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Le site "Rencontre ados", ouvert à l'inscription dès l'âge de 13 ans, ne contrôle que très rarement l'identité de leurs usagers. Les plus jeunes deviennent rapidement des proies pour des utilisateurs beaucoup plus âgés. 

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Transcription
00:00 -Tu prends du plaisir en te caressant sous la douche ?
00:02 -J'ai pas envie de répondre, j'ai 13 ans.
00:04 -En quelques clics, nous créons notre faux profil sur le site "Rencontre ado",
00:11 celui d'une jeune fille de 13 ans, sans photo.
00:14 Et en seulement 3 heures, 25 hommes engagent la conversation.
00:17 Et certaines prennent une tournure sans équivoque.
00:20 -Tu prends du plaisir en te caressant sous la douche ?
00:22 -J'ai pas envie de répondre, j'ai 13 ans.
00:24 -Coucou, ça te dit un snap coquin ?
00:26 -Sur les réseaux sociaux, certains internautes s'alarment
00:29 même que certains profils proposent de l'argent contre des relations sexuelles.
00:33 Et que d'autres assument clairement avoir plus que l'âge requis
00:35 pour s'inscrire, à savoir entre 13 et 25 ans.
00:38 -C'est un site qui existe depuis maintenant plus de 10 ans.
00:40 Donc, sur notre ligne d'écoute, le 30-18,
00:44 on a régulièrement des appels, majoritairement de parents,
00:48 qui s'inquiètent.
00:49 Le but de certains prédateurs sur ce site
00:53 va être d'être en contact avec un adolescent
00:56 et ensuite de lui proposer d'aller sur un réseau social
01:01 pour pouvoir obtenir des données personnelles,
01:03 pour pouvoir obtenir de l'argent
01:06 ou des photos ou des vidéos à caractère sexuel.
01:08 -Alertée, la secrétaire d'Etat a annoncé que la plateforme Pharos,
01:12 qui lutte contre les infractions en ligne, a été saisie
01:14 et que des investigations vont être menées.
01:17 Mais elle en appelle également à la responsabilité de ce réseau social.
01:20 -Ils doivent impérativement vérifier l'âge
01:23 pour vérifier que les jeunes ont le droit de s'inscrire.
01:26 Je vous rappelle que nous avons fixé dans une loi récemment
01:28 la majorité numérique à 15 ans.
01:30 Ca veut dire qu'avant 15 ans, il faudra l'accord express des parents
01:33 pour avoir l'inscription d'un enfant sur un réseau social.
01:37 Ils doivent bien sûr vérifier quand ils fixent un âge, 13, 25 ans,
01:40 l'âge des gens qui s'inscrivent. Ca, c'est de leur responsabilité.
01:44 Ils doivent aussi modérer les conclus.
01:46 -Le site Rencontre Ados indique qu'il bannit
01:48 une centaine de personnes par jour, mais qu'il manque de modérateurs.
01:52 Il précise qu'un système de pénalités a été mis en place
01:55 avec des degrés différents, selon la gravité des faits.
01:57 -C'est important de souligner que ces sites ne sont pas illégaux.
02:01 Il y a un principe de neutralité et de respect du secret des correspondants.
02:05 Il s'agit d'échanges privés.
02:07 On ne peut pas ouvrir des lettres,
02:08 on ne peut pas surveiller ce que font les internautes sur les réseaux.
02:12 Ca, c'est quelque chose qui date depuis pratiquement 25 ans.
02:15 -Il n'y a pas de contrôle. Pourquoi ?
02:17 Parce qu'en fait, créer un site de rencontre,
02:19 ça ne coûte pas grand-chose.
02:20 On peut se faire un peu d'argent en diffusant de la pub,
02:23 de l'unium avec des avantages, mais c'est un site artisanal.
02:26 C'est ça qu'il faut signaler.
02:28 Quand on a contacté le créateur de ce site, il dit
02:31 "Oui, j'ai trois modérateurs et encore, c'est des bénévoles
02:34 "pour 200 000, 250 000 utilisateurs revendiqués."
02:38 Donc, en fait, ça ne peut reposer que sur du signalement
02:42 et encore, même quand ce sont les jeunes internautes
02:45 qui signalent une conversation suspecte...
02:47 -Ce n'est pas forcément suivi de faits derrière.
02:49 -On peut s'imaginer qu'il ne va pas aller contacter la justice
02:53 forcément. Moi aussi, je me suis inscrit hier soir
02:54 pour voir à quoi ça ressemblait.
02:56 J'ai créé un profil "jeune fille, 13 ans".
02:58 Au bout de cinq minutes, j'ai eu un profil d'un homme
03:02 qui m'a donné son nom et son prénom, qui avait 54 ans.
03:04 Donc malheureusement, c'est à la seconde.
03:07 Donc le phénomène, il existe, il est très répandu.
03:10 Ça, c'est un exemple. Mais en fait, des sites comme ça
03:12 qui sont sous surveillance des autorités,
03:13 il y en a des dizaines et des dizaines.
03:15 Et malheureusement, il reste sous les radars
03:18 parce que techniquement, il n'y a rien d'illégal,
03:19 parce que ça reste des conversations.
03:22 Le problème, c'est qu'il faut que la justice ait conscience
03:24 et l'information et les preuves ensuite matérielles
03:27 de ces infractions. C'est ça qui est extrêmement compliqué.
03:29 - Merci à vous. - Merci à vous.
03:30 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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