00:00 Bonjour et bienvenue sur mon financier. Nous sommes le vendredi 6 juillet. Hier ça a été une journée un peu molle, même un peu mauvaise.
00:08 Alors on va y revenir. Hier c'était la journée des banques centrales. Ça fait des semaines qu'on vous annonçait qu'il y aurait une grosse intervention de banque centrale.
00:15 Elle a été franchement un peu décevante. Je m'attendais plutôt à une intervention concertée avec beaucoup de quantitative easing, enfin plein de choses.
00:24 Alors peut-être que ça viendra s'il y a à nouveau une crise en Europe. Pour l'instant c'est relativement calme. Alors c'est la banque centrale de Chine qui a ouvert les hostilités en baissant ses taux directeurs.
00:35 C'est la deuxième fois en un mois. Puis c'est la banque d'Angleterre qui a maintenu ses taux directeurs à 0,5% et a confirmé qu'elle faisait un quantitative easing de 50 milliards de sterling.
00:45 Et puis ensuite c'est la banque centrale européenne qui a baissé pour la première fois son taux directeur de 0,25%. C'est-à-dire qu'on est passé pour la première fois en dessous de 1%. On est à 0,75%.
00:55 Alors derrière c'est probablement le discours de Mario Draghi qui avec sa tête de droupie a probablement déçu un tout petit peu les marchés.
01:06 Il a dit un peu comme avait dit Angela Merkel "tant que je serai vivante il n'y aura pas de rebond". Lui avait l'air de dire qu'il n'y aurait pas de quantitative easing et qu'il n'utiliserait pas la planche à billets.
01:17 Il a dit ça, je pense qu'il changera d'avis si besoin est. Du coup c'est l'euro. L'euro qui s'est pris une méga claque hier. Assez étonnante. Il y a beaucoup d'explications.
01:26 L'une d'elles est assez amusante. Elles sont toutes contradictoires. C'est toujours assez drôle. On vous explique par exemple que c'est la baisse des taux qui fait baisser l'euro.
01:34 On vous explique en même temps que c'est parce que les taux n'ont pas assez baissé et qu'il n'y a pas suffisamment de quantitative easing que l'euro a baissé.
01:41 Ce qui est intéressant aussi pour ceux qui s'intéressent à l'aspect technique, c'est qu'il semblerait que l'euro soit utilisé dans les carry trade un peu comme le yen.
01:48 C'est à dire qu'on emprunte de l'euro à zéro parce qu'on sait que ses taux d'intérêt ne vont pas monter. On le vend à découvert et on achète des monnaies à haut rendement comme le dollar australien.
01:56 Et voilà, ça c'est du carry trade. L'euro serait devenu une monnaie carry trade. Il faut suivre ça de près parce que si c'était vrai, ça voudrait dire que l'euro pourrait chuter de façon spectaculaire.
02:05 Ce qui n'était pas du tout notre anticipation. Comme nous dit le fameux Einstein, c'est le big loser de l'Europe hier et des marchés.
02:14 Il y a deux événements très importants qui sont passés sur les taux d'intérêt hier. C'est d'abord l'Irlande qui est revenue sur le marché et qui a emprunté 500 millions d'euros.
02:23 C'est quand même un flux assez étonnant. Même si c'est à 3 mois qu'elle a emprunté, ça a été un succès. En plus, elle a emprunté à des taux, tenez vous bien, alors que c'est un pays qui est encore sous tutelle.
02:34 L'Irlande a emprunté à des taux inférieurs à ceux de l'Espagne. L'Espagne qui elle aussi était sur le marché hier, qui a emprunté à 3, 4 et 10 ans.
02:43 Et là, ça a été un peu la cata. C'est-à-dire qu'elle a réussi à emprunter ses 3 milliards d'euros, mais ça a coûté 6,78% sur le 10 ans.
02:50 C'est-à-dire qu'on se rapproche à nouveau des 7%. Et donc là, en fait, ce qui se passe, c'est que probablement les marchés veulent tester Mario Draghi.
02:59 Parce que le mécanisme européen de solidarité n'est pas prêt pour l'instant, il n'a pas l'argent, il n'est pas prêt pour l'instant à acheter des emprunts d'Etats italiens et espagnols sur le marché.
03:09 Donc il va falloir que quelqu'un fasse la transition. Ce quelqu'un, ça ne peut être que la Banque Centrale Européenne.
03:14 Et si la Banque Centrale Européenne, comme il l'a dit hier, ne le fait pas, et bien qui va le faire ? Personne. Donc c'est à suivre.
03:21 Donc ça veut dire qu'on risque d'avoir quand même une petite tension sur les taux et que les marchés vont vouloir tester les 7% pour voir qui va réagir du mécanisme européen de solidarité ou de la Banque Centrale Européenne.
03:32 Le commissaire au peuple au rang de redressement productif, le camarade Arnaud de Montebourg, n'est pas content.
03:38 Les 7 offres de reprise sur douze ne sont pas bonnes, donc il va falloir l'échanger, sinon tout le monde ira en prison.
03:44 La bonne nouvelle pour vos vacances, c'est qu'il y a 3 700 radars qui vont être sur les routes pour vous accompagner. Alors prenez le train ou l'avion.
03:51 Et enfin, un numéro spécial de la tribune qui est assez sympa, c'est "Si l'Amérique nous sauvait".
03:57 Si un cycle est très hypothétique, pour moi il n'y a aucune chance. Mais c'est à suivre quand même.
04:02 Beaucoup d'éléments qui sont passionnants sur l'évolution de l'économie américaine depuis la crise de 2008.
04:07 Voilà, restez avec nous sur Mon Financier, bien évidemment. On attend les chiffres du chômage à 14h30.
Commentaires