00:00 On a effectivement rencontré deux hommes en situation de précarité.
00:06 Il y avait d'abord Yvon, il a une soixantaine d'années,
00:09 il vit dans un petit village au nord de Marseille.
00:12 Cet homme est un enfant de l'assistance publique,
00:15 qui a dormi dehors, notamment quand il avait 16 ans,
00:19 qui depuis s'est construit tout seul.
00:21 Il m'a dit « j'ai été souvent tout seul dans ma vie,
00:23 mais quand même, regardez où j'en suis aujourd'hui,
00:25 je suis mariée, je suis père de deux enfants,
00:26 et j'ai maintenant une petite fille ».
00:28 Il était très fier de son parcours, il était très fier aussi
00:31 de pouvoir rencontrer le Pape.
00:32 Il m'a dit « c'était un rêve, j'ai peur de m'effondrer en larmes
00:35 quand je le verrai ».
00:36 Voilà ce qu'il nous a confié avec Julie Roser.
00:38 Cet homme, c'était assez impressionnant d'avoir cet homme
00:40 qui essayait de contenir son émotion,
00:43 qui était extrêmement pudique et qui en même temps
00:45 n'arrivait pas à contenir son émotion dès l'instant où il évoquait le Pape.
00:48 C'est quelqu'un, Yvon de Trépieu, qui va à la messe tous les dimanches
00:51 pour qui c'est très important la religion dans sa vie
00:54 et qu'il l'accompagnait toute sa vie.
00:56 Et puis on a rencontré aussi Victor.
00:58 Victor, il est arrivé en France il y a un an avec sa femme
01:01 et son petit garçon de 5 ans.
01:03 Ils sont arrivés de Colombie où ils étaient menacés,
01:05 où ils ont dû se cacher plusieurs mois avant de prendre la décision de partir.
01:07 Et lui, il me dit « si je suis en France, c'est aussi grâce à Dieu ».
01:10 Ils sont arrivés à Marseille et lorsqu'ils sont arrivés à Garcin-Charles,
01:13 leur premier réflexe a été de se tourner vers une association
01:15 et cette association, c'est le Secours Catholique.
01:17 Et avec cette association, aujourd'hui, ils sont accompagnés.
01:20 Et pareil, lui, il m'a dit quelque chose de très beau.
01:22 Il m'a dit « nous, on rêvait d'aller à Rome pour rencontrer le Pape,
01:25 au Vatican et pouvoir assister à une messe.
01:27 Et finalement, c'est le Pape qui vient à nous, à Marseille,
01:30 dans cette ville où on ne comprend pas la langue.
01:32 Mais nous, en tant que Colombien, on va comprendre sa langue.
01:33 Et c'était important pour lui aussi de rencontrer ce Pape sud-américain,
01:36 ce Pape qui parle sa langue, alors que ça fait des mois
01:38 qu'il a du mal à comprendre la langue du pays
01:41 dans lequel il est arrivé avec sa femme et son fils.
01:43 Et pour lui aussi, c'était extrêmement important de rencontrer ce Pape.
01:46 Ce Pape pour qui la cause migratoire, la cause de la pauvreté est extrêmement importante.
01:50 Il n'a pas choisi ce prénom par hasard, le Pape François,
01:53 en référence évidemment à François d'Assise.
01:56 Et donc pour ces deux hommes, c'était extrêmement important
01:58 d'entendre le message du Pape.
02:00 Et je pense qu'ils ont dû déjà entendre le message du Pape
02:02 hier à l'intérieur de la Basilique Notre-Dame,
02:04 avant ce discours sur les migrants qu'il a prononcé à l'Astel.
02:07 Il a eu ce message, je ne sais pas si vous vous souvenez,
02:09 au sein de la Basilique Notre-Dame de la Garde,
02:10 où il a appelé à la miséricorde, où il a appelé à la tendresse
02:14 et à la compassion aussi, à tendre la main vers les plus démunis.
02:17 Voilà, c'est tout le message aussi du Pape.
02:20 Aujourd'hui, il va tendre la main aux plus démunis, chez eux,
02:23 dans ce quartier, vous l'avez dit, l'un des plus pauvres d'Europe.
02:26 Il va tendre la main, le Pape, ce message de miséricorde
02:29 que déjà il avait hier au sein de la Basilique Notre-Dame de la Garde.
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