00:00 On sentait bien que cette direction avait un seul objectif, c'est s'attaquer aux emplois.
00:04 Ça a été prémédité, n'ayons pas peur des mots.
00:07 Hier, ils nous annoncent effectivement la liquidation de 130 salariés.
00:11 On ne va rien triste faire puisque 130 salariés sans savoir faire, c'est un peu ça.
00:16 On nous écoute à un moment donné.
00:17 C'est que une personne qui veut apporter des arrangements, je ne sais quoi,
00:21 ou entre l'argent public et en faire des choses.
00:23 Et on parle que de salariés.
00:24 C'est-à-dire que toutes les machines, les services et l'activité,
00:28 ça a été délocalisé à la holding.
00:30 On a vraiment affaire à des patrons qui n'ont rien à respecter,
00:34 qui n'ont déjà pas tenu leur engagement au tribunal.
00:36 Et aujourd'hui, du jour au lendemain, ils décident de nous liquider.
00:39 C'est inadmissible et c'est scandaleux.
00:41 On attend de ce gouvernement qui soit plus spectateur,
00:44 mais qui soit engagé dans ce dossier CLESTRA, qui trouve une solution.
00:48 Parce qu'y compris le projet de gestion ne tient pas la route.
00:52 Ils licencient les salariés, ils gardent les machines, mais qui va produire ?
00:55 Le savoir faire, c'est nous.
00:56 La compétence, c'est nous, c'est les salariés.
00:58 L'avenir de cette entreprise passera par les salariés, pas par des machines.
01:01 Pour moi, la partie, elle est jouée.
01:07 Il y a trois semaines de ça, il y avait un premier rendez-vous à Bercy
01:11 où ils ont annoncé trois semaines de trésorerie.
01:13 À partir de là, je n'ai pas compris pourquoi le ministère
01:15 n'a pas mis la pression auprès des JACO
01:18 pour mettre l'entreprise sous la protection,
01:20 sous la tutelle du tribunal de commerce,
01:23 afin de permettre une potentielle reprise,
01:25 de trouver un potentiel repreneur.
01:27 Aujourd'hui, ils ont asséché Clestra jusqu'à la dernière goutte de sang
01:33 pour prononcer une liquidation judiciaire.
01:35 Donc, ça me paraît peu probable qu'il y ait un repreneur.
01:38 Je l'espère, mais ça me paraît peu probable.
01:40 À la morale, on a réussi à tenir entre nous.
01:46 Solidarité ensemble, c'est ce qui nous faisait tenir.
01:50 Et au point du financier, il y en a qui sont retrouvés très rapidement
01:54 sans rien, sans électricité, sans gaz.
01:57 D'autres qui se sont retrouvés en mesure d'expulsion aussi.
02:00 Après, on a eu le soutien entre nous.
02:04 Moi, pour ma part, j'ai été aidé par ma famille.
02:07 Je dirais bien des mots, mais je vais m'en passer.
02:09 On reste polis.
02:10 Au lendemain du Covid, le gouvernement a expliqué sur tous les tons
02:18 que désormais, on allait défendre notre industrie
02:20 pour défendre notre souveraineté nationale.
02:22 Et la réalité, c'est que ce à quoi on assiste,
02:25 c'est des suppressions de postes massives dans le secteur industriel,
02:29 des usines qui ferment et du savoir-faire qui disparaît.
02:31 Et je rappelle quand même qu'au total,
02:33 c'est plus de 5 millions d'euros d'aides publiques
02:36 qui ont été versés à l'entreprise.
02:37 Il y a juste ici à côté le ministère de l'Économie.
02:41 Sur le ministère de l'Économie, il y a un calico qui dit "Bercy agit".
02:44 La question qu'on peut se poser, c'est "Bercy fait quoi pour défendre l'Eclestra
02:48 et pour faire en sorte qu'au moins,
02:49 en contrepartie des 4 millions d'euros versés par l'État,
02:52 il y ait la garantie du maintien de l'emploi ?".
02:54 C'est ce pour quoi on se bat aujourd'hui.
02:56 Il est temps que le ministre se bouge pour faire en sorte
02:58 que les emplois soient préservés et que l'Eclestra continue à travailler.
03:02 [Musique]