00:00 Elle fait partie des joueuses que j'ai préféré affronter parce que je trouvais qu'elle avait une frappe de balle vraiment particulière.
00:07 J'aimais jouer contre elle même si elle m'emmenait dans des matchs assez physiques.
00:11 Mais elle faisait vraiment partie des joueuses contre qui j'aimais jouer et ce match-là va devenir évidemment épique dans ma carrière.
00:25 Ça fait partie des faits de jeu dans un match qui existait à l'époque, il n'y avait pas le hokai.
00:31 Donc on avait à avancer finalement avec ce qui se présentait.
00:34 C'était très accroché, ça je m'en rappelle.
00:37 Mais j'ai quand même aussi senti effectivement qu'elle allait prendre le dessus.
00:42 C'est électrique, le public la porte.
00:48 On sent que dans son clan, ils ne veulent pas passer à côté de cette demi-finale.
00:51 Donc c'est vrai qu'elle va en imposer, elle va probablement même un petit peu m'effacer, même m'écraser à un moment.
00:57 Elle va prendre le dessus une grande partie du match.
01:00 C'est peut-être effectivement à ce moment-là qu'on bascule vers une Jennifer Capriati nettement dominatrice.
01:06 J'étais malmenée, j'étais dominée.
01:08 Il fallait aussi effectivement accepter les coups parce que j'en prenais.
01:12 Elle était extrêmement solide ce jour-là.
01:15 Et je ne suis pas passée loin aussi de prendre la porte finalement assez vite dans cette partie.
01:21 Mais c'est une atmosphère très particulière.
01:23 Quand on arrive à la vivre, quand on arrive à s'en servir,
01:27 quand on arrive à utiliser cette énergie, cette excitation du public,
01:31 cette ambiance tellement unique, ça nous emmène dans des dimensions tout à fait particulières.
01:37 C'est ce qui va se passer ce soir-là.
01:39 Je pense que c'est à 5-2 au deuxième ou à 5-2 au troisième.
01:45 Je viens jouer une demi-volée amortie.
01:49 Et c'est vrai que ça me remet complètement dans la partie.
01:52 Tout ne s'explique pas en fait dans la capacité à faire tourner des choses dans un match.
01:58 Il se passe quelque chose et on ne sait pas toujours le décrire.
02:01 On ne sait pas toujours mettre le doigt sur une véritable explication.
02:04 Il y a la vérité du moment.
02:05 Il y a quelque chose parfois qui vous dépasse et qui vous porte.
02:09 Et c'est ce qui s'est passé ce soir-là.
02:11 À un moment donné, on lâche un peu prise par rapport à ce qui se passe et puis on y va.
02:18 Je crois que c'est ce que j'ai ressenti vraiment.
02:20 C'était ce sentiment qu'on ressent parfois dans une carrière.
02:23 Là, il faut arrêter de réfléchir et il faut vraiment à un moment jouer au tennis.
02:28 C'est ce que j'ai fait à ce moment-là.
02:31 C'est vrai que je suis à nouveau menée 5-2, je reviens à nouveau dans ce troisième set.
02:35 J'avais beau être préparée physiquement,
02:37 mais la cadence qu'elle m'a imposée en demi-finale était vraiment très élevée.
02:42 Il y a un côté émotionnel très fort, nerveux à gérer dans cette partie.
02:46 Et ça aussi joue un rôle sur l'écran à ce moment-là.
02:50 Mais je vais lutter pour finir et je vais avoir à gérer effectivement un état physique.
02:55 Mais elle le voit aussi et ça lui met quelque part un petit peu de pression
03:00 parce qu'elle aurait déjà dû le gagner tellement de fois ce match-là.
03:03 Je ne suis pas au mieux, mais j'y vais vraiment avec ma force de caractère pour aller jusqu'au bout.
03:09 Il était presque écrit à ce moment-là finalement que c'était moi qui devais le gagner.
03:13 Je reviens d'une situation inespérée et je gagne au bout du suspense.
03:22 Il est très tard, donc on ne vit pas du tout forcément l'une et l'autre la même situation.
03:26 Je ne me souviens pas particulièrement de cette poignée de main très froide
03:30 parce que moi je suis dans un état d'esprit à ce moment-là forcément tellement différent du sien.
03:35 Mais gagner ce type de match aux États-Unis, à New York face à Jennifer Capriati devant son public,
03:41 c'est encore un moment finalement qui va changer beaucoup de choses pour moi.
03:45 Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
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