00:00 C'est Golen, explique les ailleurs.
00:02 [Applaudissements]
00:17 - Bravo, bon délire.
00:19 Comment allez-vous C'est Golen ?
00:20 - Ça va bien.
00:21 - Ça va bien ?
00:22 - Ça va bien.
00:23 - Je suis content que vous soyez là parce que j'ai vu, tout l'été on n'a parlé que de vous.
00:26 Dès que vous faites une émission, on vous parle de votre arrivée dans notre émission.
00:29 - Ça prouve qu'il y a une attente alors.
00:31 - Vous êtes à la hauteur.
00:32 - Vous êtes à la hauteur.
00:33 - Vous attendez beaucoup.
00:34 Franchement, je me rappelle que vous étiez venue en invité et c'est vrai que j'avais passé un très bon moment avec vous.
00:38 Vraiment, je suis très content que vous soyez là.
00:40 - Merci, moi aussi.
00:41 - J'espère que vous allez être heureuse avec nous.
00:42 C'est vous qui avez eu l'idée de cette, enfin, je n'ai pas envie de dire, moi je n'aime pas dire chronique.
00:47 C'est plus de cette intervention.
00:49 - Non, ce n'est pas une chronique.
00:50 - C'est une explication.
00:51 - Cette explication.
00:52 - Donc en fait, à chaque fois que vous viendrez nous voir, on va vous poser cinq questions sur un thème bien précis.
00:56 Et aujourd'hui, vous avez choisi un sujet d'actualité puisque cette semaine, l'inceste et les agressions sexuelles sur les enfants sont au cœur de l'actualité.
01:04 - Voilà, donc c'est vrai que c'est un sujet douloureux.
01:08 - Oui.
01:09 - Parce que je pense qu'une agression sexuelle sur un enfant, c'est le pire crime qui puisse exister.
01:14 Et ce qui est incompréhensible, c'est qu'il y a un silence effroyable, finalement, sur cette criminalité.
01:20 Parce que c'est très difficile pour un enfant de parler.
01:22 Et c'est très difficile pour un adulte de l'écouter.
01:25 Et c'est très difficile pour un adulte de savoir quoi faire, surtout lorsque, quand c'est un inceste, c'est-à-dire un crime dans la famille, tout s'écroule d'une certaine façon.
01:35 Et donc, ce que j'ai essayé de faire pour aujourd'hui, c'est d'apporter des règles très précises, des mots très précis, que ceux qui nous écoutent.
01:46 Parce que vous avez beaucoup de téléspectateurs.
01:48 - Oui, ils sont là.
01:49 - Et je m'adresse à eux.
01:50 Parmi vous, il y a des gens, des adultes, qui ont subi des agressions sexuelles à enfants, qui n'en ont jamais parlé.
01:57 Et si cette émission peut permettre à eux de parler, parce que la prise de parole, c'est déjà un début de guérison, comme l'a expliqué Emmanuel Béart, qui parle 45 ans après.
02:07 Il ne faut pas attendre 45 ans, parce que c'est un poids, c'est une blessure.
02:13 Elle, elle est forte. Elle a pu surmonter ça.
02:15 Mais il y a beaucoup d'enfants, par exemple, ou d'adultes, après, qui n'arrivent jamais à résorber cette douleur et qui, par exemple, vont se suicider, vont se mutiler, vont être à leur tour agressifs, etc.
02:25 Donc c'est très important de parler.
02:28 Et puis, parmi ceux qui nous regardent, il y a des enfants qui sont actuellement en train d'être violés ou de subir des atteintes sexuelles.
02:36 Et peut-être, si cette émission peut permettre aux parents qui nous écoutent d'être plus attentifs aux petites phrases que l'enfant va exprimer, pas clairement, pas brutalement.
02:50 - Je vais donner de quoi.
02:51 - Je vais donner quelques exemples.
02:52 - Exactement.
02:53 - Il faut à ce moment-là s'arrêter et écouter.
02:54 Et puis, il y a des prédateurs qui nous écoutent.
02:56 Donc on va leur rappeler ce qu'ils risquent.
02:58 - Exactement.
02:59 - Parce qu'il y a beaucoup d'adultes.
03:00 Je vais expliquer comment est-ce que le prédateur fait une emprise sur l'enfant, comment il se comporte dans un commissariat de police, et donc comment il faut résister à ce comédien, ce pervers, qui va se transformer en victime, qui dit qu'il n'a rien fait, qui dit qu'il est malade, qui dit qu'il va se guérir, etc.
03:16 Et ça, non, il ne faut pas laisser passer.
03:18 - Alors, il y a cinq questions, ce soir.
03:20 La première, y a-t-il beaucoup d'enfants concernés ?
03:22 - Alors, oui, il y a beaucoup d'enfants concernés, puisqu'on estime qu'un adulte sur dix déjà a été concerné.
03:29 Et aujourd'hui, c'est un enfant sur... une fille sur cinq et un enfant sur huit et un garçon sur huit qui subit des atteintes sexuelles.
03:37 Ça veut dire, en effet, peut-être trois ou quatre enfants en moyenne par classe.
03:41 Il y a des classes où il y en aura plus, des classes où il y en aura moins.
03:43 - Mais la moyenne est fréhente.
03:44 - C'est ça.
03:45 Parce qu'en plus, avec la diffusion de la pornographie, les enfants, malheureusement, ne savent plus ce qui est bien, ce qui n'est pas bien.
03:52 Et le prédateur sexuel va lui montrer des images pornographiques en lui disant "mais, tu sais, tous les enfants font ça, tous les adultes font ça avec les enfants".
03:59 Et l'enfant n'a plus la capacité de résister.
04:02 Et donc, la première chose à lui dire, ça, si on peut voir sur le... ce que je vous ai préparé...
04:07 - C'est le même qu'elle a tout préparé, elle a préparé.
04:09 - Qu'est-ce qu'on peut dire aux enfants qui ne sont pas victimes, mais à tous les enfants ?
04:14 - Moi, je l'ai dit à mes enfants quand ils étaient petits.
04:16 Non pas pour les accabler, pour leur faire penser qu'ils rentrent dans un monde prédateur, etc.
04:21 Juste pour qu'ils prennent conscience et juste leur donner une petite lumière comme ça intérieure qui va, à un moment peut-être, leur permettre de résister.
04:29 C'est de lui dire "ton corps, c'est ton corps, tu as le droit de dire non".
04:33 "Ton corps, c'est ton corps, tu as le droit de dire non".
04:36 Et vous devez dire à l'enfant "mon corps, c'est mon corps, j'ai le droit de dire non".
04:39 Même de dire non à des gens que j'aime bien si ce qu'on me fait me dérange.
04:43 Et un enfant, c'est toujours ce qui le dérange, un baiser normal, un baiser qui n'est pas normal.
04:48 L'enfant a beaucoup d'instincts, il va savoir.
04:50 Donc "ton corps, c'est ton corps, tu as le droit de dire non".
04:52 On lui dit ça à peu près une fois par mois, une fois par... pas tous les jours parce qu'il ne faut pas non plus accabler l'enfant.
04:56 Mais de temps en temps, voilà, vous leur dites ça et ça, ça les sécurise.
05:00 - Alors pourquoi on parle d'inceste et pas d'agression sexuelle ? Parce que c'est vrai que ça serait un peu plus clair, je trouve, non ?
05:06 - C'est vrai, parce que l'inceste, c'est un mot qui ne paraît pas dangereux.
05:10 On dit inceste, inceste ça veut dire juridiquement, c'est juste les relations sexuelles au sein de la famille.
05:14 C'est interdit, mais ça peut être des relations entre adultes.
05:18 En revanche, l'agression sexuelle en famille, c'est pour ça que moi je préfère le mot, l'agression sexuelle en famille,
05:24 c'est 80% des agressions sexuelles sur les enfants.
05:27 Et les autres, c'est les agressions sexuelles dans les milieux éducatifs, l'école, le sport, les milieux de loisirs, etc.
05:35 Les voisins, donc vous voyez 80% c'est dans la famille.
05:40 C'est considérable quand même, les adultes, ou les frères, ou les cousins, ou les oncles, les tantes, le père, le grand-père, etc.
05:47 80%, donc c'est très important.
05:49 Et moi je pense, et c'est l'élément peut-être positif de ce soir, c'est que si la parole se libère,
05:54 les prédateurs, les abuseurs n'oseront plus passer à l'acte.
05:58 - Exactement, ouais.
05:59 - Parce qu'ils n'oseront plus s'amuser avec un enfant, juste en se disant "papa vu, papa pris".
06:03 quand ils sauront que c'est 20 ans de réclusion criminelle, le viol d'un enfant.