous on commence vraiment à se préparer spécifiquement.
11:12 Parce que là, en gros, dans un duel, dans une manche, on fait des sprints.
11:22 On pédale 45 secondes, une minute, peut-être aussi 10 secondes.
11:27 Ça dépend de ce qu'a besoin le marin, de ce qu'il va nous demander de faire.
11:31 Parce que les manœuvres sont plus ou moins longues.
11:33 Donc il faut plus ou moins pédaler longtemps pour lui apporter de l'énergie.
11:37 Nous, on va préparer notre plan d'entraînement sur un an pour être performant sur ce genre d'épreuve
11:43 et sur ce genre d'effort à répéter.
11:45 Parce qu'on va répéter plusieurs sprints ou plusieurs grands coups de vis pendant de longues secondes.
11:53 Et ça pendant 20 minutes.
11:55 Donc en gros, le cardio, ça va aller sur chez Eau.
11:59 Et on va se faire violence pendant 20 minutes.
12:05 Donc il faut préparer tout ça.
12:07 Donc si on résume François, et si on a tout compris, enfin si j'ai tout compris,
12:11 François Pervis, en 2024, va faire l'America's Cup pour essayer de détrôner les fameux Néo-Zélandais
12:20 qui sont à chaque fois les grands favoris de cette fameuse America's Cup
12:24 puisque tout le monde connaît cette fameuse course en équipage où il faut passer des mouilles.
12:29 C'est ça ?
12:30 Oui, voilà exactement, c'est ça.
12:32 Je continue à être cycliste.
12:34 Je vais retrouver un petit peu mes premiers amours du sprint.
12:39 Parce que j'avais un petit peu mis ça de côté pour mon record du monde en vélo-courserie carénée
12:44 qui dure 5 minutes.
12:46 Donc là, je suis retrouvé du sprint et mes premiers amours comme je le disais.
12:52 Et ça va être surtout de découvrir un nouveau monde, un nouveau sport.
12:56 Parce que même si ça reste du vélo, je suis au contact d'autres sportifs, des marins aussi.
13:02 Les marins c'est vraiment des sportifs à part entière.
13:05 Et une nouvelle aventure commence.
13:09 Et ça voilà, rien que de le dire, j'en ai la chair de poule.
13:12 38 ans, un an de défis qui s'annonce.
13:15 C'est le dernier ou il y a autre chose qui est déjà dans la tête ?
13:19 Non, non, non, je pense que c'est le dernier.
13:21 Je vais avoir 40 ans au fond de la finale.
13:23 Donc voilà, j'espère m'offrir à l'équipe et à mes collègues un très beau cadeau d'anniversaire pour ma part.
13:31 Et non, non, je pense qu'après il va falloir que je pense vraiment sérieusement à m'occuper de ma famille.
13:36 Et aussi à faire avancer ma famille.
13:39 Parce que pour l'instant, ça fait 25 ans que je suis obnubilé par ma performance et par le sport.
13:45 Et à un moment donné, ça ne peut pas durer toute la vie.
13:48 Et j'ai aussi une famille à prendre soin.
13:53 Donc on vous souhaite la bonne chance. Bon vent, comme on dirait l'autre ?
13:57 Voilà, exactement. Bon vent, oui, on en a besoin.
14:00 Mais il faut surtout beaucoup de watts aussi.
14:02 Donc voilà, c'est beaucoup de grosses performances physiques.
14:06 Merci François.
14:07 Et puis j'espère que vous donnerez de vos nouvelles et des avancées de votre défi,
14:11 ce fameux défi auprès de nos lecteurs de cyclisme actuel.
14:14 Voilà.
14:15 Avec grand plaisir. Merci à vous.
14:17 Merci.
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