00:00 Les urgences du CHU de Bordeaux ont un nouveau chef.
00:04 Des urgences régulées qui peinent à recruter ou à fidéliser leur personnel.
00:08 Vous recevez ce matin Marie Roarch, Thomas Meignet.
00:10 Bonjour Thomas Meignet.
00:11 Bonjour.
00:12 On présente ce matin sur France Bleu Gironde, c'est EPMU.
00:15 Ce sont des équipes paramédicales de médecine d'urgence.
00:18 L'équivalent d'équipes de SMUR, vous me corrigez si je me trompe,
00:21 mais qui partent en intervention sans médecin.
00:23 Est-ce que ce type d'équipe, c'est l'avenir, Thomas Meignet ?
00:27 C'est une partie de la réponse à l'avenir.
00:30 Moi, ça fait déjà plusieurs années que j'ai pu le proposer en complément des équipes de SMUR.
00:36 C'est une évolution par rapport au modèle français qui est très médicalisé,
00:40 ce qui n'est pas le cas de tous les pays au monde.
00:42 Mais on voit bien que ça peut être, dans certains cas, très complémentaire des SMUR.
00:47 Et c'est vrai qu'avec les difficultés de ces dernières années
00:50 et encore quelques années à venir en termes de démographie médicale,
00:54 ça va rendre un grand service dans la prise en charge des patients.
00:59 Alors, c'est vrai, les équipes partent sans médecin,
01:02 mais ça peut être en complément d'un médecin qui part d'un petit peu plus loin le temps qu'il arrive.
01:08 Et c'est toujours en lien avec le médecin régulateur à la régulation du centre 15.
01:13 Donc on peut répondre aux inquiétudes, on l'a entendu d'ailleurs dans le reportage diffusé sur notre antenne ce matin,
01:17 de certains patients qui s'inquiètent de ne pas avoir de médecin arrivé avec cette équipe ?
01:22 Absolument, la réponse est adaptée et toujours avec un médecin,
01:28 soit qui arrive dans la foulée, soit qui est au bout du fil.
01:31 Et si par exemple vous appelez pour une douleur dans la poitrine
01:34 et que vous voyez l'équipe paramédicalisée d'urgence arrivée,
01:37 dites-vous que l'électrocardiogramme qui sera fait tout de suite à son arrivée pour vous
01:42 sera transmis dans les quelques secondes qui suivent au médecin à la régulation,
01:46 qui, s'il diagnostique un infarctus sur l'électrocardiogramme,
01:50 pourra donner les consignes, faire les prescriptions à distance
01:53 pour que les traitements soient commencés d'emblée,
01:55 le temps de vous amener très vite à l'hôpital pour être pris en charge par l'écardiologue par exemple.
02:00 Alors ce matin on parle de cette EPMU à Sainte-Foy-la-Grande,
02:03 est-ce que c'est quelque chose qui existe au CHU de Bordeaux également ?
02:05 Pas encore, mais c'est quelque chose sur lequel je souhaite qu'on avance.
02:09 Les équipes avant mon arrivée avaient commencé à y travailler,
02:12 j'espère que nous pourrons avoir des équipes paramédicalisées de médecine d'urgence
02:16 dans les prochaines semaines en complément de nos équipes SMUR.
02:19 Ça veut dire qu'on ne fait pas disparaître des lignes de SMUR ?
02:22 L'idée c'est que ça vienne en complément des équipes de SMUR.
02:25 On entendait ce matin la directrice de soins des hôpitaux du Nord-Giron
02:29 dire que c'est dans la crise qu'on trouve des solutions, on l'a vu pendant le Covid.
02:33 Est-ce que ça veut dire qu'à chaque crise on arrive à créer des nouvelles choses,
02:37 à innover pour se sortir un petit peu de ces difficultés ?
02:40 C'est un peu ça, c'est aussi dans la crise qu'on voit la nécessité,
02:42 c'est dans la crise qu'on accepte le changement.
02:44 Le modèle français est très médicalisé, c'est vrai que ça constitue...
02:48 Ça veut dire qu'il n'y a pas besoin de médecin tout le temps ?
02:49 Une petite modification ? Non, il y a un certain nombre de sorties
02:52 sur lesquelles l'équipe paramédicale peut très bien répondre aux problèmes de santé posés.
02:59 Thomas Meignet, notre invité ce matin sur France Bleu,
03:02 Giron, le nouveau chef des urgences du CHU de Bordeaux, il est 7h47.
03:05 Avec plus globalement, si on parle de la crise aux urgences,
03:09 Thomas Meignet, on entend souvent parler des inquiétudes,
03:12 notamment des syndicats de médecins, sur la qualité de la prise en charge des patients.
03:16 On va écouter une Girondine, savoir si elle, ça l'inquiète.
03:19 Je m'appelle Estelle, 39 ans.
03:21 Mon père, 86 ans, s'est fait hospitaliser le 30 juin par l'entrée aux urgences à Langon,
03:26 pour une pneumopathie.
03:28 J'ai pu avoir un suivi très rapide pour mon papa.
03:31 Moi, je dois dire que là, il a été quand même relativement bien pris en charge.
03:34 Ce que je peux dire, par contre, c'est qu'ils sont sous-effectifs
03:37 et ils auraient grandement besoin d'aide parce qu'ils ont du mérite.
03:40 Et sur Facebook, on a aussi des réactions comme Patrick qui dit
03:42 « Je ne crois pas, les cas graves sont très bien soignés. »
03:44 Au contraire, voilà ce qu'il nous dit sur notre page Facebook.
03:47 Est-ce qu'on peut être vraiment très positif, aujourd'hui, Thomas Meignet,
03:49 dire que des urgences régulées jour et nuit, au CHU de Bordeaux,
03:53 régulées aussi régulièrement dans d'autres établissements girondins,
03:56 ça ne nuit pas à la prise en charge des patients ?
03:59 Justement, la régulation, elle est faite pour s'assurer que les cas graves
04:03 soient bien adressés au bon endroit et dans les meilleurs délais.
04:06 Alors, c'est sûr qu'on préférerait, et là encore, c'est le modèle français,
04:10 avoir des urgences ouvertes vers lesquelles on peut se tourner 24h/24
04:15 sans avoir à passer un coup de fil avant de venir.
04:19 Cette régulation, elle a été mise en place déjà l'année dernière.
04:22 Ça continue depuis la mi-juillet et ça va encore continuer pendant quelques semaines.
04:26 Le temps d'une réorganisation et de trouver aussi des médecins supplémentaires
04:30 pour venir renforcer nos équipes.
04:32 Mais il faut bien se dire qu'appeler le centre 15 avant de venir aux urgences,
04:36 ça permet aussi de vous orienter vers le meilleur hôpital.
04:40 Parce que si vous avez par exemple des signes d'AVC, il faudra mieux qu'on vous adresse
04:44 vers Pellegrin où se trouve tout le service de neurologie
04:47 que dans un autre hôpital de l'agglomération.
04:50 Vous dites encore quelques semaines, ça veut dire que sous votre direction,
04:53 cette régulation permanente jour et nuit aux urgences, elle n'a pas vocation à perdurer ?
04:57 En tout cas, dans les prochaines semaines, peut-être quelques mois,
05:01 nous allons continuer sur ce même fonctionnement.
05:05 Je suis arrivé depuis seulement à peine deux semaines,
05:08 je fais le point sur l'état de la situation,
05:11 je vais rencontrer toutes les équipes dans les prochains jours
05:13 pour faire le tour de tous les services du pôle urgence.
05:16 Et surtout, ce que j'aspire à faire, c'est renforcer les équipes médicales en recrutant.
05:21 J'ai déjà quelques perspectives de candidatures depuis 15 jours,
05:25 aussi de jeunes docteurs qui vont finir leur internat début novembre
05:28 et qui vont venir nous rejoindre.
05:30 Et à partir de ce moment-là, on pourra réfléchir à réouvrir au moins en partie
05:35 la voilure des urgences de Pellegrin, en sachant que les urgences de Saint-André
05:39 continuent d'accueillir le public.
05:42 Et que d'ailleurs, il ne faudra pas vous étonner si à partir de ce matin,
05:44 vous y voyez des travaux, parce qu'on y fait des travaux dans les deux mois qui viennent
05:47 pour mieux encore vous accueillir.
05:49 Et puis il y a aussi les autres nombreux services d'urgence sur l'agglomération
05:53 qui ne dépendent pas du CHU.
05:54 Vous l'avez un peu évoqué, Thomas Meunier, le point de vue des soignants,
05:57 puisqu'on parle de la crise aux urgences, du point de vue des patients.
05:59 C'est difficile aussi pour les soignants.
06:01 Dans quel état est-ce que vous avez trouvé le service des urgences au CHU de Bordeaux en arrivant ?
06:05 Évidemment que c'est difficile, évidemment que l'été a été très difficile
06:08 et que le service et la bonne qualité des soins a été assurée grâce à l'engagement sans faille
06:14 des équipes, qu'elles soient médicales et paramédicales du pôle urgences
06:18 dont j'ai pris la responsabilité.
06:20 Et moi je veux les en remercier, les féliciter.
06:23 Il y a des moments, évidemment, difficiles, des moments de fatigue.
06:27 Mais je veux leur dire, et je leur dis au quotidien depuis mon arrivée,
06:30 qu'on va travailler ensemble justement à améliorer la situation, à renforcer les équipes.
06:35 On a des besoins en termes médicals, on a des besoins en termes paramédicals.
06:39 Je pense par exemple aux assistants de régulation médical au centre 15
06:42 qui font un travail formidable et dont on a besoin de personnel supplémentaire.
06:47 Alors on a ouvert, là, ça fait quelques jours, un centre de formation pour les ARM à Bordeaux.
06:52 Et donc ça va nous permettre de recruter dans la durée.
06:54 Mais il faut aussi qu'on recrute avant cela.
06:57 Et donc je pense aussi à eux qui reçoivent beaucoup d'appels.
07:00 Il y a en plus un effet coupe du monde en ce moment.
07:02 Il faut se dire que les week-ends où il y a match, comme le week-end qui vient de passer,
07:05 on a 2800, 2700 appels par jour.
07:08 Ce qui met en tension le système de régulation et les professionnels qui vont répondre.
07:14 Merci beaucoup Thomas Meunier d'être venu dans notre studio ce matin.
07:18 Je rappelle que vous êtes le nouveau chef de pôle urgences et Samus Mûr au CHU de Bordeaux.
07:22 Bonne journée à vous.
07:24 écoutez cette interview en intégralité en vidéo.
07:26 Rendez-vous sur francebleu.fr, il est 7h52.
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