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  • il y a 2 ans
Les pêcheurs de Peterhead espéraient un "océan d'opportunités" du Brexit, ils ont eu une vague de complications et de surcoûts, avant même la déferlante de l'inflation au Royaume-Uni.

"Ça a été les pires trois années" de sa carrière, explique à l'AFP Mark Addison, devant son chalutier, le Benarkle II, amarré juste derrière le marché aux poissons de Peterhead, au nord de l'Ecosse.

"Le Brexit puis la guerre en Ukraine", qui a fait flamber les coûts du carburant et des équipements tels que les filets de pêche, "c'étaient vraiment deux coups durs l'un après l'autre", ajoute le pêcheur à la barbe rousse, yeux clairs et combinaison bleu marine.

Le secteur de la pêche, poids plume économique, a pourtant été la figure de proue de la campagne pour la sortie britannique de l'Union européenne, réclamant plus de quotas de pêche dans la mer du Nord et la Manche, jugés inéquitablement répartis.

Les politiciens se sont succédé dans les ports de Grimsby, au nord-est de l'Angleterre, ou à Peterhead, où se trouve l'un des principaux ports de pêche du pays et le plus important marché de gros d'Europe pour le poisson blanc.

L'ex-Premier ministre Boris Johnson, alors en campagne pour les législatives de 2019, avait promis "un océan d'opportunités".

Aujourd'hui, ceux qui espéraient beaucoup du Brexit estiment qu'on leur a vendu "un mensonge", comme Mark Addison.

Il voit favorablement la hausse des quotas de pêche en faveur du Royaume-Uni prévue dans l'accord de libre-échange post-Brexit avec Bruxelles, entré en vigueur début 2021.

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00:00 Les pêcheurs de Péterhead espéraient un beau séant d'opportunité et du Brexit,
00:03 ils ont eu une vague de complications et de surcoûts, avant même la déferlante de l'inflation
00:07 au Royaume-Uni.
00:08 « Ça a été les pires trois années de sa carrière », explique à l'AFP Mark
00:13 Addison, devant son chalutier, le Bonarcle 2, amarré juste derrière le marché aux
00:17 poissons de Péterhead, au nord de l'Écosse.
00:20 Le Brexit puis la guerre en Ukraine, qui a fait flamber les coûts du carburant et des
00:24 équipements tels que les filets de pêche, c'était vraiment deux coups d'urlin après
00:28 l'autre, ajoute le pêcheur à la barbe rousse, yeux clairs et combinaison bleu marine.
00:32 Le secteur de la pêche, poids plume économique, a pourtant été la figure de proue de la
00:37 campagne pour la sortie britannique de l'Union Européenne, réclamant plus de quotas de
00:41 pêche dans la mer du Nord et la Manche, jugés inéquitablement répartis.
00:45 Les politiciens se sont succédés dans les ports de Grimsby, au nord-est de l'Angleterre,
00:50 ou à Péterhead, où se trouve l'un des principaux ports de pêche du pays et le plus
00:54 important marché de Gros d'Europe pour le poisson blanc.
00:56 L'ex-premier ministre Boris Johnson, alors en campagne pour les législatives de 2019,
01:02 avait promis un « océan d'opportunités ». Aujourd'hui, ceux qui espéraient beaucoup
01:07 du Brexit estiment qu'on leur a vendu un mensonge, comme Mark Addison.
01:11 Il voit favorablement la hausse des quotas de pêche en faveur du Royaume-Uni prévue
01:15 dans l'accord de libre-échange post-Brexit avec Bruxelles, entré en vigueur début 2021.
01:20 Mais il est confronté aux retombées indirectes de la sortie de l'UE pour ses clients qui
01:24 exportent vers le continent.
01:25 « Il y a des problèmes de queue au poste frontière pour les passeports et les formulaires
01:30 de douane, des problèmes de groupage, de cargaison, dans les camions, il y a toujours
01:34 quelque chose », énumère-t-il.
01:36 Lorsqu'une cargaison de poisson, d'or est périssable s'il en est, est perdue ou
01:41 retardée, cela plombe le prix offert par les exportateurs sur les ventes suivantes
01:45 pour ses merlans, adhocs ou autres cabillauds.
01:47 Il faut faire avec.
01:49 Cela le force à se montrer plus sélectif.
01:52 « Les poissons dont la chair s'abîme vite, ça ne vaut plus la peine », dit-il, alors
01:57 qu'avant la sortie de l'UE, il prenait tout ce qu'il pouvait dans ses filets avec
02:00 l'assurance d'en tirer bon prix.
02:02 Mais comme il l'explique avec un regard résigné, « j'ai trois fils sur ce bateau ».
02:06 Quand vous êtes une petite affaire de famille, il faut bien faire avec.
02:10 Il y a sans aucun doute des grosses affaires qui ont bénéficié du Brexit, analyse Bryce
02:16 Stewart, spécialiste de la pêche et de l'écologie marine à l'Université d'York.
02:20 Mais les petites affaires, qui forment la majorité de la flotte du pays, n'en ont
02:25 tiré aucun profit, voire en ont pâti.
02:27 Dans la halle du marché de Peterhead, grande comme un terrain de football, des centaines
02:32 de caisses de poissons sont alignées au petit matin sous la lumière blafarle de néon.
02:35 Une cinquantaine de marchands en bottes de plastique essirées procèdent aux enchères
02:40 du jour, en chérissant d'un coup d'œil.
02:42 En moins de deux heures, 6 000 caisses seront adjugées.
02:45 Graeme Sutherland, co-directeur de Whitelink Seafood, était pro-Brexit, comme une majorité
02:51 de pêcheurs, mais admet que les promesses ne se sont pas concrétisées.
02:55 « On espère toujours après 2026 du côté des quotas de pêche », explique avec un
03:00 sourire doux celui qui cogère une entreprise familiale de pêche et transformation qui
03:03 emploie environ 200 personnes.
03:05 D'autant que la crise du coût de la vie se fait sentir, les prix de vente sont plus
03:10 serrés cette année sur le poisson haut de gamme.
03:11 « On voit que l'argent se fait rare », raconte-t-il à l'AFP.
03:16 Bryce Stewart estime quant à lui que lui n'a aucun intérêt à concéder plus de
03:20 quotas après la période de transition allant jusqu'en 2026, et que le Royaume-Uni a peu
03:24 de moyens de pression sur l'Union, son plus gros marché.
03:27 Alistair Brown, qui dirige les opérations de Nolan Seafood, n'a pas de mots assez
03:32 durs.
03:33 Pour les sociétés de transformation de poisson, le Brexit a été un désastre qui n'amène
03:38 que des coûts supplémentaires.
03:39 Sans compter les pénuries d'employés.
03:42 Nous avons besoin de personnel étranger dans nos usines.
03:45 Pour nous tout est tendu en ce moment à cause des coûts, de l'inflation.
03:50 Tout dépend au final de nos clients et ils demandent du poisson moins cher.
03:53 !
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