- il y a 2 ans
Didier Demeestère Président Talence Gestion>
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00:00 Didier Demester, bonjour.
00:01 Bonjour.
00:02 Vous êtes le président et fondateur de Talens Gestion.
00:04 On va parler avec vous du segment small, mid cap, mais également d'autres valeurs
00:08 qui vous intéressent aujourd'hui.
00:10 Ce segment small et mid cap que vous avez couvert et que vous avez géré effectivement
00:13 au cours des dernières années.
00:14 Vous lancez un nouveau fonds qui s'appelle Talens 2015 dans une période, on le sait
00:20 tous, assez délicate.
00:22 Donc on va en reparler ensemble.
00:23 Si on revient sur votre univers d'investissement, il s'est élargi au cours des dernières
00:26 années.
00:27 Est-ce que vous avez encore beaucoup de valeurs mid cap dans vos centres d'intérêt ?
00:31 Alors mid cap, oui, pour partie, puisqu'on a un fonds spécialisé sur les mid cap.
00:34 Mais notre univers d'investissement, c'est le marché français.
00:37 Il faut dire que ça fait, avec mon associé Régis Lefort, nous travaillons depuis 25
00:42 ans sur le marché français.
00:43 Donc c'est un univers qu'on connaît bien.
00:47 On connaît bien les chaînes d'entreprise, on connaît bien les sociétés.
00:49 On en voit 6 à 7 par semaine.
00:52 Donc on essaie de rafraîchir en permanence les informations qu'on a sur les sociétés.
00:56 Et donc c'est vraiment l'univers d'investissement de prédilection.
01:00 Et en fait, on a choisi pour la gestion collective et pour ce fonds, effectivement, Talent 2015,
01:04 de se concentrer sur ce qu'on connaît le mieux.
01:07 C'est-à-dire c'est notre savoir-faire.
01:08 Donc effectivement, il sera concentré sur les valeurs françaises, mais avec peut-être
01:13 un quart, un cinquième de valeur moyenne dans le fonds.
01:16 Justement, quand on regarde les performances sur les marchés actions au cours des dernières
01:19 années, on peut dire que les investisseurs n'ont pas été satisfaits loin de là.
01:23 Ce qui est assez rare dans les périodes, si on fait des périodes historiques, c'est
01:26 vrai qu'en général, on a tendance à dire les actions rapportent plus que notamment
01:30 les obligations sur une période de long terme.
01:32 Là, on commence à être sur du long terme où les actions rapportent moins, en tout
01:35 cas sur certains indices.
01:37 Ça veut dire clairement qu'il faut être en dehors de ces indices, qu'il faut aller
01:40 dans du stock picking, forcément, si on veut faire de la performance.
01:44 C'est vrai que la période, et on vient d'avoir 10 ans finalement, difficile.
01:47 Ce qui, moi, en tout cas, puisque je suis un partisan des cycles, me laisse penser
01:53 que peut-être on n'aura pas forcément 10 ans encore difficiles.
01:56 Moi, je crois simplement qu'à partir du moment où on constate, par exemple, sur le
01:59 CAC 40, qu'il y a un quart des sociétés qui sont capitalisées en dessous de leur
02:03 actif net comptable actuellement, qu'un grand nombre de sociétés sont dites massacrées
02:08 actuellement.
02:09 Moi, je pense toujours qu'en tout cas en bourse, de telles sous-évaluations, à un
02:15 moment donné, se réajustent.
02:16 Je ne sais pas quand.
02:18 Mais en termes de stock picking, il y a vraiment des situations de valeur encore de croissance
02:25 qui actuellement sont en période de solde.
02:27 Donc, je pense que comme on l'avait estimé en 2009, on a eu également en 2002-2003 deux
02:37 occasions déjà.
02:38 On en a, je pense, une troisième pour rentrer.
02:39 Alors peut-être qu'on va encore avoir un pied de baisse, c'est possible.
02:42 Mais le gros de la baisse est faite puisque sur certaines sociétés, on arrive à des
02:45 évaluations aberrantes.
02:47 Et donc, on va avoir des opérations industrielles finalement quand les actifs deviennent très
02:52 sous-évalués.
02:53 Donc, je pense qu'on aura dans les années qui viennent, c'est un peu l'esprit du
02:58 fond, un retour à des valorisations plus normales forcément.
03:04 Alors, on a vu aussi beaucoup d'hésitations dans ce contexte.
03:07 On dit contexte difficile, beaucoup de volatilité et donc des investisseurs qui effectivement
03:12 vont aller, on va dire, pendant quelque temps sur des valeurs cycliques par exemple et puis
03:15 les abandonnent, vont sur tel ou tel secteur.
03:18 Mais on va dire, naviguent un peu à vue.
03:21 Peut-être comme les entreprises d'ailleurs en ce moment, naviguer à vue, ce n'est
03:25 quand même pas simple.
03:26 Non.
03:27 Et c'est dans ces périodes-là qu'on fait des bonnes affaires.
03:29 Parce que les entreprises, alors ce n'est pas le cas encore, les entreprises ont encore,
03:34 enfin quand on leur parle, on a le sentiment qu'elles pour l'instant, elles résistent
03:38 plutôt bien.
03:39 Elles le font parce qu'elles ont beaucoup amélioré leur point mort, leur gestion depuis
03:43 la crise des subprimes, mais elles le font aussi parce que dans les volumes pour le moment,
03:48 elles n'observent pas de dégradation forte dans leur carnet de commandes.
03:53 Bon.
03:54 Maintenant, ça ne veut pas dire que ça va se poursuivre.
03:55 Donc on peut avoir effectivement, et c'est d'ailleurs ce que le marché est en train
03:58 de nous dire, c'est de dire aux entreprises, écoutez-vous, vous ne voyez rien, mais il
04:01 va se passer, on va avoir une année 2012 certainement difficile.
04:06 Et donc, c'est dans la mesure où le marché l'a déjà anticipé, c'est quand on aura
04:13 effectivement concrétisation des difficultés qu'il faudra certainement acheter.
04:18 Parce que là, on aura les mauvaises nouvelles, le marché aura anticipé, on les aura et
04:23 donc c'est classique, c'est à ce moment-là qu'il faut commencer à racheter.
04:26 Donc on approche cette période.
04:28 Parce qu'on se regarde, si on lit les marchés du point de vue historique, ils annoncent
04:32 les récessions à récession dans la zone euro, dans certains pays bien sûr encore
04:36 plus fortes que dans d'autres.
04:39 Pour vous, on est déjà dans ce fait-là, sachant qu'on entend aussi sur les marchés
04:43 en ce moment dire, le sell-off, vraiment la vente forcée n'est pas encore arrivée,
04:48 mais que ça va pouvoir arriver dans les prochaines semaines, prochains mois.
04:51 Oui.
04:52 Bon, ça, c'est toujours difficile de prévoir ce genre de choses.
04:54 C'est vrai que quand on regarde la prévision de croissance des résultats sur l'Eurostox
04:59 par exemple, l'indice large européen, on est encore à +9 sur 2012, ce qui, c'est
05:05 régulièrement révisé en baisse, mais on est encore largement positif.
05:08 Et sur la zone euro, en gros, on est à 0 de croissance sur 2012, ce qui veut dire que
05:13 sans doute c'est encore trop optimiste.
05:15 Et je ne parle pas de plans d'austérité qui pourraient être mis en place dans des
05:21 pays comme la France par exemple, dont c'est une profonde nécessité de le faire un jour.
05:26 Donc effectivement, les analystes vont sans doute suivre le mouvement, comme d'habitude.
05:32 Ils ont du mal à l'anticiper, ils vont le suivre, mais les marchés ont déjà.
05:35 Quand on regarde une valeur comme Air France par exemple, qui ne vaut plus que 1,1 milliard
05:40 en bourse, je prends cet exemple-là parce qu'il est frappant quand même.
05:44 C'est quand même un leader mondial, c'est une compagnie qui a une flotte moderne, qui
05:48 a dans son bilan Amadeus qui a lui tout seul capitalisé 700 millions, donc on a plus de
05:54 700 millions pour le reste.
05:56 Là on price des pertes importantes.
05:59 Il y en aura sans doute, mais c'est déjà sans doute dans les cours.
06:05 Typiquement, en même temps, si on parle de cette valeur-là, c'est une valeur dont
06:10 on peut peut-être parier sur la recoverie, mais sur la croissance, ça va être compliqué
06:14 en 2012, vu l'environnement économique.
06:16 En 2012 sans doute, mais Air France est un groupe mondial, il y a de la croissance dans
06:22 le monde et il y en aura encore en 2012, 2013 et 2014.
06:25 Donc ça veut dire qu'une fois qu'on aura effectivement les pertes, et peut-être une
06:29 augmentation de capital d'ailleurs, c'est peut-être ça aussi que Price le marché,
06:33 on aura derrière nous les difficultés et peut-être devant nous une compagnie très
06:39 bien placée pour profiter de la croissance qui existe quand même dans le monde.
06:43 On parle de sous-valorisation effectivement sur certaines valeurs, ce que vous avez dit
06:47 par rapport à certains ratios.
06:49 Est-ce que malgré cela, vous allez chercher aussi des valeurs qui vont pouvoir tenir la
06:54 distance dans la période à venir, c'est-à-dire générer de la croissance au-delà de résister
06:59 simplement ?
07:00 Oui, on va faire un screening vraiment très très pointu sur les sociétés avec différents
07:07 critères et en particulier les critères de visibilité sur les résultats, de solidité
07:14 de la croissance, du bilan en fait, de la structure financière, de la qualité du management.
07:20 Donc on va réunir ces critères et essayer de dénicher des sociétés très sous-évaluées
07:25 par rapport à ces critères.
07:26 Et en fait, l'essence du fond, parce que ça c'est très bien de trouver des sociétés,
07:32 donc elles remonteront sans doute, nous c'est le pari qu'on fait, on dit dans les trois
07:35 ans qui viennent, on se donne rendez-vous en 2015, à un moment donné, le marché remontera
07:40 et comme on aura choisi des valeurs très massacrées, avec des bêtas donc importants,
07:44 des sensibilités fortes aux indices, ils remonteront plus.
07:46 Le problème, et c'est là où est l'originalité de ce fond, c'est que dès qu'on va atteindre
07:52 des objectifs de cours, valeur par valeur, on ne va pas se poser de questions, on va
07:56 juste vendre.
07:57 Et on va donc progressivement vendre et se repositionner en monétaire, donc on ne va
08:02 pas réinvestir dans l'action, donc on va désensibiliser le portefeuille au fur et
08:07 à mesure de la vie du fond.
08:08 Et ainsi prendre la plus-value et puis si les marchés devaient rebaisser, éventuellement
08:13 on ne serait pas dedans.
08:14 Si par contre les marchés devaient monter, ce n'est pas grave, on aura pris une plus-value
08:17 significative et puis on rendra l'argent au porteur.
08:21 Ce que devraient faire d'ailleurs les particuliers aujourd'hui, comme style de gestion sans
08:25 doute pour ceux qui gèrent en direct, penser à ça.
08:26 En tout cas, quand il y a de la plus-value, le faire, ce qui n'est pas forcément le
08:29 cas aujourd'hui.
08:30 En conclusion, on parlait…
08:32 Cela dit, je vous dis d'ailleurs que c'est très important pour les particuliers, c'est
08:35 que le plus dur en bourse, c'est de vendre.
08:37 Et là, on écarte cette difficulté puisqu'on dit qu'on va adopter une discipline.
08:42 En conclusion, vu ce qui s'est passé en 2008 sur les mid-cap, ça veut dire quand
08:47 même que vous allez peut-être être plus prudent sur celles que vous allez choisir
08:50 puisque c'est vrai qu'on a vu qu'il y avait des mid-cap qui étaient en croissance
08:52 malgré tout, mais les questions de liquidité sont venues au devant de la scène.
08:57 On va être hyper prudent sur le choix qu'on va faire, cela étant, nous sommes reconnus
09:01 comme des stock pickers.
09:02 C'est notre spécialité d'une part, de choisir des entreprises.
09:07 Et ensuite, comme je vous l'ai dit, c'est notre univers de marché français.
09:10 C'est un univers qu'on suit depuis chacun 25 ans.
09:13 On peut se tromper, mais sur les 35-40 valeurs du portefeuille, on pense qu'on aura une
09:20 grande partie qui va en tout cas atteindre les objectifs.
09:23 Donc, on pourra engranger et sécuriser la plus-value.
09:27 Mais on fera un choix très attentif, surtout par rapport à la période actuelle.
09:31 Rendez-vous dans trois ans.
09:33 On se croisera bien entendu avant.
09:35 Merci d'avoir fait le point avec nous Didier Demester, président et cofondateur.
09:40 de talent en gestion. Merci.
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